Hayat Tahrir ash-Sham (HTS)

  • Syrie : Le conflit en Ukraine pourrait relancer la guerre dans la région du Grand Edleb

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    Dimanche 27 mars, l'armée arabe syrienne (AAS) a attaqué un véhicule MRAP [Mine-Resistant Ambush Protected] de l'armée turque dans la région du nord-ouest de la Syrie, dans le Grand Edleb.

    Les soldats syriens ont pris pour cible le véhicule, un BMC Kirpi II, avec un missile guidé antichar alors qu'il passait sur une route au sud-est de la ville d'Atarib dans la partie occidentale de la province d'Alep. Le véhicule a été gravement endommagé.

    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, trois militaires turcs, dont un officier, ont été blessés à la suite de l'attaque au missile. Ls blessés ont été évacués vers la Turquie.

    Les médias turcs ont déclaré que l'armée turque avait répondu à l'attaque en bombardant des positions de l'AAS dans l'ouest de la province d'Alep.

    Des sources pro-gouvernementales syriennes ont déclaré que l'attaque au missile était une réponse aux frappes d'artillerie turques du 23 mars sur la ville d'Ibbin, tenue par les Kurdes, dans le nord de la province d'Alep. Les frappes ont blessé deux soldats de l'AAS qui se trouvaient sur une position près de la ville.

    La Turquie maintient plus de 60 positions militaires dans la région du  Grand Edleb, une région contrôlée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Sham, l'ancienne branche d'al-Qaida en Syrie. La Turquie, au nom des jihadistes, et la Russie, au nom du régime de Bachar al-Assad, avait conclu un cessez-le-feu dans la région,  il y a plus de deux ans.

    La guerre en Ukraine pourrait remanier les cartes dans le nord syrien
    Mais la guerre en Ukraine a remanié les cartes. Le gouvernement syrien a pris fait et cause pour la Russie et soutient l'offensive russe en Ukraine. De son côté, la Turquie, en tant que membre de l'OTAN, soutient militairement l'Ukraine, notamment en ayant livré des drones Bayraktar TB2. Des miliciens syriens, partisans du régime sont partis en Ukraine comme mercenaires pour soutenir l'armée russe, tandis que des rebelles syriens pro-turcs ont été acheminés par la Turquie vers l'Ukraine pour lutter contre l'armée russe.

    Le régime de Bachar al-Assad pourrait être tenté de reprendre aux jihadistes et autres rebelles pro-turcs la région du Grand Edleb, ouvrant à nouveau les hostilités, cette fois-ci avec le soutien de la Russie et des miliciens kurdes. A noter que ces derniers, soutenus par les Etats-Unis dans la lutte contre le Daech, pourraient changer de camp, abandonnant  la coalition internationale pour se rallier aux forces gouvernementales et participer à une offensive généralisée pour chasser l'armée turque et ses alliés de Syrie.

    L'évolution de la situation dans le nord syrien est désormais à suivre avec attention 

  • Ukraine : Les services secrets turcs auraient rencontré al-Joulani, chef du groupe jihadiste Hayat Tahrir ash-Sham, pour transférer des combattants en Ukraine

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    Julani-768x428.jpegDimanche soir, une réunion s'est tenue entre des officiers des services de renseignement turcs et Abou Mouhammad al-Joulani (photo), le chef de l'organisation « Hayat Tahrir ash-Sham », ancienne branche d'al-Qaïda en Syrie. Ils ont évoqué au cours de la réunion l'accélération du processus de transfert de militants pour combattre en Ukraine .

    Le conseiller du Centre de réconciliation syro-russe, le professeur Fadi Ismail, a expliqué que la réunion s'était tenue près du point de passage "Deir Ballout", qui sépare les provinces d'Alep et d'Edleb. Au cours de la réunion,  Al-Joulani » a demandé aux officiers de renseignement turcs d'accélérer le processus de transfert, notamment des militants de « l'Armée nationale » qui sont stationnés dans les régions du nord d'Alep et qui ont de graves divergences avec Hayat Tahrir ash-Sham.

    Il a également déclaré que l'objectif de la demande d'al-Joulani d'accélérer le transfert de «l'armée nationale syrienne» en Ukraine est en ligne avec les efforts de Hayat Tahrir ash-Sham  et de la Turquie de se débarrasser des combattants indésirables dans le nord d'Alep. Le but est d'affaiblir l'influence et la force de l'armée nationale syrienne, et ainsi faciliter le contrôle par Hayat Tahrir ash-Sham des zones au nord de la province d'Alep et les annexer à leurs zones d'influence à Edleb.

