Hadi Abd Rabbo Mansour

  • Yémen : Attentat à Aden contre un convoi officiel, au moins six morts

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    Au moins six personnes ont péri, dimanche 10 octobre 2021, dans un attentat à la voiture piégée dans le sud du Yémen contre un convoi de responsables gouvernementaux, qui ont survécu à l'attaque. 

    Ahmed Lamlas (gouverneur d'Aden).jpegSelon des sources de sécurité, le gouverneur d'Aden, Ahmed Lamlas (photo ci-contre), le ministre de l'Agriculture, Salem al-Socotri, et un troisième responsable dont l'identité n'a pas été précisée dans l'immédiat, étaient à bord du convoi qui roulait à Aden.

    Deuxième ville du pays, Aden est la capitale provisoire du pouvoir yéménite en guerre depuis 2014 contre les houthis, les rebelles chiites qui ont conquis une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa. L'attentat, qui n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, a fait six morts et une dizaine de blessés, selon un nouveau bilan de sources de sécurité. 

    "La voiture piégée a explosé rue al-Moualla au passage du convoi de responsables, dont le gouverneur d'Aden, le ministre de l'Agriculture, ainsi qu'un autre responsable", a indiqué une source de sécurité à l'AFP. Ils ont tous survécu à l'attaque, selon l'agence de presse officielle Saba. Le gouverneur et le ministre de l'Agriculture sont tous deux membres du Conseil de transition du Sud (séparatistes, STC) qui participe au gouvernement d'union avec les partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi reconnu par la communauté internationale. Ce gouvernement siège à Aden.



    Le Sud était un Etat indépendant jusqu'à la réunification du Yémen en 1990. Il existe toujours dans l'ancien Yémen du Sud un fort ressentiment contre les Yéménites originaires du Nord, accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays. Plusieurs attaques antigouvernementales ont été attribuées aux rebelles houthis ces dernières années. D'autres ont été revendiquées par des groupes jihadistes. Après l'attentat, le Premier ministre, Maïn Abdelmalek Saïd, a appelé à une enquête, dénonçant une attaque "terroriste lâche", selon l'agence Saba.

    Emissaire américain 
    Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a lui aussi dénoncé une "opération terroriste", sommant les services de sécurité et les forces armées de "prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir la sécurité et la stabilité" dans cette ville, a rapporté Saba. De son côté, le porte-parole du STC, Ali al-Kathiri, a dénoncé un "complot dangereux" visant le Sud, ajoutant que l'attaque avait coïncidé avec la progression des "milices terroristes" des houthis dans les régions de Marib (nord) et de Chabwa (centre).

    Les houthis ont intensifié ces derniers mois leur campagne pour s'emparer de la ville de Marib qu'ils tentent de conquérir depuis février aux forces pro-gouvernementales, progressant sur plusieurs fronts. Les combats ont fait des centaines de morts. L'attentat de dimanche est le plus sanglant à Aden depuis une attaque en décembre 2020 contre l'aéroport de la ville, peu après l'atterrissage des membres du nouveau gouvernement d'union, faisant au moins 26 morts et plus de 50 blessés.

    Le pouvoir avait alors accusé les houthis. Et plusieurs mois plus tard, un rapport de l'ONU avait pointé du doigt les rebelles, indiquant que l'attaque contre l'aéroport d'Aden avait été réalisée avec des missiles semblables à ceux des houthis et avaient été tirés à partir de lieux sous leur contrôle. 

    Le pouvoir yéménite est soutenu militairement par une coalition menée par l'Arabie saoudite. Les houthis ont le soutien politique de l'Iran, rival régional du royaume saoudien.

    La communauté internationale essaye en vain de parvenir à une résolution pacifique de ce conflit qui a provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU. Près de 80% de la population yéménite compte sur l'aide humanitaire pour survivre. D'après les organisations internationales, des dizaines de milliers de personnes ont péri dans le conflit et des millions ont été déplacées. L'attentat d'Aden s'est produit alors que l'émissaire des Etats-Unis pour le Yémen, Tim Lenderking, a lancé une nouvelle tentative de mettre fin à la guerre dans ce pays avec une tournée régionale incluant l'Arabie saoudite, pays allié des Etats-Unis.

