Horas al-Din (al-Qaïda)

  • Syrie : Les jihadistes du "Khorasan" appellent les militants à déserter le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Sham

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    Un groupe de jihadistes du Khorasan, nom islamique du Pakistan et de l'Afghanistan, a appelé les militants à faire défection de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) dans une nouvelle déclaration.

    HTS, qui était la branche officielle d'Al-Qaïda en Syrie, avant de s'en écarter, règne actuellement sur la région du Grand Edleb, au nord-ouest de la Syrie.

    Dans cette déclaration, publiée le 20 septembre, les jihadistes accusent HTS et son chef, Abu Mohamad al-Julani, de suivre la même voie "dépravée" que l'Etat islamique.

    "Al-Julani est devenu un oppresseur, un corrupteur", a déclaré le jihadiste dans la déclaration, ajoutant qu'Al-Julani a "brisé le serment d'allégeance [à Al-Qaida], obsédé les moudjahidin, brisé leurs rangs, les a empêchés de travailler contre les Nusayris [l'armée syrienne], a fait taire leurs voix, les a emprisonnés et a fait une descente dans leurs maisons".

    Les jihadistes ont également reproché à al-Julani d'avoir fait des concessions à l'Occident, notamment en autorisant l'armée turque à pénétrer dans le Grand Edleb.

    HTS s'efforce d'affirmer sa domination sur le Grand Edleb et tente d'apaiser l'Occident en sévissant contre les autres groupes jihadistes de la région. Au début de cette année, le groupe s'est affronté aux membres de Horas al-Din et d'autres groupes affiliés à Al-Qaida.

    Hayat Tahrir al-Sham a également arrêté un certain nombre de personnalités affiliées à Al-Qaïda, dont les djihadistes français regroupés autour d'Omar Diaby.

    La guerre d'Al-Julani contre les jihadistes étrangers en Syrie a apparemment commencé à provoquer les "vieilles gardes" d'Al-Qaida. Cela pourrait avoir de graves conséquences sur l'unité au sein de HTS.

  • Syrie : Un chef jihadiste tunisien tué par un drone à Edleb

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    Un chef jihadiste tunisien, installé en Syrie et impliqué dans la mort de 20 druzes en 2015, a été tué par un tir de drone dans le Nord-Ouest du pays, a rapporté mardi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    L'attaque de drone contre Sayyaf al-Tounsi a eu lieu lundi dans la ville d'Edleb, selon l'Observatoire, qui pointe du doigt la possible responsabilité dans ce raid des forces américaines intervenant en Syrie contre les jihadistes. "Le drone armé a pris pour cible la voiture d'un commandant de Houras al-Din, qui a été tué", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

    Le jihadiste tunisien était autrefois affilié à Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche d'el-Qaëda qui domine des pans entiers de la province d'Edleb, avant de rallier Houras al-Din, groupuscule lié à el-Qaëda, a-t-il souligné. Le Tunisien avait été radié de HTS pour son implication en juin 2015 dans le meurtre de 20 membres de la minorité druze de Syrie, dans le petit village de Qalb Laouza, dans la province d'Edleb, selon l'OSDH.

    Les troupes américaines, intervenant en Syrie en soutien à des forces kurdes locales dans le cadre d'une coalition internationale, ont déjà mené ces derniers mois des raids similaires dans le Nord-Ouest syrien, rapportés par l'OSDH mais rarement confirmés par Washington. En juin, deux commandants de Houras al-Din avaient été tués dans une attaque de drone. L'OSDH avait estimé que cette attaque avait probablement été menée par les Etats-Unis. En octobre 2019, le chef du groupe Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi était mort dans une opération américaine dans le Nord-Ouest syrien.

    Kurdes
    La communauté druze, minorité musulmane hétérodoxe, représente environ 3% de la population syrienne et vit majoritairement dans la province méridionale de Soueida. Cette communauté est divisée, certains de ses membres combattant du côté du régime, tandis que d'autres ont exprimé leur sympathie pour l'opposition.

