Gouvernement de Transition

  • Soudan : Un deuxième mort et des viols lors des manifestations dimanche 19 décembre 2021

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    Un deuxième manifestant a été tué par balle lors des manifestations contre le pouvoir militaire dimanche 19 décembre 2021 au Soudan, ont déclaré mardi des médecins, et d'après le ministère du Développement social, deux femmes ont été violées à Khartoum.

    Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et tiré à balles réelles pour disperser les centaines de milliers de manifestants qui dénonçaient le coup d'Etat du 25 octobre d'Abdel Fattah al-Burhane, le général qui a récemment renforcé la férule de l'armée sur le pays.

    Mardi, un syndicat de médecins pro-démocratie a annoncé la mort d'une balle "dans la tête" de Mohamad Ali, 28 ans, dans une ville au nord de Khartoum. Un premier décès avait été annoncé lundi. Au moins 47 personnes sont mortes depuis le putsch, a indiqué le syndicat.

    "Nous avons comptabilisé deux cas de viols de manifestantes le 19 décembre", a déclaré à l'AFP la directrice de l'unité de lutte contre les violences faites aux femmes au sein du ministère du Développement social, Suleima Ishaq, sans donner de précisions sur les suspects. "L'une des femmes a porté plainte", a ajouté Mme Ishaq en précisant que les victimes avaient reçu l'assistance médicale nécessaire.

    Les manifestations ont eu lieu le jour du troisième anniversaire du début de la révolte qui avait entraîné la chute du dictateur Omar el-Béchir en avril 2019. Le processus de transition démocratique qui s'en est suivi a été interrompu en octobre avec le coup d'Etat.

    Lundi, le porte-parole de l'armée a assuré que ses forces étaient en faveur d'un processus démocratique et d'"élections libres et justes". Mais Les Forces de la liberté et du changement (FLC), fer de lance de la révolte, ont appelé la population à poursuivre sa mobilisation contre le pouvoir militaire, prévoyant des manifestations les 25 et 30 décembre. 

  • Soudan : Trois manifestants anti-putsch tués à Khartoum

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    Trois manifestants contre le coup d'Etat ont été tués samedi 13 novembre 2021 à Khartoum, a indiqué un syndicat de médecins pro-démocratie.

    Deux manifestants ont été mortellement touchés par des balles tandis que le troisième est mort asphyxié par les gaz lacrymogènes, a précisé le syndicat, alors que des dizaines de milliers de Soudanais continuent de crier "Non au pouvoir militaire" dans les rues de Khartoum et de nombreuses villes du Soudan.

    Les manifestants ont réussi à s'organiser par SMS ou graffitis alors qu'internet est coupé depuis trois semaines.Ils veulent montrer qu'ils pèsent encore, alors que les militaires doivent faire preuve de retenue pour rassurer la communauté internationale qui a condamné le putsch du 25 octobre.

    Malgré les appels au calme venus dès vendredi soir des quatre coins du monde, les médecins ont recensé trois morts dans l'après-midi, ainsi que de "nombreux blessés par balles", semblant montrer que l'armée est décidée à en finir avec une mobilisation qui ne cesse de se relancer depuis le coup d'Etat. Dès les premières heures du matin, soldats et paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) s'étaient déployés en masse à Khartoum, installant des barrages mobiles pour empêcher les rassemblements et bloquer les ponts reliant le centre aux banlieues.

    Malgré ces obstacles et les grenades lacrymogènes tirées sur plusieurs défilés, des cortèges sont partis de nombreux quartiers aux cris de "Non au pouvoir militaire" et "A bas de le Conseil" de souveraineté dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhane, auteur du coup d'Etat. Des manifestations avaient également lieu dans d'autres villes du pays, dont Port-Soudan dans l'est, selon des correspondants de l'AFP.

    Depuis le coup d'Etat, 16 manifestants ont été tués et plus de 300 blessés, selon les médecins pro-démocratie. En outre, note l'ONU, des centaines d'opposants et de militants ont été arrêtés.

