Ghani Ashraf (président)

  • Afghanistan : Quatre jours après la chute de Kaboul

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    Le regard de la communauté internationale est toujours tourné vers l'Afghanistan, attendant de découvrir les futurs mouvements des talibans. De son côté, Washington a annoncé que ses troupes resteraient dans le pays jusqu'à l'évacuation complète des citoyens américains, tandis que l'ancien président, Ashraf Ghani, a déclaré son soutien aux négociations visant à former un nouveau gouvernement.

    Une situation toujours instable autour de l'aéroport - situation inconnue dans le reste du pays
    Comme le rapporte le quotidien al-Arabiya , quatre jours après la chute de Kaboul, que les talibans ont investi le 15 août, la situation est toujours instable. Alors que de nombreux pays continuent d'évacuer leurs citoyens et personnel diplomatique, le chaos règne toujours dans l'aéroport de la capitale. Ici, le 16 août , des milliers de citoyens se sont rassemblés pour tenter de sortir d'Afghanistan, et, selon l'armée américaine, il y a eu au moins 7 morts dans la confusion, dont certains sont tombés de l'avion auquel ils s'étaient accrochés. Le 19 août, les talibans et les responsables de l'OTAN ont annoncé que 12 personnes ont été tuées dans et autour de l'aéroport depuis que le mouvement islamiste radical a pris le contrôle de la capitale. 
    Coincés entre les postes de contrôle tenus par les talibans et la clôture de barbelés posée par l'armée américaine à l'aéroport, la seule porte de sortie de l'Afghanistan, des centaines de civils afghans attendaient toujours, ce 19 juillet, dans l'espoir de trouver un vol pour fuir le pays. 
    Si les talibans laissent bien les citoyens américains accéder à l'aéroport de Kaboul, il semble qu'ils "empêchent les Afghans qui souhaitent quitter leur pays d'atteindre l'aéroport", où les complexes opérations d'évacuation se poursuivent laborieusement, a déploré Mme Wendy Sherman, le numéro deux du département d'État américain. Les Etats-Unis attendent d'eux qu'"ils permettent à tous les citoyens américains, tous les ressortissants de pays tiers et tous les Afghans de partir s'ils le souhaitent, de façon sûre et sans être harcelés", a-t-elle ajouté. 
    Près des ambassades également, de nombreux Afghans supplient d'être évacués. Beaucoup ont déjà des visas pour un pays étranger, mais ils ne peuvent entrer dans les enceintes diplomatiques.
    "J'ai parlé avec mon ami qui est sur place. Il a une lettre des Espagnols assurant qu'il peut partir avec eux, mais quand il essaie de gagner la porte on le menace de lui tirer dessus", raconte à l'AFP un homme qui a demandé à rester anonyme. "Les Espagnols lui ont dit que s'il parvenait à entrer, tout irait bien pour lui, mais il n'y arrive pas", ajoute-t-il.
    Tous se souviennent encore du précédent régime taliban, entre 1996 et 2001, et de son bilan catastrophique en matière de respect des droits humains, et n'ont aucune confiance dans les multiples assurances données ces derniers jours par ces islamistes.
    Mardi pourtant, un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, avait assuré qu'ils avaient appris de leur premier exercice du pouvoir, avant d'en être chassés en 2001 par une coalition menée par les Etats-Unis, et qu'il y aurait de "nombreuses différences" dans leur manière d'administrer leur pays. Ils avaient alors imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, et voleurs et meurtriers encouraient de terribles châtiments.

    Les troupes américaines resteront jusqu'au départ du dernier ressortissant américain, assure Biden
    Parallèlement, Biden a déclaré le 18 août que les troupes américaines, qui comprennent actuellement quelque 4 500 soldats, resteraient en Afghanistan jusqu'à ce que le dernier de ses citoyens soit évacué, quitte à maintenir une présence militaire dans le pays asiatique au-delà de la date limite du 31 août. Le chef de la Maison Blanche a ensuite précisé que les talibans, pour le moment, n'entravaient pas l'évacuation des citoyens américains, mais des difficultés ont été rencontrées dans la fuite des Afghans qui avaient coopéré avec les Etats-Unis. 5 000 personnes ont encore quitté l'aéroport de Kaboul, mercredi 18 août, mais des hommes armés affiliés aux talibans empêchaient, ce même mercredi 18 août les citoyens afghans d'atteindre l'aéroport.
    En réponse aux déclarations de Joe Biden, les talibans exigent que les États-Unis s'en tiennent à la date de sortie du 11 septembre pour évacuer la totalité de leurs soldats d'Afghanistan,  mais 'nous ne les attaquerons pas', ajoutent-ils.

