Haftar Khalifa

  • Libye : Haftar gèle ses fonctions militaires pour se présenter à la présidentielle

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    Le maréchal Khalifa Haftar, chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), s'est retiré provisoirement de ses fonctions militaires mercredi 22 septembre 2021 avant une candidature attendue à la présidentielle prévue le 24 décembre.

    Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie à des violences sanglantes et à des luttes entre pouvoirs rivaux dans l'est et l'ouest du pays. Homme fort de l'est libyen, le maréchal Haftar, 77 ans, a annoncé dans un communiqué la nomination "d'un remplaçant provisoire à la tête de l'ANL" jusqu'au 24 décembre, date des élections législatives et présidentielle.

    Cette annonce officielle intervient deux semaines après l'adoption d'une loi électorale controversée qui permet à M. Haftar de se porter candidat à la présidentielle et de pouvoir retrouver son poste militaire s'il n'était pas élu. Le remplaçant de Haftar, le général Abdelrazzak al-Nadhouri "occupera les fonctions de commandant général (de l'ANL) pour une période de trois mois, du 23/09/2021 jusqu'au 24/12/2021", selon le communiqué.

    La loi électorale controversée avait été ratifiée par le chef du Parlement, Aguila Saleh, un allié de M. Haftar, sans être soumise à un vote, au grand dam des dirigeants de l'ouest libyen.

    "Annonce informelle" 
    L'article de loi dispose qu'un militaire peut se présenter à la présidentielle, à condition d'abandonner "ses fonctions trois mois avant le scrutin", et "s'il n'est pas élu, il pourra retrouver son poste et recevoir ses arriérés de salaire".

    Dans un nouvel épisode de tensions, le Parlement libyen basé dans l'est du pays a voté mardi 21 septembre une motion de censure contre le gouvernement d'Abdelhamid Dbeibah, qui a son siège à Tripoli (ouest), prenant le risque de torpiller les élections, cruciales pour l'avenir du pays. "Haftar a nommé son chef d'état-major Nadhouri au poste de commandant général de l'ANL et prend congé jusqu'au 24 décembre dans ce qui semble être l'annonce informelle de son intention de se présenter à la présidentielle", a résumé sur Twitter Emadeddin Badi, expert à la Global Initiative basée à Genève.

    Le militaire septuagénaire, accusé par ses détracteurs de vouloir instaurer une dictature militaire, cherche ainsi à conquérir le pouvoir par les urnes après l'échec retentissant de son aventure militaire aux portes de Tripoli, siège de l'ex-gouvernement d'union, en 2019. Après des mois de combats, sa tentative est repoussée par les forces pro-GNA, aidés militairement par la Turquie. Haftar bénéficiait du soutien non déclaré des Emirats arabes unis, de l'Egypte, de la Russie ou encore de la France.

    Carte politique 
    Les combats ont cessé en 2020 et un cessez-le-feu entre rivaux a été signé en octobre de la même année. Un gouvernement unifié et transitoire dirigé par l'homme d'affaires Abdelhamid Dbeibah a été formé en mars 2021 pour achever l'interminable transition politique qui dure depuis dix ans. La formation de ce cabinet au terme d'un processus politique parrainé par l'ONU avait offert une lueur d'espoir. Mais la reprise des négociations entre les différentes parties libyennes et la formation de ce gouvernement d'union a peu à peu laissé place aux divisions, rendant la tenue des élections très hypothétique.

    Khalifa Haftar s'est fait discret à mesure que la voie politique prenait le dessus sur l'option militaire. Il s'est peu à peu repositionné sur l'échiquier du pouvoir, en jouant cette fois la carte politique, avec en ligne de mire la présidentielle.

    Originaire de Cyrénaïque, Khalifa Haftar est sorti de l'ombre au début de la révolte de 2011 à laquelle il a pris part. Quatre décennies plus tôt, ce soldat formé dans l'ancienne Union soviétique, avait adhéré au coup d'Etat militaire de 1969 qui avait renversé la monarchie des Senoussi et porté Kadhafi au pouvoir. Il participe à la guerre tchado-libyenne (1978-1987) mais est fait prisonnier à Ouadi Doum, à la frontière du Tchad. Il est alors lâché par Kadhafi, qui affirme que le général ne fait pas partie de son armée.

    Les Américains parviennent à le libérer de prison lors d'une opération qui reste aujourd'hui encore une énigme, et lui accordent l'asile politique. Aux Etats-Unis, il rejoint l'opposition libyenne, et après vingt ans d'exil, retourne en mars 2011 à Benghazi (est), berceau de la révolte.

