Hezbollah au Yémen

  • Yémen : La coalition sunnite dirigée par l'Arabie saoudite publie deux vidéos d'un chef du Hezbollah au Yémen

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    Dimanche 26 décembre 2021, la coalition sunnite dirigée par l'Arabie saoudite a publié deux vidéos montrant un chef présumé du Hezbollah libanais travaillant avec les Houthis (Ansar Ullah) au Yémen.

    Les vidéos ont été présentées par le porte-parole de la coalition, le général Turki Al-Malki, qui a affirmé que le Hezbollah avait formé les Houthis à l'utilisation de drones kamikazes à l'aéroport international de la capitale yéménite, Sanaa.

    « L'organisation terroriste du Hezbollah a semé la destruction dans la région et dans le monde, et elle porte la responsabilité de cibler des civils en Arabie saoudite et au Yémen », a déclaré le porte-parole lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à Riyad, la capitale saoudienne.

    La première vidéo montre le chef du Hezbollah discutant de la bataille d'Hodeidah, principal port à l'ouest du Yémen. L'homme est identifié par la coalition sous le nom d'Abu Ali al-Hakim, un haut commandant militaire détaché auprès des rebelles chiites yéménites Houthis.

    Dans la deuxième vidéo, qui aurait été prise à l'intérieur de l'aéroport international de Sanaa, on peut voir le même chef instruire de prétendus combattants houthis sur l'utilisation des drones kamikazes « Qasef ».

    Les vidéos sont cependant sujettes à discussion. Le dialecte du chef du Hezbollah n'est pas libanais. De plus, le drone montré dans la deuxième vidéo ne montre pas le Qasef-1 ou 2K qui sont habituellement utilisés par les Houthis.

    Une source yéménite a déclaré à l'agence U-News affiliée au Hezbollah que les vidéos publiées par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite étaient fausses.

    "L'orateur dans la vidéo publiée par la coalition saoudienne n'est pas libanais, [la vidéo] ne contient aucune séquence d'un [personnel] libanais", a déclaré la source.

    Les vidéos, réelles ou non, ont probablement été diffusées par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite pour justifier des frappes aériennes plus sévères sur les zones contrôlées par les Houthis au Yémen. Quelques heures après la diffusion de la vidéo, des avions de guerre de la coalition ont effectué des frappes aériennes sur le camp de défense aérienne près de Sanaa.

    La coalition dirigée par l'Arabie saoudite n'a apparemment pas l'intention d'arrêter de sitôt ses frappes aériennes sur le Yémen et les Houthis continueront probablement de riposter .

  • Yémen : Un "expert militaire" du Hezbollah tué à Ma'rib

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    Akram Sayed.jpegLe ministre yéménite de l'Information, de la Culture et du Tourisme, Moammar el-Eryani, a annoncé, jeudi 9 décembre 2021? le décès d'Akram Sayed (photo ci-contre), un expert et responsable de la branche militaire du Hezbollah à la suite de frappes d'artillerie de l'armée yéménite, dans la province stratégique de Ma'rib. 

    Dans des propos rapportés par plusieurs médias libanais et arabes, le ministre yéménite a affirmé que la mort de l'expert libanais était "un coup sévère porté au régime iranien, et un indicateur supplémentaire prouvant qu'il  commandait les opérations militaires dans la région de Ma'rib", en proie à des raids quasi quotidiens de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite.

    Le Hezbollah, protégé de l'Iran au Liban et bête noire des pays du Golfe, est engagé dans le conflit yéménite aux côtés des rebelles chiites houthis. Il ne cache pas l'implication de ses combattants dans le conflit, mais affirme qu'ils se contentent de former et conseiller les rebelles houthis.

    Selon M. el-Eryani, Akram Sayed est entré au Yémen en août 2017, avec plusieurs éléments affiliés au Hezbollah. "Le 3 décembre, il a été dépêché, ainsi que plusieurs experts du parti, sur les fronts du sud de Ma'rib pour diriger les opérations militaires, et mettre en application le plan de Téhéran voulant accélérer le rythme des affrontements dans la province", indique ce ministre.

    Les combats au Yémen se sont intensifiés sur plusieurs fronts au cours des derniers mois. Les rebelles houthis affirment que près de 15.000 de leurs combattants ont été tués depuis le seul mois de juin près de Ma'rib, dernier bastion majeur du gouvernement dans le nord riche en pétrole. Dans le camp loyaliste, soutenu par l'Arabie saoudite et reconnu par la communauté internationale, plus de 1.200 combattants ont été tués dans cette zone au cours de la même période, rappelait l'AFP.
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