Hassaké

  • Syrie : La coalition anti-Daech installe une base militaire le long de la frontière turco-syrienne

    Imprimer

    La coalition anti-Daech dirigée par les États-Unis doit établir une nouvelle base militaire le long de la frontière turco-syrienne pour empêcher les jihadistes de s'échapper de Syrie.

    La base sera située dans la région d'Ain Dewar, dans la province de Hasakeh, au nord-est de la Syrie.

    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a confirmé l'arrivée d'un convoi de la coalition, avec plus de 50 véhicules et camions, dans ce secteur, la semaine dernière.

    Le convoi militaire, transportant des véhicules blindés, du matériel logistique et des armes, aurait été vu traverser le nord-est de la Syrie depuis la zone gouvernée par le gouvernement régional du Kurdistan dans le nord de l'Irak.

    La coopération locale potentielle avec les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), qui compte une majorité de miliciens kurdes, dans la lutte contre Daech devrait susciter la colère d'Ankara, car elle accuse les FDS d'être liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Les États-Unis ont annoncé la formation d'une large coalition internationale pour vaincre Daech en septembre 2014, et la Turquie a commencé à participer à la coalition l'année suivante en ouvrant sa base aérienne d'Incirlik au sud aux forces de la coalition.

    Nicholas Heras, directeur des relations gouvernementales à l'Institut pour l'étude de la guerre basé à Washington, a déclaré que l'emplacement d'une nouvelle base à Ain Dewar est une décision logique qui confirme l'intention des Etats Unis d'avoir une présence à long terme dans le nord-est de la Syrie.

    "La base serait située près du point d'entrée le plus important dans le nord-est de la Syrie depuis la région du Kurdistan d'Irak, où la plupart des voies terrestres de ravitaillement et de renfort entrent en Syrie pour mener la lutte contre l'Etat islamique, a-t'il déclaré. 

    Heras a ajouté que les Américains pourraient également déployer des moyens aériens, tels que des drones, à partir de cette base,  utiles pour la reconnaissance et pour cibler les principaux dirigeants restants de Daech.

    «Cependant, Ain Dewar est une base d'opérations avancée, ce ne sera pas une base de la taille d'Incirlik», a-t-il ajouté.

    «Incirlik est une installation majeure qui a joué un rôle important dans la planification de l'OTAN pendant plus d'un demi-siècle. Le but d'Incirlik est stratégique: soutenir les opérations de l'OTAN contre une grande puissance rivale, en particulier la Russie.

    La base d'Ain Dewar est destinée à soutenir une campagne spécifique sur un théâtre spécifique, une campagne de contre-terrorisme dans le nord-est de la Syrie contre Daech.

    La base d'Ain Dewar sera en relation avec la base de l'aéroport d'Erbil plutôt que celle d'Incirlik.

    Pour Navvar Saban, analyste militaire du Centre d'études stratégiques d'Omran basé à Istanbul,  la nouvelle base était nécessaire pour la stratégie américaine dans la région.

    «Suite au retrait de plusieurs troupes américaines, la présence américaine était remise en question par les milices pro-iraniennes et Daech qui multipliaient leurs attaques. Par conséquent, c'était nécessaire pour protéger la zone des attaques des groupes terroristes »

  • Syrie : Tensions dans le nord-est

    Imprimer

    Pendant des jours, les régions du nord-est de la Syrie et, en particulier, les villes de Hasakeh, Qamishli et al-Shahba, ont été témoins de tensions impliquant des groupes affiliés au gouvernement de Damas et les  Forces démocratiques syriennes (FDS), majoritairement kurdes. .

    Depuis le 31 janvier, de violentes manifestations ont éclaté dans la ville syrienne de Hasakeh, au cours desquelles un partisan de Bachar al-Assad, a été tué, tandis que 3 autres personnes étaient blessées. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance multi-ethnique et multi-religieuse, composée de majoritairement de Kurdes, mais aussi d'Arabes, de Turkmènes, d'Arméniens et de Tchétchènes, sont accusées d'avoir tiré sur la foule de manifestants.