  • Yémen: 67 morts dans des combats autour de la ville de Marib

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    Des affrontements au Yémen ont fait 67 morts au cours des 24 dernières heures parmi les rebelles Houthis et les soldats pro-gouvernementaux dans la bataille pour Marib, dernier bastion loyaliste dans le nord du pays en guerre, selon des sources militaires et médicales.

    "Cinquante-huit rebelles et neuf soldats gouvernementaux ont été tués dans des combats et par des frappes aériennes dans les provinces de Marib et Shabwa", ont indiqué les sources militaires à l'AFP, un bilan confirmé par des sources médicales.

    L'objectif des Houthis est de conquérir le gouvernorat de Ma'rib, riche en ressources pétrolières. La conquête de la province de Marib donnerait aux houthis un avantage avant d'entamer toute négociation de paix. À ce jour, les rebelles n'ont obtenu aucun résultat significatif, mais ils continuent de faire preuve de détermination. 

    Selon le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmed Awad bin Moubarak, lors d'un entretien avec al-Arabiya, Téhéran aurait demandé aux houthis de ne pas s'asseoir à la table des négociations avec le gouvernement yéménite tant qu'il n'aurait pas pris le contrôle total de Marib. 

    Concernant le rôle des acteurs internationaux, Ahmed Awad bin Moubarak s'est dit surpris par le comportement des États-Unis, qui ont retiré les Houthis de la liste des organisations terroristes, mais sans rien obtenir en retour, tandis que le nouvel envoyé de l'ONU, Hans Grundberg, a été invité à travailler sur la base de ce qui a été réalisé jusqu'à présent, sans recommencer. Enfin, le ministre a souligné l'importance des initiatives de paix promues à la fois par l'ONU et l'Arabie saoudite, considérées comme une feuille de route à suivre pour résoudre la crise yéménite.

    Par ailleurs, on a appris qu'au moins 12 civils avient perdu la vie, tandis que 22 autres étaient blessés au cours d'une attaque des milices rebelles Houthis contre le gouvernorat nord-ouest de Hajjah le 26 septembre.

    Selon les rapports du ministre yéménite de l'Information, Moammar al-Eryani, le 26 septembre, un missile balistique, vraisemblablement de fabrication iranienne, a visé le district de Midi, dans le gouvernorat de Hajjah, alors qu'une célébration commémorait le 59e anniversaire de la révolution du 26 septembre 1962. Pour le ministre al-Eryani, l'attaque du 26 septembre est assimilable à un crime de guerre, et représente une violation flagrante des normes et accords internationaux, en premier lieu du droit international humanitaire.

    Le conflit civil au Yémen a commencé à la suite du coup d'État des Houthis le 21 septembre 2014. Le conflit oppose les rebelles chiites houthis, soutenus par Téhéran aux  forces liées au gouvernement yéménite internationalement reconnu  du président Rabbo Mansour Hadi.. Depuis le 26 mars 2015, l'armée pro-gouvernementale est assistée d'une coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite, qui comprend également les Émirats arabes unis, l'Égypte, le Soudan, la Jordanie, le Koweït et Bahreïn.

  • Yémen : L'armée progresse dans la province de  Marib

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    L'armée gouvernementale affirme avoir pris le contrôle du district de Rahba, au sud de la province de Marib, à environ 120 kilomètres à l'est de Sanaa.

    Les forces pro-gouvernementales, aidées par des groupes de combattants locaux et les avions de la coalition dirigée par les Saoudiens, ont pris le contrôle de Rahba, ainsi que plusieurs positions et collines "stratégiques" environnantes, à l’issue d'un assaut mené à l'aube du 14 juillet. Cette zone était aux mains des rebelles chiites Houthis depuis environ un an. Il s’agit d’un succès significatif des forces pro-gouvernementales.

    Les forces pro-gouvernementales continuent actuellement sur leur lancée, forçant les rebelles houthis à se retirer vers la province d'al-Bayda.

