Hadi Abd Rabbo Mansour

  • Arabie saoudite : Les rebelles chiites yéménites Houthis attaquent l'installation d'Aramco près de Riyad

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    Vendredi 19 mars, les rebelles chiites yéménites Houthis ont annoncé avoir mené une attaque à grande échelle contre une installation du géant pétrolier saoudien Aramco près de la capitale du Royaume, Riyad.

    Dans une déclaration, le général Yahya Sari, un porte-parole des Houthis, a déclaré que l'installation avait été la cible de six drones suicides au cours de l'opération qui a été baptisée «6ème de Sha'ban» le sixième mois des huit mois du calendrier islamique.

    Le général Sari a déclaré que l'opération avait été un succès, sans fournir plus de détails. La veille, les houthis avaient lancé une attaque de drone contre l'aéroport international d'Abha, dans le sud de l'Arabie saoudite.

    «Le commandement général des forces armées [houthis] affirme que ses opérations se poursuivront et s'intensifieront tant que l'agression et le blocus se poursuivront», a déclaré le porte-parole.

    Le ministère saoudien de l'Énergie a confirmé qu'une raffinerie de pétrole près de Riyad avait été touchée par plusieurs drones. Un incendie a éclaté à la suite de l'attaque. Cependant, il n'y a pas eu de pertes humaines.

    «Le Royaume affirme que ces actes de terrorisme et de sabotage, perpétrés à plusieurs reprises contre des installations vitales et des installations civiles, ne visent pas uniquement le Royaume, mais plus largement la sécurité et la stabilité de l’approvisionnement énergétique du monde, ainsi que l’économie mondiale». a déclaré un porte-parole du ministère dans un communiqué.

    L'opération 6 ème de Sha'ban est la plus récente d'une série d'attaques de grande envergure lancées cette année par les Houthis contre des cibles stratégiques en Arabie saoudite.

    Le 28 février, les Houthis avaient mené l'opération "Dissuasion Balance 5" qui visait plusieurs positions militaires à Riyad ainsi que dans les villes du sud du Royaume, Abha et Khamis Mushait.

    Le 7 mars, le groupe yéménite avait mené l'opération "Dissuasion Balance 6" qui visait le port pétrolier de Ras Tanura sur la côte est de l'Arabie saoudite ainsi que des positions dans les provinces méridionales d'Asir et de Jizane.

    Les récentes opérations des Houthis visent à décourager l'Arabie saoudite, qui semble déterminée à poursuivre son intervention militaire au Yémen, en soutien du gouvernement internationalement reconnu de Hadi.

     

  • Yémen : L'offensive des Houthis marque le pas dans la province de Marib

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    Le rythme de l'offensive des combattants d'Ansarullah, le bras armé es Houthis s'est sérieusement ralenti à la mi-mars. Les Houthis semblent incapables de capitaliser sur leurs succès antérieurs et de transformer leurs succès en gains territoriaux. On peut dire que l'offensive est entrée dans une phase de saturation et que les Houthis ont besoin d'une pause opérationnelle et d'un regroupement de leurs troupes, ce qui peut expliquer la diminution de l'intensité des attaques dans un certain nombre de secteurs clés. De toute évidence, ils ne sont plus capables d'avancer sur tout le front.
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    Front nord
    Au nord de la ville de Marib, les Houthis se sont heurtés aux positions défensives des forces gouvernementales sur la ligne Al Alam al-Abyad-Jabal Mankidha, qui empêche l'accès par le désert à l'autoroute N5 au nord-ouest de Marib. Les tentatives directes de percer cette ligne défensive ou de contourner par le désert depuis l'est ont été mises en échec par les forces pro-gouvernementales.

    Le front du nord n'a pratiquement pas bougé pendant une semaine. En conséquence, pour l'instant, nous pouvons dire que la menace immédiate pesant sur l'autoroute N5 a été éliminée. Cela est également dû au fait que seule l'infanterie légère des Houthis a été engagée, pratiquement sans armes lourdes.

