INDONESIE

  • Indonésie : Deux chrétiens flagellés à Aceh en vertu de la loi islamique

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    Deux hommes de confession chrétienne ont été flagellés pour avoir consommé de l'alcool et joué pour de l'argent lundi 8 février 2021 à Aceh, la seule province d'Indonésie qui applique la charia.

    Cette punition est rarement exercée sur les non musulmans dans la province du nord de l'île de Sumatra, où deux hommes ont reçu près de 80 coups de canne en rotin chacun la semaine dernière pour des relations sexuelles entre personnes du même sexe, prohibées par la loi islamique en vigueur.

    Les deux hommes chrétiens ont reçu lundi 40 coups de canne chacun infligés par un exécutant masqué à Banda Aceh, la capitale de la province qui pratique un islam conservateur. L'un des deux, identifié par ses seules initiales JF, a indiqué à l'AFP avoir choisi cette punition au lieu d'un procès civil qui aurait pu le conduire en prison pour un maximum de six mois. "La police de la charia nous a donné deux options et nous avons choisi en conscience de nous soumettre à la loi islamique. Personne ne nous y a forcé", a-t-il indiqué à l'AFP.

    Aceh est la seule province à appliquer une version de la loi islamique en Indonésie, qui compte la plus grande population musulmane au monde. Les non musulmans qui ont commis un délit en vertu des lois nationales et religieuses peuvent choisir entre les deux systèmes judiciaires, civil ou islamique.

    La flagellation des non musulmans reste cependant rare, avec juste quelques cas ces dernières années, pour les délits comme la vente d'alcool ou les jeux d'argent, prohibés à Aceh. Sept personnes ont été flagellées au total lundi à Banda Aceh. Les cinq autres étaient des musulmans punis pour adultère ou consommation d'alcool. Les associations de défense des droits de l'homme dénoncent ces punitions qu'elles comparent à de la torture, tandis que le président indonésien Joko Widodo a appelé à y mettre fin.

  • Indonésie :interdiction du hijab obligatoire dans les écoles

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    Les autorités indonésiennes ont interdit aux écoles de forcer les élèves à porter le hijab, après qu'une élève chrétienne contrainte à porter le voile a suscité la controverse dans le pays, qui compte la plus grande population musulmane au monde. Cette mesure a été saluée vendredi par les défenseurs des droits, qui dénoncent depuis plusieurs années le fait que des élèves non musulmanes soient parfois forcées à porter le voile, tenue réglementaire dans certaines écoles.

    Les écoles publiques dans l'archipel risquent désormais des sanctions financières si elles continuent à forcer les élèves à se couvrir du voile islamique, selon un décret publié cette semaine par le ministre de l'Education Nadiem Makarim. Les vêtements à connotation religieuse sont un choix individuel et les écoles "ne peuvent pas les rendre obligatoires", a-t-il souligné cette semaine.

    "Le décret est un pas positif pour protéger les droits des femmes en Indonésie", a souligné Andreas Harsono, collaborateur de l'ONG Human Rights Watch à Jakarta. Les écoles publiques ont forcé des millions de filles et de femmes, élèves et enseignants, à porter le voile, suscitant "harcèlement, intimidations, et des pressions, allant dans certains cas jusqu'à des expulsions ou des démissions forcées", si elles ne se conformaient pas aux règles, a-t-il souligné.

    Une montée de l'islam radical
    L'Indonésie, où 90% de la population est musulmane, a longtemps été connue pour sa pratique de l'islam modérée et ouverte aux autres religions. Mais le pays connaît une montée des courants radicaux. La question du voile a ressurgi au début de l'année quand une élève chrétienne de la ville de Padang, à l'ouest de l'île de Sumatra, a subi des pressions de son école pour la forcer à porter le hijab. Elle a refusé, et ses parents ont enregistré une réunion au cours de laquelle un responsable de l'établissement affirmait que le voile était obligatoire pour les élèves féminines, quelle que soit leur religion. La vidéo a été largement partagée sur les réseaux sociaux, et l'école a dû s'excuser.

    Le ministre aux Affaires religieuses, Yaqut Cholil Qoumas, a estimé que ce cas n'était que "la pointe de l'iceberg". "La religion n'est pas censée être un sujet de conflit ou une justification pour agir de façon discriminante envers les autres croyances", a-t-il déclaré. 

    Le nouveau décret, destiné aux écoles publiques, ne s'appliquera pas à Aceh, la seule province d'Indonésie qui observe la charia, la loi islamique, et bénéficie d'une semi-autonomie.

