Jean-René Belliard analyse le Proche-Orient - Page 4

  • Érythrée : Asmara de nouveau visée par une roquette tirée depuis la région éthiopienne du Tigray

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    Asmara, la capitale de l'Erythrée, a de nouveau été visée vendredi soir par au moins une roquette tirée depuis la région du Tigray, contre laquelle l'armée éthiopienne mène une opération militaire, ont indiqué à l'AFP quatre diplomates basés dans la Corne de l'Afrique.

    "Une roquette venant du Tigray semble avoir atterri au sud d'Asmara", a déclaré l'un de ces diplomates, soulignant qu'aucune information n'était dans l'immédiat disponible sur d'éventuels victimes ou dégâts.

    Un second diplomate a déclaré qu'un second tir de roquette avait été signalé dans un quartier d'Asmara, mais cette information n'a pas pu être vérifiée.

    Le Front de libération des Peuples du Tigray (TPLF), au pouvoir dans cette région du Nord de l'Ethiopie frontalière de l'Erythrée, avait déjà revendiqué mi-novembre plusieurs tirs de roquettes sur Asmara, tombées à proximité de l'aéroport. Ce deuxième tir visant l'Erythrée réanime les craintes d'une potentielle escalade du conflit à l'échelle régionale, alors que la communauté internationale s'inquiète des répercussions du conflit sur les civils.

    Lancée le 4 novembre, l'opération militaire au Tigray est entrée jeudi dans sa "dernière phase" selon le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui a ordonné à l'armée de lancer une offensive sur Mekele, la capitale régionale, où sont retranchés les dirigeants du TPLF.

    Vendredi, les autorités tigréennes ont accusé M. Abiy et Issaias Afeworki, le président érythréen, d'avoir ensemble "envahi" le Tigray, dans un communiqué lu à la télévision tigréenne. Les forces tigréennes accusent l'Erythrée de prêter main-forte à l'armée fédérale éthiopienne en laissant son aviation décoller du territoire érythréen, mais aussi en intervenant militairement dans les combats au Tigray.

    L'Erythrée est l'ennemi juré du TPLF, qui a contrôlé durant presque 30 ans l'appareil politique et sécuritaire en Ethiopie. Lorsque le TPLF était au pouvoir à Addis Abeba, Ethiopie et Erythrée se sont affrontées dans une guerre meurtrière entre 1998 et 2000. Les deux pays sont restés à couteaux tirés jusqu'à ce que Abiy Ahmed devienne Premier ministre en 2018, et fasse la paix avec Asmara.

    De nombreux observateurs craignent que le conflit au Tigray n'entraîne l'Ethiopie et sa mosaïque d'ethnies dans une guerre communautaire, mais aussi qu'il ne déstabilise la Corne de l'Afrique.

  • Irak : Quatre morts le jour d'une démonstration de force des partisans de l'imam Moqtada Sadr

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    Quatre personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi dans des affrontements entre manifestants rivaux dans le sud de l'Irak, où le leader chiite Moqtada Sadr avait appelé ses partisans à une démonstration de force, à sept mois des législatives. Il y a un an, en octobre 2019, manifestants anti-pouvoir et sadristes descendaient ensemble dans les rues de Bagdad et de toutes les villes du Sud pour la première révolte spontanée du pays, à l'ampleur inégalée.

    Depuis, les deux camps se sont divisés, un nouveau gouvernement a été nommé et le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi, a promis des législatives anticipées en juin, attisant les appétits de tous les politiciens dans l'un des pays les plus corrompus au monde. A l'approche de ce scrutin à l'issue duquel Moqtada Sadr, qui tient déjà le premier bloc au Parlement, a prévenu que sa formation entendait prendre les rênes du gouvernement, les tensions montent de nouveau.

    Quatre morts, neuf blessés par balles
    Pour bien montrer que les temps ont changé, des dizaines de milliers de sadristes ont prié --côte-à-côte malgré la Covid-19-- place Tahrir de Bagdad, là même où il y a quelques semaines encore, les tentes des anti-pouvoir se dressaient. Elles ont depuis été démantelées, et l'unique campement du mouvement de contestation est désormais celui installé sur la place Habboubi, au coeur de Nassiriya (sud), bastion historique des révoltes en Irak depuis l'époque du mandat britannique il y a un siècle. Vendredi, "des sadristes armés de fusils et de pistolets sont venus pour essayer de brûler le campement (photo ci-dessous), nous redoutons plus de violences", a affirmé à l'AFP Mohammed al-Khayyat, l'une des figures de la révolte à Nassiriya.

