Hombori

  • Mali : Bombardements de Bounti : L’armée malienne sort de son silence et confirme la « neutralisation de plusieurs dizaines de terroristes.»

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    Les autorités maliennes sont sorties de leur mutisme sur la mort d'une vingtaine de personnes , dimanche 3 janvier 2021, suite à des bombardements dans le village de Bounti, cercle de Douentza. L’armée malienne affirme que les frappes aériennes ont permis la neutralisation de plusieurs dizaines de terroristes.
     
    La mort d’une vingtaine de personnes, le dimanche 3 janvier 2021, suite à une frappe aérienne dans le village de Bounti, cercle de Douentza, continue de faire couler de l’encre et des salives. Pour l’association peule Tabital Pulaaku, les victimes sont des civiles qui célébraient un mariage. L’armée française, qui reconnaît avoir mené l’attaque, indique plutôt la neutralisation des djihadistes préalablement repérés après une opération de renseignement de plusieurs jours.
     
    Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) a dénoncé « le silence du Gouvernement alors que des versions contradictoires circulent sur cet événement ». La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a aussi exprimé sa très vive préoccupation face aux allégations de violations et d’abus des droits de l’Homme relatives à l’attaque. Elle a recommandé l’ouverture d’enquêtes crédibles, indépendantes, impartiales et diligentes en vue d’identifier les auteurs et complices des violations et abus dénoncés.
     
    Les autorités maliennes, après plusieurs jours d’omerta sur le sujet, ont confirmé la version de l’état-major français. Dans un communiqué rendu public, hier jeudi 7 janvier 2021, le ministère de la Défense a indiqué qu'une opération conjointe FAMa-Barkhane - FC G5 Sahel, "Éclipse" est en cours afin de neutraliser les Groupes Armés Terroristes (GAT), dans la zone des trois frontières. Selon le ministère de la défense, c’est au cours d'une mission de surveillance de cette zone que des mouvements individuels suivis de regroupement d'une cinquantaine d'individus ont été observés, le dimanche 03 janvier 2021, vers onze heures. « Ce regroupement ne comprend ni femmes ni enfants. Par la suite, un motocycliste armé s'ajouta au regroupement, pour un véhicule pickup. » Le ministère de la défense précise que c’est aux environs de treize heure que ces éléments de la Katiba Serma, vêtus de la même façon, ont formé trois groupes. « Ce regroupement de combattants, principaux auteurs d'attaques et de poses d'Engins Explosifs Improvisés (IED) sur la RN 16, principalement entre Douentza et Hombori, ont été qualifiés d'objectif militaire et l’intervention aérienne sollicitée par le Poste de Commandement Conjoint », indique, dans son communiqué, le ministère de la défense.  Le ministère de la défense confirmera que « les frappes aériennes effectuées par un mirage 2000 sur ledit objectif ont fait un bilan d'une trentaine de GAT neutralisés selon les images de la mission d'Observation et de Surveillance. »
     
    Vers dix-sept heures, ajoute le ministère de la défense, un groupe de villageois et d'hommes armés en véhicule pickup et motos, sont arrivés sur le site et ont procédé à l'inhumation des morts. « Les motocyclistes et les véhicules pickup ont récupéré les blessés avant de partir dans des directions différentes. Les rescapés ont occupé les hauteurs avec jumelles et postes talkie-Walkie. L'environnement observé n'a montré ni scène de mariage, ni enfants ou femmes. Tous les renseignements recueillis en direct justifiaient que les cibles neutralisées étaient des objectifs militaires confirmés.»
     
    Pour le ministère de la défense, la zone comprise entre Hombori et Douentza est bien connue comme zone d'influence active de la Katiba Serma du Groupement de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM) qui y dispose de plusieurs Merkaz (Q.G.), centres d'entrainements, ateliers de confection d'IED, principalement à l'intérieur du triangle Dalla, Nokara et Kerena qui est l'épicentre de l'idéologie salafiste terroriste dans la zone.

