Haqqani Khalil

  • Afghanistan : Au moins douze morts dans une explosion près d'une mosquée à Kaboul

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    Une explosion, la première depuis plus d'un mois à Kaboul, a fait au moins douze morts et 32 blessés dimanche après-midi près de la mosquée Id Gah, où se tenait une prière en mémoire de la mère d'un haut responsable taliban, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

    "Selon nos premières informations, deux civils (12 selon un dernier bilan) ont été tués et trois (32 selon un dernier bilan) ont été blessés dans l'explosion", a déclaré à l'AFP Qari Sayed Khosti, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

    Ahmadullah, un commerçant dont la boutique est situé à proximité de la mosquée, a indiqué à l'AFP avoir "entendu le bruit d'une explosion suivi de coups de feu". "Juste avant l'explosion, les talibans venaient de barrer la route en prévision d'une prière pour la mère de Zabihullah Mujahid à la mosquée", a ajouté ce témoin. M. Mujahid, porte-parole du gouvernement taliban et figure du mouvement, avait la veille largement relayé sur les réseaux sociaux le lieu et l'heure de la cérémonie.

    La dernière attaque mortelle à Kaboul, remonte au 26 août: 72 personnes avaient été tuées et plus de 150 blessées dans un attentat perpétré à l'aéroport, revendiqué par le groupe Etat islamique (EI). Sous le nom EI-K (Etat islamique-Khorasan), l'Etat islamique a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan et voue une haine tenace et réciproque aux talibans.

    Rallye de victoire
    Plus tôt dans la journée, les talibans avaient organisé un premier grand rallye de la victoire dans la capitale, sur un terrain situé dans un faubourg de Kaboul. A l'extérieur, des dizaines de gardes lourdement armés encadraient le rassemblement, tandis qu'arrivaient en pick-up les combattants talibans, accueillis sur leur passage par des banderoles en hommage au martyr, a constaté un journaliste de l'AFP.

    "L'Amérique vaincue. Impossible. Impossible. Mais possible!", claironnait l'un des chants diffusés pour les accueillir dans une rare manifestation de musique, théoriquement prohibée par le mouvement islamiste.

    Environ 1.500 sympathisants du mouvement, uniquement des hommes ou des garçons, désarmés pour la majorité, avaient pris place pour écouter près de quatre heures de discours. "C'est le jour que nous attendions", a déclaré à la tribune Khalil Haqqani, le nouveau ministre des Réfugiés qui en 2011 avait été placé par les États-Unis sur la liste des terroristes recherchés, avec une prime de 5 millions de dollars. Il est un éminent dirigeant du réseau de combattants taliban dit Haqqani fondé par son frère Jalaluddin. "Nous avons atteint notre objectif, mais cela nécessite une protection", a-t-il déclaré lors de ce rassemblement qui s'est tenu dans la commune de Kohdaman. Son fusil appuyé contre le pupitre, il a assuré un "avenir radieux" pour le pays malgré la réprobation quasi unanime de la communauté internationale. "Mon conseil au monde est qu'ils laissent l'Afghanistan à l'Afghanistan", a-t-il conclu.

    'Avenir de l'Afghanistan'
    Sept semaines après la prise de pouvoir éclair des combattants islamistes, "l'Emirat islamique", le nouveau régime décrété par les talibans, lutte pour asseoir sa légitimité auprès de la population, comme du reste des nations.

    En face de ces démonstrations de force orchestrées par les talibans, l'opposition civile aux talibans est devenue impossible en Afghanistan où les manifestations sont interdites et celles de femmes, violemment réprimées.

    Aucun pays n'a pour le moment reconnu le nouveau régime, même si le Pakistan, la Chine ou encore le Qatar ont pu montrer quelques signes d'ouverture. Alors que les évacuations se font désormais au compte-goutte, un cinquième vol affrété par le Qatar, avec à son bord 235 personnes a ainsi pu quitter Kaboul dimanche, a annoncé le gouvernement qatari dans un communiqué. Doha, qui a joué un rôle diplomatique de premier plan dans les affaires afghanes ces dernières années s'est aussi dit "entièrement engagé pour l'avenir de l'Afghanistan et les efforts pour une amélioration significative de la situation dans le pays".

  • Afghanistan : Les talibans annoncent un nouveau gouvernement

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    Finalement, après 24 jours de délibération, les talibans ont annoncé leur gouvernement intérimaire composé de 33 membres. Le gouvernement est entièrement composé de talibans et de Pachtounes. Pas de femmes. Pas de technocrates. 

    Le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid a annoncé la composition du nouveau gouvernement afghan :
    - Le premier ministre par intérim de l'Afghanistan est le mollah Mohammad Hasan Akhundzada.
    - Le premier adjoint du nouveau chef du Cabinet des ministres est le mollah Abdul Ghani Baradar.
    - Le premier adjoint du nouveau chef du Cabinet des ministres est le mollah Abdul Salam Hanafi.
    - Le ministre de la Défense est Muhammad Yakub Mujahid le fils de Mollah Omar, le fondateur des talibans.
    - Vice-ministre de la défense : Mohammad Fazl
    - Le ministre du Renseignement est membre de l'aile politique des talibans, le mollah Abdul Haq Wasik.
    - Le chef du ministère de l'Intérieur est le fils du fondateur du « Réseau Haqqani » Sirajuddin Haqqani.
    - Le Ministre des Affaires étrangères - Mollah Amir Khan Mottaki.
    - Le Ministre de l'Éducation - Cheikh Mawlavi Nurullah Munir.
    - Le Ministre de la Culture et de l'Information - Zabihullah Mujahid.
    - Le Ministre de l'Economie - Mohammad Hanif.
    - Le ministre des finances : Mollah Hidayatullah Badri.
    - Le ministre par intérim des frontières et des affaires tribales : Noorullah Noori
    - Eau et électricité : Mollah Abdul Latif Mansoor
    - Télécoms : Najibullah Haqqani
    - Réfugiés : Khalil-ur-Rehman Haqqani
    - Le chef de la Banque centrale est le mollah Mohammad Idris.

    Le gouvernement promulgué par les talibans comprend des représentants des deux principales tribus pachtounes - les Durrani et les Ghilzai. Il n'y a pas de représentants d'autres ethnies et peuples dans le nouveau gouvernement.

    Le nouveau ministre de l'Intérieur, Haqqani, fait partie des terroristes les plus recherchés au monde par les États-Unis avec une récompense pouvant atteindre 5 millions de dollars. Il est recherché par le FBI pour son implication dans une attaque contre un hôtel en janvier 2008 qui a tué un citoyen américain. Il est également connu pour entretenir des liens étroits avec Al-Qaeda.
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    A noter également que 4 des 5 ex-détenus de Guantanamo échangés contre Bowe Bergdahl en 2014 occupent des postes de direction dans l'émirat islamique d'Afghanistan.

  • Afghanistan : Combats dans le Panjshir - l'annonce du gouvernement taliban encore différée

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    Les talibans ont à nouveau différé, samedi 4 septembre 2021,  l'annonce de leur gouvernement dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panjshir.

    Querelles entre leaders talibans
    La situation dans le Panchir, l'un des derniers foyers d'opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi. 

    Mais ce n'est pas la principale raison pour expliquer le retard. Le bruit court qu'il y a eu un affrontement violent entre les éléments du groupe de Khalil Haqqani et Ghani Baradar au sujet de la direction du futur gouvernement.
    Des sources fiables rapportent une forte opposition entre Durrani et Ghilji. Le réseau Haqqani, dirigé par Anas Haqqani et Khalil Haqqani à Kaboul, et les mollah Baradar et Mullah Yaqub à Kandahar, se sont affrontés pour savoir qui dirigera le nouveau gouvernement. Aucun progrès n'a été fait jusqu'à présent.

    Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d'accès, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi  de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

    A Kaboul vendredi soir, des rafales ont été tirées pour célébrer une victoire talibane dans le Panjshir que des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, disaient acquise. Mais les talibans n'ont fait aucune annonce officielle et un habitant du Panchir a affirmé à l'AFP par téléphone que ces annonces étaient fausses.

    "La résistance continue" 
    Réfugié dans la vallée du Panjshir, l'ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une "situation très difficile" dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la "résistance continu(ait et continue(rait". Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans ont "choisi le chemin de la guerre".

    Les affrontements sont particulièrement violents dans les secteurs de khawak et Shutul où les Talibans ont réussi à progresser. A Khawak, les talibans ont répété les erreurs de l'armée nationale afghane qu'ils avaient mise en déroute. Jouant avec leurs nouveaux joujoux, les fabuleux équipements militaires qu'ils ont capturés à l'armée afghane, ils ont voulu les utiliser sans vraiment savoir comment s'y prendre, loin de leurs habitudes de combattants en sandales. A plusieurs occasions, ils se sont enfermés dans leurs Humvee sans sortir, offrant une cible facile à la résistance sur des routes de montagne à peine praticables. Les combattants de la résistance les ont pilonnés, leur ordonnant de se rendre sinon ils allaient mourrir. Les talibans pris au piège ne pouvaient pas compter sur des renforts, eux-mêmes accrochés par les forces de la résistance.

    Au-delà des questions sécuritaires, qu'elles soient liées à la vallée du Panjshir ou à la menace de la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique, l'urgence pour le nouveau régime sera avant tout économique. Ravagée par quatre décennies de conflit, l'économie afghane est en lambeaux, privée d'une aide internationale dont elle dépend et qui a été largement gelée. "L'Afghanistan fait face à une catastrophe humanitaire imminente", a prévenu vendredi l'ONU, qui tiendra le 13 septembre à Genève (Suisse) une réunion entre Etats membres afin d'accroître l'aide humanitaire au pays.

    Le Qatar a annoncé de son côté avoir acheminé samedi en Afghanistan 15 tonnes d'aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre "dans les jours qui viennent". Des "vols internationaux" seront "bientôt opérés", a assuré à la chaîne d'informations Al-Jazeera l'ambassadeur du Qatar en Afghanistan, Saeed bin Mubarak Al-Khayarin. Le radar, la tour de contrôle et le tarmac ont été réparés et la sécurité est assurée dans et autour de l'aéroport de Kaboul, a-t-il ajouté.