    Front nord-ouest
    Les tentatives d'encercler les forces pro-gouvernementales positionnées dans la région d'Asdas ont échoué. Après la capture de Jabal al-Safa et d'al-Asahil la semaine dernière, la poursuite de l'offensive des Houthis a échoué, rendant difficile toute progression vers le camp Kanais, car plusieurs brigades pro-gouvernementales les menaceraient sur leur flanc. Ces dernières pourraient facilement couper et isoler les troupes d'Ansarullah dans le cas où celles-ci s'aventureraient à travers le désert. En fait, la défense du saillant d'Asdan a sérieusement entravé le développement de l'avance des Houthis en février-mars.

    De même, l'offensive le long de la section nord-ouest de la route N5 est bloquée. Les forces pro-gouvernementales ont pu prendre pied sur les hauteurs de Dashh Hakn et la chaîne de collines et de hauteurs couvrant la sortie vers la base de Tadavin par le nord-ouest. Les tentatives pour contourner ces positions à travers le désert depuis Al Ayuz ont également échoué. En général, on peut dire que l'avancée des Houthis depuis le nord-ouest de la ville a été stoppée.

    Le seul front où les forces pro-gouvernementales sont en difficulté est au sud-ouest de Marib, où les Houthis poursuivent leurs attaques, acheminant des renforts pour reconstituer les unités épuisées par les batailles précédentes. Les 13 et 14 mars, les Houthis ont lancé une série d'attaques dans la région de Jabal al-Balak. Les affrontements se poursuivent dans ce secteur depuis la deuxième quinzaine de février. 

    Les Houthis affirment avoir progressé au nord-ouest du barrage de Marib et que leurs avant-gardes sont situées à 8 kilomètres de la périphérie de la ville. En fait, la région de Jabal al-Balak reste contestée, car les deux parties comprennent son importance pour l'issue de la bataille et amènent constamment de nouvelles forces au combat dans ce secteur. Les combats ici se sont transformés en une bataille d'usure, où les deux camps subissent de lourdes pertes avec peu de mouvements de front.

    Au sud du barrage de Marib, les forces gouvernementales ont pu ralentir la progression des rebelles Houthis vers Marib et elles pilonnent leurs positions dans le secteur d'Ar-Ravd. De là, les Houthis menaçaient directement la route N7, qui est exposée aux frappes d'artillerie, ce qui rend tous mouvements très périlleux. De manière générale, les forces gouvernementales tenaient la ligne de front le 15 mars et ont réussi à surmonter la crise opérationnelle sur la plupart des axes. S'ils réussissent à arrêter la progression des rebelles Houthis dans la zone du barrage de Marib, ils bénéficieront du répit opérationnel tant souhaité.

    Front sud
    Les fronts au sud de la ville de Marib sont inchangés. Les attaques en direction de Jabal al-Habda, al-Washal et Shib Gubar ont pratiquement cessé. Le front ici est assez stable, il n'y a actuellement aucune menace d'une progressioin des Houthis vers l'autoroute N7 au sud de la province de Marib.

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  • Yémen : Plus 60 morts dans des combats acharnés entre rebelles et loyalistes dans la région de Marib

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    Plus de 60 combattants ont été tués vendredi 26 février 2021 dans la bataille à Marib, la journée la plus sanglante depuis la reprise début février de l'assaut des rebelles chiites contre cette province sous contrôle du pouvoir, selon des sources gouvernementales.

    Dans le pays en guerre depuis 2014, les rebelles Houthis tentent de s'emparer depuis plus d'un an de Marib, à 120 km à l'est de la capitale Sanaa, une région située près de champs pétroliers et dernier bastion du gouvernement dans le Nord.

    Après une forte réduction des combats pendant plusieurs mois, les rebelles ont repris le 8 février leur offensive contre Marib. Depuis, les affrontements ont fait des dizaines de morts parmi les combattants des deux camps et forcé à la fuite des centaines de familles.

     Brigadier Abdulghani Shaalan (tué).jpegVendredi, lors des "plus violents combats" depuis la reprise de l'assaut, au moins 27 membres des forces loyalistes ainsi que 34 rebelles ont été tués sur plusieurs fronts de la province, ont indiqué les sources gouvernementales à l'AFP.  Parmi les personnes décédées, on compte le commandant des forces spéciales gouvernementales du front de Marib, le brigadier Abdulghani Shaalan (photo)

    Les affrontements les plus intenses ont eu lieu au sud-est du chef-lieu éponyme de la province, selon une source militaire. Les forces pro-gouvernementales soutenues par l'aviation de la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, ont réussi à repousser les attaques rebelles.

