Jean-René Belliard analyse le Proche-Orient - Page 5

  • Syrie : L'armée américaine renforce son déploiement - un signal envoyé à la Russie

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    L'armée américaine a annoncé avoir renforcé son déploiement militaire dans le Nord-Est syrien, après plusieurs incidents ayant opposé les forces américaines à l'armée russe dans cette région où Washington maintient désormais une présence limitée.

    Le commandement central de l'armée américaine au Moyen-Orient (Centcom) a "déployé un radar Sentinel, accru la fréquence des patrouilles aériennes au dessus des zones contrôlées par les forces américaine et déployé des véhicules de combat M2A2 Bradley" dans cette zone contrôlée par les Etats-Unis et leurs alliés kurdes, a indiqué dans un communiqué le porte-parole du Centcom, le commandant Bill Urban. Les Bradley s'étaient retirés en octobre dernier de cette zone, sur décision du président américain Donald Trump qui a tenté début 2019 de rappeler l'ensemble des troupes américaines en Syrie, avant d'accepter d'en laisser quelques centaines pour y garder les puits de pétrole.

    Selon un responsable américain ayant requis l'anonymat, le nombre de blindés envoyés en renfort ne dépasse pas la demi-douzaine, et "moins d'une centaine" de troupes ont été envoyées pour les manœuvrer. Le porte-parole du Centcom a précisé que ces mesures étaient destinées à "défendre les forces de la coalition dans cette zone et à s'assurer qu'elles poursuivent leur mission (...) sans interférence".

    Il n'a pas mentionné la Russie mais le responsable américain a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait d'un "signal clair envoyé à la Russie pour qu'elle respecte les processus de déconfliction dans le région, et pour que la Russie et d'autres acteurs s'abstiennent d'actes non professionnels et dangereux".

    Plusieurs incident ont opposé ces dernières semaines les militaires américains aux forces russes désormais déployées le long de la frontière turque, conformément à un accord avec Ankara. Fin août, sept soldats américains avaient été blessés au cours d'une collision avec un véhicule russe. Des vidéos mises en ligne sur Twitter, apparemment filmées par des témoins et les Russes eux-mêmes, montraient des blindés et des hélicoptères russes tentant de bloquer des véhicules américains, puis les forcer à quitter la zone. "Les Etats-Unis ne cherchent à entrer en conflit avec aucun autre pays en Syrie, mais ils défendront les forces de la coalition si nécessaire", a souligné le commandant Urban.

    Les blindés ont été aéroportés depuis une base du Koweit, a précisé dans un autre communiqué le porte-parole de la coalition antijihadiste, le colonel Wayne Marotto. Ils appartiennent à la 2e brigade de la 1ère division blindée de Fort Bliss, Texas.

    Réponse russe
    Samedi 19 septembre, les forces russes ont acheminé de nouveaux véhicules blindés et des renforts militaires à l'aéroport de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, moins de 12 heures après que le Pentagone ait annoncé l'envoi de véhicules blindés et de soldats en Syrie

    Bras de fer entre Américains et Russes en Syrie
    Les troupes américaines et les mercenaires russes sont souvent en contact en Syrie, mais les affrontements ont été rares. En février 2018, des mercenaires russes avaient attaqué un poste de commandement des Forces démocratiques syriennes (FDS), les alliés kurdes des Etats-Unis, près de Deir ez-Zor. Des soldats américains qui se trouvaient dans le bâtiment avaient alerté la coalition, qui avait répliqué par une frappe aérienne ayant fait entre 100 et 200 morts parmi les mercenaires russes.

  • Syrie : Des commandants du 5E Corps d'armée soutenu par la russie échappent à une tentative d'assassinat à Daraa (sud)

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    Jeudi17 septembre dans la soirée, deux commandants supérieurs de la "8e Brigade" soutenue par la Russie, une unité du 5e Corps de l'Armée arabe syrienne (AAS) formée avec d'anciens rebelles, ont survécu à une tentative d'assassinat à Daraa.

    Un engin explosif improvisé a visé un véhicule transportant les deux commandants, "Ali Ahmed al-Sabah al-Miqdad" et "Qassem al-Sabah al-Miqdad", près de la citadelle de Busra à l'est de la province de Daraa. Les deux commandants ont survécu à l'attaque. Cependant, ils ont tous deux été blessés.