    Les combats se poursuivent sur les fronts d'al-Kassara et d'al-Mashjah, à l'ouest de la province de Marib, où les forces pro-gouvernementales ont lancé une attaque contre les positions houthies, prenant le contrôle de plusieurs.

    Rappelons que les rebelles chiites houthis avaient lancé une vaste offensive en février 2021 afin de s’emparer de la province de Marib, riche en ressources pétrolières et gazières. La prise de cette province aurait été un "atout" pour les houthis dans le cas d’éventuelles négociations de paix. La province de Marib était restée à l'écart du conflit jusqu’à l’offensive des rebelles chiites houthis.

    Extension de la mission de l’ONU à Hodeidah
    Mercredi 14 juillet, le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé à l'unanimité l'extension de la mission de surveillance des Nations Unies sur le port de Hodeidah, seul port d’entrée de l’aide humanitaire dans ce pays ravagé par la guerre. Elle devrait rester en place jusqu'au 5 juillet 2022. L’objectif de la mission est d’assurer le respect du cessez-le-feu dans la région occidentale d'Hodeidah. Elle a débuté en décembre 2018 suite à un accord entre.

    Hodeidah est un port essentiel pour venir en aide à la population yéménite, car c'est ici que l'essentiel de l'aide humanitaire à destination de la population yéménite victime de la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU, conséquence de la guerre civile. La mission de l’ONU sur le port de Hodeidah résulte de l' « Accord de Stockholm » signé le 13 décembre 2018, et qui est l'un des rares accords ayant vu le gouvernement de Rabbo Mansour Hadi et les rebelles houthis s'asseoir à la table des négociations. En vertu de cet accord, les rebelles chiites acceptaient de se retirer des trois principaux ports du Yémen, Hodeidah, Salif et Ras Isa, pour laisser le suivi et la gestion nécessaires de ces zones à une délégation de l'ONU. Le répit relatif a permis à la Mission des Nations Unies d'établir des points de contrôle et des postes de surveillance dans le gouvernorat de Hodeidah à partir du 19 octobre 2019, dans le but de faire respecter le cessez-le-feu. En contrepartie, les Houthis se voyaient confier le contrôle de la ville de Hodeidah, le centre du gouvernorat et le port, défini comme stratégique, tandis que les forces gouvernementales restaient positionnées aux entrées sud et est.

    La mission UNMHA compte 55 employés, dont 35 observateurs militaires et de police et 20 employés civils. Malgré l'accord de Stockholm, ces dernières années, la trêve a été violée à plusieurs reprises et les Houthis ont été accusés d'avoir mené des attaques et des bombardements au moyen de drones, d'artillerie lourde, de mines et d'engins explosifs improvisés, même dans des zones résidentielles, faisant des victimes civiles. L'une des escalades les plus récentes s'est produite en janvier. Au cours des trois derniers mois de 2020, on a déploré 153 victimes civiles, ce qui est le nombre le plus élevé jamais enregistré dans la province.

    Actuellement, la nomination d'un nouvel envoyé spécial de l'ONU au Yémen est en attente après que Martin Griffiths ait donné son dernier briefing le 15 juin. Le 14 juillet, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a fait une première proposition. Il s'agit de Hans Grundberg, un diplomate suédois déjà envoyé au Yémen par l'Union européenne depuis le 1er septembre 2019. Avant de recevoir le mandat de cinquième envoyé spécial, Grundberg devra recevoir l'aval des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France et Chine.

  • Arabie saoudite : Les rebelles chiites yéménites Houthis attaquent l'installation d'Aramco près de Riyad

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    Vendredi 19 mars, les rebelles chiites yéménites Houthis ont annoncé avoir mené une attaque à grande échelle contre une installation du géant pétrolier saoudien Aramco près de la capitale du Royaume, Riyad.

    Dans une déclaration, le général Yahya Sari, un porte-parole des Houthis, a déclaré que l'installation avait été la cible de six drones suicides au cours de l'opération qui a été baptisée «6ème de Sha'ban» le sixième mois des huit mois du calendrier islamique.

