Hirak (mouvement de contestation)

  • Frontlive-Chrono du vendredi 21 février 2019

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  • Frontlive-Chrono du vendredi 17 janvier 2020 - Site web spécialisé sur le Moyen Orient, l'Afrique du nord et le Sahel

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  • Algérie: le président nomme Abdelaziz Djerad Premier ministre

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    Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a nommé vendredi Abdelaziz Djerad (photo) au poste de Premier ministre, a annoncé la télévision publique, citant un communiqué de la présidence.
    Peu connu sur la scène politique, il a « été chargé de constituer un nouveau gouvernement », selon la même source.
    Né en 1954 à Khenchela, il est diplômé de la faculté des sciences politiques d’Alger et docteur d’État de l’université Paris-Nanterre. Professeur de relations internationales à la faculté des sciences politiques et à l’École nationale d’administration (ENA), il a aussi dirigé cette prestigieuse école pendant cinq ans.
    Djerad a également exercé les fonctions de secrétaire général de la présidence de la République sous Liamine Zeroual et de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Membre du bureau politique du FLN, il a été écarté en 2003 à cause, semble-t-il, de sa proximité avec Ali Benflis. C’est aussi à cette période qu’il a quitté le ministère des Affaires étrangères. Par la suite, il subira, selon des comptes rendus de la presse de l’époque, les représailles du cercle présidentiel.
    À l’époque déjà, il disait que « les commis de l’État ne doivent pas déshonorer leur fonction » et appelait à ce que « les serviteurs de l’État soient mis à l’abri des abus du pouvoir politique » (Liberté du 10 novembre 2003).
    Il a fait son retour au FLN en 2016 en tant que membre du comité central, mais il se retirera lorsque Djamel Ould Abbès est nommé secrétaire général du parti. Depuis quelques années, Abdelaziz Djerad est surtout connu pour ses ouvrages, ses articles et ses interventions dans les médias.
    Des déclarations favorables au Hirak (mouvement de contestation)
    Ces derniers mois, il n’a pas cessé d’éclairer l’opinion sur la situation politique du pays et les voies d’une sortie de crise rapide. Globalement, il s’est montré favorable au Hirak populaire dès le début et s’est toujours exprimé en faveur d’un changement des pratiques du système en place et du mode de gouvernance.
    En avril dernier, sur la Chaîne III, il proposait de « mettre en veilleuse l’article 102 » et déclarait sans ambiguïté que « la crise est politique, il faut une solution politique », en réponse à ceux qui privilégiaient de s’en tenir à la lettre de la Constitution.
    « Si un président est élu dans le cadre du dispositif actuel qui est imposé au peuple algérien, il y aura une autre crise plus importante et une rupture totale entre les gouvernants et les gouvernés », estimait-il encore.
    Dans un entretien à TSA en juin dernier, il a qualifié l’ANP de détenteur du pouvoir réel, et appelé au départ des fameux trois B. « Dans toute négociation ou dialogue, il y a des signaux qu’on doit envoyer au vis-à-vis avec qui on dialogue. Le pouvoir réel, en d’autres termes l’institution militaire, pourrait envoyer des signaux en faisant partir le Premier ministre et peut-être aussi le président de l’État, d’autant plus que le départ de ces deux personnages ne coûtera absolument rien politiquement. De mon point de vue, ce sera un avantage que de se débarrasser de ces verrous. Ensuite désigner soit une personnalité ou un groupe de personnes en vue de définir les termes d’un véritable dialogue. Il est clair qu’avec le Premier ministre et le chef d’État la confiance ne pourra pas être établie. Or, dans tout dialogue ou négociation il faut qu’il y ait une confiance entre les partenaires. Même s’ils ne sont pas d’accord sur la forme et le fond, le fait de se réunir autour d’une table n’a pas un coût politique pour l’institution militaire. C’est pour cela que les analystes ne comprennent pas le pourquoi de cette résistance. Personnellement je persiste à dire qu’il n’y a pas de coût politique en faisant partir Bedoui et Bensalah », disait-il.
    Quand il a été interviewé, toujours par TSA, en juillet, sur la situation des droits de l’Homme et la répression du hirak, ses propos ont été moins tranchés. « Quand vous constatez qu’il y a des slogans qui remettent en cause la direction de l’armée et l’institution militaire ou encore ceux qui essayent d’aborder les problèmes politiques, notamment l’opposition, en tentant de trouver une plateforme de dialogue, etc. Quand on constate la violence extraordinaire qu’il y a sur les réseaux sociaux sans qu’il y ait aucune proposition pour trouver une solution à la crise, tout cela suscite des réactions négatives », avait-il analysé.
    La nomination d’Abdelaziz Djerad s’apparente à un message envoyé au Hirak populaire. L’option de l’ouverture d’un dialogue avec ce dernier ne semble donc pas avoir été abandonnée. Ses proches le présentent même comme un « démocrate ». Il lui appartient de le confirmer maintenant qu’il est aux commandes de l’Exécutif. Ses premières décisions sont très attendues.
    Il succède à Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères qui avait été nommé Premier ministre par intérim après la démission de Noureddine Bedoui le 19 décembre, jour de l’intronisation de M. Tebboune comme nouveau chef de l’Etat.