    Comme le souligne le journal al-Arabiya, Hasakeh, une ville située près de la frontière avec la Turquie, continue d'être au centre d'un "siège mutuel" entre les forces d'Assad et les FDS. En fait, le gouvernement de Damas détient le contrôle d'une partie de la ville, y compris le centre et certains bâtiments gouvernementaux, tandis que  le reste de la ville est placé sous le contrôle de l'administration autonome du nord et de l'est de la Syrie. Cette dernière constitue une région autonome de facto, non reconnue par Damas, et considérée par les kurdes comme l'une des quatre parties du Kurdistan. Selon al-Arabiya,  l'administration autonome kurde accuse le régime d'essayer de créer une discorde entre Arabes et Kurdes à Hasakeh et Qamishli.

    Depuis 22 jours, les forces de sécurité intérieure kurdes (Asayish) assiègent les zones d'influence du régime à Hasakeh et Qamishli, bien qu'elles prétendent ne pas impliquer les civils dans ce blocus. De leur côté, les forces pro-gouvernementales assiègent plusieurs villes et villages contrôlés par les FDS dans la banlieue nord d'Alep, dans ce qu'on appelle la zone d'al-Shahba, où la quatrième division et les postes de contrôle militaires de Damas empêchent l'entrée de farine, carburant et médicaments, imposant d'énormes redevances à ceux qui souhaitaient y entrer.

    La province de Hasakeh a une importance stratégique, car elle est considérée comme le principal «grenier alimentaire» de la Syrie. Elle fournit des cultures agricoles définies comme stratégiques, telles que le coton, le blé, l'orge et les lentilles. La richesse de la région est également associée à la présence de champs pétrolifères, qui satisfont une grande partie des besoins syriens. Il s'agit notamment des champs d'al-Jabsa et de Rumailan, qui comprennent environ 1 322 puits, et une usine de production de gaz qui, avant la révolution de 2011, satisfaisait les besoins de la population syrienne. Malgré la présence d'un grand nombre de Kurdes syriens dans la province, ce sont les Arabes qui constituent la majorité de la population, tandis qu'une minorité de Syriaques habite plusieurs zones rurales, dont Tell Tamr.

    Bien que les forces d'Assad et les FDS vivent apparemment en paix depuis des années, Damas accuse les forces kurdes de continuer à "imposer un siège étouffant" et d'empêcher l'entrée de machines et de fournitures dans les régions du nord du pays. Les FDS, en revanche, accusent le régime d'avoir assiégé plusieurs zones à majorité kurde dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, et d'imposer des procédures et des tarifs pour l'entrée des marchandises. Pourtant, ce sont précisément ces groupes kurdes qui ont demandé l'aide d'Assad lorsque, le 9 octobre 2019, Ankara avait lancé l'opération «Source de la paix», visant à retirer les forces kurdes de la «zone de sécurité» à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

    Les États-Unis s'inscrivent également dans ce contexte, considérant les SDF comme un allié important dans la lutte contre l'Etat islamique. À cet égard, selon ce qui a été rapporté par des sources syriennes, au cours des dernières semaines, Washington a envoyé du matériel militaire et du matériel logistique dans la région de Yaroubia, dans la banlieue est de Hasakeh. En outre, 10 véhicules de transport de troupes ont été transférés à Al-Malikiyah, une ville également située à la périphérie de Hasakeh, près de la frontière avec la Turquie, où une mobilisation militaire croissante est surveillée, probablement par crainte d'une nouvelle opération militaire d'Ankara. Pour Damas, la présence des forces américaines en Syrie est «illégale».

    Parallèlement, le 1er février, le quotidien al-Araby al-Jadeed a rapporté qu'un avion-cargo russe avait atterri à l'aéroport de Qamishli, à la périphérie de Hasakeh, transportant 75 mercenaires de la société russe "Wagner" soutenue par Moscou, cela, dans un contexte de tension croissante entre Damas et l'administration autonome kurde. Selon des sources locales, les mercenaires ont ensuite été transférés vers la base aérienne russe de Khmeimim.

    Selon les dernières données de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 113 civils ont été tués en janvier. Parmi les victimes, il y a 36 enfants et 6 femmes.

  • Syrie : Les Forces Démocratiques Syriennes repoussent une attaque turque sur l'autoroute M-4 dans le nord-est

    Imprimer

    Dans la soirée du 30 janvier, les Forces démocratiques syriennes (FDS)s, une coalition de groupes armés majoritairement kurdes et aidés par les Etats-Unis,  ont repoussé une attaque des forces turques sur l'autoroute M4 dans le nord-est de la Syrie.