    Le général Sari a déclaré que l'opération avait été un succès, sans fournir plus de détails. La veille, les houthis avaient lancé une attaque de drone contre l'aéroport international d'Abha, dans le sud de l'Arabie saoudite.

    «Le commandement général des forces armées [houthis] affirme que ses opérations se poursuivront et s'intensifieront tant que l'agression et le blocus se poursuivront», a déclaré le porte-parole.

    Le ministère saoudien de l'Énergie a confirmé qu'une raffinerie de pétrole près de Riyad avait été touchée par plusieurs drones. Un incendie a éclaté à la suite de l'attaque. Cependant, il n'y a pas eu de pertes humaines.

    «Le Royaume affirme que ces actes de terrorisme et de sabotage, perpétrés à plusieurs reprises contre des installations vitales et des installations civiles, ne visent pas uniquement le Royaume, mais plus largement la sécurité et la stabilité de l’approvisionnement énergétique du monde, ainsi que l’économie mondiale». a déclaré un porte-parole du ministère dans un communiqué.

    L'opération 6 ème de Sha'ban est la plus récente d'une série d'attaques de grande envergure lancées cette année par les Houthis contre des cibles stratégiques en Arabie saoudite.

    Le 28 février, les Houthis avaient mené l'opération "Dissuasion Balance 5" qui visait plusieurs positions militaires à Riyad ainsi que dans les villes du sud du Royaume, Abha et Khamis Mushait.

    Le 7 mars, le groupe yéménite avait mené l'opération "Dissuasion Balance 6" qui visait le port pétrolier de Ras Tanura sur la côte est de l'Arabie saoudite ainsi que des positions dans les provinces méridionales d'Asir et de Jizane.

    Les récentes opérations des Houthis visent à décourager l'Arabie saoudite, qui semble déterminée à poursuivre son intervention militaire au Yémen, en soutien du gouvernement internationalement reconnu de Hadi.

     

  • Yémen : L'offensive des Houthis marque le pas dans la province de Marib

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    Le rythme de l'offensive des combattants d'Ansarullah, le bras armé es Houthis s'est sérieusement ralenti à la mi-mars. Les Houthis semblent incapables de capitaliser sur leurs succès antérieurs et de transformer leurs succès en gains territoriaux. On peut dire que l'offensive est entrée dans une phase de saturation et que les Houthis ont besoin d'une pause opérationnelle et d'un regroupement de leurs troupes, ce qui peut expliquer la diminution de l'intensité des attaques dans un certain nombre de secteurs clés. De toute évidence, ils ne sont plus capables d'avancer sur tout le front.
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    Front nord
    Au nord de la ville de Marib, les Houthis se sont heurtés aux positions défensives des forces gouvernementales sur la ligne Al Alam al-Abyad-Jabal Mankidha, qui empêche l'accès par le désert à l'autoroute N5 au nord-ouest de Marib. Les tentatives directes de percer cette ligne défensive ou de contourner par le désert depuis l'est ont été mises en échec par les forces pro-gouvernementales.

    Le front du nord n'a pratiquement pas bougé pendant une semaine. En conséquence, pour l'instant, nous pouvons dire que la menace immédiate pesant sur l'autoroute N5 a été éliminée. Cela est également dû au fait que seule l'infanterie légère des Houthis a été engagée, pratiquement sans armes lourdes.

    Front nord-ouest
    Les tentatives d'encercler les forces pro-gouvernementales positionnées dans la région d'Asdas ont échoué. Après la capture de Jabal al-Safa et d'al-Asahil la semaine dernière, la poursuite de l'offensive des Houthis a échoué, rendant difficile toute progression vers le camp Kanais, car plusieurs brigades pro-gouvernementales les menaceraient sur leur flanc. Ces dernières pourraient facilement couper et isoler les troupes d'Ansarullah dans le cas où celles-ci s'aventureraient à travers le désert. En fait, la défense du saillant d'Asdan a sérieusement entravé le développement de l'avance des Houthis en février-mars.

