Hirak (mouvement de contestation)

  • Algérie : Démantèlement d'une cellule "séparatiste" kabyle projetant des attentats

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    Le ministère algérien de la Défense a annoncé dimanche 25 avril 2021 le démantèlement d'une cellule de militants séparatistes du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK) qui projetaient des attentats contre les marches du mouvement de protestation populaire du Hirak.

    Cette "cellule criminelle", démantelée le mois dernier est "composée de partisans du mouvement séparatiste "MAK", organisation interdite en Algérie, selon le ministère de la Défense nationale (MDN).

    Ses membres sont "impliqués dans la planification d'attentats et d'actes criminels lors des marches et des rassemblements populaires dans plusieurs régions du pays", a-t-il précisé dans un communiqué.

    "Des armes de guerre et des explosifs ont été saisis lors de cette opération" menée fin mars par les services de sécurité", ajoute le communiqué qui a fait état d'une "dangereuse conspiration ciblant le pays, fomentée" par le MAK.

    Le 30 mars, le parquet d'Azazga (nord-est) avait annoncé l'arrestation de cinq personnes soupçonnées de projeter des actions "terroristes" à Tizi Ouzou et à Béjaïa, en Kabylie, lors des manifestations hebdomadaires du Hirak, mais sans faire référence à leurs liens avec le MAK, une bête noire du régime.

    Selon le MDN, les aveux d'un ex-membre du MAK, H. Nourredine, ont révélé l'existence d'un "plan criminel perfide visant à perpétrer ces attentats pour exploiter, ensuite, les images dans leurs campagnes subversives et implorer l'intervention étrangère dans les affaires internes du pays".

    Né en février 2019 du rejet massif d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, le Hirak réclame un changement radical du "système" politique en place depuis l'indépendance en 1962.

    Il est aujourd'hui accusé par le pouvoir d'être infiltré par des activistes du mouvement islamo-conservateur Rachad et des militants du MAK, qui chercheraient à entraîner le Hirak dans la confrontation violente, selon les autorités.

  • Algérie : Manifestations à Alger et dans d'autres villes

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    Des milliers de personnes ont défilé dans le centre-ville d’Alger pour le 109e vendredi du Hirak. Les manifestants ont scandé les slogans habituels, appelant au changement radical du système de gouvernement.

    C’est le 4e vendredi de manifestations pacifiques depuis le retour du Hirak le 22 février dernier, après près d’une année de suspension pour cause du Covid-19. Un dispositif policier impressionnant a été déployé dans les principales artères et rues du centre-ville de la capitale.

    « Passez le pouvoir au peuple », ont scandé les manifestants alors que d’autres exprimaient leur rejet des législatives anticipées du 12 juin. « Makanche intikhabat maa el issabat, pas d’élections avec les bandes ».

    Comme d’habitude, la manifestation a commencé juste après la prière du vendredi. A Alger, de la rue Victor Hugo, les manifestants ont convergé vers la place de Grande Poste en empruntant la rue Didouche Mourad. Une foule de manifestants est arrivée ensuite des quartiers de Bab el Oued et de la Casbah, en passant par la rue Asselah Hocine.

    Des manifestations pacifiques se sont également déroulées à Bejaia, Bouira, Tizi Ouzou et Mila.


  • Algérie : Nouvelles manifestations du Hirak après l'annonce des législatives anticipées

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    "Pas d'élections avec la bande de mafieux", ont scandé des milliers de personnes manifestant vendredi 12 mars à Alger, au lendemain de l'annonce d'élections législatives anticipées le 12 juin, rejetées par le mouvement de contestation antirégime du Hirak.

    Un premier cortège a défilé de la rue Didouche Mourad, principale artère du centre de la capitale, en direction de la Grande Poste, emblématique lieu de rassemblement des protestataires, rejoint après la grande prière du vendredi par d'autres cortèges, venus notamment des quartiers populaires de Bab El Oued et de Belcourt. "C'est toujours le même système qui est en place. Nous ne voterons pas le 12 juin prochain", a déclaré à l'AFP, M'Hamed, un commerçant âgé de 50 ans.

    Depuis le 2e anniversaire du soulèvement populaire le 22 février, les manifestants du Hirak ont repris leurs marches du vendredi, jour de mobilisation hebdomadaire du mouvement suspendu toute une année en raison de la pandémie de coronavirus.

    "Pour sa sauvegarde, le système dit : législatives" pouvait-on lire sur une affiche brandie par la foule qui scandait "Etat civil et non militaire", un des slogans phares du mouvement.

    Alors que les rassemblements publics restent interdits en raison de la pandémie, les manifestants ont également investi la rue à Oran (ouest), Tizi Ouzou, Skikda, Jijel ou encore Annaba (est). Des interpellations ont eu lieu, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien.