    Des militants soutenus par la Turquie ont tenté d'infiltrer les lignes de défense des FDS à l'ouest d'Ain Issa, dans le nord de Raqqa, pour atteindre l'autoroute. Le plan des rebelles pro-turcs était apparemment de bloquer la circulation sur l'autoroute. Cependant, les miliciens pro-turcs se sont heurtés aux  combattants des FDS, qui ont repoussé l'infiltration après de violents affrontements.

    L'autoroute M4 relie Hassakeh à Raqqa et à la partie nord-est d'Alep. Plusieurs unités de la police militaire russe protègent les voyageurs civils le long de l'autoroute.

    Par ailleurs, l'agence de presse Hawar a rapporté que l'armée turque était en train de construire son troisième poste dans la banlieue d'Ain Issa.

    Le nouveau poste est en cours de construction près du village d'al-Misherfah, à 1 km au nord de la M4 et à 3 km au nord-est d'Ain Issa. Plus tôt ce mois-ci, les forces turques avaient construit un poste d'observation au même endroit.

    Les forces turques ont des yeux sur Ain Issa depuis plusieurs mois maintenant. L'emplacement de la ville sur la M4 et sa proximité avec le centre-ville de Raqqa en font l'un des centres urbains les plus importants du nord-est.

    La présence des forces gouvernementales russes et syriennes empêche cependant les forces turques de lancer une vaste attaque pour s'emparer d'Ain Issa. 

  • Syrie : Mutinerie de prisonniers jihadistes dans une prison des Forces Démocratiques Syriennes

    Imprimer

    Samedi 30 janvier, une mutinerie de prisonniers jihadistes a éclaté dans une importante prison gérée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans la ville de Shadadi, dans le sud de Hassakeh.

    La prison, connue sous le nom de Cam al-Bulgar, est située à l'est de Shadadi. La prison accueille au moins 5 000 détenus, dont beaucoup sont des membres étrangers de l'Etat islamique.

    Un porte-parole du Conseil des tribus et des clans syriens, Cheikh Mudar al-Asaad, a déclaré au média pro-opposition Enab Baladi que les prisonniers avaient déclenché la mutinerie en réponse aux mauvaises conditions de vie dans la prison, notamment le manque de chauffage et une pénurie de nourriture. et d'eau.

    «Les prisonniers ressentent du ressentiment à cause des longues années de détention sans tribunaux et parce que plusieurs d'entre eux sont maintenus en prison malgré leur acquittement», a déclaré le cheikh.

    Al-Assad a poursuivi en affirmant que plusieurs prisonniers avaient été récemment exécutés par les FDS. Le groupe soutenu par les États-Unis a pourtant avoir affirmé qu'il avait aboli la peine capitale.

    Actuellement, les forces de sécurité des FDS, les Asayish, s'emploient à mater la mutinerie à Cam al-Bulgar avec le soutien de la coalition dirigée par les États-Unis. Des hélicoptères d'attaque de la coalition ont été repérés survolant la prison.

    La coalition dirigée par les États-Unis maintient une base au sud de Shadadi, à quelques kilomètres à l'ouest de la prison de Cam al-Bulgar. Plusieurs hélicoptères d'attaque y sont déployés.

     

  • Syrie : Bombardement turc d'une base russe à Hasakeh

    Imprimer

    L'artillerie turque a violemment bombardé une base russe dans le nord de la Syrie, causant d'importants dommages matériels. Les forces turques ont également frappé une centrale électrique près d'Ain Issa, coupant le courant de la ville et de sa périphérie.
     
    La chaîne Emirati Sky News a indiqué que le bombardement avait visé une base à proximité de la localité de Tal Tamr, près d'Aïn Issa, dans le nord de la Syrie, tandis que les avions de combat russes effectuaient de nombreux vols.
     
    A noter que l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a bien rapporté le bombardement turc sans toutefois indiqué que la base russe avait été prise pour cible. Selon les militants de l'opposition syrienne et les médias kurdes les forces turques et les factions rebelles syriennes pro-truques ont seulement pris pour cible la localité Tal Tamr au nord-ouest de la province de Hasakeh.
     
    La chaîne kurde "Hawar" a indiqué que l'armée turque avait pris pour cible les villages situés sur la route entre les sous-districts de Tel Tamr et de Zerkan, ajoutant que les bombardements les plus violents avaient affecté les villages de Dardara et Fakkah.

