House of Representative (HoR)

  • Libye : "Les Kadhafistes sont de retour"...Seif el-Islam, avec l'appui de la Russie

    Imprimer

    Les sympathisants du Régime libyen déchu ambitionnent de retourner à nouveau au pouvoir par le biais de la réconciliation nationale et les élections présidentielle et législatives, prévues à la fin de l'année 2021 et ce, dix ans après le renversement du Régime de Mouammar Kadhafi.

    Bien que ce scénario soit peu probable, il n'en demeure pas moins que les sympathisants de Kadhafi ne dissimulent pas leur volonté de présenter la candidature de Seif el-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, à la prochaine Présidentielle avec un soutien russe et tribal, d'autant plus que le cousin de Kadhafi, Ahmed Kadhaf al-Dam dispose toujours d'une « fortune » qui lui permet de financer le projet de retour au pouvoir.

    Première participation des sympathisants de Kadhafi au Dialogue
    Contrairement à l'Accord de Skhirat au Maroc, à la fin de l’année 2015, qui avait exclu les sympathisants de Kadhafi du Dialogue, la Mission onusienne a accepté, avec la pression de la Russie, de les faire participer au Forum de Dialogue politique, qui a démarré en Tunisie, au mois de novembre dernier.

    Mieux encore, Omar Abou Cherida, un des dirigeants loyaux à Seif el-Islam Kadhafi, s'est porté candidat aux élections du Conseil présidentiel, représentant la région du Fezzan et a obtenu 5 voix sur un total de 14 votants au premier round.

    Abou Cherida a occupé la deuxième place au premier round au niveau du la région du Fezzan (sud), distancé d’une seule voix par Abdelmajid Seif Ennasr, et devançant Moussa Kouni qui n'a obtenu que deux voix, mais qui a remporté au troisième round le siège de Fezzan au Conseil présidentiel.

    Abou Cherida s’est allié au deuxième round avec Chérif el-Wafi (candidat à la Présidence du Conseil présidentiel) et Mohamed al-Montassar (candidat à la Présidence du gouvernement) et Abdallah Balaazi (candidat au Conseil présidentiel). Ils ont obtenu 15 voix sur un total de 73 votants, occupant ainsi une 3ème place éliminatoire au dernier round.

    Un franc soutien russe
    La Russie est quasiment le seul pays qui a reçu, à titre officiel et public, des représentants de ce qu'elle a appelé « Le Mouvement de Seif el-Islam Kadhafi ». La délégation était conduite par Abou Cherida, qui s'est porté candidat par la suite au Conseil présidentiel.

    Le 15 janvier dernier, le site « Russia Today » (public) a rapporté un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères dans lequel il était écrit que « l'émissaire spécial du président russe pour la région du Moyen-Orient et en Afrique, Mickaël Bogdanov, a reçu Mefteh al-Werfelli et Omar Abou Cherida, représentants du Mouvement de Seif el-Islam Kadhafi.

    Quelques jours auparavant, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine avait mis l'accent sur la nécessité d'associer les sympathisants de Mouammar Kadhafi au Dialogue national inter-libyen.

    Rappelons que Mouammar Kadhafi était un proche allié de Moscou en Afrique du Nord et avec son départ, la Russie a perdu de son influence ainsi que d’importants marchés d'armes. Son fils Seif el-Islam est en mesure de redorer le blason de cette relation s'il parvient à accéder au pouvoir avec l'aide de Moscou.

    Dbaibah balisera-t-il la voie au retour de Seif el-Islam?
    Le Chef du gouvernement libyen désigné, Abdulhamid Dbeibah ne s'oppose pas à la candidature de Seif el-Islam à la Présidentielle, selon des déclarations antérieures faites au magazine français « Jeune Afrique » en 2018.

    De plus, ses récentes déclarations confirment son soutien à la réconciliation entre tous les Libyens, ce qui donne l'occasion aux sympathisants de Kadhafi de jouer un rôle politique plus important en cette phase transitoire, au lieu de s’engager, à nouveau, aux aventures militaires du général putschiste Khalifa Haftar.