    Dans le secteur d'Ablah (sud), des "combats acharnés ont fait des morts dans les deux camps", a ajouté la source militaire sans être en mesure de donner un bilan précis. De même sur le front nord d'Al-Kassara, les Houthis ont perdu des hommes, a-t-elle ajouté.

    Les Houthis ne divulguent généralement pas leurs pertes.

    Raids de la coalition sunnite dirigée par l'Arabie saoudite
    Selon des sources militaires gouvernementales, la coalition militaire soutenant depuis 2015 le pouvoir yéménite, a mené en appui aux forces au sol à Marib des raids pour empêcher les rebelles d'avancer. Ces raids ont été confirmés par la chaîne des rebelles Al-Massirah.

    Les forces gouvernementales ont en outre appelé ces derniers jours les tribus locales armées à les soutenir, selon des habitants.

    Soutenus par l'Iran qui dément leur fournir des armes, les rebelles tentent depuis un an d'arracher ce dernier bastion loyaliste du nord du Yémen au pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Cette région est l'une des rares restées aux mains des loyalistes, alors que le nord du pays est largement contrôlé par les Houthis.

    Un succès des insurgés serait un coup dur pour le pouvoir yéménite. Le royaume saoudien sunnite voisin est le rival régional de l'Iran chiite et ces deux pays se livrent une guerre par procuration au Yémen selon des experts.

    Recrudescence des combats alors que la nouvelle administration Joe Biden met fin au soutien à Riyad dans la guerre contre les rebelles yéménites
    La recrudescence des violences à Marib, ainsi que les attaques lancées ces dernières semaines par les rebelles contre le territoire saoudien, sont intervenues alors que la nouvelle administration américaine a décidé de mettre fin à son soutien à Riyad dans cette guerre et de retirer les Houthis de la liste des "organisations terroristes".

    Jeudi, lors d'un premier entretien téléphonique avec le roi Salmane d'Arabie saoudite, Joe Biden a entre autres évoqué "l'engagement des Etats-Unis à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iraniens".

    Le conflit au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, a été déclenché en 2014 par une vaste offensive des rebelles chiites Houthis qui se sont emparés de vastes pans du territoire, y compris la capitale Sanaa qu'ils contrôlent toujours. La guerre a plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU, et fait des dizaines de milliers de morts, d'après des ONG internationales. Sans oublier les millions de déplacés et une population au bord de la famine.

    A Sanaa, une foule de partisans des rebelles est descendue vendredi dans la rue pour protester contre le blocus aérien imposé par la coalition.

  • Yémen : Poursuite des violents combats pour le contrôle de la province de Marib au centre du pays

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    Les rebelles chiites  houthis ont intensifié leurs attaques contre la ville de Marib, dernier bastion des forces gouvernementales du président Abd Rabbu Mansour Hadi dans le centre du Yémen. 

    Les Houthis ont acheminé d'importants renforts humains et lancé des attaques de plusieurs côtés sur Marib au cours des dernières 24 heures. Cela a provoqué le déclenchement de violents combats au cours desquels 16 membres des forces gouvernementales ont été tués et 21 autres blessés. De leur côté, les houthis ont perdu des dizaines de combattants .

    Les forces houthies ont réussi à couper les lignes de ravitaillement dans le district d'Al-Abdiya, à environ 50 km au sud de Marib, avec l'objectif d'imposer un siège à Marib, en vue de son assaut.

    "France Press" a confirmé que les combats se poursuivaient au milieu des raids intensifs de la coalition arabe dirigée par Riyad dans un effort d'empêcher la chute de Marib, soulignant que cette ville est de fait un "protectorat saoudien" dans lequel le royaume a beaucoup investi.