    Selon des sources du Conseil militaire syriaque (Mawtbo Fulḥoyo Suryoyo, MFS) stationné sur la ligne de front au nord de Tel Tamr, les forces turques bombardent le village de Dardara depuis mardi soir, forçant les civils à fuir vers les villages voisins.
     
    La source ajoute que les MFS ont rapidement répondu à l'attaque et ont réussi à empêcher l'Armée Nationale Syrienne (pro-turque) d'avancer dans le secteur.
     
    Le bombardement turc s'est étendu à la route entre Abu Rasayn (Zarkan) et Timar (Umm al-Keif). Aucune victime n'a été signalée.

    L'OSDH a confirmé que les frappes intensives de missiles frappaient les positions des Forces Démocratiques Syriennes, une coalition de groupes armés dominée par les Kurdes, dans le secteur de Tal Tamer et que ces bombardements se poursuivaient. C’est au cours d’un de ces tirs que l'un des obus a atterri près d'une base de l'armée russe dans le secteur de Mabaqer. Les hélicoptères russes ont aussitôt survolé le site.
     
    Cette nouvelle a coïncidé avec l'annonce du ministère turc de la Défense, mercredi 6 janvier, que ses forces avaient neutralisé sept combattants kurdes dans le nord de la Syrie. Des informations ont également fait état de l'expansion de la zone de bombardement turque dans le nord de la province de Hasakeh.
     
    Le ministère a déclaré dans un communiqué que les sept militants appartenant à "l'organisation PKK  (Parti des travailleurs du Kurdistan) et au YPG (Unités de protection du peuple" kurdes) avaient tenté d'infiltrer la zone de protection installée par l’armée turque dans le cadre de son opération "Source de paix", ajoutant que les soldats turcs avaient réussi à les neutraliser avant qu’ils atteignent leur objectif.










  • Syrie : Nouvelle offensive turque contre les Kurdes

    Imprimer

    L'armée turque a repris son offensive contre les positions des unités d'autodéfense kurdes (YPG) dans la province de Hasakeh au nord de la Syrie. Le ministère turc de la Défense rapporte 14 militants kurdes "neutralisés".

    L'agence de presse syrienne SANA rapporte que l'armée turque et ses "mercenaires terroristes" se sont emparés de terres agricoles dans la zone de la ville de Ras al-Ain dans la province de Hasakeh. La ville, habitée principalement par des Kurdes, est également connue sous le nom kurde de Serekaniye et est située à proximité de la frontière turque.

    Le 13 novembre, deux soldats turcs avaient été tués près de la ville d'al-Tamr dans la province de Hasakeh. Selon des informations en provenance de Syrie, ils ont été tués par l'explosion d'une mine placée sous la route.

    A noter que l'intensification des hostilités initiée par les Turcs en Syrie coïncide dans le temps avec la réalisation d'un armistice au Haut-Karabakh. La Turquie a activement soutenu l'Azerbaïdjan dans son offensive contre l'Arménie.

  • Syrie: L'armée américaine est intervenue pour contrer une tentative d'expansion de l'armée russe

    Imprimer

    Un groupe de manifestants a empêché un détachement de l'armée russe d'installer un poste militaire dans la province de Hassaké, dans le nord-est du pays. L'épisode, survenu le 11 octobre, a provoqué l'intervention des forces américaines dans le secteur où les soldats de Moscou tentaient de se déployer.

    Un militant local, Ahmed Al-Khalil, a déclaré au journal Al-Araby Al-Jadeed que les habitants du village d'Ain Dewar, situé dans la zone rurale d'Al-Malikiyah, une ville située à la frontière entre la Syrie et la Turquie, après avoir intercepté le convoi russe composé de 11 véhicules militaires, ont obstrué les accès à la zone où l'armée russe avait l'intention d'établir un nouveau poste militaire. Un hélicoptère russe, volant à basse altitude, a survolé le convoi, probablement dans l'intentin de faire céder les civils. Les militaires russes ont tenté de convaincre les habitants d'Aïn Dewar en leur assurant qu'ils ne resteraient dans la zone que pendant une période de deux semaines pour former les forces locales. Cependant, la population d'Ain Dewar n'a pas accepté l'entrée du convoi russe qui, grâce également à l'intervention des forces américaines, a été contraint de se retirer.