    D'autres parties parient sur le fait que le Courant « La Libye de l’Avenir » que conduit Dbeibah n’est que le prolongement du projet « La Libye de demain » lancé par Seif el-Islam en 2006. A l'époque, Dbeibah était l'un des points cardinaux de ce plan de réforme du régime de l'Intérieur et qui visait à développer le pays.

    Ayant occupé plusieurs postes, dont celui de Directeur général de la Compagnie d'Investissement national intérieur et de président du Conseil d'administration d'une holding qui compte 15 entreprises internationales dans le domaine du développement ainsi que celui de président du Conseil d'administration de la Compagnie libyenne pour le développement et l'investissement, Dbeibah est considéré comme faisant partie du premier cercle proche de Seif el-Islam.

    Toutefois, Dbelbah a adhéré à la Révolution après son enclenchement, le 17 février 2011, et a, ensuite, contribué au financement des forces du gouvernement libyen pour faire face aux milices de Haftar, ce qui a poussé la chambre des députés de Tobrouk à l'inscrire, en juin 2017, sur la liste des personnalités et des entités accusées de « terrorisme ».

    Le Chef du gouvernement désigné et bien qu'il ait annoncé sa dissension prématurée du Régime de Kadhafi, il n'en demeure pas moins qu'il reste un homme pragmatique qui favorise la réconciliation.

    Il n'est pas, d’ailleurs, exclu qu'il ait obtenu l'appui de parties considérées comme proches de l'ancien Régime, lors de l'ultime et décisif round du vote, qu'il a remporté avec Mohamed al-Manfi, contre la liste de Aguila Salah, Oussama Jouili et Fathi Bachagha.

    Sur la base de cela, il est attendu que les sympathisants de Seif el-Islam Kadhafi multiplient leurs activités au cours de la phase transitoire, dans le cadre du mouvement « Rachahnak » (Nous t’avons désigné candidat).

    Une condamnation à mort et un rêve de la Présidence
    Néanmoins, une série de d'obstacles d'ordre juridique empêche la candidature de Kadhafi fils à la Présidentielle du 24 décembre prochain.

    Seif el-Islam a été, en effet, condamné à mort par contumace, par un tribunal de Tripoli, mais ses sympathisants espèrent qu'il bénéficiera d'une amnistie générale dans le cadre d'une Réconciliation nationale.

    De plus, la Cour Pénale Internationale (CPI) réclame son extradition, étant accusé de crimes contre l'Humanité. A la fin de l'année 2019, la CPI a affirmé qu'il est encore dans la ville de Zenten (sud-ouest de Tripoli), bien que le régiment de « Abou Bakr al-Seddik », qui le séquestrait depuis 2011, avait annoncé sa libération en juin 2017.

    Depuis cette date, Seif el-Islam n'a pas été aperçu en public, à telle enseigne que le journal « Al-Ounwan » (Le Titre, proche de Haftar) avait rapporté qu'il était décédé après avoir été atteint de la tuberculose dans son lieu de détention, quelques jours avant l'annonce de sa libération.

    Cependant, ce qui met en doute cette hypothèse, est l’affirmation par deux chercheurs russes, emprisonnés par le gouvernement de l'Entente pendant deux ans, étant accusés d'espionnage, qu’ils ont rencontré Seif el-Islam plus d'une fois, selon des forces du gouvernement libyen qui menaient l’interrogatoire des deux russes.

    Cela atteste que Seif el-Islam est encore en vie, du moins jusqu'au mois de mai 2019. A défaut, Moscou ne se serait pas aventuré à accueillir des représentants du fils de Kadhafi, au début de l'année 2021.

    L'administration Biden maintient ses sanctions contre Seif el-Islam
    L’écoulement de dix ans, depuis le déclenchement de la Révolution libyenne, n’a pas intercédé en faveur de Seif el-Islam et de ses sympathisants, auprès de la nouvelle Administration américaine. Le président Biden a annoncé le 11 février courant avoir notifié au Congrès la décision portant prolongation, d’une année, des sanctions contre les fils et proches de Mouammar Kadhafi.