  • Algérie : un ex-premier ministre de Bouteflika élu président – Manifestations de protestation et répression

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    Abdelmadjid Tebboune, un ex-premier ministre du président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été élu dès le premier tour pour lui succéder à la tête de l’Algérie, a annoncé vendredi l’Autorité nationale des élections (Anie) au lendemain d’un scrutin massivement boudé par la population.
    M. Tebboune, 74 ans, a recueilli 58,15% des suffrages, a indiqué le président de l’Anie, Mohamed Charfi.
    Abstention record
    Le scrutin a été marqué par une abstention record et boycotté par un « mouvement » (« Hirak ») de contestation populaire inédit en Algérie depuis l’indépendance en 1962. Cet ancien Premier ministre de M. Bouteflika devance l’islamiste Abdelkader Bengrina (17,38%) puis Ali Benflis (10,55%), Azzedine Mihoubi (7,26%) et Abdelaziz Belaïd (6,66%), tous proches ou alliés de l’ancien président. Sa victoire a été accueillie avec des youyous et les cris de « Peuple et armée avec Tebboune » à son QG de campagne à Alger.Les résultats définitifs seront publiés entre le 16 et le 25 décembre, après examen d’éventuels recours.
    « Le Hirak continue »
    Au moment de la proclamation des résultats, les partisans du « Hirak » sont descendus en masse dans les rues à Alger après la prière du vendredi, pour la 43e fois depuis le déclenchement de la contestation le 22 février. Aucun des cinq candidats n’avait trouvé grâce à leurs yeux, considérés comme des purs produits d’un régime abhorré et dont ils étaient la caution.

     

     

     


    Le nom du vainqueur n’a aucune importance pour Saïd 32 ans, ingénieur venu de Bouira, à une centaine de km de route de la capitale. « J’ai manifesté hier à Alger et j’y ai passé la nuit pour remanifester aujourd’hui et dire qu’on ne reconnaît pas leur vote et leur président », explique-t-il à l’AFP sur un marché.
    « Les résultats ? On leur a ajouté de la levure pour qu’ils augmentent. La saison 2 du +Hirak+ va commencer mais il faut que l’on soit mieux organisé », renchérit Farida, une retraitée sexagénaire.
    Et sur Twitter le hashtag du jour est « Le Hirak continue » alors que démarre une campagne sur le thème : « Tebboune n’est pas mon président ».
    L’Anie a légèrement revu le taux de participation à 39,83%, le plus faible de l’histoire des scrutins présidentiels pluralistes en Algérie. Il est inférieur de plus de 10 points à celui du précédent scrutin – le plus faible jusqu’ici -, qui en 2014 avait vu la 4e victoire de M. Bouteflika.
    Morne dans de nombreux bureaux de vote, la journée de jeudi avait été dominée à Alger par une imposante démonstration du « Hirak » bravant à nouveau un important déploiement policier pour défiler en masse.
    « Sursaut patriotique »
    Les contestataires continuent d’exiger la fin du « système » aux manettes depuis l’indépendance en 1962, et le départ de tous les anciens soutiens ou collaborateurs des 20 ans de présidence Bouteflika.
    « Le peuple n’a pas voté. Le peuple a toujours été mis de côté. On nous a muselé depuis l’indépendance. On nous a spolié notre indépendance. Hier on a reçu des coups. Les femmes, les vieux ont été frappés. On va continuer jusqu’au départ du système », avertit Djamila, la soixantaine, qui exerce une profession libérale.
    Après une première tentative d’élection avortée en juillet, le haut commandement de l’armée, pilier du régime, ouvertement aux commandes depuis la départ de M. Bouteflika, a tenu coûte que coûte à organiser ce scrutin pour sortir de la crise politico-institutionnelle, qui a aggravé la situation économique.
    Visage de ce haut commandement, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, assurait depuis des semaines que la participation serait « massive ».
    Très affaibli physiquement, le président déchu, Abdelaziz Bouteflika, a voté par procuration via son frère Nacer, suscitant des commentaires ironiques ou irrités sur les réseaux sociaux.
    Mercredi, des personnalités proches du « Hirak » avaient exhorté les contestataires à ne pas « répondre aux provocations », à « ne pas empêcher l’exercice par d’autres citoyens de leur droit à s’exprimer librement » — un mot d’ordre respecté à Alger.
    Le vote s’est déroulé sans incident majeur à travers le pays sauf dans la région traditionnellement frondeuse et majoritairement berbèrophone de Kabylie, théâtre de sérieux troubles.
    « Le nouveau président aura la lourde charge de veiller à la satisfaction des attentes des citoyens qui ont dicté, par un sursaut patriotique à la mesure des défis, la marche en avant », prévient vendredi le quotidien gouvernemental El Moudjahid, un des rares titres à paraître le vendredi, premier jour de weekend.

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