    Selon al-Araby al-Jadeed, des avions américains sont intervenus pour pourchasser les hélicoptères russes alors qu'ils survolaient Hassaké, tandis que les soldats américains fermaient les voies d'accès pour empêcher les patrouilles de l'armée russe de tenter de rentrer dans la zone. Ni le ministère russe de la Défense ni les forces de Moscou stationnées sur la base de Hmeimim n'ont commenté l'incident.

    Selon le journal Asharq al-Awsat, ce qui s'est passé le 11 octobre fait partie des frictions entre la Russie et les États-Unis, tous deux souhaitant établir une présence militaire dans les régions à l'est de l'Euphrate. Cependant, il apparaît que la population civile est de plus en plus opposée à la présence de l'armée russe dans le nord-est de la Syrie. Les forces américaines, même dans le passé, ont intercepté et entravé à plusieurs reprises les patrouilles russes à Qamishli ou d'autres régions à l'ouest de la province de Hassaké. Moscou, pour sa part, se base sur ses accords avec la Turquie, pour renforcer sa présence militaire autour des zones appartenant aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), près des frontières turco-syriennes, provoquant une réaction des forces américaines.

    Dans ce contexte, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait précédemment mis en garde contre le comportement de Washington et l'approche adoptée à l'égard des Kurdes syriens, qualifiée de dangereuse, ou de « catastrophique» pour toute la région. Il a accusé les forces américaines de favoriser les tendances séparatistes des kurdes, les incitant à s’opposer au gouvernement syrien et empêchant ainsi l'ouverture de canaux de dialogue avec Damas. Par conséquent, selon Lavrov, les actions des États-Unis pourraient conduire à une situation "explosive", ainsi qu'à un chaos généralisé, qui pourrait avoir des répercussions dans les pays voisins.

    Parallèlement, on assiste également à un renforcement de la présence de l’armée américaine dans le nord-est de la Syrie. Des sources locales ont déclaré qu’un convoi militaire américain, composé d’environ 25 véhicules, était entré dans la ville de Tal Kujer par le poste frontière d’al-Walid ces derniers jours. Les médias moscovites accusent les Etats Unis de « voler » le pétrole syrien de la région. Ainsi, le 10 octobre, un convoi de 20 camions citernes a été observé quittant la province de Hassaké pour se diriger vers les territoires irakiens. Des sources russes ont également observé 54 chars américains sur la route M4 entre Qamishli et Hassaké, dans le nord-est de la Syrie.

    Les accusations russes sont reprises par Damas qui accuse Washington de voler les ressources pétrolières syriennes et de maintenir à cet effet 500 membres des forces spéciales américaines dans la région contrôlée par les kurdes des Forces Démocratiques Syriennes.

    Depuis leur formation le 10 octobre 2015, les Forces Démocratiques Syrienns (FDS) ont joué un rôle fondamental dans la lutte contre l'État islamique en Syrie, contribuant à la libération progressive des bastions occupés par les jihadistes. Leurs opérations militaires ont été largement soutenues par les États-Unis, qui fournissaient des armes et une couverture aérienne. En octobre 2019, Washington avait annoncé qu'il retirerait la plupart de ses troupes du nord-ouest de la Syrie, tout en laissant un «petit nombre» pour protéger les champs pétrolifères.

    Le conflit syrien a commencé le 15 mars 2011 et se poursuit toujours. Les forces du régime, affiliées au président syrien, Bashar al-Assad affrontent les groupes rebelles, qui souhaitent renverser le gouvernement. Les combats actuels sont principalement concentrés dans la province d’Edleb, le dernier bastion encore contrôlé par des groupes d'opposition, où un cessez-le-feu conclu entre la Russie et la Turquie le 5 mars 2020 est actuellement en vigueur. Mais ce cessez-le-feu reste très fragile et on s’attend à une reprise des affrontements à grande échelle.

    La Russie est intervenue dans le conflit le 30 septembre 2015, bombardant les régions de Homs et Hama, alors contrôlées par la rébellion. Selon certaines sources, Ankara et Moscou ont décidé de préserver le statu quo actuel à Edleb et à Hassaké. Selon certains observateurs, la Russie cherche à empêcher une nouvelle offensive turque contre les Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes et autres groupes armés kurde, afin d'éviter une plus grande intervention de Washington qui les soutient.