    À son tour, le porte-parole des Houthis, Muhammad Abd al-Salam, dans un tweet publié samedi soir, s’est adressé aux habitants de Marib, affirmant que les opérations du groupe «ne visent que les personnes impliquées militairement avec l’ennemi étranger».

    Les Houthis ont lancé leur offensive pour contrôler Marib, à environ 120 km à l'est de la capitale, Sanaa, il y a environ un an et ont intensifié leurs attaques au cours des deux dernières semaines.

    L'Agence France Presse pense que les houthis cherchent à contrôler Marib avant d'entamer de nouveaux pourparlers avec le gouvernement Hadi, car une victoire de leur part saperait considérablement les positions de négociation du gouvernement internationalement reconnu.

  • Yémen : Les combats se poursuivent à Ma'rib, 20 Houthis tués

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    Le gouvernement yéménite légitime, lié au président Rabbo Mansour Hadi, a accusé les milices rebelles houthies d'être responsables de la prolongation de la guerre et de l'exacerbation de la situation humanitaire au Yémen. Pendant ce temps, les batailles sur les fronts de Ma'rib se poursuivent.

    Dans un communiqué publié le soir du 9 février , le gouvernement yéménite a déclaré que les "crimes de guerre" perpétrés par les milices houthis et la violation persistante du droit international humanitaire ne doivent pas être ignorés ni rester impunis. Un comportement similaire, a-t-il souligné, est à l'origine de la perpétuation des tensions sur le terrain et devrait aggraver encore le cadre humanitaire déjà fragile. Plus précisément, le ministère yéménite des Affaires étrangères a mentionné Ma'rib, l'un des derniers bastions du nord-ouest du Yémen contrôlé en grande partie par les forces pro-gouvernementales, au centre de tensions croissantes depuis janvier 2020.

    Les Houthis, qui cherchent à prendre le contrôle de la région riche en pétrole, ont été accusés d'avoir mené une «agression barbare», visant même les quartiers résidentiels. À cet égard, selon des sources du gouvernement yéménite, le 9 février, le tir de  8 missiles balistiques ont été enregistrés en 48 heures contre le gouvernorat de Ma'rib, causant la mort de 4 civils et en blessant 12 autres. En même temps, le ministère de la Défense du Yémen a déclaré que 20 combattants houthis avaient été tués et d'autres blessés à la suite d'une attaque de l'armée pro-gouvernementale dans la région de Hilan du district de Sirwah, à l'ouest de Ma'rib. Pour le moment, les batailles se poursuivent principalement sur les fronts de Ma'rib et d'al-Jawf.

    Face à une escalade dangereuse, le gouvernement yéménite a appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre fin au conflit en cours. Même l'envoyé spécial de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, s'est dit préoccupé par la reprise des "hostilités" dans le gouvernorat de Ma'rib.

    Ma'rib, était relativement calme au cours des dernières années. La ville était restée jusqu'au début de 2020 à l'écart des tensions et des conflits, grâce à la présence de ressources telles que le pétrole et le gaz et sa proximité avec l'Arabie saoudite, ainsi que le soutien des tribus locales. Cela a permis à la région de se développer, contrairement aux autres régions environnantes, permettant l'ouverture de restaurants et le démarrage de projets de construction. Cependant, la situation s'est considérablement détériorée depuis que les Houthis se sont tournés vers cette province pour poursuivre leurs plans d'expansion. La province de Marib, qui abrite également le ministère yéménite de la Défense, est d'une grande importance stratégique pour les Houthis, car il constitue une porte d'entrée vers Sanaa qui leur permettrait de consolider leur contrôle du pays.

    Les batailles entre les forces gouvernementales yéménites et les rebelles houthis dans la province de Ma'rib ont provoqué le déplacement de plus de 90000 personnes et menacent particulièrement les 140 camps de réfugiés, dans lesquels entre 750.000 et un million de Yéménites originaires d'autres régions ont trouvé refuge ces dernières années. L'Organisation internationale des Nations Unies pour les migrations (OIM) a précédemment indiqué que ce chiffre équivaut à plus de la moitié de toutes les personnes déplacées causées par le conflit yéménite en 2020, et que la situation «est sur le point de s'aggraver», car des centaines de milliers de personnes pourraient l'être. contraintes de fuir,  «pour la deuxième, la troisième ou même la quatrième fois» pour un grand nombre d'entre elles. En attendant, plus de 3,3 millions de Yéménites vivent dans des écoles et des camps, où l'eau potable est rare et où le risque de propagation de maladies, dont le choléra, est élevé.