    Les sanctions américaines prises contre Seif el-Islam et ses sympathisants consistent en la prise de mesures pour empêcher « la mauvaise utilisation de leurs fonds et d’autres biens », ce qui est synonyme que la famille est dépourvue de ses soutiens financiers, estimés par certains médias à des milliards de dollars, ce que démentent les sympathisants de l’ancien Régime.

    Cette position américaine hostile à l’endroit de Seif el-Islam et de sa fratrie entrave son retour au pouvoir en dépit du soutien russe.

    Des médias libyens rapportent que des sympathisants de l'ancien Régime à Syrte et à Béni Walid ont procédé à la collecte de dons pour la construction de deux maisons, afin d'accueillir la famille de Kadhafi, qu’il s’agisse des membres qui sont en exil ou ceux qui sont en prison.

    La veuve de Kadhafi, Safia Ferkache, réside actuellement en Egypte et ses enfants Mohamed et Aicha sont au Sultanat d’Oman, tandis que Hannibal est détenu au Liban. Al-Saadi est emprisonné à Tripoli alors que Seif el-Islam est caché quelque part en Libye.

    Mais en décembre 2020, l'interdiction de voyage infligée à Safia, Mohamed et Aicha, par le Comité des Sanctions du Conseil de sécurité, a été provisoirement suspendue. Le ministère libyen de la Justice a salué cette décision, dans la mesure où ces 3 personnes ne sont pas impliquées dans des actes de torture ou dans des meurtres.

    Seif el-Islam compte à son actif plusieurs points forts, principalement la loyauté de plusieurs tribus, notamment celles qui habitent dans la région qui s'étend de l'axe Syrte (est de Tripoli) jusqu’à Barrak al-Chott (sud de Tripoli) en passant par Béni Walid (sud-est de Tripoli).

    Ces régions sont habitées par les tribus des Guededfa, des Ouerfella et des M’guerha, les plus loyales au régime de Kadhafi ainsi que par les tribus des Werchfena (sud de Tripoli) et d'autres tribus, telles que les Sai’an et les al-Orben.

    Cependant, les régiments sécuritaires qui ont défendu le Régime de Kadhafi jusqu'au bout ont été intégrés dans les milices de Haftar avec le soutien de l’Egypte, à l'instar du 9ème régiment de Tarhouna, qui a commis les pires crimes contre les civils, en particulier, les « rebelles du 17 février ».

    Les Libyens qui ont participé à la révolution du 17 février 2011, qui a renversé le Régime de Mouammar Kadhafi, craignent que Seif el-Islam ne se venge d’eux après son accession à la Présidence.

    Il est donc peu probable que cette frange de Libyens autorise Seif el-Islam de se porter candidat à la prochaine Présidentielle mais ses sympathisants pourraient en revanche accéder au Parlement.

    Mona Saanouni  (Anadolu)

  • Libye: les consultations se poursuivent, mais des "désaccords" éclatent

    Imprimer

    Les 75 représentants libyens, membres du Forum de dialogue politique, continuent de se consulter pour déterminer qui dirigera le pays dans la phase de transition. Cependant, les controverses et les désaccords ne manquent pas.

    Le cycle de négociations a commencé le 1er février et devrait durer jusqu'au 5 février. La réunion a lieu à Genève, sous les auspices des Nations Unies, et devrait conduire à la nomination d'un nouveau chef du Conseil présidentiel et d'un nouveau Premier ministre, en remplacement de celui qui occupe actuellement les deux bureaux, Fayez al-Sarraj . Cependant, comme le rapporte le journal al-Arabiya , il existe des "différends juridiques" impliquant certains candidats, dont le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, l'actuel ministre de l'Intérieur du Gouvernement d'accord national (GNA), Fathi Bashagha, et le ministre de la Défense, Salah al-Din al-Namroush, accusés par certains d'avoir violé certaines règles et réglementations.