    Il y a quelques jours, les forces turques ont commencé à recruter les militants des factions pro-turques pour les envoyer combattre en Ukraine contre les forces russes. Les autorités turques ont donné l'ordre aux chefs des groupes armés pro-turcs de préparer des listes de noms de militants qui pourraient être transférés dans un premier lot.

    Comme dans le cas du conflit libyen et à la guerre entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, les services de renseignement turcs ont promis des offres financières pour attirer les combattants, leur promettant des salaires mensuels allant jusqu'à 6000 dollars. 

  • Syrie : Trois civils tués dans le bombardement par le régime d'un dépôt de carburant dans le Nord-Ouest

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    Au moins trois civils ont été tués, mercredi 16 février 2022, par un bombardement des forces du régime syrien visant un dépôt de carburants situé près de la ville d'al-Dana, dans une région du nord-ouest de la Syrie, dernier bastion de l'opposition. Un tir d'artillerie contre l'entrepôt situé dans un champ jouxtant la ville de Dana, dans la province d'Idleb, a tué trois civils, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme(OSDH) .

    Un important incendie s'est ensuite déclaré dans les réservoirs d'essence d'où se dégageaient d'importants nuages de fumée noire. Les pompiers se sont employés à éteindre le feu des heures durant, à l'aide de véhicules de la Défense civile, active dans les zones tenues par les rebelles, a constaté un correspondant de l'AFP.

    L'OSDH a précisé que l'entrepôt, où les civils se rendent pour acheter du fuel et de l'essence, appartenait à une compagnie de carburants locale, liée aux autorités dans les zones contrôlées par Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ex-branche syrienne d'al-Qaïda. Cette dernière contrôle, avec ses alliés, environ la moitié de la province ainsi que certaines parties des provinces voisines.

    La région fait l'objet d'un cessez-le-feu depuis mars 2020, après une offensive du régime qui a duré trois mois et déplacé près d'un million de personnes, selon l'ONU.

    Malgré des violations répétées, le cessez-le-feu a été globalement respecté mais, depuis juin 2021, les forces du régime ont intensifié leurs bombardements sur le sud de la région.

    Les factions jihadistes répondent parfois en ciblant les positions des forces gouvernementales dans les zones adjacentes.

  • Syrie : Détails de l'opération qui a conduit à l'élimination du chef de l'Etat islamique

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    Le Pentagone a révélé, jeudi soir 3 février 2022, de nouveaux détails sur la liquidation du chef de l'Etat islamique Abdullah Qardash, surnommé Abu Ibrahim Al-Qurashi. De son côté, l'Irak a déclaré que ses services de renseignement avaient fourni à la coalition des informations précises qui ont conduit à sa localisation.

    Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a confirmé lors d'une conférence de presse que Qurashi s'était fait sauter, provoquant la mort de 4 civils, dont sa femme et ses deux enfants. Il a ajouté qu'un autre enfant avait été tué. au deuxième étage sans mentionner la cause de sa mort. Kirby a souligné que les forces américaines avaient réussi à évacuer 10 personnes des premier et deuxième étages, dont 8 enfants. L'opération a été menée par 24 membres des forces spéciales "Delta". Les Américains se sont adressés en arabe via un mégaphone aux personnes présentes dans la maison, les invitant à se rendre. Des coups de feu ont retenti pour toute réponse.

    Kirby a déclaré que l'opération avait entraîné la liquidation de 5 combattants, à savoir Al-Qurashi lui-même, l'un de ses assistants et la femme de l'assistant, ainsi que deux hommes armés qui se trouvaient à l'extérieur de la maison et se livraient à un échange de tirs avec les forces américaines.

    Il a ajouté que l'assistant et sa femme avaient été tués au deuxième étage par les balles des soldats américains en réponse à leur ouverture de feu sur eux.

    Le porte-parole du Pentagone a expliqué que l'opération avait duré deux heures conformément au plan, notant que le corps d'Al-Qurashi a été identifié sur le site de l'opération sur la base de son empreinte digitale et d'une analyse ADN ultérieure.

    De son côté, le président Biden a déclaré dans une allocution télévisée : "Alors que nos soldats avançaient pour l'arrêter, le terroriste, dans un dernier acte désespéré de lâcheté, et sans aucun égard pour la vie de sa famille ou d'autres personnes dans l'immeuble, a choisi de se faire exploser... au lieu de faire face à la justice pour les crimes qu'il a commis".