  • Yémen: le parti al-Islah, qui représente les Frères Musulmans, renforce l'influence de la Turquie et du Qatar au Yémen

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    Le gouverneur de Shabwa, Muhammad Saleh bin Adiou, a conclu un accord pour la création d'un port sur la côte de la mer d'Oman. Cette décision est considérée comme une tentative des Frères musulmans d'ouvrir une nouvelle base pour le Qatar et la Turquie.

    L'accord a été signé le 8 novembre par le gouverneur de Shabwa et une société non gouvernementale, la General Trading Company (GTC), chargée de mener à bien la première phase du projet pour la création du port de commerce de Qana, dans le quartier de Radoum. L'accord prévoit tout d'abord la fourniture de réservoirs flottants pour les dérivés pétroliers, puis, dans un second temps, la construction d'amarrages et de 8 réservoirs pour le stockage du pétrole brut, d'une capacité totale de 60 000 tonnes. Pour le Gouverneur Adiou, il s'agit d'un projet visant à renforcer les capacités d'investissement dans la région et à promouvoir ses activités économiques et commerciales. Le GTC, a-t-il été précisé, sera responsable des activités de construction et de gestion dans les premiers stades, tandis que l'État yéménite s'occupera ensuite du nouveau port.

    Selon les rapports al-Arab, le projet Adiou est considéré, en réalité, comme une tentative des Frères musulmans, représentés par le parti al-Islah, de créer un débouché sur la mer d'Oman qui pourrait faciliter la communication et faciliter l'influence du Qatar et de Turquie au Yémen. De cette manière, Doha et Ankara pourraient envoyer de l'aide et des fournitures par voie maritime, directement, comme cela se produit sur les côtes occidentales du Yémen, où les rebelles chiites houthis, selon al-Arab, exploitent certains ports de la région pour recevoir des armes et de l'aide. de l'Iran, tout en contournant les contrôles imposés par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite.

    Un autre objectif des Frères musulmans est de contrôler les zones stratégiques yéménites, de la province riche en pétrole de Ma'arib vers le port d'Abyan ou encore de la province de Shabwa vers le port d'Aden. Le plan prévoit donc le contrôle des territoires riches en pétrole et en gaz et l'ouverture de canaux pour leur transport vers les marchés internationaux. Dans ce contexte, le gouverneur Adiou, selon al-Arab, est un instrument aux mains du groupe islamiste, ainsi qu'un "représentant des intérêts turcs" à Shabwa. À cet égard, le même journal a souvent souligné comment Ankara tente de s'infiltrer de plus en plus dans le paysage yéménite, compte tenu des avantages que les Turcs pourraient tirer du contrôle des routes commerciales dans la mer Rouge et la mer d'Arabie.

    Shabwa est considéré comme l'un des gouvernorats les plus importants du Yémen, compte tenu de la richesse pétrolière dont il dispose. Pour cette raison, il a souvent le théâtre d'affrontements, comme ceux qui ont eu lieu en août 2019, dans le contexte de tensions entre les forces séparatistes du Conseil de transition sud (CTS) et l'armée affiliée au gouvernement légitime du président Rabbo Mansour Hadi. . Pour le moment, l'Arabie saoudite continue d'agir en tant que médiateur pour mettre fin aux pressions sécessionnistes et achever la mise en œuvre de l'accord de Riyad, signé le 5 novembre 2019 dans le but de mettre fin aux tensions provoquées par les ambitions sécessionnistes dans les régions du sud du Yémen.

    Dans ce contexte, lors d'une réunion gouvernementale le 8 novembre, le Conseil de transition sud a accusé les Frères musulmans, membres du gouvernement de Rabbo Mansour Hadi, d'être responsables du non-paiement des salaires des soldats des forces sécessionnistes du Sud, comme l'exige l'accord. de Riyad, exacerbant les conditions économiques déjà fragiles de la population locale.