    Les Etats-Unis bloquent les fonds afghans déposés à l'étranger et arrêtent les aides économiques
    Sur le plan économique, l'administration américaine a fait part de son intention de bloquer l'accès des talibans aux fonds déposés à l'étranger, ainsi qu'aux armes américaines sur le sol afghan. 
    À cet égard, le gouverneur de la banque centrale, Ajmal Ahmadi, a révélé le 18 août que l'Afghanistan disposait de réserves à l'étranger d'environ 9 milliards de dollars, dont près de 7 milliards de dollars en obligations, actifs et or de la Réserve fédérale américaine, tandis que les avoirs en dollars de la Banque centrale afghane sont « proches de zéro » car le pays n'a pas reçu les expéditions en espèces prévues pour la semaine passée. Parallèlement, le Fonds monétaire international annoncé avoir suspendu l'aide directe à l'Afghanistan, dont environ 440 millions de dollars de nouvelles réserves en devises, en raison de l'incertitude sur le statut des dirigeants à Kaboul et d'un manque de clarté au sein de la communauté internationale concernant la reconnaissance d'un nouveau gouvernement.

    Consultations politiques 
    Les talibans, dont le cofondateur et numéro deux, le mollah Abdul Ghani Baradar, est rentré mardi en Afghanistan, ont mené des consultations politiques mercredi à Kaboul avec d'éminentes personnalités afghanes. Ils ont diffusé des images montrant l'ancien président afghan Hamid Karzai avec Anas Haqqani. Celui-ci participait aux négociations avec le gouvernement afghan à Doha, qui n'ont jamais débouché sur une issue quelconque. Mais il est surtout le frère cadet de Sirajuddin Haqqani, le chef du réseau éponyme, qualifié de terroriste par Washington, qui a aussi le statut de numéro deux au sein des talibans.

    Ces derniers ont également rencontré l'ancien vice-président Abdullah Abdullah, selon le groupe de surveillance des sites islamistes SITE. Ces négociations ont été bien accueillies par l'ex-président Ashraf Ghani, qui s'est enfui dimanche pour les Émirats arabes unis. "Je souhaite le succès de ce processus", a-t-il déclaré dans un message vidéo posté sur Facebook, affirmant être "en pourparlers pour retourner en Afghanistan". Mais les Etats-Unis ont estimé que M. Ghani, qui avait succédé en 2014 à Hamid Karzai, n'est "plus une personne qui compte en Afghanistan".

    Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dit jeudi espérer que ces négociations puisse déboucher sur un "gouvernement représentatif" en Afghanistan. Il a aussi souligné que les talibans ne contrôlaient pas l'intégralité du territoire afghan, une résistance tentant de s'organiser dans la vallée du Panchir, avec l'ancien vice-président Amrullah Saleh et Ahmad Massoud, le fils du commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné en 2001 par al-Qaïda. Ce dernier a d'ailleurs appelé Washington à le soutenir en lui fournissant armes et munitions, dans une tribune publiée mercredi par le quotidien Washington Post.

    Ashraf Ghani, le président afghan en fuite, soutient les négociations entre les Talibans et l'ancien président afghan, Hamid Karzai
    Le 18 août également, le désormais ancien président de l'Afghanistan, Ashraf Ghani , arrivé aux Émirats arabes unis avec sa famille, s'est adressé à la nation, pour la première fois depuis la chute de Kaboul, via une diffusion en direct sur Facebook. Le chef de l'Etat, se référant aux critiques de ceux qui se sont opposés à son évasion du pays, a déclaré que ces personnes ne devraient pas parler sans connaître les détails, tout en démentant les informations selon lesquelles il aurait quitté le pays avec une valise pleine d'argent. Dans le même temps, Ashraf Ghani a déclaré qu'il soutenait les négociations en cours pour former un nouvel exécutif. Le 18 août, en effet, les talibans ont rencontré l'ancien président Hamid Karzaï et le haut responsable Abdullah Abdullah.