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  • Indonésie : Le gouvernement interdit le Front des défenseurs islamiques (FPI), invoquant ses liens avec les terroristes

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    L'Indonésie a interdit le groupe islamiste radical "Front des défenseurs islamiques" (FPI), près de trois semaines après l'arrestation de son chef pour avoir enfreint les règles du coronavirus, selon le chef du ministère de la Sécurité du pays. Malgré son idéologie radicale, le FPI est politiquement influent dans le paus.
     
    Mahfud MD a déclaré mercredi que le groupe, largement connu sous son acronyme indonésien FPI, avait été officiellement interdit, avec effet immédiat, invoquant ses liens avec le terrorisme.
     
    Un certain nombre de membres (Laskar) du FPI ont été arrêtés par la police au cours d'un raid au siège de Habib Rizieq Shihab, mercredi 30 décembre.
     
    Les groupes paramilitaires du FPI ont été sécurisées alors qu'elles gardaient le siège du FPI à Jalan Petamburan, dans le centre de Jakarta. La police a également commencé à démanteler  les panneaux d'affichage, les bannières et les autocollants collés sur le siège du FPI.
     
    Pour le porte-parole de la 212 Alumni Brotherhood (PA), Habib Novel BamukminI, l'interdiction du Front des défenseurs islamiques ( FPI ) ne va pas arrêter la lutte des musulmans pour défendre la religion et l'État. La lutte se fera par d’autres moyens. " Ils peuvent dissoudre le FPI mais ils ne peuvent pas dissoudre notre lutte. En fait, si nous voulons cet après-midi, nous déclarerons une nouvelle organisation de masse islamique, si elle est dissoute, nous la referons et ainsi de suite, qu'elle soit enregistrée ou non, nous existerons toujours", a déclaré le porte-parole.
     
     

  • Indonésie : arrestation de Zulkarnaen, dirigeant de Jemaah Islamiyah liée à al Qaïda

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    zulkarnaen.jpegL'équipe antiterroriste du détachement spécial 88 du quartier général de la police nationale a arrêté un haut dirigeant (photo) de l'organisation islamiste Jemaah Islamiyah (JI), liée à el-Qaëda, qui était recherché pour son rôle dans les attentats de 2002 à Bali, a annoncé dimanche 13 décembre un porte-parole de la police.

    En fuite depuis 18 ans, Dhu al-Qarnayn (Zulkarnaen), âgé de 57 ans, a été interpellé jeudi à Lampung, sur l'île de Sumatra, a indiqué ce porte-parole, Argo Yuwono. Zulkarnaen "est actuellement interrogé" et des perquisitions ont lieu à son domicile, a-t-il ajouté. "Il était le chef militaire de la Jemaah Islamiyah au moment des attentats" qui avaient fait 202 morts.

    La cellule que dirigeait Zulkarnaen est soupçonnée d'avoir organisé l'attentat suicide contre l'hôtel Marriott de Jakarta qui avait fait 12 morts en 2003. Il était un des fugitifs les plus recherchés en Indonésie, et était le seul Indonésien sur la liste américaine des personnes recherchées. Washington promettait une prime de cinq millions de dollars pour sa capture.

    Vétéran de la guerre en Afghanistan, Zulkarnaen avait créé au sein de la Jemaah Islamiyah une unité spéciale chargée de l'organisation des attentats. Cette unité avait aussi pour mission d'attiser les tensions ethniques et religieuses aux Célèbes ou aux Moluques, dans lesquelles des milliers de personnes ont péri entre 1998 et 2002. La Jemaah Islamiyah fut fondée dans les années 1980 par une poignée de militants islamistes indonésiens en exil en Malaisie et compta des cellules dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est. 

     

  • Indonésie : La police à la poursuite du groupe islamiste responsable de l'assassinat d'une famille d'évangélistes sur l'île de Sulawesi

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    grafi_ali_kalora.jpegLe groupe des Moudjahidines de l'Est de l'Indonésie (MIT, dont le chef est Ali Kalora, est soupçonné d'être lresponsable d'une série d'actions terroristes dont l'assassinat d'une famille d'évangélistes sur l'île de Sulawesi.

    Le quartier général de la police nationale a formellement identifié Ali Kalora comme étant le chef du groupe et successeur d'Abu Wardah Asy Ayarqi alias Santoso, l'émir du MIT abattu en 2016.

    Ali Kalora, alias Ali Ambon, alias Ali Muhammad, est né dans le village de Kalora, district de Poso Pesisir Utara, ville de Poso, dans le centre de Sulawesi. Le nom «Kalora» vient du nom du village où il est né. Après ll'élimination de Santoso, le MIT a été dirigé par Basri, l'un de ses bras droits. Mais pas pour longtemps car Basri a également été arrêté.

    Le MIT opère à Poso ainsi que dans les montagnes Parigi Moutong, dans le centre de Sulawesi.

    Sous la direction d'Ali Kalora, plusieurs actions terroristes ont été commis par le MIT.