  • Syrie : Un missile Ninja tue un instructeur militaire jihadiste dans la province d'Edleb

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    Un drone américain a tué Abu Yahya al-Uzbeki, un jihadiste tristement célèbre, dans la région du Grand Edleb, au nord-ouest de la Syrie.
    Le 13 août à midi, un drone a pris pour cible le 4x4 d'al-Uzbeki, une Hyundai Santa Fe argentée, au sud de la ville de Saramada, dans le nord d'Edleb. Al-Ouzbeki a été tué sur le coup. D'autres personnes auraient été blessées.
    Les photos du lieu de l'attaque indiquent qu'un missile AGM-114R9X Hellfire de fabrication américaine a été utilisé. Le missile est une copie du Hellfire avec une ogive cinétique composée de pales qui se détachent afin de réduire les dommages collatéraux. Le missile est connu sous le nom de "bombe Ninja".
    Selon des sources jihadistes, Abu Yahya al-Uzbeki, un citoyen ouzbek, a travaillé comme instructeur militaire indépendant pour plusieurs factions du Grand Edleb, dont le groupe Horas al-Din, affilié à Al-Qaida.
    Al-Uzbeki coopérait avec Abu Ahmad al-Muhajir, "al-Jazaery", qui a été tué lors d'une attaque de drone américain dans la ville d'Atmeh, dans le nord d'Edleb, en décembre 2019. Al-Jazaery a également été visé par un missile AGM-114R9X.
    Les attaques de drones américains ont tué un certain nombre de djihadistes importants dans le Grand Edleb et dans les zones occupées par les Turcs dans le nord d'Alep au cours des derniers mois. Ces dernières années, ces régions sont devenues un refuge pour les groupes terroristes.

  • Syrie : le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham a arrêté un commandant d'un groupe terroriste qui refusait de combattre en Libye

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    Le groupe jihadiste Hay'at Tahrir al-Sham (HTS) a arrêté un haut commandant de Horas al-Din, affilié à Al-Qaïda, parce qu'il avait refusé de partir en Libye, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) le 29 juillet.
    Selon l'OSDH, le commandant, Fadel al-Libi, a été arrêté avec cinq terroristes étrangers par les forces de sécurité de HTS.
    HTS aurait voulu que Fadel al-Libi, un citoyen libyen, retourne en Libye et se batte pour le Gouvernement d'Accord National (GNA), soutenu par la Turquie. Ankara avait décidé qu'il devait retourner en Libye pour combattre.
    "Ils ont refusé de quitter la Syrie et de se rendre en Libye malgré les ordres de la Turquie à ce sujet", peut-on lire dans le rapport de l'OSDH.
    La Turquie a déployé depuis l'année dernière de nombreux rebelles syriens en Libye, et parmi eux des jihadistes étrangers.

  • Syrie : Le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Sham a capturé les leaders du groupe Horas al-Din affilié à al-Qaïda

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    Le 25 juillet, les forces de sécurité du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), anciennement affilié à Al-Qaïda, ont lancé une opération de sécurité à grande échelle dans la ville de Tal Adah, dans le nord d'Idlib.
    Les forces de sécurité de HTS ont pris d'assaut la ville dans l'après-midi. De lourds affrontements ont éclaté entre les militants du groupe et les personnes recherchées. Les affrontements avec l'utilisation d'armes lourdes par HTS ont duré quelques heures.
    Les responsables de HTS ont affirmé que les forces du groupe avaient capturé un gang accusé de "corruption" et de "vol" sans fournir d'informations supplémentaires.
    Cependant, des sources de l'opposition ont révélé que l'opération de HTS avait ciblé des membres de Horas al-Din, également affilié à Al-Qaïda. Les forces de HTS se sont heurtées à deux groupes, l'un dirigé par Qutaiba al-Barsha et l'autre par Abu Yahya al-Jazaery.
    Al-Barsha est un ancien commandant de Horas al-Din, tandis qu'al-Jazaery est un actuel chef de file du groupe. Selon les sources, al-Jazaery est recherché par la coalition dirigée par les États-Unis. Des sources de l'opposition ont confirmé que les deux hommes ont été capturés par le HTS.
    Selon les affirmations du HTS, deux des personnes recherchées ont été tuées lors des affrontements. Deux autres se sont fait exploser avec des ceintures d'explosifs. Un civil, identifié comme Taha Rifat al-Taha, a également été tué par les forces du HTS.
    Une sérieuse confrontation entre le HTS et Horas al-Din avait eu lieu dans l'ouest d'Idlib le mois dernier. La confrontation s'était terminée par un accord limitant l'influence de Horas al-Din dans la région du Grand Idlib.
    L'arrestation d'al-Barsha et d'al-Jazaery pourrait conduire à une nouvelle confrontation entre HTS et Horas al-Din.
    HTS, qui a progressivement neutralisé la plupart des actifs de Horas au cours des derniers mois, devrait prendre le dessus.

