Herat

  • Afghanistan : "Trois kidnappeurs" de l'Etat islamique tués par les talibans dans une fusillade

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    Les talibans ont annoncé avoir tué dimanche trois membres de l'Etat islamique "responsables d'enlèvements", après trois heures d'affrontements armés autour de leur cache dans la ville de Hérat, dans l'ouest de l'Afghanistan.

    "Trois kidnappeurs, responsables de graves enlèvements dans la province de Hérat, se cachaient dans un immeuble du quartier de Pul-e-Dozan à Hérat", a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Qari Sayed Khosti. "Des forces spéciales les ont encerclés et il y a eu des échanges de tirs. Les hommes ont été tués au cours de la fusillade avec les forces de sécurité", a-t-il indiqué.

    Selon le commandement de la police locale, ces "kidnappeurs", des criminels pratiquant l'enlèvement de civils en échange d'une rançon, appartenaient à l'Etat islamique. Les échanges de tirs, notamment à l'arme automatique, ont duré plusieurs heures, selon des habitants de ce quartier de Hérat. Deux talibans ont également été blessés selon la police locale. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre l'exécution d'un homme après avoir été interpellé et désarmé. La vidéo montre aussi le commando taliban paradant dans la ville avec trois corps exposés à l'arrière de leur pick-up, au milieu d'une escorte de scooters les encourageant.

    Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays leur priorité après 20 ans de guerre, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants menés par le groupe Etat islamique. Sa branche locale, l'Etat islamique-Khorasan, rival et principal adversaire du mouvement islamique au pouvoir, a ciblé ces dernières semaines aussi bien les talibans que la minorité chiite afghane.

  • Afghanistan : Les talibans interrompent de force une manifestation de femmes à Kaboul

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    Six jeunes Afghanes ont brièvement tenté jeudi matin à Kaboul de manifester pour revendiquer leur droit à l'éducation, avant d'en être violemment empêchées par des talibans qui ont tiré en l'air, ont constaté des journalistes de l'AFP.

    Vers 08H00 locales, trois jeunes femmes voilées et portant des masques médicaux ont déplié devant le lycée pour filles Rabia Balkhi, dans l'Est de la capitale afghane, une banderole qui proclamait, en anglais et en dari: "Ne politisez pas l'éducation!".

    "Ne brisez pas nos stylos, ne brûlez pas nos livres, ne fermez pas nos écoles", ajoutait la banderole, illustrée d'une photo de jeunes filles voilées dans une salle de classe.

    A peine avaient-elles été rejointes par trois autres manifestantes, dont l'une portant une pancarte sur laquelle elle avait écrit "L'éducation est l'identité humaine", qu'une dizaine de talibans en armes sont intervenus. Ils ont violemment repoussé les jeunes filles vers le portail d'entrée, fermé, du lycée. L'un d'eux s'est emparé de leur banderole qu'il a repliée en boule, alors que les autres s'en prenaient aux journalistes étrangers et tentaient de les empêcher de filmer. Un taliban a alors tiré en l'air une brève rafale avec son pistolet-mitrailleur.

    Les manifestantes se sont réfugiées à l'intérieur de l'établissement et les talibans ont fait la chasse aux cameramen et photographes, tentant de s'emparer de leurs caméras. L'un d'eux a donné un coup de crosse à un cameraman étranger. Ils étaient commandés par un jeune homme sans armes, équipé d'un walkie-talkie, qui s'est présenté comme Mawlawi Nasratullah, chef des Forces spéciales talibanes pour Kaboul et sa région.

    Il a demandé à ses hommes de rassembler la dizaine de journalistes, tous de la presse internationale, et s'est adressé à eux.

    "Je respecte les journalistes, mais cette manifestation n'avait pas été autorisée", a-t-il dit. "Les autorités de l'Émirat (islamique) d'Afghanistan n'avaient pas été informées. C'est pour cela qu'aucun journaliste afghan n'est présent". "Si elles avaient demandé l'autorisation de manifester, elles l'auraient eue", a-t-il assuré. "Je respecte les droits des femmes, sans cela vous ne seriez pas ici", a-t-il ajouté, entouré d'une garde armée aux regards farouches. "Vous avez tenté de couvrir une manifestation illégale. Je vous rappelle que dans des pays modernes, la France ou les États-Unis, la police frappe les manifestants".