    Comme l'explique le journal, parmi les 45 personnes qui ont présenté leur candidature au poste de Premier ministre ou parmi les dirigeants du Conseil présidentiel, 11 candidats occupent actuellement des postes politiques, judiciaires et militaires élevés et 5 candidats ont la double nationalité. À la lumière de cela, certains membres du Forum ont déclenché un débat, invoquant l'article 177 du règlement intérieur de la Chambre des représentants libyenne, qui établit qu'un membre de la Chambre, toujours en fonction, ne peut pas se porter candidat au poste de premier ministre ou de ministre. En outre, ceux qui possèdent la double nationalité, en vertu de la loi libyenne, ne peuvent pas occuper des postes  souverains, tout comme ceux qui travaillent dans l'armée ou dans la magistrature ne peuvent pas postuler à des postes similaires,

    À la lumière de cela, certains représentants du Forum ont demandé l'exclusion des candidats qui enfreignent ces règles, comme établi avec la feuille de route esquissée à Tunis. Cependant, certains juristes ont souligné que la candidature des personnalités dont l'exclusion est demandée, dont Saleh, al-Nimroush et Bashagha, s'inscrit dans le cadre d'un accord politique, qui n'est pas soumis aux règles précitées. Celles-ci, a-t-on précisé, s'appliquent en cas de candidature aux élections générales, tandis que les organes qui devraient être constitués avant le 5 février sont temporaires, en attendant ceux qui seront démocratiquement élus le 24 décembre 2021. En tout cas, il est demandé que les personnalités considérées responsables de "l'effusion de sang" provoquée par la crise libyenne soient exclues.

    De son côté, Aguila Saleh a déclaré, à l'ouverture du cycle, qu'il s'engagera à respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et ce qui a été établi au cours des forums internationaux et du Forum de dialogue politique. Pour le président de la chambre de Tobrouk, les priorités sont l'unification des institutions et la réconciliation nationale. 

    L'Envoyée spéciale intérimaire de l'ONU, Stephanie Williams, a souligné à quel point les 75 représentants libyens ont beaucoup de travail à faire, mais en même temps ils ont une belle opportunité à saisir, ce qui pourrait permettre à la Libye d'avoir un gouvernement unitaire. Le but ultime est de mettre fin à la crise persistante qui caractérise le pays d'Afrique du Nord depuis le 15 février 2011, date du début de la révolution et de la guerre civile. L'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, et le gouvernement de Tripoli (GNA), dirigé par le Premier ministre al-Sarraj, se sont affrontés sur les fronts de combat. L'accord de cessez-le-feu a été signé le 23 octobre 2020, lors d'une réunion du Comité militaire mixte 5 + 5, formé par des représentants des deux camps en guerre. Bien que des progrès aient été accomplis sur la voie politique, nous attendons le retrait des forces étrangères et des mercenaires, principalement turcs et russes, comme prévu par l'accord du 23 octobre.

  • Libye: annonce des candidats à la direction de l'exécutif de transition

    Imprimer

    La Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL ) a annoncé le 30 janvier qu'un comité d'examen composé de trois membres du Forum de dialogue politique libyen avait approuvé une liste de candidats pour diriger le gouvernement de transition qui conduirait la Libye aux élections prévues le 24 décembre 2021. Le Forum de dialogue politique libyen en Suisse se réunira donc du 1er au 5 février pour voter sur les candidats proposés.

    La MANUL a publié deux listes, la première contenant les 24 candidats au Conseil présidentiel et la seconde avec les 21 noms pour le poste de Premier ministre. Toutes les personnes indiquées se sont engagées à respecter la voie indiquée par le Forum de dialogue politique libyen pour amener le pays aux élections et, dans le cas où elles seraient choisies, à soumettre une déclaration des biens meubles et immeubles détenus en Libye et à l'étranger, y compris celles des conjoints et des enfants. Les candidats se sont alors engagés à ne pas se présenter aux élections à la fin de la période de transition.   