    Au cours de l'opération, l'armée américaine a perdu un de ses hélicoptères, qui a été détruit au sol lorsqu'il a été contraint d'atterrir en raison d'un problème mécanique. Le Pentagone a confirmé la perte de l'hélicoptère pendant l'opération. Il affirme qu'il n'a pas été abattu et ne s'est pas écrasé lors de l'atterrissage. Rappelons qu'une situation similaire s'était produite en 2011 lors de l'opération d'élimination d'Oussama ben Laden au Pakistan, lorsque les Américains ont été contraints de faire sauter un hélicoptère endommagé lors de l'atterrissage.

    Le département américain de la Défense affirme qu'il n'y a eu aucune victime parmi le personnel militaire américain.

    Renseignements irakiens et coordination avec la Russie
    Le porte-parole du commandant en chef des forces armées irakiennes, le général de division Yahya Rasoul al-Khamis, a déclaré que les services de renseignement irakiens avaient fourni à la coalition des informations précises qui ont conduit à la localisation d'al-Qurashi.

    Un responsable du département américain de la Défense a ajouté que le Pentagone avait précédemment informé les forces russes de l'intention de lancer une opération spéciale dans le nord-ouest de la Syrie pour éliminer al-Qurashi.

    CNN a cité un responsable du Pentagone disant que les États-Unis s'étaient coordonnés avec la partie russe, selon le mécanisme de désengagement, pour prévenir les incidents entre les deux parties dans l'espace aérien au-dessus de la zone de l'opération.

    Selon le responsable du Pentagone, les États-Unis ont informé la Russie qu'ils seraient actifs dans une vaste zone du nord-ouest de la Syrie pendant une certaine période et ont déclaré que les forces russes devraient rester à l'écart de la zone.

    Les États-Unis et la Russie ont précédemment confirmé à plusieurs reprises qu'ils continueraient à faire fonctionner le "mécanisme de désengagement" tout en menant des opérations sur le territoire syrien.

    Mohamad Zidan, alias Abu Sateef Soran.pngUn commandant de Hayat Tahrir ash-sham tué par les Américains
    Un chef de la sécurité de Hay'at Tahrir al-Sham (HTS), affilié à Al-Qaïda, le dirigeant de facto de la région  du Grand Edleb, dans le nord ouest syrien, a été tué lors du raid américain du 3 février qui s'est terminé par la mort du chef de l'Etat islamique. 

    Le commandant, Abu Sateef Soran (photo ci-contre), a été abattu par les forces spéciales américaines après s'être approché du site du raid près de la ville d'Atmeh, située à la frontière avec la Turquie, avec son supérieur Abu Imad al-Halabi qui n'a été que blessé.

    Abu Sateed, qui est responsable des renseignements sécuritaires dans les camps de réfugiés près d'Atmeh, n'avait pas engagé les forces spéciales américaines. Il s'était seulement approché du site du raid pour comprendre ce qui se passait.

    Le groupe jihadiste aurait pu engager les forces américaines car il possède des canons anti-aériens lourds et des MANPAD [systèmes de défense aérienne portables]. Mais il n'a pas tenté de tirer sur les hélicoptères militaires américains qui étaient en appui du raid.

    La manque de réaction du groupe jihadiste Hayat Tahrir ash Sham (HTS) au raid meurtrier a provoqué une vive réaction de la part des islamistes dans le Grand Edleb. Certains ont même mis en doute la loyauté des dirigeants du HTS et les ont accusés d'avoir aidé et facilité le raid et d'autres opérations militaires américaines dans le Grand Edleb.

    Abu Sateef est le premier membre du HTS à être tué par les forces américaines en plus de trois ans. En fait, toutes les opérations américaines récentes dans le Grand Edleb visaient les ennemis de HTS. Les États-Unis ont interrompu leurs opérations contre HTS à peu près au même moment où les médias grand public ont lancé une campagne pour blanchir le groupe terroriste et son chef Abu Mohamad al-Julani.

    Rappelons que HTS a été créé en 2012 en tant que branche principale de l'Etat islamique Irak et en Syrie (ISIS). À l'époque, il était connu sous le nom de Front al-Nusra.

     

     

  • Syrie : L'armée de l'air russe frappe le Grand Edleb quelques heures après le raid américain qui a tué le leader de Daech

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    Jeudi 3 février 2022, des avions de combat des forces aérospatiales russes ont effectué une série de frappes aériennes sur la région syrienne du Grand Edleb.

    Des cibles non identifiées situées près des villes de Kafer Shalaya et al-Rami dans le sud de la province d'Edleb ont été touchées. Cette zone est connue pour être un bastion du groupe jihadiste Hay'at Tahrir ash-Sham (HTS), anciennement affilié à Al-Qaïda.

    Les frappes aériennes russes ont eu lieu moins de 12 heures après un raid antiterroriste américain qui s'est soldé par la mort du leader de l'Etat islamique Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurayshi.