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    En soirée, les heurts se poursuivaient tandis qu'un journaliste de l'AFPTV a constaté que de nombreuses tentes de manifestants avaient été incendiées et que la cohue régnait à Habboubi. "Les forces de l'ordre n'ont clairement pas fait leur travail, en laissant faire des gangs armés qui voulaient attaquer Habboubi", a de son côté dénoncé sur Twitter Assaad al-Nasseri, ancien leader sadriste qui a fait défection. Ces violences ont fait, selon des sources médicales, quatre morts et 51 blessés, dont neuf par balles. Nassiriya s'était particulièrement illustrée lors de la révolte lancée en octobre 2019, qui réclamait un renouvellement total de la classe politique et a maintenu des dizaines de milliers de manifestants dans les rues pendant des mois.

    Anniversaire d'un massacre
    Il y a un an, la ville avait été le théâtre le 28 novembre 2019 d'une journée sanglante avec plusieurs dizaines de manifestants tués par les forces de l'ordre. Le gouvernement de l'époque, qui a depuis démissionné, avait même dû rappeler dans la journée un haut-gradé dépêché pour mettre fin aux manifestations tant le bain de sang avait suscité l'indignation dans le pays.

    Le gouvernement de M. Kazimi, lui, doit faire face au scepticisme de la classe politique. Experts et responsables assurent unanimes que les législatives n'auront pas lieu en juin car le pays n'aura pas eu le temps de se préparer pour la nouvelle loi électorale, votée dans la foulée de la révolte d'octobre 2019.

    Déjà grand vainqueur des législatives de mai 2018 avec 54 députés sur 329, Moqtada Sadr pourrait profiter de cette réforme. Les nouvelles circonscriptions, plus petites, font la part belle aux notables, dignitaires tribaux et religieux et aux candidats appuyés par de riches partis dans un pays où le clientélisme est roi et la fraude fréquente.

    Sur Twitter cette semaine, Moqtada Sadr a dit s'attendre à une victoire importante et donc à placer un Premier ministre de son parti, une première depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.

    Vendredi, des milliers de ses partisans ont manifesté à Bagdad et dans d'autres villes comme Hilla et Bassora dans le Sud, en réponse à son appel à des rassemblements ce jour. Et le prêcheur dépêché par son mouvement à Tahrir a appelé dans son sermon à "une majorité sadriste au Parlement".

    "Nous manifestons contre les corrompus (...) qui ont mené l'Irak à la faillite", a assuré à l'AFP l'un des manifestants, Talal al-Saadi. "Nous répondons à l'appel de Sadr, nous disons au monde que nous ne voulons pas des criminels et des corrompus", abonde Ahmed Rahim. "C'est nous qui décidons".

  • France : le CCIF s’est auto-dissous avant le décret du gouvernement

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    Le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) s’est auto-dissous sans attendre que soit prononcée sa dissolution en conseil des ministres, a annoncé vendredi l’ONG islamiste dans un communiqué de presse.

    Qualifié « d’ennemi de la République » par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, le CCIF faisait l’objet de vives pressions depuis plusieurs semaines.

    « Comme nous vous l’avions annoncé le 26 octobre, le CCIF a activé un plan d’ampleur permettant de déployer une large partie de ses activités à l’étranger », rappelle la direction dans son écrit, avant de préciser que « la notification de dissolution reçue le 19 novembre a donc été sans objet, puisque le CCIF n’existe plus en tant que structure ».

    En effet, l’ONG fait savoir ce vendredi que son « Conseil d’administration a prononcé, le 29 octobre dernier, la dissolution volontaire du CCIF » et que ses « actifs » ont été « transférés à des associations partenaires ».

    « Concernant nos adhérents, nos partenaires, nos soutiens et les personnes qui suivent notre travail, il leur sera proposé de prendre attache avec nos associations partenaires», conclut l’équipe du CCIF, dont les moyens de communication seront fermés dans les 24 heures.

    Cette décision prise par les équipes de l’association vient mettre un terme à l’acharnement du gouvernement à son encontre.

    Dans un courrier reçu le 19 novembre dernier, le ministre de l’intérieur a accusé notamment le CCIF d’avoir eu comme trésorier, un certain Abdelhakim Sefrioui, mis en cause dans le cadre de l’enquête sur l'assassinat par décapitation du professeur Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine qu.

    Une accusation formellement démentie par le collectif, qui pointe une confusion des services de l’Etat, entre le CCIF et le CIF (Conseil des Imams de France), qui n’ont absolument aucun lien.

    « Depuis plus d’une semaine, nous avons répondu aux différents griefs qui nous sont reprochés dans la notification de dissolution, et nous avons démontré que celle-ci se basait sur des éléments infondés, biaisés ou mensongers », souligne à cet effet le CCIF dans son communiqué final.

    À noter également que l’association humanitaire musulmane Barakacity a été dissoute le 28 octobre dernier par le gouvernement français pour des motifs, eux aussi, formellement contestés par sa direction.