    L'Union européenne toujours préoccupée par le respect des droits de l'homme en Afghanistan
    Malgré les assurances du groupe islamiste radical, qui a promis un gouvernement différent de celui qu'il a dirigé dans la période 1996-2001, et le respect des droits humains, y compris les femmes, l'Union européenne, les États-Unis et 18 autres pays ont publié une déclaration commune dans laquelle ils se sont dits "profondément préoccupés par le sort des femmes et les filles afghanes", exhortant les talibans à garantir leur sécurité.

    Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) tire la sonnette d'alarme
    Par ailleurs, Mary Ellen McGroarty, cheffe de l'agence des Nations Unies "Programme alimentaire mondial" (PAM) en Afghanistan, a déclaré qu'une "crise humanitaire" est en train de se produire dans le pays, avec 14 millions de personnes souffrant de la faim suite à la prise du pouvoir par les talibans. Le conflit, la deuxième vague de sécheresse la plus aiguë du pays au cours des trois dernières années, et l'impact social et économique de la pandémie de COVID-19 ont amené une situation déjà désastreuse vers une situation de  "catastrophe". Comme le précise McGroarty, plus de 40% des récoltes ont été perdues, tandis que des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par la guerre et l'offensive des talibans. Le représentant du PAM a exhorté les donateurs à fournir 200 millions de dollars, nécessaires pour fournir de la nourriture à la population afghane.

    Le départ des troupes américaines à l'origine de la débâcle de l'armée afghane
    Ce qui s'est passé à Kaboul le 15 août est l'aboutissement des tensions qui ont duré des semaines et qui ont permis aux talibans de prendre progressivement le contrôle du pays. En fait, l'offensive massive du groupe islamiste a commencé en avril lorsque le président américain Joe Biden a annoncé que les troupes américaines se retireraient d'Afghanistan après deux décennies de présence sur le terrain. Le retour des soldats américains dans leur patrie avait été convenu par des représentants de Washington et des talibans à l'occasion d'un accord de paix "historique" conclu entre les parties à Doha, au Qatar, le 29 février 2020. L'accord prévoyait également une feuille de route vers la paix en Afghanistan, la fin des relations entre les talibans et al-Qaïda et la fin des offensives contre les grands centres urbains. Cependant, l'accord a été rompu à plusieurs reprises et n'a pas mis fin aux violences, qui se sont intensifiées pendant et après les négociations. 

    Inquiétude devant une possible résurgence du terrorisme islamiste
    Certains analystes s'inquiètent que ce qui se passe en Afghanistan n'inspire les jihadistes du monde entier. De nombreux groupes islamistes, parmi lesquels les branches d'al-Qaïda en Syrie et au Yémen (AQAP) ont félicité les talibans et se sont engagés à poursuivre le jihad.
    "Cette victoire et cette prise de pouvoir nous révèlent que le jihad et le combat représentent le moyen légal et réaliste, sur la base de la charia, de rétablir les droits (et) d'expulser les envahisseurs et les occupants", a déclaré dans un communiqué la branche yéménite d'al-Qaïda.
    Les Etats-Unis considèrent AQPA comme la branche la plus dangereuse du réseau mondial d'al-Qaïda et a ciblé ses combattants au Yémen après les attentats du 11 septembre 2001.
    Lundi 16 août, les combattants d'AQPA ont célébré le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan avec des feux d'artifice et en tirant des coups de feu en l'air dans certaines provinces du Yémen, ont rapporté des habitants à l'AFP.
    Dans leurs récentes négociations avec les Américains, les talibans avaient promis de ne pas protéger les combattants d'al-Qaïda. Les experts estiment toutefois que les deux mouvements conserveront des liens étroits mais plus discrets.
    En Syrie, la branche du groupe djihadiste anti-chinois Turkestan Islamic Party (TIP) a publié une déclaration félicitant les talibans et les Afghans pour l'établissement de « l'émirat islamique » en Afghanistan.
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  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires (mise à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Les talibans prennent Mazar-i-Sharif, grande ville du nord.
    Les talibans se sont emparés, samedi soir 14 août, de Mazar-i-Sharif, dernière grande ville du nord de l'Afghanistan encore contrôlée par le gouvernement, accroissant encore leur emprise sur le pays.