  • Daech renaît déjà de ses cendres

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    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais)

    (Foreign Affairs)
    La coalition militaire dirigée par les États-Unis a réussi à écraser en mars dernier le califat autoproclamé de l’État islamique. Il est remarquable qu’environ 2 000 soldats américains seulement ont pris part à cet effort, une infime fraction par rapport au nombre déployé en Irak ou en Afghanistan au plus fort de ces guerres. La clé du succès en Syrie réside dans le fait que les États-Unis ont opéré par, avec et à travers les milices locales, à savoir les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dont l’épine dorsale était la milice kurde connue sous le nom d’unités de protection populaire (YPG).
    Pourtant, en un seul appel au président turc Recep Tayyip Erdogan, le président américain Donald Trump aurait donné son feu vert à une offensive turque contre ces mêmes partenaires kurdes, dont les liens étroits avec les militants kurdes en Turquie avaient longtemps irrité Ankara.
    Trump a ordonné le retrait des troupes américaines qui avaient entraîné et assisté les FDS dans le cadre de l’effort de la coalition contre Daech. La Turquie a maintenant lancé une campagne sanglante pour déloger les Kurdes de la frontière turco-syrienne. Les FDS sont occupées à se défendre et on peut être sûr que Daech, qui a fait preuve d’une capacité de résistance et d’adaptation, va savoir, comme toujours, exploiter le chaos. Les informations selon lesquelles des militants de Daech se seraient déjà évadés de prisons gardées par des Kurdes font craindre que l’extrémisme islamiste ne renaisse de ses cendres en Syrie.
    La réalité est que Daech et Al-Qaïda ont connu une résurgence avant même la décision de Trump de retirer ses troupes et l’invasion turque – Daech est barricadé en Syrie orientale et Al-Qaïda solidement installé à l’ouest du pays. Maintenant que les États-Unis s’apprêtent à se retirer, que les Kurdes sont occupés à combattre la Turquie et que le régime d’Assad et ses partisans poursuivent d’autres priorités, il ne reste aucune force pour contrer un renouveau extrémiste islamiste. La poursuite du conflit ne fera qu’alimenter la radicalisation, qui déstabilisera à nouveau la région et constituera une menace pour l’Europe, et même les États-Unis. Malheureusement, dans quelques années, la Syrie sera revenue au point où elle se trouvait avant la campagne militaire contre Daech : elle souffrira du chaos et du conflit, avec un terrorisme islamiste croissant.
    LA TEMPÊTE QUI S’ANNONCE
    Le dernier bastion du califat de l’Etat islamique, à Baghouz, en Syrie, est tombé aux mains des forces de la coalition en mars 2019. Mais même avant la chute de Baghouz, les dirigeants de Daech étaient déjà occupés à reconstituer leur groupe en tant que mouvement d'insurrection rurale. Des dizaines de milliers de combattants sont morts en défendant les bastions de l’ISIS dans la vallée de l’Euphrate, mais des milliers d’autres se sont retirés dans des refuges sûrs dans les campagnes syrienne et irakienne et ils ont survécu. Parmi eux se trouve le chef du groupe, Abu Bakr al-Baghdadi.
    L’Etat islamique a passé les derniers mois à se regrouper dans des sanctuaires ruraux, à mener des attaques de guérilla contre les patrouilles des FDS et à rassembler ses forces pour des attaques ultérieures contre des villes et villages importants. A Raqqa et Deir ez-Zor, des cellules clandestines de Daech recueillent des renseignements qui aideront le groupe à planifier des assassinats, des attentats suicides et des enlèvements. Ces opérations visent à éliminer les commandants compétents des FDS et à faire pression sur les chefs tribaux arabes pour qu’ils coopèrent avec Daech plutôt qu’avec les FDS. En bref, l’Etat islamique prépare le champ de bataille militairement, politiquement et psychologiquement pour pouvoir passer à l’offensive dès que la coalition dirigée par les États-Unis se retirera.
    Al-Qaïda est également en train de s’adapter et de se renforcer en Syrie occidentale. Le groupe a prospéré dans le chaos régnant dans la province d’Idlib, le dernier bastion de l’opposition, qui a été attaqué par les forces pro-régime plus tôt cette année. Autrefois le foyer d’un mélange de groupes modérés, durs et extrémistes, Idlib est maintenant un bastion des jihadistes salafistes, dominé par le groupe Hay’at Tahrir al Sham (HTS), ex-associé d’al Qaïda. Un groupe d’anciens combattants d’Al-Qaïda s’est séparé de HTS en 2017 pour former un nouveau groupe appelé Houras al-Din. Sous la direction du chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, ce groupe se consacre d’abord et avant tout à attaquer l’Occident. Il a trouvé des recrues volontaires parmi les milliers de combattants idéologiquement alignés et aguerris à Idlib.