    Dernier point mais non des moindres, selon le CTS, le Qatar et la Turquie, comme l'Iran, jouent un rôle négatif au Yémen, sabotant les efforts du Royaume saoudien, pas seulement par des manœuvres. économique et politique, mais également en provoquant une escalade militaire.

    Et pour être complet, rappelons que les Emirats Arabes Unis, qui soutiennent le CTS, ont réussi à s'implanter, sans doute durablement, sur l'île de Socotra.

  • Yémen : Les séparatistes sudistes renoncent à leur autonomie

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    Les séparatistes du sud du Yémen ont annoncé mercredi renoncer à leur autonomie et se sont dit prêts à mettre en oeuvre l'accord de Riyad, qui prévoit un partage du pouvoir dans le sud entre le gouvernement et eux.
    Le Conseil de transition du sud (STC) "annonce qu'il renonce à sa déclaration d'autonomie" afin de permettre la mise en place de l'accord de Riyad, a écrit sur Twitter le porte-parole du STC, Nizar Haitham, évoquant le rôle joué par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
    Le gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite et le Conseil de transition du Sud soutenu par les Émirats arabes unis sont en théorie des alliés dans la lutte contre les rebelles chiites Houthis soutenus par l'Iran. Cependant, cette alliance était extrêmement volatile.
    Les séparatistes sudistes ont capturé Aden une première fois en janvier 2018 et une deuxième fois en août 2019. Les tentatives de résolution du conflit ont conduit à la signature des accords de Riyad, qui prévoyaient la création d'organes gouvernementaux unifiés.
    L'Arabie saoudite a confirmé avoir proposé un plan pour "accélérer" la mise en oeuvre de l'accord de Riyad de 2019, a commenté l'agence de presse officielle saoudienne. Le plan prévoit que le Premier ministre yéménite forme un nouveau gouvernement d'ici à 30 jours, ainsi que la nomination d'un nouveau gouverneur à Aden, la capitale du sud, où sont basés les séparatistes.
    Les efforts de l'Arabie saoudite "ont conduit le gouvernement yéménite et le Conseil de transition du sud à accepter le mécanisme proposé pour mettre en oeuvre l'accord de Riyad", s'est félicité le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, sur Twitter. L'obtention de ce consensus "montre qu'il est possible de résoudre les dissensions au Yémen à travers le dialogue, sans recours à la force", a ajouté le prince saoudien.
    Guerre dans la guerre
    Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé en Arabie saoudite, avait exhorté fin juin les séparatistes à "mettre fin à l'effusion de sang" et à respecter un accord de partage du pouvoir, lors de sa première prise de parole depuis leur déclaration d'autonomie du sud en avril.
    Le conflit entre le gouvernement et les séparatistes du STC, en principe alliés contre les rebelles houthis, représentait une guerre dans la guerre au Yémen.
    L'accord dit "de Riyad" a été signé en novembre 2019 et prévoit un partage du pouvoir dans le sud du Yémen entre le gouvernement et les séparatistes. Mais ses dispositions n'ont quasiment pas été mises en place et ont vite été caduques.
    Fin juin, la coalition militaire menée par Riyad au Yémen avait déployé des observateurs saoudiens pour surveiller un cessez-le-feu décrété entre les forces pro-gouvernementales, qu'elle soutient, et les combattants séparatistes, après des accrochages dans le Sud.
    Cette guerre dans la guerre a rendu encore plus complexe un conflit qui, en cinq ans, a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué, selon l'ONU, la pire crise humanitaire en cours dans le monde au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique.
    L'insécurité alimentaire aiguë devrait fortement augmenter dans le sud du Yémen, pays ravagé par la guerre, en raison d'une combinaison de facteurs qui ont été exacerbés par la maladie de Covid-19, selon un rapport de plusieurs agences de l'ONU publié il y a quelques jours. Selon ce document, qui ne couvre que les régions du sud du Yémen, le nombre de personnes "confrontées à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë" devrait passer de 2 millions en février-avril à 3,2 millions en juillet-décembre, soit une augmentation de 60%.