    L'appel à la manifestation avait été lancé sur internet par un groupe intitulé "Mouvement spontané des femmes activistes d'Afghanistan".

    Début septembre, des talibans armés avaient dispersé des manifestations dans plusieurs villes, dont Kaboul, Faizabad et Hérat, où deux personnes avaient été tuées. Toutes les manifestations ont été interdites par le nouveau pouvoir dans le pays depuis le 8 septembre, et les contrevenants menacés de "sévères actions légales".

  • Afghanistan : Des manifestants anti-talibans tués à Herat

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    Au moins deux personnes ont été tuées et huit autres blessées par balle lors de manifestations dans la ville afghane d' Herat, rapporte l'Agence France-Presse , citant un médecin.

    Le médecin, dont l'agence ne révèle pas le nom, a déclaré que les corps avaient été transportés à l'hôpital central de la ville depuis le site des manifestations. "Ils ont tous des blessures par balle", a déclaré l'agence citant le médecin.

    Des manifestations anti-pakistanaise ont eu lieu dans plusieurs villes depuis la nuit du lundi 6 au mardi 7 septembre 2021, notamment à Kaboul, Mazar-i-Sharif et Herat. A Kaboul, la manifestation a commencé au nord de la capitale afghane et s'est poursuivie jusqu'à l'ambassade du Pakistan.

  • Afghanistan : les talibans s'emparent de Ghazni puis de Herat, la troisième ville du pays

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    Ghazni tombe entre les mains des talibans
    Les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent dangereusement de la capitale de l'Afghanistan après s'être emparés en quelques jours de l'essentiel de la moitié nord du pays.

    Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. "L'ennemi a pris le contrôle de Ghazni (...) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité)", a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. M. Stanikzai a ensuite annoncé que le gouverneur de la province avait été arrêté par les forces de sécurité, après qu'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité n'a pu être immédiatement vérifiée, l'a montré quittant Ghazni avec la bénédiction des talibans.

    Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés depuis qu'ils ont lancé leur offensive en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères, qui doit être achevé d'ici la fin août. 

    Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu'ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

    Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l'axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l'armée vers le sud, et va encore accentuer la pression sur l'armée de l'Air afghane. 

    Prise de Herat, la troisième ville du pays
    Après Ghazni, les talibans se sont emparés jeudi 12 août 2021, de Hérat, la troisième ville d'Afghanistan, dans l'Ouest du pays, une étape majeure de leur offensive. Vidéo de la prise de Herat. Autre vidéo. Autre vidéo. Vidéo des talibans dans le QG de la police de Herat.

    Les insurgés "ont tout pris", a indiqué à l'AFP un haut responsable des forces de sécurité sur place, précisant que les forces afghanes avaient battu en retraite "pour empêcher plus de dommages dans la ville" et se retiraient vers une base militaire située à Guzara, un district voisin. Les talibans ont hissé leur drapeau au-dessus du siège de la police de Hérat en fin de journée, a rapporté un correspondant de l'AFP, précisant que les rebelles n'avaient rencontré aucune résistance.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a indiqué sur Twitter que "l'ennemi a fui... Des dizaines de véhicules militaires, armes et munitions sont tombés dans les mains" des talibans.

    Selon des informations locales, des combats seraient toujours en cours entre des combattants fidèles au chef de guerre Ismail Khan et des talibans dans le district de Gozra, à environ 20 km de la ville d'Herat. Vidéo.

    Hérat, située à 150 km de la frontière iranienne et capitale de la province du même nom, était déjà assiégée, avec de violents combats à ses abords. Les insurgés ont pris le contrôle ces dernières semaines de la quasi-totalité du reste de la province, dont Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran, le plus important d'Afghanistan.

    Kandahar et Lashkar Gah encerclées
    Kandahar, capitale de la province du même nom, et Lashkar Gah, capitale du Helmand voisin, sont assiégées depuis des mois par les talibans, dont ce sont deux fiefs traditionnels. De violents combats les y opposent aux forces de sécurité depuis plusieurs jours.

    Mercredi, les talibans ont annoncé sur Twitter avoir pris la prison de Kandahar, située dans la banlieue, pour en libérer "des centaines de prisonniers". A Lashkar Gah, le quartier général de la police a été fortement endommagé par l'explosion d'un véhicule piégé mercredi soir, contraignant les forces de police à se replier vers les bureaux du gouverneur, pendant que 40 policiers se rendaient aux talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental sur place.