    Le président Abdelmadjid Tebboune a convoqué jeudi des élections législatives anticipées le 12 juin, dans une tentative de reprendre la main face à la reprise dans la rue du mouvement pro-démocratie. Le scrutin devait initialement avoir lieu en 2022, mais M. Tebboune a dissous le 21 février l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement, ouvrant la voie à ces législatives anticipées. Pour répondre à la crise politique à laquelle le pouvoir est confronté depuis deux ans, il a libéré des dizaines de détenus d'opinion et appelé les protestataires, qui continuent d'exiger le démantèlement du "système" en place depuis l'indépendance de l'Algérie (1962), à être au rendez-vous de l'échéance électorale.

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  • Algérie : Les étudiants du Hirak réoccupent la rue dans le centre d'Alger

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    Plusieurs centaines d'étudiants ont manifesté contre le pouvoir mardi 9 mars à Alger, dans un nouveau geste de défiance à l'encontre du régime confronté depuis trois semaines à un retour dans la rue du mouvement pro-démocratie Hirak.

    Les premiers manifestants sont arrivés vers 10 h à la Place des Martyrs, lieu habituel du début de la manifestation estudiantine. Vers 11 h 30, ils ont entonné l’hymne national puis le cortège a démarré.

    Direction la rue Bab Azoun, puis le reste de l’itinéraire habituel. Au fur et à mesure qu’elle avançait, la marche a pris de l’ampleur. Beaucoup de citoyens, plus que d’habitude, se sont joints aux étudiants. À la place Émir Abdelkader, de nombreux partisans du Hirak attendaient l’arrivée des manifestants pour les rejoindre.

    Le cortège a rejoint la Grande Poste, lieu de ralliement traditionnel des partisans du mouvement de contestation. En tête du défilé, était déployée une large banderole: "Le régime est mort et il n'est pas possible de ressusciter un cadavre. Pas de normalisation avec le pouvoir, dégagez!".

    "Les revendications essentielles des étudiants sont le départ du +système+, une justice indépendante et une presse libre, pour qu'elle puisse transmettre ce que dit le peuple et pas ce que dit le système", a expliqué à l'AFP, un manifestant de 25 ans.

    Les protestataires ont repris les slogans du Hirak --pour une "Algérie libre et démocratique" et un "Etat civil et non militaire"-- et ils ont conspué le président Abdelmadjid Tebboune, élu en décembre 2019 lors d'un scrutin massivement boycotté. Le dispositif policier, quoiqu'important, était allégé par rapport aux semaines précédentes. Les rassemblements publics restent interdits en raison de la pandémie de Covid-19.

    Avant l'interruption forcée des marches du Hirak en mars 2020, crise sanitaire oblige, les étudiants avaient pour habitude de défiler chaque mardi à Alger. "Nous manifestons car nous refusons ce système, nous refusons les méthodes de ce système et nous refusons d'être divisés", a déclaré à l'AFP, un étudiant de 27 ans.

    Né en février 2019, pacifique et pluriel, le mouvement de protestation exige toujours le démantèlement du "système" en place depuis l'indépendance en 1962, synonyme à ses yeux d'autoritarisme et de corruption. Des dizaines de milliers d'Algériens redescendent dans les rues d'Alger et d'autres villes du pays depuis le 2e anniversaire du soulèvement, confirmant la reprise de la mobilisation du Hirak.

    Face à la contestation, le régime manie la carotte et le bâton: il a libéré en février une soixantaine de militants du Hirak, dont plusieurs personnalités, mais certains tribunaux continuent d'avoir la main lourde. Sami Dernouni, un militant de Tipaza, près d'Alger, a été condamné mardi à deux ans de prison pour "incitation à attroupement", "atteinte à l'unité nationale" et "atteinte à la sécurité nationale", selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien.

  • Algérie : Des milliers de manifestants du Hirak à nouveau dans la rue

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    Des milliers de personnes ont manifesté vendredi 5 mars à Alger et dans d'autres villes du pays, donnant une nouvelle vigueur à la mobilisation du mouvement pro-démocratie du Hirak qui a repris ses marches fin février, a constaté l'AFP.

    Depuis le 2e anniversaire du soulèvement populaire le 22 février, les manifestants du Hirak sont redescendus dans la rue le vendredi, jour de mobilisation hebdomadaire du mouvement avant sa suspension il y a un an en raison de la pandémie de coronavirus. "Les marches du Hirak vont continuer jusqu'à ce que le régime, qui ne veut pas entendre notre voix, cesse d'exister", a déclaré à l'AFP, un fonctionnaire de 37 ans, participant au défilé à Alger. Dans la capitale, plusieurs cortèges ont emprunté les grands axes du centre-ville, comme la rue Mourad Didouche, avant de converger vers la place de de la Grande Poste, lieu emblématique des rassemblements du Hirak.