    Selon l'armée de Houran (pro-russe), Ali est le commandant adjoint de la 8ème Brigade tandis que Qassem, son cousin, est le directeur financier de l'unité.

    La tentative d'assassinat a eu lieu quelques heures après une rencontre entre Ali, Qassem et un officier supérieur russe à la citadelle de Busra. Des questions liées au processus de réconciliation auraient été discutées.

    La 8e brigade a été créée après l'accord de réconciliation de Daraa de 2018. L'unité, qui recevrait le soutien de la Russie, s'est engagée dans plusieurs opérations contre l'Etat islamique sous le commandement de l'AAS.

    Ce n'est pas la première attaque contre la 8ème Brigade à Daraa. En juin dernier, une forte explosion avait visé un bus transportant du personnel de l'unité. Des dizaines de personnes avaient été tuées ou blessées.

  • Arabie saoudite : Ansar Ullah, le bras armé des rebelles chiites Houthis yéménites ont frappé l'aéroport international d'Abha

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    Jeudi 17 septembre, les forces aériennes yéménites, alliées des rebelles chiites yéménites Houthis, ont attaqué l'aéroport international d'Abha dans la province saoudienne de 'Asir à l'aide d'un drone suicide.

    Le général de brigade Yahya Sari, porte-parole de la branche pro-Houthi de l'armée yéménite, a déclaré qu'une "cible de grande valeur" avait été frappée par un drone Samad-3. Le drone Samad-3, qui a été révélé l'année dernière, a une portée de plus de 1 500 km.

    Dans un communiqué, le porte-parole a déclaré que l'attaque de l'aéroport international d'Abha était une réponse aux récentes frappes aériennes de la coalition dirigée par les Saoudiens sur son QG au Yémen.

    Les Houthis ont déclaré que l'attaque avait été un succès. Néanmoins, la coalition saoudienne affirme que le drone suicide a été intercepté avant d'atteindre sa cible.

    "Les forces conjointes de la coalition ont intercepté et détruit ce soir (jeudi) un drone chargé de bombes lancé délibérément par la milice terroriste Houthi pour cibler les civils et les biens civils à Khamis Mushait", a déclaré le porte-parole de la coalition, le colonel Turki al-Malaki, dans un communiqué officiel.

    Au début de ce mois, les Houthis ont lancé un missile balistique et trois drones suicide sur la capitale saoudienne, Riyad. La coalition a répondu par deux séries de frappes aériennes sur Sanaa, la capitale du Yémen.

    La coalition dirigée par les Saoudiens réagira probablement de la même manière à la nouvelle attaque des Houthis contre l'aéroport international d'Abha dans les prochains jours.

  • Syrie : Des blindés turcs endommagés par des tirs de l'armée syrienne dans le Grand Edleb

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    Vendredi 18 septembre au matin, l'armée arabe syrienne (AAS) a pris pour cible deux blindés des forces armées turques dans la partie sud du Grand Edleb.

    Les troupes syriennes ont tiré plusieurs obus sur deux véhicules qui passaient près de la ville de Marzaf. L'attaque a été menée depuis une position dans la ville de Kafr Battikh. Selon certaines sources de l'opposition, les véhicules ont été visés par des obus d'artillerie. Cependant, des missiles guidés antichars auraient pu également être utilisés.

    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les véhicules blindés ont été endommagés. D'autres sources ont affirmé qu'un membre des forces turques a été blessé. Cela n'a pas encore été confirmé par le ministère turc de la défense.

    L'attaque était probablement une réponse aux récentes provocations des rebelles soutenus par la Turquie, qui violent régulièrement le cessez-le-feu dans le Grand Edleb.

    Dans le cadre de l'accord du 5 mars avec la Russie, la Turquie s'est engagée à neutraliser les rebelles radicaux dans le Grand Edleb. Mais les forces turques n'ont pas rempli cette obligation. De plus, certaines des factions de la région reçoivent toujours le soutien d'Ankara.

    Le cessez-le-feu du Grand Edleb semble être au bord de l'effondrement. Il y a deux jours, le ministre turc des affaires étrangères a révélé que les derniers pourparlers russo-turcs sur la région n'avaient pas été productifs. La raison est que la Turquie a refusé de répondre favorablement à la demande pressante de la Russie d'évacuer ses postes d'observation installés dans le nord syrien. Ce refus d'Ankara à Moscou laisse présager une nouvelle escalade militaire dans la région.