  • Mali : Trois militaires français de la force Barkhane tués en opération dans la région de Hombori

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    Trois militaires français de la force Barkhane ont été tués au Mali ce lundi 28 décembre. Leur véhicule blindé a été atteint par un engin explosif improvisé alors qu’ils participaient à une opération dans la région de Hombori.
     
    Les trois militaires décédés sont le brigadier-chef Tanerii Mauri (28 ans), les chasseurs de 1ère classe Dorian Issakhanian (23 ans) et Quentin Pauchet (21 ans) du 1er régiment de chasseurs de Thionville sur Meuse.

    Les trois militaires participaient à une mission d’escorte d’un convoi d’une trentaine de véhicules. Ils étaient à bord du même véhicule, un blindé léger.
     
    Le journaliste Wassim Nasr a donné des précisions sur le déroulement de l'attaque : Le convoi Barkhane a été attaqué deux fois sur la RN 16, une première fois à 10,30 au niveau du village de Gallou et une seconde fois à 14h au niveau d'Agoufou, une fois la progression reprise et les victimes prises en charge, ce qui met en évidence une capacité de renseignement et une capacité tactique des poseurs des IED.

    Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), affilié à El-Qaëda, a revendiqué l'attaque dans un communiqué publié par sa plate-forme de propagande Al-Zallaqa. Le GSIM (ou Jnim selon l'acronyme arabe), principale alliance jihadiste du Sahel, dénonce la poursuite de la présence militaire française dans la sous-région, les caricatures de Mahomet et la défense prise par le président Emmanuel Macron de leur publication au nom de la liberté d'expression, ainsi que la politique du gouvernement français vis-à-vis des musulmans de France.

    "Pour mettre fin à l'occupation française de la région du Sahel, vos frères moudjahidine (du GSIM) ont mené une opération qualitative contre un convoi des forces d'occupation françaises sur la route reliant Gossi et Hombori", a écrit le groupe dans ce communiqué diffusé vendredi. "Cette opération bénie a coûté la vie à trois membres des forces d'élite de l'armée d'occupation". Le GSIM n'a pas fourni de détail sur l'attaque.

    Fin novembre, le commandant de Barkhane, Marc Conruyt, avait désigné devant les députés français le GSIM comme l'"ennemi le plus dangereux" au Sahel, où le groupe Etat islamique est également présent.

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    Ces trois décès portent à 47 le nombre de soldats français tués au Sahel depuis 2013 dans les opérations Serval puis Barkhane. Le bilan s'établit à 48 si on y ajoute un soldat mort au Tchad en 2013 dans le cadre de l'opération Epervier.

    Toutes nos  pensées vont, ce soir, vers les familles et les camarades des 3 soldats décédés.

     

  • Mali : deux militaires tués dans une embuscade

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    (Att. E.B.)

    Deux militaires maliens ont été tués et sept autres blessés dans une embuscade dans le centre du pays, ont fait savoir les forces armées maliennes (Fama), mercredi 30 septembre dans un communiqué.

    L’attaque a eu lieu mardi dans l’après-midi aux environs de 15h20 entre Boni et Nokara sur la RN16, précise le communiqué des Fama.

    "Une mission des FAMa est tombée dans une embuscade des terroristes le mardi 29 septembre 2020. Le GTIA-3 Debo avait quitté Hombori pour se rendre à Douentza. On déplore deux morts côté FAMa et sept blessés qui ont été évacués par l’aviation malienne et la MINUSMA", lit-on dans la publication officielle.

    Pour rappel, le Mali n'a jamais connu de stabilité depuis plus de 7 ans, faisant face à des attaques récurrentes de groupes armés terroristes dans le nord et le centre ainsi que des conflits intercommunautaires.

    Plusieurs forces étrangères interviennent au Mali pour restaurer la paix et l'autorité de l'Etat, dont notamment la mission onusienne (Minusma), la force française (Barkhane) et la force mixte du G5 Sahel.

    La situation s'est compliquée davantage après le coup d'Etat du 18 août dernier, notamment par un embargo commercial et financier imposé à ce pays déjà enclavé, sans aucune ouverture sur la mer.