    Le journaliste Khaled Drareni, récemment sorti de prison, a couvert la marche via ses comptes sur les réseaux sociaux. Emprisonné pendant presque un an pour avoir couvert une manifestation du Hirak, il avait annoncé dès sa libération reprendre son métier et son combat pour la liberté de la presse en Algérie.

    Les manifestants ont scandé les slogans habituels du Hirak comme « Dawla madania machi askaria » (État civil et non militaire), Istiqlal (Indépendance), encore « Algérie libre et démocratique », et des slogans dénonçant la torture dont des détenus d’opinion ont affirmé avoir été victimes après leur arrestation par les services de sécurité. Comme chaque vendredi, un important dispositif policier était déployé dans la capitale, tandis qu'un hélicoptère survolait le centre d'Alger.

    "J'espère que mes enfants et mes petits-enfants vivront dans une Algérie meilleure que celle dans laquelle j'ai vécu", a témoigné une septuagénaire, qui dit avoir participé à toutes les marches du mouvement depuis le 22 février 2019.

    Des marches ont également eu lieu à Oran (ouest), Tizi Ouzou, Bouira, Bordj Bou Arreridj et Annaba (est) pour ce "107e" vendredi de mobilisation depuis le déclenchement du Hirak.

    Pacifique et pluriel, ce mouvement de protestation populaire inédit en Algérie continue de réclamer le démantèlement du "système" en place depuis l'indépendance en 1962, synonyme à ses yeux d'autoritarisme et de corruption.

  • Algérie : Manifestations à Alger et dans plusieurs wilayas

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    Les manifestations anti-gouvernementales (Hirak) du vendredi sont de retour à Alger. De nombreuses personnes manifestent ce vendredi 26 février dans le centre d’Alger en scandant les slogans habituels du Hirak comme le changement radical du régime politique, une justice indépendante, « un État civil et non militaire », une Algérie « libre et démocratique » ou « Istiqlal (indépendance) ».

    C’est la première fois depuis le printemps 2020, quand les marches du vendredi ont été interrompues à cause de la pandémie de Covid-19, qui venait de faire sa première victime en Algérie, qu’une manifestation se tient vendredi à Alger. Un important dispositif de sécurité a été déployé comme d’habitude dans les rues de la capitale.

    Les wilayas de Bejaia, Tizi Ouzou, Bouira, Skikda et Jijel, renouent aussi avec les manifestations du vendredi. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent une importante mobilisation des citoyens à l’occasion du premier vendredi du Hirak depuis la suspension des marches la mi-mars 2020, et ce en dépit des menaces liées à la propagation du coronavirus.

    À Oran, des arrestations ont été opérées parmi les manifestants, selon le CNLD qui signale des arrestations à Alger et Tlemcen.

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    Lundi déjà, des milliers de manifestants avaient marché dans les rues de la capitale, à l’occasion du deuxième anniversaire du déclenchement du Hirak le 22 février 2019.

  • Algérie : Peine de prison fortement réduite pour un militant du Hirak accusé d'"offense à l'islam"

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    Le militant algérien du "Hirak" Yacine Mebarki a vu sa peine réduite en appel à un an de prison ferme mercredi, après avoir été condamné en première instance à dix ans d'emprisonnement pour notamment "offense à l'islam", a indiqué son avocat. M. Mebarki a été condamné "à un an de prison par la cour de Khenchela (nord-est)", a précisé Me Hachem Saci sur son compte Facebook. Il devra aussi payer une amende de 50.000 dinars (330 euros).

    Engagé localement dans le mouvement de protestation populaire du "Hirak", le militant berbériste a été reconnu coupable d'"offense aux préceptes de la religion (musulmane), d'incitation à la discrimination et de possession sans autorisation de matériel de guerre", selon l'avocat. En revanche, il a été relaxé des chefs d'inculpation plus graves de "profanation" du Coran, d'"incitation à convertir un musulman à une autre religion" et de pression sur un musulman pour l'inciter à renoncer sa religion", a précisé Me Saci.

    Le 10 octobre, Yacine Mebarki avait été condamné à dix ans d'emprisonnement et à verser une lourde amende de 66 millions de dinars (66.000 euros) par le tribunal de Khenchela. En appel, le paquet avait requis la même peine de prison, la plus lourde ayant jamais visé un activiste du "Hirak", selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien aux prisonniers d'opinion.

    Militant de la cause amazigh (berbère), Yacine Mebarki, 52 ans, avait été arrêté le 30 septembre après une perquisition à son domicile. Il sortira de prison le 1er octobre 2021. Cette condamnation s'inscrit dans une vague de répression ciblant quotidiennement des militants du "Hirak", des opposants politiques, des journalistes et des blogueurs. Selon le CNLD, quelque 90 personnes sont actuellement emprisonnées pour des faits liés à la contestation en Algérie, la plupart pour des publications sur Facebook.