  • Libye : Deux hélicoptères des forces du maréchal Haftar s'écrasent lors d'une opération militaire

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    Un porte-parole militaire a annoncé que deux hélicoptères de l'armée nationale libyenne dirigés par le maréchal Khalifa Haftar s'étaient écrasés, dimanche 19 septembre 2021, lors d'une opération militaire près de Benghazi, dans l'est du pays, ajoutant que l'accident a également entraîné la mort de l'équipage de l'un des les hélicoptères.

    Miloud al-Zawi, porte-parole des forces spéciales du commandement général de l'armée nationale libyenne (ANL), a déclaré que "deux hélicoptères appartenant à l'armée de l'air s'étaient écrasés en raison d'une collision près de la zone de Masous" au sud-est de Benghazi. Pour être plus précis, l'accident a eu lieu près de Zawiyat Masus, à 100 km au sud est de Benghazi. 
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    Il a ajouté que l'équipage de l'un des hélicoptères a été tué, tandis que l'équipage de l'autre hélicoptère, composé de deux personnes, a survécu. Les deux membres d'équipage décédés sont le général de brigade (pilote) Bouzid al-Barasi et le caporal Milad al-Asaiba

    Depuis la semaine dernière, l'armée nationale libyenne basée dans l'est mène des combats contre le Front pour le changement et l'accord au Tchad (FACT) dans le sud de la Libye, près de la frontière tchadienne.

    Le porte-parole des Forces spéciales n'a pas précisé si les deux hélicoptères étaient impliqués dans les combats.

    Fact était basé en Libye et a combattu aux côtés de l'armée nationale libyenne pendant la guerre civile libyenne et a reçu des armes lourdes du maréchal Haftar.

    En avril, le front a avancé dans le nord du Tchad et y a combattu l'armée tchadienne. Les autorités tchadiennes ont déclaré que le président Idriss Deby, qui a gouverné pendant 30 ans, avait été tué dans les affrontements. Son fils assume depuis le poste de président par intérim.

    Les principales opérations militaires dans la guerre civile libyenne ont été interrompues depuis la fin de l'offensive de l'ANL l'année dernière et les deux parties ont accepté un cessez-le-feu, la formation d'un gouvernement d'union intérimaire et des élections et le renvoi des mercenaires bien que ceux-ci soient toujours présents au sein des deux parties.

     

  • Tchad : accrochage entre l'Armée Nationale Libyenne (pro-Haftar) et les rebelles tchadiens du "Fact"

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    Des accrochages armés ont eu lieu, mardi 14 septembre 2021 au niveau des frontières tchado-lybiennes, entre l'Armée Nationale Libyenne, fidèle au maréchal Khalifa Haftar et le Front pour l’alternance et de la concorde du Tchad (Fact), un groupe rebelle tchadien, a-t-on appris de sources concordantes, mercredi. Les combats se déroulent à l'intérieur du territoire libyen. L'Armée Nationale Libyenne est soutenue par l'armée de l'air.

    « Une vaste opération » a été menée par les forces spéciales du bataillon Tarek ben Ziyad, l'une des unités des forces loyales à Haftar, « contre les mercenaires et des éléments de l'opposition tchadienne présents sur le territoire libyen », a indiqué mardi soir la chaîne de télévision Libya al-Hadath.

    Dans un communiqué, le Fact, a souligné de son côté que l’attaque de « la brigade Tarek Ben Ziyad (rattachée à la personne du fils de Khalifa Haftar) » sur l’une de ses positions à la frontière libyenne, a été « appuyée par des supplétifs soudanais et encadrée par des forces spéciales de l’armée française, basée en Libye ».

    « Leurs positions ont été visées à Tarbou à la frontière sud », a précisé Libya al-Hadath.

    D’après cette télévision, le bataillon Tarek Ben Ziyad a déploré un mort et ses forces ont « détruit plusieurs véhicules blindés et éliminé ceux qui se trouvaient à l'intérieur », avant de « pourchasser ceux qui s'étaient enfuis vers la frontière ».

    Le Fact a plutôt rapporté dans son communiqué qu’il avait neutralisé « onze » éléments des forces armées du maréchal Khalifa Haftar.

    Il a ajouté qu'il y avait eu également « une dizaine de blessés » du bataillon Tarek Ben Ziyad et ces derniers ont été « abandonnés sur le champ de bataille ».