    Les avocats de Barakacity ont d’ailleurs annoncé jeudi qu’ils saisissent la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme), pour faire annuler cette décision.

     

  • Iran : Un scientifique du nucléaire assassiné, Israël pointé du doigt

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    Vendredi 27 novembre, l'IRNA a annoncé la mort de Mohsen Fakhrizadeh, physicien nucléaire et chef de l'organisation de recherche et d'innovation du ministère iranien de la Défense.

    Selon le ministère iranien de la Défense, le scientifique a été victime d'un attentat terroriste à Absard, une banlieue de Téhéran.

    Détails de l'attaque
    Le chef de l'organisation pour la recherche et l'innovation du ministère iranien de la Défense , le physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, voyageait dans une voiture blindée de la ville de Rostamkol dans la province de Mazandaran vers Absard, accompagné de trois véhicules de son service de sécurité.

    Il y a eu une explosions, provoquée par un véhicule piégé. Selon la télévision d'État iranienne, il s'agissait de l'explosion d'un pick-up de marque Nissan transportant une énorme quantité d'explosifs cachés sous une cargaison de bois. La voiture du cortège qui précédait la voiture de Fakhrizadeh s'est éloignée pour vérifier la situation. C'est alors qu'un 4x4 avec des personnes armées à bord a commencé à tirer sur la voiture de Fakhrizadeh depuis l'autre côté de la rue. L'attention de Fakhrizadeh a été attirée par les bruits de balles frappant la voiture. Il semble avoir pris ces détonations pour une collision avec un obstacle routier ou un problème de moteur. Il est sorti de sa Nissan blindée. C'est alors qu'il a été touché par les tirs d'un fusil automatique. Deux balles ont touché le côté et le dos, et également le cerveau. Le garde du corps a lui-même été blessé par quatre balles alors qu'il couvrait le scientifique. Fakhrizadeh lui-même a été transporté à l'hôpital par hélicoptère, mais il n'a pas été possible de le sauver.

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    L.e chef de la diplomatie iranienne a accusé Israël d'avoir joué un "rôle" dans cet "acte terroriste". "Des terroristes ont assassiné aujourd'hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté --avec des indications sérieuses du rôle d'Israël-- montre le bellicisme désespéré de ses auteurs", a tweeté Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie a également appelé la communauté internationale à "mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste".

    La chaîne d'information arabe Al-Alam , diffusant depuis l'Iran et appartenant à la société de presse publique Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), affirme que le meurtre de Mohsen Fakhrizadeh, décrit par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comme le "père de la bombe iranienne", "est le Mossad, les services secrets israéliens. Le Mossad avait déjà tenté de tuer Fakhrizadeh."

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    Rappelons que Mohsen Fakhrizadeh occupait un poste élevé au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique et dirigeait les travaux de création d'ogives nucléaires. En 2006, il a accusé les autorités d'arrêter le financement de ses laboratoires et a quitté le projet, mais est retourné au travail en 2012.

    Son assassinat intervient deux jours avant le 10e anniversaire de l'assassinat d'un autre scientifique iranien, Majid Shahriari, le 29 novembre 2010.

    Le Corps des gardiens de la révolution islamique a tweeté un message indiquant que le CGRI était prêt à se venger d'Israël pour le meurtre de Fahrizadeh.

    Le chef de l'état-major iranien, le général Mohammad Bakri, a déclaré que la réaction à l'assassinat de Fakhrizadeh "sera dure".

    Nouveau message circulant sur Telegram après l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh :

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    L'ancien ministre de la Défense de la République islamique d'Iran Hossein Dehkan, qui occupe le poste de conseiller militaire du guide suprême Ali Khamenei, a tweeté que "les sionistes utilisent les derniers jours de la vie politique de leur partenaire, le président américain Donald Trump, pour accroître la pression sur l'Iran et provoquer guerre à grande échelle. "

    Programme nucléaire
    Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l'arrivée à la Maison Blanche du démocrate Joe Biden, président élu à l'élection du 3 novembre aux Etats-Unis. M. Biden entend changer de posture vis-à-vis de l'Iran après les quatre années de présidence du républicain Donald Trump, qui s'est retiré en 2018 de l'accord avec les grandes puissances signé à Vienne trois ans plus tôt portant sur le programme nucléaire de Téhéran. Les Etats-Unis ont ensuite rétabli puis renforcé les sanctions à l'encontre de l'Iran.

    M. Trump estime que cet accord n'offre pas de garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. L'Iran a toujours nié vouloir un tel armement. Le président américain a re-tweeté vendredi des informations sur l'assassinat du scientifique iranien, mais sans y adjoindre de commentaire personnel.