    Les talibans "paradent sur leurs véhicules et leurs motos, tirant en l'air pour célébrer" la prise de la ville, a raconté samedi soir à l'AFP un habitant de Mazar-i-Sharif, Atiqullah Ghayor, qui vit près de la célèbre mosquée bleue. Il a précisé que les talibans étaient entrés "sans vraiment rencontrer de résistance" dans la quatrième ville la plus peuplée du pays (500.000 habitants), après le retrait des forces afghanes. D'autres habitants ont fait des récits similaires et les talibans ont revendiqué la prise de la ville, capitale de la province de Balkh et carrefour commercial, dont les faubourgs étaient encore le théâtre d'intenses combats samedi matin. "Les combattants (talibans) se sont emparés de Mazar-i-Sharif. Tous les bâtiments officiels (...) sont sous leur contrôle", ont affirmé les talibans dans un communiqué.

    Le maréchal Abdul Rashid Dostom, ancien vice-président afghan, et Atta Mohammad Noor, ex-gouverneur de Balkh, qui avaient pris la tête de forces locales de résistance aux talibans à Mazar-i-Sharif, ont trouvé refuge en Ouzbékistan voisin, selon un proche du second, précisant que leurs forces s'étaient elles retirées à une soixantaine de km de la ville.

    Le célèbre seigneur de guerre Qaisari a été capturé par les talibans à Mazar-i-Sharif.
    On ignore quel sera son sort. Qaisari est accusé de graves violations des droits humains non seulement par les talibans, mais aussi par des organisations locales et internationales. Vidéo.

    La ville de Khost également tombée aux mains des talibans
    Le porte-parole des talibans  a officiellement revendiqué la capture de la ville de Khost.
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    Plus tôt, le président afghan Ashraf Ghani avait promis de poursuivre le combat contre les insurgés qui continuent à se rapprocher de la capitale Kaboul, presque encerclée et où les habitants ne cachent pas leur angoisse de l'avenir.
    "La re-mobilisation de nos forces de sécurité et de défense est notre priorité numéro un et d'importantes mesures sont prises à cet effet", avait assuré à la mi-journée, le président Ghani dans une adresse télévisée. Il n'a fait aucune allusion à une possible démission, réclamée par certains, mais a précisé avoir entamé des "consultations" au sein du gouvernement, avec des responsables politiques et les partenaires internationaux, pour trouver "une solution politique dans laquelle la paix et la stabilité" seront préservées.
    "Ces consultations avancent rapidement et nous ferons part de leur résultat à nos compatriotes très vite", a-t-il ajouté. Dans la soirée, le palais présidentiel a précisé qu'"une délégation sera prochainement constituée par le gouvernement et prête à négocier".

    6 provinces tombées aux mains des talibans en une seule journée, samedi 14 août 2021 :
    1: Paktika
    2: Paktia
    3: Kunar
    4: Faryab
    5: Balkh
    6: Laghman 
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    "Inquiet pour l'avenir"
    La situation militaire est critique pour le pouvoir en place. En à peine plus d'une semaine, les talibans ont pris le contrôle de presque tout le nord, l'ouest et le sud de l'Afghanistan et sont arrivés aux portes de Kaboul. Ils ne sont plus qu'à 50 km de la capitale et ne montrent aucun signe de vouloir ralentir leur marche. Samedi, ils avaient déjà pris la province de Kunar, dans l'Est, et pourraient bientôt approcher de Kaboul par le nord, le sud et l'est.