    Le commandant du TNI, le maréchal Hadi Tjahjanto , a envoyé des forces spéciales à Poso, dans le centre de Sulawesi. L’envoi de ces troupes vise à aider l’Équipe spéciale de Tinombala à éradiquer le groupe des Moudjahidines de l’Est d’Indonésie.

     

  • Indonésie : Quatre membres de l'Armée du Salut tués par des islamistes liés à l'Etat islamique

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    Des extrémistes islamistes liés à l'Etat islamique (EI) ont tué quatre évangélistes de l'Armée du Salut, dont un a été décapité et un autre brûlé vif, dans un village isolé sur l'île de Sulawesi, en Indonésie, ont annoncé samedi les autorités. Ces hommes armés de sabres et d'armes à feu sont arrivés vendredi matin dans le village de Lembantongoa, dans le centre de l'île, tuant quatre hommes et mettant le feu à une demi-douzaine de maisons, y compris une où avaient lieu les prières et les services religieux, a précisé la police. Le motif de l'attaque n'était pour l'instant pas clair et aucune arrestation n'a pu être effectuée, a ajouté la police.

    Mais selon les autorités, cette attaque serait le fait des East Indonesia Mujahideen (les Moudjahidine de l'Est de l'Indonésie, MIT), basé sur l'île de Sulawesi, l'un d'une dizaine de groupes radicaux dans le pays qui ont fait allégeance à l'Etat islamique.

    L'Indonésie, le pays à population majoritairement musulmane le plus peuplé du monde, fait face depuis des années à des violences de la part de groupes combattants islamistes, tandis que la région du Sulawesi Central connaît depuis des décennies des violences entre chrétiens et musulmans. "Nous sommes arrivés à la conclusion que les assaillants étaient bien du MIT après avoir montré des photos de membres de ce groupe aux témoins de l'attaque", a déclaré le chef de la police locale, Yoga Priyahutama.

    L'église des évangélistes était vide au moment de l'attaque, menée tôt le matin par environ huit militants. Heureusement, a-t-il souligné, la plupart des gens étaient chez eux à ce moment. Le chef du village, Rifai, a précisé que les quatre victimes étaient des hommes. L'un a été poignardé, un autre décapité, le troisième presque décapité, et le dernier brûlé vif dans sa maison. Si cette attaque est bien le fait du MIT, ce serait la première depuis qu'une unité anti-terroriste a tué son dirigeant il y a quatre ans.

    En 2018, a expliqué une experte sur le terrorisme basée à Jakarta, Sidney Jones, le MIT était soupçonné d'avoir envoyé à Palu, lorsque cette ville de Sulawesi avait été touchée par un tremblement de terre suivi d'un tsunami, des hommes se faisant passer pour des humanitaires et chargés en fait de recruter de nouveaux membres.

  • Indonésie : Pour le président Joko Widodo, les propos de Macron "insultent" l'islam

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    Le président indonésien Joko Widodo, à la tête du plus grand pays musulman du monde, a "fermement condamné" samedi les propos de son homologue français Emmanuel Macron défendant le droit de publier les caricatures du prophète Mahomet, jugeant que ses déclarations avaient "insulté l'islam".

    M. Widodo s'est également élevé contre la liberté d'expression quand elle "blesse l'honneur, la pureté, et le caractère sacré des valeurs et symboles religieux". La France a été le théâtre de récentes attaques meurtrières menées par des islamistes, dont la dernière jeudi dans une église à Nice (sud-est) où un homme a tué trois personnes.

    M. Macron a défendu les caricatures du prophète de l'islam dans le cadre de la liberté d'expression à la suite de la décapitation près de Paris, par un jeune Tchétchène, d'un enseignant qui avait montré à sa classe de tels dessins. Ces propos ont provoqué des manifestations dans plusieurs pays arabes et musulmans, où ont également été lancés des appels au boycott des produits français et où des effigies du président français ont été brûlées.

    "Tout d'abord, l'Indonésie condamne fermement les violences à Paris et à Nice", a déclaré samedi M. Widodo. "Deuxièmement, l'Indonésie condamne aussi fermement les propos du président français qui ont insulté l'islam, blessé les musulmans à travers le monde et pourrait défaire l'unité des croyants (...) juste au moment où le monde a besoin d'unité pour faire face à la pandémie de Covid-19", a-t-il ajouté, dans une déclaration retransmise en direct.

    "La liberté d'expression qui blesse l'honneur, la pureté et le caractère sacré des valeurs et symboles religieux ne peut se justifier, et doit être arrêtée", a dit le président indonésien. "Le terrorisme n'a rien à voir avec la religion", a-t-il encore assuré.
    Cette semaine, le ministère indonésien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de France au sujet des déclarations du président Macron, alors que des manifestations ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays.