Hamdok Abdalla (premier ministre)

  • Soudan : l'Éthiopie bombarde une patrouille de l'armée soudanaise dans une région frontalière

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    D'après les médias soudanais les troupes de l'armée nationale soudanaise ont subi des bombardements éthiopiens sur la bande frontalière de l'État d'Al-Qadarif, à l'est du Soudan.

    Le site d'information Sudan Tribune a rapporté dimanche soir qu'une patrouille de l'armée soudanaise en provenance de Jabal Abou al-Touyour a été bombardée par des obus de mortier Hawn tirés par les forces éthiopiennes dans l'État frontalier de d'Al-Qadarif (est).

    La même source a ajouté que "les forces de l'armée soudanaise ont riposté au bombardement sans déplorer aucune perte dans ses rangs".

    Les médias soudanais n'ont pas précisé les motifs de l'attaque, et l'armée soudanaise n'a encore fait aucune déclaration à ce sujet.

    Abdullah Hamdok, le Premier ministre soudanais a assuré, dans la journée du jeudi, au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, que l'armée de son pays s'était positionnée au long de de ses frontières avec l'Éthiopie et que Khartoum ne voulait entrer en guerre avec personne.

    Le différend frontalier entre les deux pays est reparti de plus belle à la suite des escalades déclenchées par une attaque armée visant une force de l'armée soudanaise au "Jabal at Turiyah" (est) à la mi-décembre.

    Le Soudan accuse l'armée éthiopienne de soutenir ce qu'elle décrit comme des "milices éthiopiennes", ce qu'Addis-Abeba nie et qualifie de "bandes de hors-la-loi".

  • Le Soudan reprend les territoires disputés avec l'Éthiopie

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    Le Soudan a pris le contrôle de la plupart des territoires frontaliers en litige avec l'Éthiopie après deux jours d'affrontements, selon le ministre soudanais de l'Information, Faisal Salih, dans la soirée du 26 décembre.
     
    En particulier, le ministre a révélé à Reuters que, tout en croyant au dialogue pour résoudre les problèmes, l'armée soudanaise continuera sa tâche de reprendre le contrôle de tous les territoires de son pays. Selon ce qui a été annoncé par Salih, l'armée soudanaise aurait reconquis entre 60 et 70% du territoire du Soudan, après deux jours d'affrontements, au cours desquels les forces de Khartoum auraient agi défensivement, ce qui implique qu'elles auraient été attaquées. Le ministre a ensuite précisé que, selon les rapports des services de renseignement, l'organisation, l'entraînement et l'armement des forces armées qui ont attaqué les Soudanais auraient appartenu aux forces régulières et non aux milices.
     
    La frontière entre l'Éthiopie et le Soudan a été le théâtre de tensions récentes depuis que, le 4 novembre, un conflit interne a éclaté dans la région éthiopienne du Tigray, située au nord du pays, entre les forces du gouvernement d'Addis-Abeba et celles du Front de libération du peuple du Tigray (TPLF) qui a poussé quelque 50 000 réfugiés à trouver refuge au Soudan. Face au déclenchement des hostilités près de la frontière, les autorités de Khartoum avaient décidé de renforcer leur présence militaire près de la frontière orientale avec l'Éthiopie. Il y a eu alors quelques épisodes de tension avec les forces de l'ethnie Amhara, qui soutiennent le gouvernement du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, à propos des territoires disputés entre le Soudan et l'Ethiopie.
     
    Ce différend territorial découle du fait que les agriculteurs de la région éthiopienne d'Amhara revendiquent leurs droits sur les terres de la plaine d'al-Fashqa, que le Soudan considère comme relevant de sa juridiction, provoquant des affrontements, surtout pendant les saisons des semis et récoltes. Cette zone borde la région du Tigray.
     
    Face au regain de tension le long de la frontière éthiopienne-soudanaise, les gouvernements des deux pays avaient entamé, le 22 décembre dernier à Khartoum,  des négociations pour résoudre la question de la démarcation de la frontière commune. À cette occasion, il y a eu une rencontre entre les délégations conduites par le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de l'Éthiopie, Demeke Mekonnen, et le ministre soudanais en charge du cabinet, Omar Manis. Le Premier ministre soudanais, Abdalla Hamdok, et son homologue éthiopien Abiy Ahmed s'étaient déjà entendus dimanche 20 décembre pour entamer des discussions lors d'un sommet du bloc régional de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui s'est tenu à Djibouti.
     
    Avant le début des négociations le 22 décembre, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Ato Demeke Mekonnen, a déclaré que l'armée soudanaise menait des attaques le long de la frontière depuis le 9 novembre. Selon ses déclarations, des civils auraient été tués ou blessés, les produits agricoles des Ethiopiens détruits et leurs propriétés vandalisées. De son côté, le Soudan avait rapporté la mort de 4 soldats tandis que 20 autres personnes étaient blessées  dans une embuscade des forces éthiopiennes et leurs milices "à l'intérieur des frontières soudanaises".
     
    Les deux pays partagent une frontière d'environ 1 600 kilomètres. En 1902, le Royaume-Uni, alors puissance coloniale au Soudan, et l'Éthiopie avaient signé un accord pour tracer la frontière, mais le document était dépourvu d'identification de lignes de démarcation claires. Les derniers pourparlers  frontaliers entre les deux pays ont eu lieu le 29 mai 2020 à Addis-Abeba. Auparavant, entre 2002 et 2006, des réunions régulières avaient lieu entre les deux pays pour aborder la question de la démarcation des frontières.

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  • Soudan : Affrontements entre la sécurité soudanaise et les manifestants devant le palais présidentiel

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    Frustrés par l'absence de changement dans leur vie quotidienne, des milliers de manifestants réclamant "Justice" ont défilé samedi 19 décembre dans plusieurs villes du pays, au deuxième anniversaire du début de la révolte contre l'autocrate Omar al-Bachir.

    Après après avoir brûlé des pneus provoquant des volutes de fumée noire à El Sahafa, un quartier du sud de la capitale Khartoum, des manifestants se sont dirigés vers le palais présidentiel en scandant "Justice, Justice", et "Taskout Bass" ("La chute, point final"), alors que d'autres arboraient le drapeau soudanais ou des photos de "martyrs" tués durant les manifestations de 2019. Ils reprenaient les mots d'ordre de la révolution et certains scandaient "le peuple veut la chute du régime", un cri présent dans toutes les manifestations durant le Printemps arabe. 

    Le 19 décembre 2018, des centaines de Soudanais avaient commencé à manifester dans plusieurs villes du pays après la décision gouvernementale de tripler le prix du pain en pleine crise économique. Ce mouvement s'est transformé en une révolte qui a abouti le 11 avril 2019 à la destitution par l'armée du président Omar el-Bachir, après 30 ans de pouvoir sans partage. 

    Depuis la conclusion en août dernier d'un accord entre les militaires qui avaient succédé à M. Bachir et les dirigeants de la contestation, le pays est dirigé par un gouvernement de transition, avec un Premier ministre civil et un Conseil souverain composé de civils et de militaires.

    Samedi près de l'aéroport, des manifestants tenaient une affiche du Premier ministre, Abdalah Hamdok, barrée d'une croix avec le mot "Erhal", (Dégage !). "Nous sommes descendus dans la rue aujourd'hui car le gouvernement transitoire ne satisfait pas nos demandes ni dans le domaine économique ni en matière de justice", a affirmé à l'AFP  un manifestant.

    "Message très clair" 
    En dépit de l'annonce récente par les Etats-Unis du retrait officiel du Soudan de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme, la crise socio-économique persiste, accentuée par l'épidémie du coronavirus, une inflation galopante et une dette colossale, équivalente à 201% du Produit intérieur brut (PIB). Autre motif d'insatisfaction des manifestants, les responsables de la répression durant la révolution n'ont toujours pas été traduits en justice.

    Le procureur général a interdit aux forces de sécurité de tirer et d'utiliser des grenades lacrymogènes durant les manifestations. Après avoir défilé en ville, les manifestants se sont arrêtés à 10 mètres du Palais présidentiel en criant "Liberté, Liberté", "Retour des déplacés", mais aucun incident n'a été déploré jusqu'ici avec les forces de sécurité.

    Pour une manifestante, "c'est un message très clair adressé aujourd'hui au gouvernement civil et militaire. Nous possédons le pouvoir de la rue, c'est notre arme et nous l'utiliserons si nos demandes ne sont pas satisfaites", a-t-elle dit à l'AFP.

    Outre Khartoum, des manifestations ont également eu lieu à Madani, dans la province de Jazira, à Port Soudan, le principal port du pays, Atbara, dans le nord-est et à Kassala, dans l'est du pays, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés éthiopiens, selon des correspondants de l'AFP.

    Les relations entre militaires et civils dont des représentants forment un gouvernement de transition se sont dégradées au fil des mois, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale et des experts. Le Premier ministre a renouvelé ses critiques acerbes envers l'armée et les services de sécurité, jugeant "inacceptable" leur poids dans l'économie - ils contrôlent environ 250 sociétés dans des secteurs vitaux.

    Pour l'ONU, "le Soudan est à un moment critique". "Il peut avancer de manière décisive dans sa transition, mais ces progrès peuvent encore dérailler face aux nombreux défis", a expliqué le 8 décembre Resemary DiCarlo, le secrétaire générale adjoint de l'ONU.

  • Israël/Soudan : Vers la normalisation des relations

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    Le Soudan a confirmé vendredi soir 23 octobre la normalisation prochaine de ses relations avec Israël, ce qui doit mettre un terme à des décennies d'hostilités entre les deux pays.

    "Le Soudan et Israël ont accepté de normaliser leurs relations, de mettre fin à l'état d'agression entre eux", a rapporté la télévision d'Etat soudanaise, en faisant référence à un communiqué commun du Soudan, des Etats-Unis et d'Israël. Ce rapprochement diplomatique avait été annoncé peu avant depuis le Bureau ovale par le président américain, Donald Trump (voir photo ci-dessus), avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son homologue soudanais Abdallah Hamdok au téléphone sur haut-parleur.

    Le Soudan retiré de la liste des "Etats soutenant le terrorisme"
    Peu de temps avant l'annonce de la normalisation, la Maison Blanche avait annoncé que le président américain retirerait le Soudan de la liste des «États soutenant le terrorisme».

    La Maison Blanche a déclaré que le président américain "a informé le Congrès de son intention de renoncer officiellement à désigner le Soudan comme État sponsor du terrorisme", décrivant la question comme un "moment très important" pour le Soudan et pour les relations entre Khartoum et Washington.

    Les Emirats Arabes Unis saluent la décision du Soudan
    Les Émirats arabes unis ont salué aujourd’hui la décision du Soudan d’établir des relations directes avec Israël , selon l’agence de presse émiratie WAM.

    Dans une déclaration faite aujourd'hui, le Ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale a salué "les efforts des États-Unis d'Amérique, de la République du Soudan et de l'État d'Israël pour parvenir à cet accord historique", exprimant "l'espoir que cette mesure aura un impact positif sur le climat de paix et la coopération régionale et internationale".

    Le ministère a déclaré: "La décision du Soudan de nouer des relations avec l'Etat d'Israël est une étape importante pour renforcer la sécurité et la prospérité dans la région", soulignant que "cette réalisation élargira le champ de la coopération économique, commerciale, scientifique et diplomatique.

     
     
  • Soudan : Arrestation de 41 terroristes et découverte de suffisamment de matériaux explosifs pour faire exploser Khartoum

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    Les autorités soudanaises ont annoncé, mercredi 16 septembre, que la cellule terroriste la plus dangereuse avait été arrêtée, ce qui avait permis la confiscation de la plus grande quantité d'explosifs jamais saisie dans la capitale, Khartoum.

    Le site Internet soudanais "Baj News" a cité le procureur général Taj Al-Sir Ali Al-Haber, qui a déclaré, lors d'une conférence de presse à Khartoum, que les Forces de soutien rapide avaient dressé 12 embuscades qui ont abouti à la capture de 41 terroristes et à la saisie de matières explosives dangereuses qui auraient pu faire exploser toute la capitale.

    Il a reconnu qu'il existait un phénomène de groupes terroristes dans le pays.

    De son côté, le porte-parole des Forces d'appui rapide, le général de brigade Jamal Jumaa, a confirmé l'arrestation d'une cellule en possession d'une grande quantité d'explosifs.

    Il a souligné que les explosifs comprenaient 850 feuilles de TNT, 3 594 bouchons anti-explosion, 13 bobines de ruban adhésif et quatre sacs de poudre de nitrate.

    Il a révélé qu'une partie des explosifs saisis avait été utilisée pour tenter de faire sauter le cortège du Premier ministre Abdullah Hamdok en mars dernier.

    Vidéo du matériel saisi

  • Soudan : Pour la première visite en 15 ans un chef de la diplomatie américaine visite Khartoum

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    Pompeo Mike.jpgMike Pompeo (photo) est arrivé mardi au Soudan pour la première visite en 15 ans d'un chef de la diplomatie américaine, dans le cadre d'une tournée régionale visant à convaincre d'autres pays arabes de normaliser leurs relations avec Israël dans le sillage des Emirats Arabe Unis.