    Le mouvement rebelle tchadien a aussi annoncé que « plusieurs véhicules et du matériel de guerre » du bataillon Tarek Ben Ziyad avaient été détruits.

    Le Fact de son côté a déploré la mort de « quatre martyrs tombés glorieusement sur le champ de bataille et la perte d’une voiture blindée détruite par l’ennemi ».

    Des sources proches du FACT ont indiqué que parmi les "martyrs" se trouvait le commandant en chef du mouvement, Haroune Shetty. Il a été tué au cours des combats avec les forces du maréchal Haftar. Le FACT a choisi Niki Cross, de la tribu Zaghawa pour le remplacer. 

    En août dernier, la Libye s'était engagée à mettre un terme à l'activité des mercenaires tchadiens présents sur son sol.

    L’engagement avait été pris lors d’une audience qui a réuni, le 25 août à N'Djamena une délégation libyenne conduite par le vice-président du Conseil Présidentiel Libyen, Moussa Al-Kouni et le président du conseil militaire de transition (CMT) du Tchad.

    Lors de sa visite de travail au Tchad, Moussa Al-Kouni avait annoncé qu’« une lutte sans merci sera désormais engagée contre ces groupes de mercenaires armés ».

  • Libye: les pays voisins tentent de sauver la voie politique

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    Une rencontre est attendue lundi 30 août entre les ministres des Affaires étrangères des pays limitrophes de la Libye, visant à discuter des obstacles à la bonne poursuite de la voie politique. Pendant ce temps, les divergences entre le Premier ministre par intérim, Abdulhamid Dbeibah, et le Parlement se poursuivent.

    Concrètement, sept pays sont invités à participer aux pourparlers accueillis par l'Algérie. Outre les délégués de Tripoli et d'Alger, il y aura des ministres de Tunisie, d'Égypte, du Soudan, du Tchad et du Mali, ainsi que des représentants de l'Union africaine, de la Ligue des États arabes et des Nations Unies. On s'attend à ce qu'il y ait de multiples dossiers à l'ordre du jour, notamment "l'ingérence étrangère dans la crise libyenne" et la présence continue de forces étrangères et de mercenaires, l'unification des institutions étatiques souveraines et les problèmes de sécurité qui empêchent la mise en œuvre de la feuille de route établie. sous les auspices des Nations Unies. L'objectif ultime est de faire en sorte que la Libye puisse poursuivre la voie de la transition démocratique, qui devrait aboutir aux élections prévues le 24 décembre 2021. 

    La rencontre se déroule parallèlement à l'intensification des divergences et à l'échange d'accusations entre les principaux partis libyens à la tête du pays, notamment entre le gouvernement et le Parlement (HoR), à moins de quatre mois de la date des élections, dont le sort reste incertain. 

    Lundi 30 août, le Premier ministre par intérim a été convoqué au Parlement pour un interrogatoire suite au mécontentement croissant exprimé par certains députés libyens, qui remettaient en cause le travail de l'exécutif. Le 18 août, 11 députés ont signé une déclaration adressée au président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, demandant le retrait de la confiance dans le gouvernement d'union nationale dirigé par Dbeibah, en raison de « son gaspillage continu de l'argent « à l'extérieur du pays et le « non respect des engagements », avec une référence particulière à « l'amélioration des services publics en Libye ».

    Dbeibah a de son côté répondu aux accusations des députés libyens accusant le Parlement d'entraver "de façon continue et délibérée" le travail de son équipe gouvernementale. Le gouvernement, a expliqué le Premier ministre dans un discours adressé à la nation et au président Saleh le 27 août, avait préparé un « programme de développement pour la Libye », mais « le Parlement libyen a délibérément interrompu les plans du gouvernement », en insistant particulièrement sur la référence à la loi de finances, rejetée à plusieurs reprises par les députés du Parlement basé à Tobrouk. En outre, Dbeibah a précisé que les problèmes liés à la tenue des élections à la date prévue ne sont pas logistiques, mais législatifs. 

