Gondar

  • Ethiopie.. Intenses bombardements sur les rebelles du Tigray dans l'Etat d'Amhara

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    Depuis jeudi, de vastes zones d'Amhara ont fait l'objet d'attaques, de frappes aériennes et terrestres de la part de l'armée éthiopienne, au milieu des spéculations sur une attaque majeure des forces gouvernementales contre les rebelles du Tigray.

    Le porte-parole du Front populaire de libération du Tigray (TPLF), Getachew Reda, a déclaré qu'il y avait eu une "attaque majeure" contre les rebelles affiliés au TPLF, qui est enfermé dans un conflit sanglant avec les forces pro-gouvernementales dans le nord de l'Éthiopie depuis près de 11 mois.

    Getachew a confirmé l'occurrence de "bombardements, principalement aériens, de drones et d'artillerie" visant les rebelles du Front populaire de libération du Tigray, en plus d'importants renforts militaires. Il a ajouté que "des dizaines de milliers de personnels ont été mobilisés" dans le nord de l'Amhara, notamment les régions du Nord Gondar et du Nord Wolu.
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    Cette offensive survient quelques jours après que le Premier ministre Abiy Ahmed a prêté serment lundi 4 octobre pour un nouveau mandat, s'engageant à défendre "l'honneur de l'Éthiopie" malgré les critiques internationales croissantes et les inquiétudes concernant la crise humanitaire qu'il a provoquée.

    La guerre a éclaté en novembre lorsqu'Abiy Ahmed a envoyé des soldats au Tigray pour renverser le Front populaire de libération du Tigray (TPLF), l'ancien dirigeant de la région. La décision d'Abiy était une réponse aux attaques des Tigréens  contre les camps de l'armée fédérale.

    Bien que les forces gouvernementales aient rapidement pris le contrôle des villes et villages du Tigray, les Tigréens ont repris le contrôle de la majeure partie du territoire, y compris la capitale, Mekelle, fin juin.

    Les combats se sont depuis étendus aux régions voisines d'Amhara et d'Afar, provoquant ce que les Nations Unies ont qualifié de "crise humanitaire massive", avec des centaines de milliers de personnes confrontées à des conditions proches de la famine.

    On s'attendait à la possibilité d'une reprise des combats avec l'approche de la fin de la saison des pluies, et avec la mobilisation massive dans tout le pays, notamment à Amhara.

     

  • Éthiopie : Les cadavres de plus de 120 personnes retrouvés dans la région d'Amhara

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    Des médecins et des responsables locaux ont déclaré que plus de 120 civils avaient été massacrés dans la région d'Amhara en Éthiopie au début du mois de septembre. Les forces du Tigray, engagées dans un conflit civil contre les troupes du gouvernement central depuis novembre dernier, ont nié les accusations de responsabilité portées contre elles.

    Les meurtres auraient eu lieu début septembre dans le village de Chenna. Sewnet Wubalem, l'administrateur local de la ville voisine de Dabat, et Chalachew Dagnew, porte-parole de la ville de Gondar, ont déclaré à l'agence de presse Reuters. « Jusqu'à présent, nous avons récupéré 120 corps. C'étaient tous des paysans innocents. Mais nous pensons que le nombre pourrait être plus élevé. Il y a des gens qui manquent », a précisé Sewnet. Mulugeta Melesa, chef de l'hôpital de Dabat, a confirmé un bilan similaire à l'agence de presse Agence France Presse : "Il y a eu 125 morts dans le village de Chenna, j'ai vu moi-même le charnier". Melesa a ajouté que les habitants recherchaient toujours des cadavres dans la région et que le décompte était toujours en cours ajoute, Dagnew, porte-parole de Gondar,

    Les tueries, selon des sources, auraient eu lieu lors de la "brève présence" des forces du Tigray dans la région, désormais de nouveau sous le contrôle de l'armée fédérale éthiopienne. Les rebelles Tigréens, pour leur part, ont publié une déclaration rejetant une "accusation fabriquée" par le gouvernement régional d'Amhara et niant toute implication dans le meurtre de civils. "Nous rejetons catégoriquement les allégations selon lesquelles nos forces auraient été impliquées dans le meurtre de civils", lit-on dans la déclaration publiée sur Twitter par le porte-parole du groupe, Getachew Reda. Ce dernier a également appelé à "une enquête indépendante sur toutes les atrocités" commises dans la région.