    Plusieurs autres scientifiques spécialisés dans le domaine nucléaire en Iran ont été assassinés ces dernières années, la République islamique en attribuant systématiquement la responsabilité à Israël. Et le quotidien américain New York Times a rapporté mi-novembre qu'Abdullah Ahmed Abdullah, alias Abou Mohammed al-Masri et numéro deux d'Al-Qaïda, avait été abattu à Téhéran par des agents israéliens, lors d'une mission secrète commanditée par Washington. L'Iran a démenti.

  • Yémen : La coalition saoudienne bombarde des cibles houthis après l'attaque contre Aramco

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    La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a bombardé vendredi des camps des rebelles houthis à Sanaa, quatre jours après une attaque contre un site pétrolier saoudien, ont constaté des correspondants de l'AFP et des témoins présents sur place.

    Les rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, ont tiré un missile lundi contre un site d'Aramco à Jeddah, la grande ville de l'ouest de l'Arabie saoudite, déclenchant l'incendie d'un réservoir de pétrole dans une usine de l'entreprise publique, première exportatrice de brut au monde. Plusieurs frappes aériennes de la coalition ont visé vendredi matin des camps militaires des houthis à Sanaa, la capitale, à Amran (au nord de Sanaa) et à Hodeida, la région portuaire à l'ouest du pays, selon des correspondants de l'AFP à Sanaa et des témoins sur place.

    L'existence de victimes de ces raids n'a pas été confirmée.

    "Nous nous sommes réveillés aujourd'hui avec des raids et le bruit de fortes explosions qui ont effrayé tout le quartier", a raconté à l'AFP Abdelkarim al-Qoudsi, un habitant de 41 ans, qui vit à Al-Hafa, un quartier dans l'est de Sanaa.

    Un responsable houthi a dénoncé les raids de la coalition. "L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis - membres de la coalition - veulent nous effrayer avec leurs frappes aériennes, mais nous leur disons que leurs raids ne feront qu'augmenter notre force", a-t-il déclaré à l'AFP sous le couvert d'anonymat.

    Depuis 2014, les rebelles contrôlent la capitale Sanaa et ont conquis une partie du nord du pays dans la guerre qu'ils livrent aux forces gouvernementales, appuyées par la coalition dirigée par Riyad. Cette coalition contrôle en revanche tout l'espace aérien du Yémen. En réaction au soutien de l'Arabie saoudite au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationales, les houthis ont multiplié les attaques contre le grand royaume voisin, comme celle de lundi ou celle de septembre 2019 visant une installation majeure d'Aramco.

    Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, selon des organisations humanitaires, et a plongé le pays pauvre dans la pire crise humanitaire au monde d'après l'ONU.

  • Union Européenne : Le Parlement européen approuve l'amendement relatif aux sanctions contre la Turquie

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    Le Parlement européen a adopté ce jeudi un amendement à une résolution sur la ville côtière chypriote de Varosha, demandant au Conseil de l'UE d'imposer des sanctions à la Turquie pour la réouverture partielle de la ville.

    La résolution a été soutenue par 631 députés, trois ont voté contre, 59 se sont abstenus.

  • Ethiopie : L'armée fédérale bloque une route empruntée par les réfugiés fuyant au Soudan

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    L'armée éthiopienne a bloqué une des principales routes menant au Soudan, empêchant des Ethiopiens fuyant la guerre au Tigray de rejoindre le pays voisin, selon des réfugiés parvenus jeudi au poste-frontière de Lugdi, dans l'est du Soudan.

    "L'armée éthiopienne a coupé la route menant à la frontière soudanaise au niveau de la localité de Humera (20 km de la frontière) et ceux qui cherchent à gagner le Soudan doivent éviter la route principale et passer à travers les champs sans se faire voir par les soldats", a expliqué à l'AFP Tesfai Burhano, qui venait d'arriver à Lugdi.

    Jeudi, ce poste-frontière était vide et aucun soldat éthiopien n'y était visible. Le journaliste de l'AFP a vu une dizaine de réfugiés traverser la frontière pendant qu'il se trouvait sur place. Le nombre d'arrivées de réfugiés éthiopiens au Soudan a nettement baissé depuis une semaine, selon les chiffres du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR). Mercredi, l'agence onusienne recensait 718 arrivées, contre 3.813 le 21 novembre. Un responsable soudanais de la sécurité a confirmé à l'AFP cette baisse, sans donner d'explication. Selon le HCR, 42.651 réfugiés sont arrivés au Soudan depuis le début du conflit meurtrier au Tigray, dont 70% via Hamdayit, dans la province soudanaise de Kassala, le reste via celle de Gedaref.

    La région du Tigray, dans la nord de l'Ethiopie, est le théâtre d'âpres combats depuis que le Premier ministre Abiy Ahmed y a lancé une opération militaire le 4 novembre, accusant les responsables du Front de libération du peuple du Tigré de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d'avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités tigréennes.