    Rupture entre civils et militaires
    Avec son coup de force, le chef de l'armée a rebattu les cartes d'une transition qui battait de l'aile depuis des mois. Il a fait rafler la quasi-totalité des civils au sein du pouvoir et mis un point final à l'union sacrée entre civils et militaires qui avait clos 30 ans de dictature Bachir. Jeudi, il a acté la rupture avec la réinstallation et la réforme du Conseil de souveraineté - plus haute autorité de la transition depuis la destitution sous la pression de la rue du président Omar el-Bachir en 2019 -, qu'il avait dissous le 25 octobre. Il a ainsi reconduit au sein du Conseil des militaires et nommé des civils apolitiques en remplacement des partisans d'un transfert complet du pouvoir aux civils. Avec son second, le général Mohammed Hamdane Daglo, chef des RSF et accusé d'exactions graves, ils se sont engagés à "des élections libres et transparentes" à l'été 2023. Des promesses qui n'ont pas apaisé l'opposition, alors que le retour en arrière est tangible.
    Lors du putsch, le général Burhane a suspendu des articles de la déclaration constitutionnelle censée encadrer la transition jusqu'aux élections. Il les a réintroduits jeudi mais après en avoir retiré toutes les mentions faites des Forces de la liberté et du changement (FLC), bloc civil né de la révolte populaire de 2019.

    "Maintenant que le coup d'Etat a eu lieu, les militaires veulent consolider leur mainmise sur le pouvoir", décrypte Jonas Horner, chercheur à l'International Crisis Group. En face, les organisations pro-démocratie qui étaient parvenues à paralyser le Soudan contre Bachir semblent cette fois-ci incapables de faire régner "désobéissance civile" et "grève générale" - synonymes d'absence de revenus - dans l'un des pays les plus pauvres au monde.

    "Un retour aux engagements constitutionnels de 2019 plus difficile"
    Pour Volker Perthes, émissaire de l'ONU au Soudan, "la nomination unilatérale du Conseil de souveraineté rend beaucoup plus difficile un retour aux engagements constitutionnels" de 2019.

    Le Premier ministre renversé, Abdallah Hamdok, est, lui, toujours en résidence surveillée. L'armée n'a libéré que quatre ministres, en dépit des appels quasi quotidiens de la communauté internationale à un retour au gouvernement civil d'avant-25 octobre.

    Le général Burhane promet depuis plusieurs jours la formation "imminente" d'un gouvernement, sans y être parvenu jusqu'ici. 

     

  • Soudan : Des milliers de manifestants devant le palais présidentiel pour “récupérer la révolution“

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    Des milliers de manifestants se sont rassemblés, samedi, 16 octobre 2021, devant le palais présidentiel à Khartoum, pour réclamer "la récupération de la révolution et l'amélioration des conditions de vie".

    Les manifestants ont scandé des slogans appelant à “renverser le gouvernement de transition“, “récupérer la révolution“ et “améliorer les conditions de vie“.

    Les manifestants ont également porté des drapeaux nationaux et brandi des banderoles portant des slogans, dont notamment "Le peuple patient est affamé", "Un peuple, une armée".

    Le mouvement “Charte nationale“ des Forces de la Déclaration de la liberté et du changement (la coalition au pouvoir au Soudan) a appelé, dans la journée du jeudi, à organiser des rassemblements de protestation pour exiger « la récupération de la révolution“.

    Le mouvement avait déclaré dans le communiqué à l'époque : "nous vous retrouverons (les Soudanais) dans les rues samedi, dans des cortèges pour récupérer la révolution, pour réanimer la vie politique au Soudan".

    Depuis quelques jours, la tension s'est intensifiée entre les composantes militaire et civile de l'autorité de transition au Soudan, en raison des critiques formulées par les chefs militaires à l’encontre des forces politiques, sur fond d'une tentative de coup d'État, déjouée le 21 septembre dernier.

  • Soudan : Affrontements entre la sécurité soudanaise et les manifestants devant le palais présidentiel

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    Frustrés par l'absence de changement dans leur vie quotidienne, des milliers de manifestants réclamant "Justice" ont défilé samedi 19 décembre dans plusieurs villes du pays, au deuxième anniversaire du début de la révolte contre l'autocrate Omar al-Bachir.