    Parmi les personnes nommées pour siéger au conseil présidentiel du nouvel exécutif figurent le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, et le ministre de la Défense du gouvernement d'accord national (GNA) de Tripoli, Saleh Namroush. Les candidats au poste de Premier ministre comprennent le ministre de l'Intérieur du GNA, Fathi Bashagha, et le vice-premier ministre du GNA, Ahmed Maiteeg.

     Le vote aura lieu en Suisse du 1er au 5 février prochain lors d'une réunion interactive au cours de laquelle la MANUL invitera les candidats à s'adresser aux 75 membres du Forum de dialogue politique pour présenter la manière dont ils entendent mettre en œuvre la voie tracée vers les élections et répondre aux les questions auxquelles ils seront soumis. L'exécutif qui résultera de ces votes sera composé du Conseil présidentiel, lui-même composé d'un président et de deux vice-présidents, et des bureaux du Premier ministre.

    Comme le rapporte Al-Arabiya , malgré les progrès réalisés par les dialogues promus par l'ONU, plusieurs personnalités libyennes ont exprimé des craintes que la compétition créée au niveau politique ne conduise à de nouveaux affrontements sur le terrain. 

    En ce moment, en Libye, il y a un cessez-le-feu convenu le 23 octobre dernier par les délégations libyennes de l'Armée nationale libyenne (ANL) et du GNA de Tripoli, réunies à Genève dans le cadre du Comité militaire mixte 5 + 5. Suite à cet accord, plusieurs initiatives ont été organisées pour parvenir à une solution politique au conflit et aux divisions en Libye, y compris la formation du Forum de dialogue politique qui rassemble les différentes composantes de la population libyenne sous l'égide de l'ONU.

    La Libye est le théâtre d'une longue guerre civile qui a débuté le 15 février 2011 qui a été suivie, en octobre de la même année, par la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi. Depuis cet événement, le pays n'a jamais réussi à réaliser une transition démocratique et, pour le moment, il voit, au niveau politique, la présence de deux administrations rivales, celle de la Chambre des représentants de Tobrouk (HoR), dirigée par Aguila Saleh, et que du GNA, dirigé par Fayez Al-Sarraj, et, sur le plan militaire, la confrontation des milices liées au GNA et l'Armée Nationale Libyenne (ANL), qui relève du général Khalifa Haftar.

    Le GNA d'al-Sarraj est le gouvernement officiellement reconnu par l'ONU en Libye, il est né le 17 décembre 2015 avec les accords de Skhirat, signé au Maroc puis expiré le 17 décembre 2017. Il est formellement soutenu par la Turquie, le Qatar et l'Italie. Les forces de l'ANL sont plutôt proches du gouvernement de Tobrouk qui contrôle l'est de la Libye et est dirigé par Aguila Saleh, et, au niveau international, elles sont soutenues par l'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, la Russie et, d'une façon plus discrète, par la France..

  • Libye : Affrontements à Tripoli entre milices affiliées au Gouvernement d'Accord National (GNA)

    Imprimer

    Des affrontements armés ont eu lieu jeudi 28 janvier entre membres de la sécurité du gouvernement d'accord national (GNA) dans la capitale libyenne Tripoli.

    Des témoins oculaires ont déclaré que les parties belligérantes avaient utilisé des armes lourdes et moyennes.

    L'affrontement a eu lieu entre la Force générale de sécurité et la Force spéciale de dissuasion dans le quartier Andalus, au centre de Tripoli.

    Aucune déclaration officielle n'a été faite par le gouvernement ou les organes de sécurité. Cependant, des sources ont révélé que les affrontements ont été provoqués par un différend entre des milices affiliées au GNA.

    Les affrontement ont eu lieu alors que le chef du GNA, Fayez Al-Sarraj, promettait de payer les soldes des forces combattantes et d'indemniser les blessés

    Il a fait cette promesse lors d'une réunion  avec des chefs militaires, des représentants de conseils de notables, des hommes d'affaires et la municipalité de Misrata.

    Parallèlement, la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a appelé mercredi à l'unification des autorités électorales du pays pour les élections au conseil municipal.