    Le gouvernement afghan recherche une issue de secours
    Face à la dégradation de la situation militaire, Kaboul a proposé "aux talibans de partager le pouvoir en échange d'un arrêt de la violence dans le pays", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un négociateur du gouvernement aux pourparlers de paix à Doha.

    Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu'ici les appels à la formation d'un gouvernement intérimaire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'être bien tardif, les insurgés n'ayant montré aucun signe, depuis l'ouverture des négociations de paix en septembre 2020, qu'ils étaient prêts à un compromis. Ils y seront sans doute encore moins enclins après avoir avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président Ghani s'est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l'armée et les milices favorables au pouvoir.

     

  • Afghanistan : Une sixième province tombe aux mains des talibans

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    Les talibans ont pris le contrôle d'une nouvelle ville dans le nord de l'Afghanistan, et le mouvement islamiste a annoncé qu'Aybak, la capitale de la province de Samangan, était devenue « hors du contrôle de l'ennemi ».

    Samangan est devenue la sixième province afghane à tomber aux mains des talibans, après le départ des forces étrangères du pays. 

    Le porte-parole du mouvement, Zabihullah Mujahid, a déclaré, via son compte Twitter, que la ville d'Aybak, la capitale de la province de Samangan, est devenue "hors du contrôle de l'ennemi", en référence aux forces de sécurité afghanes à l'issue de combats entre talibans et forces de sécurité. Il a également ajouté que selon les dernières informations, les quartiers généraux de la police et du renseignement étaient désormais vides des forces afghanes et sous le contrôle des combattants talibans.

    Les talibans resserrent leur emprise dans le nord, tandis que le régime conserve ses bastions dans le sud
    Depuis plusieurs semaines, les talibans tentent de prendre le contrôle des capitales des provinces méridionales de Kandahar et d'Helmand ainsi que d'Herat, dans l'ouest, mais sans succès jusqu'à ce jour. Par contre, le groupe islamiste a pris le contrôle de nombreuses villes du nord de l'Afghanistan.

    Les forces de sécurité nationales afghanes ont revendiqué des opérations de contre-offensive dans les principales villes alors que les talibans ont pris pied à la périphérie, tandis que les civils fuient les zones.

    Les gens souffrent non seulement des affrontements, mais aussi des frappes aériennes régulières sur des cibles situées à l'intérieur des villes, car les talibans se barricadent dans les quartiers d'habitation pour se protéger. Le 8 août, un membre du conseil provincial de Helmand a déclaré que les attaques aériennes du gouvernement avaient endommagé un dispensaire et un lycée à Lashkar Gah.

    Au moment même où les forces gouvernementales se concentrent principalement sur la protection des grandes villes du sud, les talibans prennent le contrôle des autres capitales provinciales une à une.

    La première capitale provinciale est passée sous le contrôle des talibans le 6 août. Il s'agit de la ville de Zaranj, dans la province de Nimruz à l'ouest de l'Afghanistan, à la frontière avec l'Iran et le Pakistan. La ville est tombée presque sans combat. Les talibans sont entrés dans la ville à bord de véhicules Humvee américains pris aux forces afghanes. On les voit désormais patrouiller dans les rues de Zaranj.

    Le lendemain, la ville de Sheberghan, dans le nord de la province de Jawzhan, est devenue la deuxième capitale provinciale à être prise par les talibans. Selon le vice-gouverneur, les forces gouvernementales et les responsables s'étaient repliés vers l'aéroport à la périphérie de la ville, où ils avaient l'intention de se défendre.

    Le 7 août, les talibans ont lancé une offensive dans la ville de Kunduz, dans le nord-est de l'Afghanistan. Selon des informations locales, les forces de sécurité afghanes se sont retirées dans la zone de l'aéroport, se préparant à une contre-offensive.

    Même le soutien aérien des États-Unis n'a pas réussi à empêcher la perte de la ville. Les B-52 américains bombardent des cibles à Kunduz, déclenchant des incendies majeurs. Au cours de la journée des combats, quelque 50 à 70 civils auraient été tués.

    Le 8 août, la ville de Sar-e-Pol dans le nord de l'Afghanistan est également tombée sous le contrôle des talibans. Les représentants du gouvernement et les forces restantes s'étaient repliés dans les casernes de l'armée à environ 3 km de la ville.

    La ville de Taloqan, la capitale de la province de Takhar a été reprise par les talibans le 8 dimanche août.