    Après après avoir brûlé des pneus provoquant des volutes de fumée noire à El Sahafa, un quartier du sud de la capitale Khartoum, des manifestants se sont dirigés vers le palais présidentiel en scandant "Justice, Justice", et "Taskout Bass" ("La chute, point final"), alors que d'autres arboraient le drapeau soudanais ou des photos de "martyrs" tués durant les manifestations de 2019. Ils reprenaient les mots d'ordre de la révolution et certains scandaient "le peuple veut la chute du régime", un cri présent dans toutes les manifestations durant le Printemps arabe. 

    Le 19 décembre 2018, des centaines de Soudanais avaient commencé à manifester dans plusieurs villes du pays après la décision gouvernementale de tripler le prix du pain en pleine crise économique. Ce mouvement s'est transformé en une révolte qui a abouti le 11 avril 2019 à la destitution par l'armée du président Omar el-Bachir, après 30 ans de pouvoir sans partage. 

    Depuis la conclusion en août dernier d'un accord entre les militaires qui avaient succédé à M. Bachir et les dirigeants de la contestation, le pays est dirigé par un gouvernement de transition, avec un Premier ministre civil et un Conseil souverain composé de civils et de militaires.

    Samedi près de l'aéroport, des manifestants tenaient une affiche du Premier ministre, Abdalah Hamdok, barrée d'une croix avec le mot "Erhal", (Dégage !). "Nous sommes descendus dans la rue aujourd'hui car le gouvernement transitoire ne satisfait pas nos demandes ni dans le domaine économique ni en matière de justice", a affirmé à l'AFP  un manifestant.

    "Message très clair" 
    En dépit de l'annonce récente par les Etats-Unis du retrait officiel du Soudan de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme, la crise socio-économique persiste, accentuée par l'épidémie du coronavirus, une inflation galopante et une dette colossale, équivalente à 201% du Produit intérieur brut (PIB). Autre motif d'insatisfaction des manifestants, les responsables de la répression durant la révolution n'ont toujours pas été traduits en justice.

    Le procureur général a interdit aux forces de sécurité de tirer et d'utiliser des grenades lacrymogènes durant les manifestations. Après avoir défilé en ville, les manifestants se sont arrêtés à 10 mètres du Palais présidentiel en criant "Liberté, Liberté", "Retour des déplacés", mais aucun incident n'a été déploré jusqu'ici avec les forces de sécurité.

    Pour une manifestante, "c'est un message très clair adressé aujourd'hui au gouvernement civil et militaire. Nous possédons le pouvoir de la rue, c'est notre arme et nous l'utiliserons si nos demandes ne sont pas satisfaites", a-t-elle dit à l'AFP.

    Outre Khartoum, des manifestations ont également eu lieu à Madani, dans la province de Jazira, à Port Soudan, le principal port du pays, Atbara, dans le nord-est et à Kassala, dans l'est du pays, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés éthiopiens, selon des correspondants de l'AFP.

    Les relations entre militaires et civils dont des représentants forment un gouvernement de transition se sont dégradées au fil des mois, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale et des experts. Le Premier ministre a renouvelé ses critiques acerbes envers l'armée et les services de sécurité, jugeant "inacceptable" leur poids dans l'économie - ils contrôlent environ 250 sociétés dans des secteurs vitaux.

    Pour l'ONU, "le Soudan est à un moment critique". "Il peut avancer de manière décisive dans sa transition, mais ces progrès peuvent encore dérailler face aux nombreux défis", a expliqué le 8 décembre Resemary DiCarlo, le secrétaire générale adjoint de l'ONU.

  • Soudan : Le gouvernement de transition menacé par des appels à manifester en masse pour le 21 octobre

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    Un groupe de forces différentes, de droite et de gauche, dont "l'Association des professionnels soudanais", a annoncé une "marche des millions" le 21 de ce mois, pour faire tomber l'actuel gouvernement de transition.

    Les cercles politiques s'attendent à ce que des manifestations de masse émergent de cet événement, étant donné la détérioration des conditions de vie et économiques que traverse le pays et la décision du gouvernement de libéraliser les prix du carburant.

    Ces mouvements interviennent également au milieu des files d'attente continues dans les stations-service, en plus de la hausse quotidienne des prix des biens de consommation.