    Pendant ce temps, le processus politique libyen continue de progresser à travers le Forum de dialogue politique libyen (LPDF) pour garantir les conditions nécessaires à la tenue d'élections nationales le 24 décembre 2021.

    La Mission a exhorté toutes les parties prenantes, institutions et acteurs libyens impliqués dans les élections municipales, y compris la Chambre des représentants (HoR) basée à l'est, à soutenir et à faciliter la coopération entre les deux entités électorales de la capitale Tripoli et de la ville orientale de Benghazi, en tant qu'étape essentielle. vers l’unification des institutions libyennes.

  • Libye : Le mécanisme de sélection d'un exécutif adopté, annonce l'ONU

    Imprimer

    Les participants au dialogue politique inter-libyen ont approuvé mardi le mécanisme de sélection de l'autorité exécutive intérimaire convenu à Genève pour assurer la transition d'ici aux élections prévues en décembre 2021, a annoncé l'ONU.
     
    Alors que le pays est divisé entre deux autorités rivales, les participants au Forum du dialogue politique libyen (FDPL) avaient trouvé mi-janvier un accord sur "une proposition de mécanisme de sélection d'une autorité exécutive unifiée", selon la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul). La mission onusienne a indiqué avoir organisé un vote lundi et mardi au cours duquel les membres du FDPL ont été invités à se prononcer sur cette proposition "qui est passée", 73% des 75 participants libyens du FDPL ayant voté en sa faveur.
     
    "Les Libyens ont désormais une réelle opportunité de dépasser leurs divergences et divisions, de choisir un gouvernement provisoire pour réunifier leurs institutions grâce aux élections nationales démocratiques tant attendues", a déclaré l'émissaire par intérim de l'ONU en Libye Stephanie Williams. "La Manul est en train de finaliser la procédure et les formulaires de nomination ainsi que le calendrier du processus de vote", selon la mission onusienne.
     
    Elle n'a pas fourni dans l'immédiat de détails sur la nature des postes de ceux qui seront désignés dans cet exécutif. Mi-novembre à Tunis, Mme Williams avait arraché auprès du FDLP un accord pour l'organisation d'élections "nationales" le 24 décembre 2021, mais pas sur la désignation de l'exécutif pour assurer la transition jusqu'au scrutin et sortir la Libye d'une grave crise politique qui perdure.
     
    La Libye est plongée dans le chaos depuis le soulèvement qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Depuis 2015, deux autorités s'y disputent le pouvoir, sur fond d'implications étrangères: le Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, et une Chambre des Députés (HoR), réfugiée à Tobrouk et soutenue par le général Khalifa Haftar, homme fort de l'Est. Après l'échec de l'offensive lancée par le maréchal Haftar en avril 2019 pour s'emparer de Tripoli, les deux camps ont conclu un cessez-le-feu en octobre et retrouvé le chemin du dialogue, encouragés par l'ONU.

  • Libye : Une délégation égyptienne en visite à Tripoli, une première depuis 2014

    Imprimer

    Une délégation égyptienne a rencontré dimanche dans la capitale libyenne de hauts responsables du Gouvernement d'union nationale (GNA), une première depuis six ans alors que l'Egypte est considérée comme un soutien du camp rival à l'exécutif basé à Tripoli. Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée depuis 2015 par deux autorités rivales: le GNA, reconnu par l'ONU et soutenu par la Turquie, et une assemblée (House of Representatives) basé à Tobrouk, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est du pays, assisté par la Russie, les Emirats arabes unis et l'Egypte.
     
    Le ministre libyen de l'Intérieur Fathi Bachagha a tenu "une réunion de haut niveau" avec la délégation égyptienne composée notamment du vice-directeur des services de renseignement, a annoncé son ministère dans un communiqué. A l'ordre du jour de cette visite, à laquelle assistait Imed Trabelsi, chef de l'Organe libyen de la Sûreté générale, "les moyens de renforcer la coopération sécuritaire" ainsi que "l'appui au cessez-le-feu", selon le ministère.
     