    Le Front populaire de libération du Tigray (TPLF) avait progressé au-delà des frontières de la région vers la fin juillet. Au cours des premières semaines d'août, les combats s'étaient étendus aux États régionaux voisins d'Amhara et d'Afar, déplaçant quelque 170 000 personnes. Des informations récentes ont rapporté que les forces du Tigray continuaient de se battre avec les forces des régions voisines, malgré les appels de la communauté internationale à ne pas étendre le conflit au reste du pays. Selon le gouvernement d'Addis-Abeba, le TPLF avait également tenté une expansion plus au nord, lançant une opération militaire dans le nord-ouest du pays, pour tenter d'accéder au Soudan. Dans les régions proches du Tigray, les rebelles du TPLF ont été accusés d'exécutions sommaires et de bombardements aveugles, crimes que le groupe nie avoir commis.

    Les habitants de Chenna ont rapporté que les forces du TPLF étaient arrivées pour contrôler tout le village fin août, avant que des combats contre les troupes pro-gouvernementales n'éclatent dans la région début septembre. Les forces Tigréennes, selon les administrateurs locaux, ont tiré aveuglément sur des civils avant de battre en retraite. Certains des blessés ont été transportés à l'hôpital universitaire de la ville de Gondar. "Il y a plusieurs civils blessés ici", a déclaré Ashenafi Tazebew, vice-président de l'hôpital de Gondar. « Nous avons reçu environ 35 à 36 patients, mais je ne sais pas s'ils viennent tous du massacre de Chenna. La plupart d'entre eux ont des blessures par balle », a-t-il ajouté.

    Les Nations Unies, les États-Unis et d'autres acteurs internationaux font pression pour un cessez-le-feu immédiat et pour l'ouverture de pourparlers pour mettre fin à la guerre. Le conflit, qui dure depuis près de 10 mois maintenant, a fait des milliers de morts et une aggravation de la situation humanitaire. Environ 400 000 personnes vivent dans des conditions de famine et le conflit a créé un afflux de plus de 53 000 réfugiés depuis la fin de 2020. 

    L'opération de l'armée fédérale éthiopienne dans la région du Tigray a débuté le 4 novembre 2020, après que le TPLF a été reconnu responsable de l'attaque d'une base militaire des forces gouvernementales à Dansha, dans le but de voler du matériel militaire. Abiy avait accusé le TPLF de trahison et de terrorisme et avait lancé une campagne militaire pour rétablir l'ordre dans la région. L'offensive avait été déclarée terminée le  29 novembre  2020, avec la conquête de la capitale régionale, Mekele. Cependant, les combats se sont poursuivis dans le centre et le sud du Tigray. L'Érythrée avait également participé aux combats et envoyé des troupes pour soutenir les forces d'Abiy. 

    Les combattants du Tigray n'ont pas cessé le combat et, quelques mois plus tard, ils ont repris le  contrôle d'une grande partie du territoire  de la région nord du Tigray, après avoir repris le contrôle de la capitale régionale, Mekele. L'opération militaire du gouvernement fédéral a subi un coup sévère en raison de la contre-offensive de Tigray et, dans la soirée du 28 juin, l'exécutif d'Addis-Abeba a été contraint d'annoncer un  cessez-le-feu unilatéral et immédiat . Cette décision a marqué une accalmie dans le conflit civil, qui durait depuis près de huit mois. Le TPLF a cependant qualifié la trêve de « blague » et les combats n'ont pas encore cessé.

  • Ethiopie : Le Tigray tire des roquettes sur l'Amhara voisine

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    Trois roquettes ont été tirées dans la nuit par les forces de la région éthiopienne dissidente du Tigray sur la capitale de celle voisine d'Amhara, Bahir Dar, sans faire de victimes ni dégâts, ont indiqué vendredi les autorités locales.