    L'approbation de l'ensemble du budget unifié est indispensable pour mener à bien les projets prévus et répondre aux besoins de la population, concernant notamment l'électricité, la santé, les infrastructures et les ressources alimentaires. A ce jour, seul le premier poste, relatif aux salaires, a été approuvé, qui est passé à 34,6 milliards de dinars, contre les 33,3 initialement prévus. Lors de la session de mai, le budget présenté s'élevait à 93,7 milliards de dinars libyens, dont 12,6 milliards à allouer aux agences et ministères de l'Etat, 20 milliards pour le développement, 22,6 milliards pour l'appui et 4 milliards pour les dépenses d'urgence. Les objections, tout au long des six séances, étaient variées. Parmi celles-ci, il y avait celles sur le poste développement, sur la nécessité d'allouer un budget spécial à l'armée libyenne, et celles sur la nomination des postes régaliens, qui selon certains devraient être achevées avant l'approbation du budget. Par ailleurs, certains estiment qu'à la base des divergences il y a aussi la demande de Saleh d'accorder au chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), Khalifa Haftar, et à ses milices un quota acceptable, ce qui risque de provoquer l'opposition des composantes militaires et politiques de l'ouest libyen.

    La crainte est qu'une telle situation ralentisse le processus de réconciliation engagé par la Libye suite au cessez-le-feu et compromette les résultats obtenus jusqu'à présent. Ce qui s'est passé d'abord le 5 février, avec la nomination des nouvelles autorités exécutives par le Forum de dialogue politique, puis le 10 mars, avec le vote de confiance au gouvernement intérimaire, a représenté un moment « historique » pour le pays, qui , depuis le 15 février 2011, est le théâtre d'une crise persistante et d'une longue guerre civile. L'accord de cessez-le-feu, signé à Genève le 23 octobre 2020 dans le cadre du Comité militaire mixte 5+5, avait donné un nouvel élan à la voie politique.

  • Libye : nouveaux affrontements violents dans l'ouest du pays

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    La ville de Zawiya, dans le nord-ouest de la Libye, est le théâtre d'affrontements depuis l'aube du vendredi 27 août, définis comme les plus violents de la dernière période. Les adversaires étaient, encore une fois, des milices locales.

    En particulier, les milices fidèles à Muhammad al-Bahrun, surnommée « La souris », liées à la ville d'al-Zawiya, d'une part, et à l'Autorité de soutien à la stabilité d'autre part, dirigée par Abdel Ghani al-Kikli, l'un des combattants les plus connus de Tripoli. Les tensions, selon le journal al-Arabiya, ont éclaté après qu'une force affiliée à al-Bahrun a attaqué certaines positions de l'Autorité de Tripoli, dans le sud de Zawiya. Quelques heures plus tôt, des inconnus armés avaient mené une attaque qui a blessé 4 hommes affiliés à la « souris », des membres de la police judiciaire, et la destruction de plusieurs véhicules. Les combats, rapporte al-Arabiya, ne se sont pas encore complètement apaisés. Des vidéos diffusées en ligne montrent l'utilisation par les deux factions de différents types d'armes, notamment des grenades propulsées par fusée (RPG) et des explosifs.

    La ville de Zawiya, considérée comme l'une des villes de l'Ouest libyen à forte présence de milices, est le théâtre depuis des semaines d'affrontements intermittents entre les différentes formations armées, qui se disputent des zones d'influence et des itinéraires de contrebande, pour tenter de gagner un rôle au sein de l'appareil et des institutions militaires de l'État dans le processus d'unification. Depuis le cessez-le-feu, conclu le 23 octobre 2020, et la formation subséquente du nouvel exécutif intérimaire, les groupes armés qui ont combattu l'Armée nationale libyenne (ANL) contrôlent les rues de la capitale dans toute la région de Tripoli. La population locale, victime d'intimidations, a demandé à plusieurs reprises aux autorités libyennes d'intervenir pour préserver la sécurité et mettre fin à des épisodes similaires à celui du 27 août.

    L'Autorité de soutien à la stabilité elle-même avait été le protagoniste des affrontements en juillet dernier. Elle avait été fondée par le Premier ministre du Gouvernement d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, également ancien chef du Conseil présidentiel, avant la fin de son mandat et le transfert des pouvoirs aux nouvelles autorités intérimaires. Parmi les tâches confiées au nouvel organe figuraient le renforcement des mesures de sécurité dans les « bureaux officiels de l'État », la protection des agents du gouvernement, notamment lors de manifestations publiques, la participation aux opérations de « combat et de poursuite » et le contrôle des mouvements populaires encouragés par des "hors-la-loi". En réalité, selon des sources informées, la décision d'al-Sarraj visait à constituer un groupe capable de le défendre contre les combattants de l'ancien ministre de l'intérieur, Fathi Bashagha, l'un des prétendants au siège de premier ministre.