    De même, l'offensive le long de la section nord-ouest de la route N5 est bloquée. Les forces pro-gouvernementales ont pu prendre pied sur les hauteurs de Dashh Hakn et la chaîne de collines et de hauteurs couvrant la sortie vers la base de Tadavin par le nord-ouest. Les tentatives pour contourner ces positions à travers le désert depuis Al Ayuz ont également échoué. En général, on peut dire que l'avancée des Houthis depuis le nord-ouest de la ville a été stoppée.

    Le seul front où les forces pro-gouvernementales sont en difficulté est au sud-ouest de Marib, où les Houthis poursuivent leurs attaques, acheminant des renforts pour reconstituer les unités épuisées par les batailles précédentes. Les 13 et 14 mars, les Houthis ont lancé une série d'attaques dans la région de Jabal al-Balak. Les affrontements se poursuivent dans ce secteur depuis la deuxième quinzaine de février. 

    Les Houthis affirment avoir progressé au nord-ouest du barrage de Marib et que leurs avant-gardes sont situées à 8 kilomètres de la périphérie de la ville. En fait, la région de Jabal al-Balak reste contestée, car les deux parties comprennent son importance pour l'issue de la bataille et amènent constamment de nouvelles forces au combat dans ce secteur. Les combats ici se sont transformés en une bataille d'usure, où les deux camps subissent de lourdes pertes avec peu de mouvements de front.

    Au sud du barrage de Marib, les forces gouvernementales ont pu ralentir la progression des rebelles Houthis vers Marib et elles pilonnent leurs positions dans le secteur d'Ar-Ravd. De là, les Houthis menaçaient directement la route N7, qui est exposée aux frappes d'artillerie, ce qui rend tous mouvements très périlleux. De manière générale, les forces gouvernementales tenaient la ligne de front le 15 mars et ont réussi à surmonter la crise opérationnelle sur la plupart des axes. S'ils réussissent à arrêter la progression des rebelles Houthis dans la zone du barrage de Marib, ils bénéficieront du répit opérationnel tant souhaité.

    Front sud
    Les fronts au sud de la ville de Marib sont inchangés. Les attaques en direction de Jabal al-Habda, al-Washal et Shib Gubar ont pratiquement cessé. Le front ici est assez stable, il n'y a actuellement aucune menace d'une progressioin des Houthis vers l'autoroute N7 au sud de la province de Marib.

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  • Yémen : Plus 60 morts dans des combats acharnés entre rebelles et loyalistes dans la région de Marib

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    Plus de 60 combattants ont été tués vendredi 26 février 2021 dans la bataille à Marib, la journée la plus sanglante depuis la reprise début février de l'assaut des rebelles chiites contre cette province sous contrôle du pouvoir, selon des sources gouvernementales.

    Dans le pays en guerre depuis 2014, les rebelles Houthis tentent de s'emparer depuis plus d'un an de Marib, à 120 km à l'est de la capitale Sanaa, une région située près de champs pétroliers et dernier bastion du gouvernement dans le Nord.

    Après une forte réduction des combats pendant plusieurs mois, les rebelles ont repris le 8 février leur offensive contre Marib. Depuis, les affrontements ont fait des dizaines de morts parmi les combattants des deux camps et forcé à la fuite des centaines de familles.

     Brigadier Abdulghani Shaalan (tué).jpegVendredi, lors des "plus violents combats" depuis la reprise de l'assaut, au moins 27 membres des forces loyalistes ainsi que 34 rebelles ont été tués sur plusieurs fronts de la province, ont indiqué les sources gouvernementales à l'AFP.  Parmi les personnes décédées, on compte le commandant des forces spéciales gouvernementales du front de Marib, le brigadier Abdulghani Shaalan (photo)

    Les affrontements les plus intenses ont eu lieu au sud-est du chef-lieu éponyme de la province, selon une source militaire. Les forces pro-gouvernementales soutenues par l'aviation de la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, ont réussi à repousser les attaques rebelles.

    Dans le secteur d'Ablah (sud), des "combats acharnés ont fait des morts dans les deux camps", a ajouté la source militaire sans être en mesure de donner un bilan précis. De même sur le front nord d'Al-Kassara, les Houthis ont perdu des hommes, a-t-elle ajouté.

