Groupe Firqatul Ghuraba

  • Syrie : Le jihadiste français Oumar Diaby détenu par le groupe jihadiste Hayat Tahrir ash-Sham

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    Oumar Diaby.jpgLe jihadiste français Oumar Diaby (photo), alias Omar Omsen, émir du groupe Firqatul Ghuraba, a été arrêté en Syrie par le groupe Hayat Tahrir ash-Sham lié à el-Qaëda.

    Dans un communiqué authentifié lundi par plusieurs experts du jihadisme contactés par l'AFP, le groupe Firqatul Ghuraba indique que "Omar Omsen, ainsi que trois autres jihadistes français, ont été arrêtés à Atmeh après avoir répondu à la convocation d'un tribunal" du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS). Le communiqué précise ne pas avoir d'explications claires quant aux motifs de cette arrestation.

    Dans une vidéo de 18 minutes le groupe d’Omar Omsen a dénoncé son arrestation en réfutant les accusations de HTS sur les dossiers de mariage, de la justice interne et de l’indépendance du groupe. il y dévoile l’identité des 3 autres détenus Abou Saleh  de Nice, Abou Khalid de Paris, Abou Bassir (droite) de Monaco.

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    L'expert Aymenn Jawad Tamimi a confirmé à l'AFP l'authenticité du document, ajoutant avoir obtenu directement de HTS l'information sur l'arrestation des quatre hommes. A Paris, une source proche du dossier a pour sa part indiqué qu'Omsen avait bien été arrêté par le HTS, ajoutant que son sort exact restait incertain.

    Ancien délinquant franco-sénégalais devenu prêcheur notamment via internet, Diaby travaillait en 2012 dans un snack hallal à Nice (sud-est de la France) avant de rejoindre la Syrie en 2013 où il a pris la tête d'une brigade jihadiste composée de Français, pour la plupart originaires comme lui de la région niçoise. Auteur de vidéos de propagande pour recruter de nombreux Français, il s'était auto-proclamé imam. En septembre 2016, les Etats-Unis l'avaient qualifié de "terroriste international". Donné pour mort, il était réapparu dans un tournage diffusé par France 2 en 2016.

    S'il n'est pas directement soupçonné d'avoir organisé des attentats, Omar Omsen avait approuvé l'attaque contre le journal Charlie Hebdo en janvier 2015 à Paris, dont le procès s'ouvre à Paris mercredi. "Ceux qui ont insulté le prophète ont été exécutés. Il fallait faire ce que les frères Kouachi ont fait. J'aurais voulu être choisi pour faire cela", avait-il déclaré à France 2.

    "Aujourd'hui, on estime que près de 70 personnes appartiennent à sa brigade, localisée au nord-ouest de la Syrie, à la frontière avec la Turquie", estime Jean-Charles Brisard, directeur du Centre d'analyse du terrorisme (CAT), cité lundi dans le quotidien Nice-Matin. "C'est quelqu'un dont la longévité repose sur des équilibres fragiles avec des alliances de circonstances qu'il noue avec des groupes", ajoute-t-il. "Il se maintient d'une façon assez précaire, ces alliances faisant qu'il est arrêté de temps en temps au gré de dissensions internes".

    En l'occurrence, le communiqué annonçant son arrestation, annoncé dès dimanche par le journaliste de France 24 et expert du jihadisme Wassim Nasr, évoque un différent avec le Parti islamique du Turkestan (TIP), un groupe jihadiste rival dont les membres appartiennent majoritairement à la minorité musulmane ouïghoure de Chine.