    Malgré l'interruption des combats sur les différents fronts libyens, la sécurité dans l'Est libyen, toujours contrôlée par des groupes fidèles au général Khalifa Haftar, reste précaire, en raison des « règlements de compte » en cours entre les gangs locaux libyens. . Bien que les autorités de l'est libyen aient affirmé à plusieurs reprises avoir enquêté sur les meurtres « illégaux », les responsables de ces crimes, appelés « tireurs non identifiés », n'ont pas encore été traduits en justice.

    Selon certains, le manque de sécurité tant à l'Est qu'à l'Ouest de la Libye est du à l'absence d'un appareil militaire unifié. Les institutions de sécurité de l'État sont toujours divisées et, par conséquent, incapables de faire face à des situations de chaos. Un premier signe positif en ce sens est survenu le 25 août , lorsque la 166e brigade de Misrata, de l'ouest libyen, et la brigade Tareq bin Ziyad, affiliée à l'armée nationale libyenne, ont formé une force conjointe pour sécuriser la Grande Rivière Artificielle (GMR) , un aqueduc qui puise l'eau douce du Sahara pour l'acheminer vers la côte.

    Comme l'a également souligné la mission de la MANUL, ce qui s'est passé représente un pas important vers la réunification de l'appareil militaire et du pays en général. Le résultat, obtenu en collaboration avec le Comité militaire mixte 5 + 5, « garantira non seulement la sécurité du Grand Fleuve artificiel et des flux continus d'approvisionnement en eau, mais ouvrira la voie à d'autres mesures qui renforceront la confiance entre les belligérants, jusqu'à la pleine mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu et la réunification des institutions de l'État », a déclaré le chef de la Mission, Jan Kubis.

    La Libye a été le théâtre d'une longue guerre civile. Les tensions ont commencé le 15 février 2011, alors que la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi remonte au mois d'octobre de la même année. Depuis cet événement, le pays n'est jamais parvenu à réaliser une transition démocratique et a vu, sur le plan politique, la présence de deux administrations rivales, l'une liée à la Chambre des représentants de Tobrouk, dirigée par Aguila Saleh, et l'autre, celle du GNA, dirigé par Fayez al-Sarraj. Sur le plan militaire, les milices affiliées au GNA ont affronté l'Armée nationale libyenne, dirigée par le général Khalifa Haftar, jusqu'à une première trêve, annoncée le 20 août 2020.

    Le cessez-le-feu du 23 octobre 2020 a également donné un nouvel élan à la voie politique libyenne, conduisant à la formation d'un gouvernement intérimaire unitaire, nommé le  5 février  dernier au sein du Forum de dialogue politique. La mission de l'équipe gouvernementale dirigée par Dbaiba et du Conseil présidentiel, dirigé par Mohamed al-Menfi, est de conduire la Libye vers les élections du 24 décembre, considérées comme une étape importante dans la voie de la transition démocratique de la Libye.

     

  • Libye : la route côtière entre Syrte et Misrata rouverte

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    La Libye a annoncé, vendredi 30 juillet, la réouverture de la principale route côtière du pays , qui relie les villes de Syrte et Misrata. L'initiative représente l'un des points clés de l'accord de cessez-le-feu, conclu le 23 octobre 2020, au sein du Comité militaire mixte 5 + 5, composé de délégués du Gouvernement d'entente nationale (GNA), de Tripoli, et de la Armée nationale libyenne (ANL). C'est le Comité, soutenu par les Nations Unies, qui a déclaré la réouverture de la route, fermée depuis 2019.

    La lenteur des progrès dans l'ouverture de la voie est le résultat des difficultés rencontrées sur la voie de la résolution du conflit libyen et de la réalisation d'un cessez-le-feu, d'un gouvernement d'union, de futures élections nationales et d'une série d'initiatives visant à unifier les institutions économiques. Malgré les difficultés et le scepticisme de beaucoup quant à l'issue des négociations, l'ouverture de la route signifie un gain de temps de 10 heures entre Tripoli et Benghazi. Au fil des ans, les Libyens ont été contraints d'emprunter des routes secondaires alternatives, dont certaines sont mauvaises, ce qui a entraîné un grand nombre d'accidents de la route.