    Vers 01H40 locales (22H40 GMT), un journaliste de l'AFP a entendu deux fortes explosions dans la ville, suivies de tirs d'armes automatiques de plusieurs minutes.

    Un responsable de la communication de la région Amhara, Gizachew Muluneh, a indiqué à l'AFP vendredi matin que trois roquettes avaient été tirées en direction de Bahir Dar depuis le Tigré, mais qu'elles avaient raté leurs cibles.

    Deux ont atterri près de l'aéroport et une dans un champ de maïs, a-t-il ajouté, précisant qu'elles n'avaient fait ni victime ni dégâts.

    "Je suppose qu'ils visaient l'Agence (de presse officielle) Amhara Mass Media, l'aéroport et la tour de télécommunications à côté", a déclaré M. Gizachew à propos des autorités du Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), dont les troupes affrontent l'armée fédérale éthiopienne depuis le 4 novembre. L'agence Amhara Mass Media a également attribué les tirs à "la junte illégale du TPLF", qui dirige la région dissidente du Tigray, dans le nord de l'Ethiopie.

    A Bahir Dar, située à environ 200 km à vol d'oiseau au sud de la frontière du Tigray, les journalistes ont été empêchés d'accéder aux sites où les roquettes sont tombées. Les autorités du Tigray - région largement soumise à un black out depuis le début de l'offensive militaire éthiopienne - n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

    Le 13 novembre, des roquettes avaient déjà visé l'aéroport de Bahir Dar et celui de Gondar, autre localité d'Amhara située à une centaine de km plus au nord. Le TPLF avait revendiqué ces tirs, affirmant avoir infligé de "lourds dégâts" aux installations militaires des deux aéroports, utilisés selon lui par les appareils de l'aviation éthiopienne bombardant le Tigray.

    Les autorités du Tigray avaient également revendiqué le lendemain le tir de roquettes sur Asmara, capitale de l'Erythrée voisine, pays qui borde toute la frontière nord du Tigray, accusant les autorités érythréennes de laisser les forces d'Addis Abeba utiliser son territoire et l'armée érythréenne de prêter main-forte à l'armée éthiopienne dans des combats au sol au Tigray.

    Le TPLF poursuivra le combat, même si la capitale, Mekelle, tombe entre les mains des forces fédérales
    Le chef du TPLF a déclaré à Reuters que bien que les forces du Tigray aient perdu du terrain dans le sud et que les soldats fédéraux aient pris la ville de Shire à l'ouest, elles tenaient toujours la ville d'Aksoum, à environ 215 km (134 miles) au nord-ouest de Mekelle. Cela signifie, a-t-il ajouté, que même si la capitale tombait, les combats continueraient.

    Le bureau d'information du TPLF a déclaré que ses forces avaient éliminé deux divisions de l'armée et une force mécanisée autour de la ville d'Alamata, sans fournir de preuves.

    Dans des SMS, le chef des forces rebelles du Tigray, Debretsion Gebremichael, a déclaré à Reuters que Mekelle avait été bombardée le 19 novembre, mais aucune preuve n'a été fournie.

    Le gouvernement central nie avoir bombardé des cibles civiles.

    Le TPLF accuse le gouvernement fédéral de mener une action inconstitutionnelle contre les droits régionaux. Les deux parties accusent l'autre de commettre des atrocités et de bloquer l'aide humanitaire.

    Jusqu'à présent, le conflit dans le nord de l'Ethiopie a fait des centaines de morts ces deux dernières semaines et a envoyé 33 000 réfugiés au Soudan.

    Le chef de l'Organisation Mondiale de la Santé accusé d'aider le Tigray
    L'armée éthiopienne, sous le gouvernement central, a accusé le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, d'essayer d'obtenir des armes et un soutien diplomatique pour le TPLF.

    Le chef de l'armée éthiopienne Birhanu Jula a qualifié de "criminel" Tedros, qui a été ministre dans un gouvernement de coalition éthiopien dirigé par le TPLF pendant plus d'une décennie avant de prendre la tête de l'organisme mondial de santé.