    Venu directement d'Israël, une première historique car les deux pays sont toujours techniquement en guerre, il doit rencontrer le Premier ministre Abdallah Hamdok et le général Abdel Fattah al-Burhane, qui préside le Conseil souverain à la tête du pays, "pour exprimer son soutien à un approfondissement des relations Israël-Soudan", selon le Département d'Etat.

    Hamdok Abdallah.jpgPas de normalisation avec Israël avant la fin de la transition à Khartoum prévue en 2022, annonce Hamdok
    Le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a affirmé mardi au secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, en visite à Khartoum, qu'il n'y aurait pas de normalisation avec Israël avant la fin de la transition au Soudan prévue en 2022.

    "La phase de transition au Soudan est dirigée par une large coalition avec un agenda spécifique visant à achever le processus de transition et à instaurer la paix et la stabilité dans le pays, jusqu'aux élections libres (en 2022). Le gouvernement de transition n'a pas de mandat au-delà de ces tâches pour décider de la normalisation avec Israël", a déclaré M. Hamdok, cité par le porte-parole du gouvernement.

  • Soudan : la charia abolie

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    Le Soudan a interdit les mutilations génitales féminines, les interdits sur la conversion de l'islam et la consommation d'alcool pour les non-musulmans, dans une démarche qui vise à démanteler la loi coranique (charia) après près de quatre décennies de politiques islamistes strictes sous le régime de l'ancien président Omar Béchir. Le nouvel exécutif de transition soudanais, présidé par le Premier ministre, Abdalla Hamdok, semble avoir accéléré le rythme des réformes pour répondre aux demandes des militants pro-démocratie qui réclamaient un changement plus rapide.
    Les lois qui viennent d'être annoncées impliquent que la minorité non musulmane du Soudan ne sera plus criminalisée pour la consommation d'alcool dans des lieux privés, a affirmé le ministre de la Justice, Nasreddin Abdelbari, à la télévision d'Etat. Pour les musulmans, cependant, l'interdiction restera en vigueur. La peine de mort sera également supprimée pour les musulmans qui se convertissent à une autre religion et les mutilations génitales féminines seront criminalisées. En bref, la réforme abrogera la charia, la législation basée sur le Coran introduite en 1983. Cependant, c'est avec le coup d'État de 1989 de l'ancien président Al-Bachir que le Soudan est devenu le premier État islamique sunnite au monde.
    Les militants tentent depuis un certain temps d'obtenir une interdiction des mutilations génitales féminines. Une enquête soutenue par l'ONU en 2014 a estimé que 87 % des femmes et des filles soudanaises âgées de 15 à 49 ans étaient soumises à cette pratique. Toutefois, toute personne reconnue coupable de mutilation génitale sera désormais condamnée à une peine maximale de trois ans d'emprisonnement. "Les mutilations génitales féminines dégradent la dignité des femmes", a déclaré le ministère de la Justice dans sa déclaration.
    Si beaucoup ont accueilli avec satisfaction l'adoption tant attendue de la loi, certains groupes de défense des droits de l'homme avertissent que cette pratique est profondément ancrée dans la société et que l'application de sanctions pourrait ne pas suffire à résoudre le problème. Néanmoins, cette initiative, à la fois symbolique et efficace, a suscité l'espoir d'une plus grande protection des libertés individuelles dans un pays qui s'achemine, après un certain temps, vers des élections démocratiques en 2022. Une autre nouveauté pour les femmes soudanaises sera qu'elles n'auront plus besoin de la permission des membres masculins de leur famille pour voyager avec leurs enfants ou qu'elles pourront librement décider de porter un pantalon en public. Les nouvelles règles "garantiront la liberté religieuse et l'égalité des citoyens, ce qui est un élément nécessaire pour un pays qui fonde désormais son action sur l'État de droit", a souligné le ministre Abdelbari.
    Les espoirs d'une transition démocratique et d'une stabilisation interne ont été réalisés au Soudan le 17 juillet 2019, avec la formation d'un nouveau gouvernement, de composition mixte, créé dans le but de mettre fin aux conflits en cours et de répondre aux demandes des citoyens, avides d'une percée politique après des années de régime autoritaire. Le nouveau Premier ministre du Soudan, Abdalla Hamdok, a prêté serment le 21 août 2019 en tant que chef du gouvernement de transition, promettant de rétablir la stabilité au niveau national, de résoudre la crise économique et d'assurer une paix durable. Depuis son entrée en fonction, le Premier ministre a cherché à donner la priorité à la résolution des conflits dans les régions les plus critiques du pays, s'engageant à mener à bien les négociations pour la signature d'un accord de paix stable et durable.