    Le 8 juillet , le Conseil présidentiel libyen, en tant que commandant suprême de l'armée, avait demandé aux forces auparavant affiliées au gouvernement de Tripoli d'autoriser immédiatement la réouverture de la route côtière pour faciliter la circulation des biens et des personnes. Dans une lettre adressée à la salle des opérations à Syrte et al-Jufra, le Conseil avait exhorté cette dernière à repositionner ses forces et à collaborer avec les autres unités de sécurité impliquées, pour permettre la circulation dans les deux sens. La salle des opérations, de son côté, avait demandé le retrait de l'ANL de Haftar, ainsi que des mercenaires russes de la compagnie Wagner, avant de redéployer ses forces. 

    L'accord de réouverture de la route côtière comprend également certaines étapes préparatoires pour le retrait des combattants étrangers, une autre partie du pacte de cessez-le-feu conclu l'année dernière qui n'a pas encore été mis en œuvre. Selon ce qui a été établi dans l'accord du 23 octobre, ils auraient dû quitter le pays dans les 90 jours suivant la signature de l'accord, mais, à ce jour, cela ne s'est pas encore produit et il ne semble pas y avoir de mesures particulières à cet égard. "Le président est le seul à trancher sur la question des forces étrangères et des mercenaires dans le pays", a déclaré la présidente de la Chambre des représentants libyenne, Aguila Saleh., le 28 juillet, ajoutant qu'en ce moment, il y a aussi des difficultés dans l'unification de l'appareil militaire, précisément à cause de l'ingérence étrangère. Dans des déclarations diffusées à d'autres médias libyens, rapportées par al-Arabiya, c'est Saleh lui-même qui a déclaré que la Turquie continuait d'envoyer des armes et des mercenaires en Libye, considérant son comportement légitimé par les accords conclus avec le précédent gouvernement de Tripoli dirigé par Fayez al-Sarraj. .

    Ce qui s'est passé en Libye, d'abord le 5 février, avec la nomination des nouvelles autorités exécutives par le Forum de dialogue politique, puis, le 10 mars, avec le vote de confiance au gouvernement intérimaire, a représenté un moment « historique » qui, depuis le 15 février 2011, est le théâtre d'une crise persistante et d'une longue guerre civile. L'accord de cessez-le-feu, signé à Genève le 23 octobre 2020 dans le cadre du Comité militaire mixte 5+5, formé par des délégués des deux belligérants, le GNA et l'Armée Nationale Libyenne, a donné un nouvel élan à la voie politique nationale libyenne. Avant cette date, coexistaient à l'Ouest un gouvernement internationalement reconnu, le GNA, institué avec les accords de Skhirat du 17 décembre 2015, et à l'Est, un exécutif parallèle représenté par le Parlement (HoR).

  • Libye : Assassinat de Muhammad al-Kani, le chef de la milice accusée des massacres de Tarhuna

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    Muhammad al-Kani.jpegSelon des informations diffusées par les médias et les plateformes de communication libyennes, Muhammad al-Kani (photo), le chef du  « neuvième régiment de Tarhuna », qui a semé la terreur et laissé des fosses communes dans la ville de Tarhuna, a été tué à l'intérieur de son quartier de Bouatni dans la ville de Yanghazi à l'aube ce mardi 27 juillet 2021.

    Selon certaines informations, al-Kani, dont le "neuvième régiment de Tarhuna" était alliée à l'homme fort de l'est de la Libye, le général Khalifa Haftar, a été tué par des hommes armés qui ont fait une descente chez lui.

    Al-Kani a été tué par la milice Tariq bin Ziyad (affiliée aux forces de Haftar) après avoir fait une descente dans sa résidence, sans fournir de détails à ce sujet.

    Le journaliste Mahmoud al-Misrati, proche du commandement général de l'armée nationale libyenne (dirigé par Haftar), a cité une source militaire selon laquelle Muhammad al-Kani a été tué « lors de sa résistance à un raid venu l'arrêter dans sa résidence."

    Il a ajouté sur son compte Facebook que le raid est venu "sur la base de deux mémorandums de la justice civile et militaire, basés sur des plaintes contre des crimes qui lui étaient attribués pendant la guerre de 2019 sous le couvert des forces armées, et  avant cela, pendant son affiliation avec le gouvernement Sarraj et le Congrès national général."

    Il a précisé  : "Un de ses gardes a été arrêté au quartier général, et un autre a été tué, en plus de l'arrestation d'un certain nombre de ses partisans dans des quartiers séparés de Benghazi, Ajdabiya et Tobrouk."

    Il n'a pas été possible de vérifier l'authenticité de la nouvelle auprès d'une autorité indépendante ou de sécurité.