    Les frappes aériennes ne sont probablement pas liées au raid américain, mais plutôt une réponse aux récentes violations du cessez-le-feu par Hayat Tahrir ash-Sham et ses alliés.

    Depuis que le HTS le contrôle, le Grand Edleb est devenu le plus grand refuge de jihadistes au Moyen-Orient. 

    Alors que les frappes russes et syriennes régulières ont permis de contrôler le HTS et ses alliés, une approche globale pour sécuriser et stabiliser le Grand Idlib reste nécessaire.

  • Syrie : Le jihadiste "français" Omar Omsen libéré par le groupe Hayat Tahrir ash-Sham qui le détenait depuis 2020

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    Oumar Diaby.jpegLe jihadiste "français" Oumar Diaby, alias Omar Omsen (photo ci-contre), soupçonné d'avoir convaincu de nombreux Français de rejoindre la Syrie, a été libéré par le groupe jihadiste Hayat Tahrir ash-Sham qui le détenait depuis un an et demi, a appris l'AFP mercredi 2 février 2022 de sources concordantes. Son fils Bilal a également été libéré.

    Oumar Diaby était depuis août 2020 aux mains du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS).

    "J'ai eu son fils, il a bien été libéré", a indiqué à l'AFP Jean-Charles Brisard, directeur du Centre d'analyse du terrorisme (CAT) à Paris. "HTS a dû poser des conditions à sa libération mais ne souhaite pas les faire savoir", a-t-il ajouté, indiquant ne pas avoir d'informations à ce stade sur les raisons de sa libération.

    La société privée américaine Site, spécialisée dans la surveillance des sites jihadistes, indique de son côté que cette libération a été annoncée par le média militant On the Ground News (OGN), qui travaille en Syrie dans les zones jihadistes.

    Ancien délinquant fbi-national ranco-sénégalais devenu prêcheur notamment via internet, Diaby travaillait en 2012 dans un snack hallal à Nice avant de rejoindre la Syrie en 2013 où il a pris la tête d'une brigade jihadiste composée de Français, pour la plupart originaires comme lui de la région niçoise. Il se trouve actuellement dans la région d'Edleb, une des dernières poches échappant au contrôle de Damas.

    Auteur de vidéos de propagande, il s'était auto-proclamé imam. En septembre 2016, les Etats-Unis l'avaient qualifié de "terroriste international". Donné pour mort, il était réapparu dans un tournage diffusé par France 2 en 2016. S'il n'est pas directement soupçonné d'avoir organisé des attentats, Omar Omsen avait approuvé l'attaque contre le journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015 à Paris. "Ceux qui ont insulté le prophète ont été exécutés. Il fallait faire ce que les frères Kouachi ont fait. J'aurais voulu être choisi pour faire cela", avait-il déclaré à France 2. Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la justice française.

    Le communiqué annonçant son arrestation en 2020 avait évoqué un différend avec le Parti islamique du Turkestan (TIP), un groupe jihadiste rival dont les membres appartiennent majoritairement à la minorité musulmane ouïghoure de Chine.

  • Syrie : Les avions de guerre russes pilonnent en continu les positions des rebelles dans le Grand Edleb

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    Jeudi 30 décembre 2021 dans l'après-midi, une nouvelle vague de frappes aériennes russes a frappé la région nord-ouest syrienne du Grand Edleb où plusieurs groupes rebelles d'obédience islamique sont actifs.

    Au moins quatre frappes aériennes ont touché la périphérie de la ville de Sheikh Bahir, dans la campagne nord d'Edleb. Les cibles étaient probablement les positions du groupe Hay'at Tahrir al-Sham (HTS), l'ancien affilié d'al-Qaïda en Syrie, qui contrôle de facto le Grand Edleb.

    Au cours des frappes aériennes, des militants de HTS et des militants alliés ont tenté en vain d'abattre des avions de guerre russes à l'aide de mitrailleuses lourdes. 

    Dans la matinée du jeudi, cinq frappes aériennes russes avaient visé la périphérie des villes de Barisha, Kafr Aruq et Maaret Mesrin au nord et est de la province d'Edleb. Trois autres frappes aériennes ont touché le mont Cheikh Baraka près de la ville de Darat Azza, à l'ouest de la province d'Alep.

    Les forces aérospatiales russes ont intensifié leurs opérations contre HTS et ses alliés cette semaine en réponse aux violations répétées du cessez-le-feu dans le Grand Edleb.

    Le cessez-le-feu, négocié par la Russie et la Turquie il y a plus d'un an, tient à peine. La situation dans le Grand Edleb devrait continuer de se dégrader l'année prochaine.