    Les camps rivaux libyens ont conclu un accord de cessez-le-feu en octobre dernier sous l'égide de l'ONU, mettant fin à plus d'un an de conflit déclenché par une offensive sur Tripoli des forces du maréchal Khalifa Haftar en avril 2019. Dimanche, les deux parties ont "examiné les conclusions de la commission militaire conjointe 5+5 en appui aux efforts déployés par l'ONU (...) pour une sortie de crise par des voies politiques et pacifiques", selon le communiqué.
     
    C'est la première visite d'une délégation officielle égyptienne à Tripoli depuis 2014, date à laquelle l'Egypte avait fermé son ambassade à Tripoli en raison de violences. La délégation égyptienne a également été reçue par le chef de la diplomatie libyenne Mohamad Taher Siala. Le but est de "normaliser les relations diplomatiques" entre Tripoli et Le Caire et d'évoquer "la coopération dans divers domaines", a précisé sur Twitter Mohamad Elgeblawi, porte-parole du ministère libyen des Affaires étrangères. Selon M. Elgeblawi, la délégation égyptienne s'est engagée à rouvrir l'ambassade égyptienne "le plus tôt possible" et rétablir les liaisons aériennes entre les deux capitales, interrompues depuis plusieurs années.
     
    Cette visite intervient après que Khalifa Haftar a menacé jeudi de "chasser l'occupant" turc en Libye, où Ankara a envoyé des troupes pour soutenir le GNA. Lors d'une visite samedi à Tripoli, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a lui promis de riposter à toute attaque contre les forces turques.

  • Libye : Colère de la Turquie après la saisie d'un navire turc par les forces de Haftar

    Imprimer

    La Turquie a "fermement" dénoncé, mardi 8 décembre, la saisie d'un navire commercial par les forces du maréchal Khalifa Haftar en Libye, les sommant de libérer les membres de son équipage sous peine de "graves conséquences".

    L'"Armée nationale libyenne" (ANL) de M. Haftar, homme fort de l'Est libyen qui combat le gouvernement de Tripoli soutenu par Ankara, a annoncé lundi soir avoir intercepté dimanche un navire battant pavillon jamaïcain appartenant à un armateur turc. Selon l'ANL, le navire commercial, baptisé Mabrooka, était entré dans une "zone d'opérations militaires" dans la région de Ras Al-Hilal. Il a été remorqué au port et une enquête a été ouverte. Son équipage est composé de 17 personnes, dont neuf marins turcs.

    Le ministère turc des Affaires étrangères a "fermement condamné cette mesure". "Le navire doit être autorisé à poursuivre sa route sans tarder", a-t-il ajouté dans un communiqué. "Nous rappelons une fois de plus que si les intérêts turcs en Libye sont pris pour cible, il y aura de graves conséquences et les auteurs de (ces atteintes) seront considérés comme des cibles légitimes", a-t-il mis en garde. Selon les autorités turques, le navire transporte du matériel humanitaire et a été intercepté par des vedettes.

    Par ailleurs, l'ambassadeur de Turquie en Libye a  informé le 7 décembre Fathi Bashagha, le ministre de l'Intérieur du gouvernement d'accord national (GNA), de l'énervement du président turc Recep Tayyip Erdogan à propos de la visite de Bashaga en Égypte et en France.

    L’ambassadeur de Turquie a également informé le chef du Conseil suprême du gouvernement d’accord national, Khaled al-Mishri, de l’inconfort du président turc face au rapprochement entre le Conseil suprême et la Chambre des représentants (HoR) basée à Tobrouk, ajoutant qu'Ankara considérait  tout rapprochement entre al-Mishri et Aqila Saleh, le président du Parlement (HoR),  à moins que ce dernier n’accepte l’accord entre la Turquie et le gouvernement. d'accord national.

    Rappelons que Fathi Bashagha a rencontré des hauts fonctionnaires égyptiens au cours de la première semaine de novembre lors d'une visite au Caire.