    Le régime d’Assad a aggravé la situation à Idlib en suivant ses vieux schémas offensifs depuis Homs, Alep et la banlieue de Damas. Avec l’appui de l’Iran et de la Russie, les forces d’Assad ont cherché à maximiser les pertes civiles afin de pousser la population à la soumission ou à l'exil. De telles tactiques ont donné lieu à des victoires à court terme sur les champs de bataille, mais à long terme, elles radicalisent la population locale et fournissent légitimité, sanctuaire et main-d’œuvre à Al-Qaïda. En outre, pour accroître la pression sur Idlib, les forces pro-régime ont dû réduire leurs opérations contre Daech dans le centre et le sud-est de la Syrie. La Russie a également concentré son attention sur Idlib, tandis que l’Iran et le Hezbollah sont plus préoccupés par la préparation d’une guerre potentielle avec Israël, ce qui donne à Daech un espace supplémentaire pour se regrouper.
    Daech et Al-Qaïda ont déjà profité du désengagement des États-Unis pour reprendre des forces. Dès le mois d’avril, après la chute du califat, les Etats-Unis ont réduit de moitié leur présence en Syrie à 1.000 hommes. Le Département de la Défense a rapporté en août que  "la réduction des forces américaines a diminué le soutien disponible pour les forces partenaires en Syrie " et que les FDS n’étaient plus en mesure de  "soutenir des opérations à long terme contre les militants de Daech" .
    Le soutien des États-Unis aux forces kurdes dans l’est de la Syrie, qui comprenait une formation spécialisée en matière de patrouille, de maintien de l’ordre, de gouvernance et de collecte de renseignements, va maintenant disparaître à mesure que les troupes américaines vont partir. Dans l’ouest de la Syrie, la situation est tout aussi désastreuse : des frappes aériennes américaines occasionnelles visaient des dirigeants d’Al-Qaïda à Idlib, avec l’aide de renseignements recueillis par des forces modérées sur le terrain. Mais les États-Unis ont cessé de soutenir les combattants de l’opposition en 2017 et n’ont depuis lors pas été en mesure de contrecarrer la prise de pouvoir par les jihadistes.
    L’ASCENSION DE L’EXTRÉMISME
    L’invasion de la Syrie par la Turquie fait de la résurrection de l’Etat islamique un fait accompli. L’objectif primordial d’Ankara est d’anéantir le proto-état kurde de Rojava dans le nord de la Syrie, qui est actuellement un rempart contre la domination de l’Etat islamique dans cette région. Face à une telle menace existentielle, la milice kurde YPG utilisera certainement ses liens étroits avec les militants kurdes en Turquie pour y intensifier l’insurrection kurde. Le YPG portera donc son attention non plus sur la lutte contre Daech mais sur la lutte contre la Turquie.
    Déjà, les FDS semblent incapables de sécuriser les milliers de combattants jihadistes qu’elles détiennent. Elles ne peuvent pas non plus garder les dizaines de milliers de membres des familles jihadistes dans le camp de réfugiés d’Al Hol soumis à une sécurité minimale et pratiquement sans soutien international. Si le chaos s’installe dans le nord-est de la Syrie dans les mois à venir, l’Etat islamique pourrait à nouveau s’emparer de pans entiers du territoire pour former un nouveau califat et envoyer des combattants au-delà des frontières non sécurisées pour mener des attaques terroristes.
    L’assaut turc a également contraint les FDS à conclure un accord avec Damas. Le régime d’Assad vise à réaffirmer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire syrien et à prévenir de nouvelles incursions étrangères. En tant que tel, le gouvernement syrien partage avec les FDS le point de vue que la Turquie est l’ennemi commun, et les deux ont occasionnellement collaboré tout au long de la guerre civile. En 2016, à Alep, ils ont travaillé ensemble pour éliminer ce qui restait de l’opposition syrienne dans l’est de la ville. En échange d’un soutien du régime contre la Turquie, et peut-être d’un statut semi-autonome pour Rojava, le YPG pourrait être disposé à laisser Assad arborer le drapeau syrien et exercer son autorité nominale dans les villes sous contrôle kurde. Déjà, les Kurdes semblent prêts à céder au régime et aux forces russes le contrôle des villes de Manbij et de Kobani, au nord du pays, lieux de batailles cruciales contre Daech.