  • Syrie : Les jihadistes de l'Etat islamique massacrent six soldats syriens dans le sud de la province de Deir ez-Zor

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    Les jihadistes de Daech ont massacré six soldats de l'Armée Arabe Syrienne (AAS) dans le sud de la province de Deir Ezzor, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) le 18 septembre.

    Selon l'OSDH, les corps des soldats ont été retrouvés à Bir Abu al-Hayaya, dans la périphérie de la ville de Mayadin.

    "Les six soldats ont été massacrés au couteau", a déclaré à l'OSDH se basant sur une source locale ayant eu connaissance de l'incident.

    L'identité des victimes et les circonstances entourant leur capture par le groupe islamiste n'ont pas été révélées par l'OSDH.

    Les jihadistes de Daech ont intensifié leurs attaques au sud et à l'ouest de la province de Deir Ezzor au cours des dernières semaines. Les jihadistes mènent leurs attaques depuis leurs caches dans le désert de Homs tout proche.

    Au début de ce mois, les forces syriennes et iraniennes ont démantelé une cellule de Daech dans la ville de Boukamal, au sud de Deir Ezzor. Les terroristes, qui étaient déguisés en personnel iranien, achetaient des provisions pour leurs camarades restés dans le désert de Homs.

    L'Etat islamique tente clairement d'étendre son influence aux zones contrôlées par le gouvernement dans la région de Deir ez-Zor et dans d'autres régions du centre de la Syrie.

  • Syrie : Les "épouses de Daech" assassinent quatre personnes de sang froid dans le camp d'al-Hol

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    Les épouses de Daech ont assassiné quatre personnes dans le camp d'al-Hol, qui est contrôlé par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS).

    La télévision Al-Yaoum a rapporté le 17 septembre que deux réfugiés irakiens et une femme déplacée d'Alep ont été assassinés par des "épouses de Daech" à l'intérieur d'al-Hol.

    "Le crime a été perpétré avec une arme de poing munie d'un silencieux dans une section du camp destinée aux réfugiés irakiens", a déclaré une source bien informée à la chaîne de télévision.

    Le 18 septembre, le blog Deir Ezzor 24 a fait état d'un quatrième meurtre à al-Hol. Atallah Jassim Al-Howaish, originaire de l'est de Deir Ezzor, a été poignardé à l'intérieur du camp par les "épouses de Daech" sans qu'on connaisse la raison.

    Le camp d'al-Hol, situé dans la povince de Hasake, accueille plus de 66 000 personnes, dont 40 000 membres des familles des combattants de l'Etat islamique (Daech), dont beaucoup sont des étrangers.

    Les "épouses de Déech" font des ravages à l'intérieur de ce camp mal contrôlé. Des tentatives d'évasion et des meurtres ont lieu régulièrement dans le camp.

    Les femmes jouent le rôle de "Hosbah" [police religieuse] de l'Etat islamique. Toute personne qui abandonne l'idéologie radicale islamiste du groupe est punie, voire assassinée. Les FDS ont énormément de peine à confronter ces femmes.

    Rappelons qu'en Occident, et notamment en France, certains responsables politiques appellent au rapatriement de ces femmes, attendris par leur posture de mère d'enfants en bas âge, mais ignorant ou faisant mine d'ignorer leur dangerosité.

  • Irak : 2 Soldats turcs tués au cours d’affrontements avec le PKK

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    Deux soldats turcs tués et un troisième blessé par des tirs de roquettes de militants kurdes contre une base militaire turque dans le nord de l’Irak, à annoncé le ministère de La Défense turque, vendredi. 


    La Turquie a régulièrement attaqué le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), à la fois dans le sud-est turc à majorité kurde et dans le nord irakien où les kurdes ont leurs bases.

    En juin, la Turquie a lancé une opération militaire baptisée « Opération griffe de tigre » Au cours de laquelle, les forces turques sont profondément entrées en Irak. 

    Le ministère turc a dénoncé les « tirs de harcèlement » par des batteries de mortiers qui ont tué les deux soldats sur l’une des bases turques en Irak.

    Dans une autre déclaration, le ministère de l’intérieur turc affirme que 71 combattants du PKK ont été tués depuis le 13 juillet au cours d’une série d’opérations en Turquie. 38 autres ont été capturés. 

    Lien permanent Catégories : Armée turque en Irak, IRAK, PKK, TURQUIE 0 commentaire