    Les Houthis ne divulguent généralement pas leurs pertes.

    Raids de la coalition sunnite dirigée par l'Arabie saoudite
    Selon des sources militaires gouvernementales, la coalition militaire soutenant depuis 2015 le pouvoir yéménite, a mené en appui aux forces au sol à Marib des raids pour empêcher les rebelles d'avancer. Ces raids ont été confirmés par la chaîne des rebelles Al-Massirah.

    Les forces gouvernementales ont en outre appelé ces derniers jours les tribus locales armées à les soutenir, selon des habitants.

    Soutenus par l'Iran qui dément leur fournir des armes, les rebelles tentent depuis un an d'arracher ce dernier bastion loyaliste du nord du Yémen au pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Cette région est l'une des rares restées aux mains des loyalistes, alors que le nord du pays est largement contrôlé par les Houthis.

    Un succès des insurgés serait un coup dur pour le pouvoir yéménite. Le royaume saoudien sunnite voisin est le rival régional de l'Iran chiite et ces deux pays se livrent une guerre par procuration au Yémen selon des experts.

    Recrudescence des combats alors que la nouvelle administration Joe Biden met fin au soutien à Riyad dans la guerre contre les rebelles yéménites
    La recrudescence des violences à Marib, ainsi que les attaques lancées ces dernières semaines par les rebelles contre le territoire saoudien, sont intervenues alors que la nouvelle administration américaine a décidé de mettre fin à son soutien à Riyad dans cette guerre et de retirer les Houthis de la liste des "organisations terroristes".

    Jeudi, lors d'un premier entretien téléphonique avec le roi Salmane d'Arabie saoudite, Joe Biden a entre autres évoqué "l'engagement des Etats-Unis à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iraniens".

    Le conflit au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, a été déclenché en 2014 par une vaste offensive des rebelles chiites Houthis qui se sont emparés de vastes pans du territoire, y compris la capitale Sanaa qu'ils contrôlent toujours. La guerre a plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU, et fait des dizaines de milliers de morts, d'après des ONG internationales. Sans oublier les millions de déplacés et une population au bord de la famine.

    A Sanaa, une foule de partisans des rebelles est descendue vendredi dans la rue pour protester contre le blocus aérien imposé par la coalition.

  • Yémen : Poursuite des violents combats pour le contrôle de la province de Marib au centre du pays

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    Les rebelles chiites  houthis ont intensifié leurs attaques contre la ville de Marib, dernier bastion des forces gouvernementales du président Abd Rabbu Mansour Hadi dans le centre du Yémen. 

    Les Houthis ont acheminé d'importants renforts humains et lancé des attaques de plusieurs côtés sur Marib au cours des dernières 24 heures. Cela a provoqué le déclenchement de violents combats au cours desquels 16 membres des forces gouvernementales ont été tués et 21 autres blessés. De leur côté, les houthis ont perdu des dizaines de combattants .

    Les forces houthies ont réussi à couper les lignes de ravitaillement dans le district d'Al-Abdiya, à environ 50 km au sud de Marib, avec l'objectif d'imposer un siège à Marib, en vue de son assaut.

    "France Press" a confirmé que les combats se poursuivaient au milieu des raids intensifs de la coalition arabe dirigée par Riyad dans un effort d'empêcher la chute de Marib, soulignant que cette ville est de fait un "protectorat saoudien" dans lequel le royaume a beaucoup investi.

    À son tour, le porte-parole des Houthis, Muhammad Abd al-Salam, dans un tweet publié samedi soir, s’est adressé aux habitants de Marib, affirmant que les opérations du groupe «ne visent que les personnes impliquées militairement avec l’ennemi étranger».

    Les Houthis ont lancé leur offensive pour contrôler Marib, à environ 120 km à l'est de la capitale, Sanaa, il y a environ un an et ont intensifié leurs attaques au cours des deux dernières semaines.

    L'Agence France Presse pense que les houthis cherchent à contrôler Marib avant d'entamer de nouveaux pourparlers avec le gouvernement Hadi, car une victoire de leur part saperait considérablement les positions de négociation du gouvernement internationalement reconnu.