    La dernière mais non la moindre sur la liste des conquêtes des talibans est la ville d'Aibak, la capitale de Samangan dans le nord de l'Afghanistan. Elle est tombée aux premières heures du lundi 9 août. Les talibans ont affirmé qu'un commandant et ancien membre du parlement Mohammad Asif Nabi Jan avait rejoint les moudjahidines avec huit hommes armés.

    La capitale provinciale de la province de Balkh, Mazar-e Sharif, et la ville de Gardez, au centre de la province de Paktia, dans le nord de l'Afghanistan, sont susceptibles de tomber prochainement aux mains des talibans, alors que de violents affrontements ont éclaté à la périphérie de ces deux villes.

    En raison de l'avancée rapide des talibans, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont exhorté leurs citoyens à quitter immédiatement l'Afghanistan en utilisant les options de vols commerciaux disponibles. 

    Les Nations Unies ont affirmé que l'Afghanistan s'enfonçait dans une situation de catastrophe si grave qu'elle pourrait n'avoir que peu ou pas d'équivalents au cours de ce siècle.

     

  • Afghanistan : Les Forces gouvernementales et la Résistance populaire repoussent sept attaques des talibans contre la ville de Herat

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    Tard, mercredi 4 août, les forces de sécurité afghanes ont déjoué sept attaques des talibans contre la ville d'Herat, dans le nord-ouest, selon le gouverneur de la province d'Herat.

    Le gouverneur, Abdul Saboor Qani, a déclaré que les combattants talibans avaient attaqué les districts 2, 3, 10 et 11 de la ville d'Herat. Plus de 100 assaillants auraient été tués lors de frappes aériennes menées par l'armée de l'air afghane, selon Qani.

    Bien qu'ils n'aient pas réussi à entrer dans la ville, les combattants talibans ont réussi à infliger des pertes. Wahid Ahmad Kohistani, chef de la police du district 10 d'Herat, et deux membres des forces de sécurité auraient été tués.

    Les talibans tentent de prendre d'assaut Herat depuis plus de huit jours maintenant. Néanmoins, l'armée afghane, les forces de sécurité et la résistance populaire, dirigées par l'ancien chef de guerre « Lion d'Herat » Mohammad Ismail Khan, s'accrochent à la ville et font preuve d'une résistance farouche.

    Dans une déclaration récente, le Lion d'Herat a affirmé que l'attaque contre la ville était « dirigée par le Pakistan », exhortant les habitants à se joindre à la lutte contre les talibans.

    "Je tiens à préciser que la guerre à Herat est une guerre entre le Pakistan et l'Afghanistan", a déclaré le TOLO News l'émir local. « Ce n'est pas la guerre des talibans et les talibans sont un outil. Tout comme le peuple afghan n'a pas accepté la domination des États-Unis, de la Russie et d'autres superpuissances, il ne devrait pas non plus accepter la domination pakistanaise.

    Les talibans ont subi de lourdes pertes en tentant de capturer Herat. Pourtant, le groupe semble déterminé à poursuivre son attaque contre la ville.

    La bataille d'Herat a prouvé que les forces gouvernementales afghanes, lorsqu'elles sont soutenues par la population locale, ont les moyens d'arrêter les talibans. A ce propos, des dizaines de femmes d'Herat ont symboliquement pris les armes, exprimant leur soutien aux forces afghanes et la résistance populaire contre les talibans. Les femmes se sont réunies chez Mohammad Ismail Khan, le commandant de la résistance populaire, et ont souligné qu'elles étaient prêtes à défendre la ville d'Herat aux côtés des hommes.
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    Pour la Russie, l'offensive des talibans s'essouffle
    L' offensive des talibans en Afghanistan "s'essouffle progressivement" car le groupe manque de ressources pour s'emparer des grandes villes, a déclaré jeudi 5 août  l'agence de presse Interfax citant un haut responsable du ministère russe des Affaires étrangères.

    Alexander Vikantov, chef adjoint de l'information et de la presse au ministère, a cité des exemples où les forces gouvernementales afghanes ont réussi à reprendre certains districts capturés par les talibans le mois dernier, bien qu'il ait ajouté que l'activité insurrectionnelle était notable ce mois-ci près des grands centres provinciaux.

    "Les talibans manquent de moyens pour s'emparer et tenir les grandes villes dont la capitale Kaboul. Leur offensive s'essouffle progressivement", a-t-il déclaré.