    Dans un message sur Twitter, Tedros a nié l'accusation et a appelé toutes les parties en Ethiopie à travailler pour la paix, la sécurité des civils et l'accès à la santé et à l'aide humanitaire pour ceux qui en ont besoin.

    "Il y a eu des rapports qui suggèrent que je prends parti dans cette situation. Ce n'est pas vrai et je tiens à dire que je ne suis que d'un seul côté et que c'est le côté de la paix". a déclaré Tedros.

     

  • Éthiopie : Les dirigeants du Tigray revendiquent des attaques à la roquette contre des aéroports et menacent l'Érythrée

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    Samedi 14 novembre, les dirigeants de la région du Tigray, au nord de l'Éthiopie, ont affirmé que des attaques à la roquette avaient été lancées contre deux aéroports d'une région voisine et ont menacé de frapper l'Érythrée voisine, faisant craindre que l'escalade du conflit ne s'étende.

    Les attaques - et les menaces d'autres attaques à venir - ont alimenté la crainte qu'un conflit que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a promis de maîtriser rapidement ne fasse boule de neige et ne déstabilise la région de la Corne de l'Afrique au sens large.

    Abiy a annoncé la semaine dernière qu'il avait ordonné des opérations militaires au Tigray, déclarant que cette décision faisait suite aux attaques contre des camps militaires fédéraux par le parti au pouvoir dans la région, le Front populaire de libération du Tigray (Tigray People's Liberation Front, TPLF).

    Des centaines de personnes auraient été tuées depuis le début du conflit, certaines au cours d'un massacre documenté par Amnesty International.

    Des milliers de personnes ont fui les combats et les frappes aériennes au Tigray, dont les dirigeants, selon Abiy, cherchent à déstabiliser le pays.

    Vendredi soir, au moins 21 000 Éthiopiens ont fui vers le Soudan, selon l'agence pour les réfugiés du Soudan.

    Les frappes contre les aéroports ont eu lieu vendredi soir dans deux villes de la région voisine d'Amhara, Bahir Dar et Gondar.

    Le gouvernement fédéral a reconnu que "les zones aéroportuaires avaient subi des dommages", tandis qu'un médecin de Gondar a déclaré que deux soldats avaient été tués et 15 autres blessés.

    "Hier soir, nous avons infligé de lourds dommages aux composantes militaires des aéroports de Gondar et de Bahir Dar", a déclaré samedi Getachew Reda, un membre haut placé du Front populaire de libération du Tigray (TPLF), dans un communiqué.

    Il a réitéré les affirmations du TPLF selon lesquelles les soldats érythréens sont impliqués dans les combats, ce que l'Ethiopie dément.

    Sévère avertissement à l'Erythrée
    Getachew Reda a réitéré les affirmations du TPLF selon lesquelles les soldats érythréens étaient impliqués dans les combats, ce que l'Ethiopie dément.

    Le TPLF n'hésitera pas à frapper des cibles à l'intérieur de l'Erythrée - l'ennemi traditionnel de l'Ethiopie - y compris sa capitale, Asmara.

    "Qu'ils se lèvent d'Asmara ou de Bahir Dar pour attaquer le Tigray... Nous prendrons des mesures de rétorsion. Nous lancerons des attaques de missiles sur des cibles choisies en plus des aéroports", a-t-il déclaré.

    "Nous mènerons des attaques de missiles pour déjouer les mouvements militaires à Massawa et Asmara", a-t-il ajouté.

    Un black-out des communications dans la région a rendu difficile l'évaluation des revendications concurrentes sur la façon dont les combats se déroulent.

    Le TPLF a dominé la politique éthiopienne pendant près de trois décennies avant qu'Abiy n'entre en fonction en 2018, après plusieurs années de protestations anti-gouvernementales.

    Depuis lors, le TPLF s'est plaint d'être mis sur la touche et d'être le bouc émissaire des malheurs du pays.

    La querelle s'est intensifiée après que le Tigray a organisé ses propres élections en septembre - défiant l'interdiction gouvernementale sous le prétexte de la pandémie de coronavirus.