    Un tel accord devrait permettre à Daech de poursuivre sa renaissance. De nombreux Arabes sunnites de l’est de la Syrie se sont rebellés contre Assad et considèrent le YPG comme des usurpateurs. Pour cette population, une entente du YPG avec Damas sera mal reçue. Daech aura un nouveau récit à diffuser, se positionnant comme l’avant-garde de la résistance arabe sunnite, que ce soit contre les Turcs, les Kurdes, les Assyriens ou tout ceux dont on a parlé plus haut.
    Daech exploitera la frustration des Arabes sunnites pour obtenir le soutien de la population, peu importe ce que les FDS choisiront de faire. Avant l’invasion turque, les FDS, encouragées par les États-Unis, amélioraient leurs relations avec la population arabe sous leur contrôle. La campagne contre l’Etat islamique avait particulièrement dévasté les parties arabes de la région et les habitants de ces régions étaient sceptiques à l’égard du YPG, mais le groupe avait fait des progrès vers une gouvernance meilleure et plus inclusive. Cependant, au fur et à mesure que le YPG combattra la Turquie, ces efforts de gouvernance s’effondreront et la tension montera entre les factions kurdes, arabes et, éventuellement celles soutenues par le régime syrien. En 2013, lorsque les villes de Raqqa et Deir Ez-Zor se sont révoltées contre Assad, Daech a exploité l’anarchie qui en a résulté en se positionnant comme le seul groupe capable de fournir sécurité et justice. Tel sera probablement son plan aujourd’hui.
    TOUT FOUT LE CAMP
    Qui sera le grand gagnant de ce chaudron jihadiste une fois que les États-Unis se seront retirés ? La réponse est probablement personne. Après huit années de guerre,, l’armée syrienne manque de personnel et de motivation pour un autre combat. L’Iran et le Hezbollah sont également lassés de la guerre et ne seraient prêts à combattre un Etat islamique résurgent que si le groupe menace à nouveau des villes clés en Syrie occidentale et le long de la frontière libanaise. De plus, le fait de permettre à la menace jihadiste de se renforcer en Syrie permettra aux deux puissances chiites de justifier le maintien d’une présence antiterroriste sur place, alors que leur but réel est de préparer un conflit avec Israël.
    La Russie n’est pas non plus très incitée à s’attaquer à un renouveau jihadiste. Le président russe Vladimir Poutine veut surtout devenir le médiateur indispensable du Moyen-Orient. Il se soucie peu des flux de réfugiés, de l’extrémisme croissant et de l’instabilité régionale. Au contraire, plus la Syrie devient précaire, plus Poutine aura d’influence dans la région.
    Les responsables militaires et du renseignement russes ont compris que les tactiques militaires brutales du régime Assad radicalisaient les sunnites et les poussaient vers des groupes tels que l'Etat islamique et Al-Qaeda. Mais pour Moscou une victoire par les armes du régime de Bachar al-Assad était la priorité. Pour les Russes, la croissance de groupes terroristes islamistes était plutôt un problème pour ses adversaires - l'Europe et les États-Unis - que pour elle-même.
    Après des décennies de participation des États-Unis à des conflits au Moyen-Orient qui ont fait d'innombrables victimes, épuisé les ressources économiques et fait des États-Unis une puissance occupante, les Américains craignent à juste titre de s'enliser dans des guerres interminables ou de contribuer à l'édification d'une nation intenable. Mais la coalition dirigée par les États-Unis qui a renversé le califat territorial de l'Etat islamique plus tôt cette année a été parmi les opérations militaires les plus efficaces et les plus rentables de l'histoire.
    Malheureusement, non seulement l'administration Trump a jeté aux oubliettes ses gains durement gagnés en retirant les troupes américaines et en abandonnant ses partenaires kurdes, mais elle a garanti la résurgence d'une menace extrémiste dans la région, en Europe et aux Etats-Unis. Bientôt, les États-Unis devront tenir compte des conséquences désastreuses de cette décision.

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  • Iran: l’AIEA confirme le dépassement de la limite autorisée d’uranium enrichi

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    L’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), chargée de vérifier l’application par Téhéran de l’accord nucléaire de 2015, a confirmé lundi que l’Iran avait dépassé la limite imposée à ses réserves d’uranium enrichi, selon un porte-parole de l’agence onusienne.
    « L’Agence a vérifié au 1er juillet que le stock total d’uranium enrichi a dépassé les 300 kilos » et le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, en a informé le conseil des gouverneurs, a indiqué ce porte-parole dans une déclaration écrite peu après que Téhéran a annoncé le dépassement du plafond autorisé d’uranium enrichi à 3,67%.

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