    La Russie continuera à faire pression pour des pourparlers de paix, a-t-il ajouté.

     

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  • Afghanistan : Deux fortes explosions à Kaboul revendiquées par les talibans

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    Deux grosses explosions dont celle d'un véhicule piégé, accompagnées d'un assaut armé, ont secoué Kaboul mardi soir 3 juillet. L'attaqua a visé le domicile du ministre de la défense dans le centre de Kaboul.

    Huit civils ont été tués et une vingtaine blessés, selon un bilan actualisé mercredi matin du ministère de l'Intérieur. Les forces de sécurité ont mis environ cinq heures pour briser la résistance des assaillants, qui ont tous été tués, l'un dans l'explosion du véhicule et les trois autres dans les échanges de coups de feu, selon la même source.

    Survenue tout près de la zone verte, enceinte ultra-fortifiée abritant notamment le palais présidentiel et des ambassades, cette attaque illustre une nouvelle fois les difficultés auxquelles est confronté le gouvernement, qui vacille face aux assauts coordonnés des talibans dans tout le pays.

    Les talibans revendiquent l'attentat contre le ministre de la défense
    Les talibans ont revendiqué mercredi l'attentat ayant visé la veille le ministre afghan de la Défense et promis de nouvelles attaques contre des responsables gouvernementaux, alors que la bataille pour le contrôle de trois grandes villes assiégées par les insurgés se poursuit.

    L'attaque mardi contre le ministre de la Défense, le général Bismillah Mohammadi, qui en est sorti sain et sauf, est "le début d'opérations de représailles" contre de hauts responsables gouvernementaux pour la campagne de bombardements qu'ils ont ordonnée, a prévenu dans un communiqué Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans.

    Violents combats à Lashkar Gah
    A Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand (sud-ouest), un fief des insurgés où ont eu lieu quelques-uns des combats les plus violents en 20 ans d'intervention internationale, les habitants cherchaient à s'enfuir mercredi, conformément aux consignes de l'armée.

    "Les familles qui ont les moyens financiers ou une voiture ont quitté leur maison. Mais les familles qui ne peuvent pas se le permettre, comme nous, doivent rester chez elles. On ne sait pas où aller, ni comment", a déclaré Halim Karimi, un habitant de Lashkar Gah. "Il n'y a aucun moyen de s'échapper de la zone, car les combats sont incessants. Il n'y a aucune garantie qu'on ne sera pas tué sur le chemin. Le gouvernement et les talibans nous détruisent", a affirmé Saleh Mohammad, un autre résident. Les combats ont continué dans la nuit et mercredi.

    Les civils, pris au piège des combats, ont déjà payé un lourd tribut au conflit à Lashkar Gah, ville de 200.000 habitants. Au moins 40 civils ont été tués et 118 blessés au cours des dernières 24 heures, avait annoncé mardi la Mission des Nations unies en Afghanistan (Unama). Le général Sami Sadat, plus haut gradé de l'armée dans le Sud afghan, avait appelé mardi les habitants à évacuer la ville en prévision d'une grande contre-attaque, promettant de ne pas laisser "un seul taliban en vie".

    Combats a Kandahar et Herat
    Des combats opposent aussi depuis plusieurs jours les talibans aux forces gouvernementales aux abords de Kandahar (sud) et Hérat (ouest), les deuxième et troisième villes d'Afghanistan. A Hérat, les autorités ont toutefois assuré mardi avoir commencé à desserrer l'étreinte des insurgés.

    Le spectre d'un retour au pouvoir des talibans, qui ont gouverné l'Afghanistan entre 1996 et fin 2001 en imposant un régime islamique ultra-rigoriste, avant d'être chassés par une coalition internationale menée par les États-Unis en raison de leur refus de livrer Oussama ben Laden dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, inquiète nombre d'Afghans, qui ont pris goût à la liberté acquise depuis lors.

    L'ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé dans un communiqué les talibans d'avoir "sommairement" exécuté, pour leurs liens présumés avec le gouvernement, des soldats, policiers et civils retenus prisonniers dans les territoires qu'ils ont récemment conquis. L'organisation a indiqué avoir compilé une liste de 44 noms de personnes tuées par les talibans dans le district de Spin Boldak (sud), à la frontière avec le Pakistan, dont les insurgés se sont emparé à la mi-juillet, les accusant d'avoir ainsi commis des "crimes de guerre".