    E8fulV8WYAA-YyM.jpegLe général Saadat nouveau promu responsable de la sécurité pour Kaboul
    Le général Seyed Sami Saadat (photo ci-contre) nommé responsable de la sécurité publique dans la ville et la province de Kaboul.
    La présidence afghane a tweeté hier soir que le général Saadat avait été nommé par le président Ashraf Ghani.
    Le général Saadat était à la tête de l'armée afghane lors des récentes batailles de Kandahar et de Laskargah, qui sont toutes deux tombées en 24 heures.
    Le poste était devenu vacant car le général Hebatullah Alizai, ancien commandant du 209e corps Shaheen et récemment nommé à la tête de l'armée afghane, s'était rendu aux talibans samedi 14 août dans la province de Balkh. Il semble qu'il ait conspiré avec les talibans et abandonné les lignes de défense, ordonnant à ses troupes de se rendre.

    Jalalabad
    Les talibans viennent d'annoncer (dimanche matin 15 août) leur arrivée à Jalalabad, la capitale de la province de Nangarhar. La ville est tombée sans aucune résistance selon des sources locales. Vidéo des talibans à Jalalabad. Autre vidéo. Ci-dessous, photo prise ce dimanche 15 août). 
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    La peur s'empare de Kaboul
    Au sein des habitants de Kaboul et les dizaines de milliers de personnes qui ont fui leur foyer ces dernières semaines pour se réfugier dans la capitale, la peur prédomine. "Je pleure jour et nuit quand je vois que les talibans forcent des jeunes filles à épouser leurs combattants", a confié à l'AFP Muzhda, 35 ans, une femme célibataire arrivée avec ses deux soeurs, de la province de Parwan, un peu plus au nord. "J'ai refusé des propositions de mariage par le passé (...) Si les talibans viennent et me forcent à les épouser, je me suiciderai", prévient-elle.
    Dawood Hotak, 28 ans, un commerçant de Kaboul, est aussi "inquiet pour l'avenir" de ses jeunes soeurs et ne sait pas "ce qui va leur arriver". 

    Les rues de la capitale étaient normalement animées samedi, mais de longues queues étaient observées à la sortie des banques, et certains hommes ont indiqué à l'AFP avoir commencé à se laisser pousser la barbe, en prévision d'une arrivée prochaine des talibans.
    Beaucoup d'Afghans - les femmes en particulier -, habitués à la liberté acquises ces 20 dernières années, craignent un retour au pouvoir des talibans.

    Lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001, avant d'être chassés il y a 20 ans par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les talibans avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées.

    Dans le même ordre d'idées, le réseau des églises en Afghanistan rapporte que ses dirigeants ont reçu samedi soir 14 août des lettres des talibans les avertissant qu'ils savent où ils se trouvent et ce qu'ils font. Il semble que les talibans aient l'intention de mettre fin à la liberté religieuse dans le pays. 

    Kaboul : Dernières nouvelles : Violents combats dans un quartier de la capitale afghane
    De violents affrontements ont été signalés, dimanche 15 août, dans le district de Paghman à Kaboul et autour de la périphérie de la ville de Kaboul. Des sources pro-talibanes prétendant que les moudjahidines ont capturé plusieurs positions des forces de sécurité à Paghman. Selon des sources locales, les talibans auraient lancé l'assaut final sur Kaboul. Nous attendons d'autres rapports sur la situation.
    forward_2.gifLe ministère afghan de l'intérieur vient de confirmer que les talibans ont commencé à entrer à Kaboul de toutes parts. Vidéo de l'entrée des talibans à Kaboul ce dimanche 15 août.
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    Des négociations sont en cours à Kaboul entre les talibans, le gouvernement afghan et les États-Unis. Le gouvernement afghan, la démission d'Ashraf Ghani et la mise en place d'un gouvernement de transition ont été proposés aux talibans. On ne sait pas si ceux-ci accepteront la proposition. Le résultat des négociations déterminera ce qui va se passer à Kaboul dans les prochaines heures.
    forward_2.gifLe président Ghani va céder le pouvoir à Ali Ahmad Jalali dans les prochaines heures. Jalali est l'une des figures de proue de la résistance contre les Soviétiques. Jalali formera le gouvernement de transition avec le représentant des talibans, le mollah Biradar.
    Mollah Baradar (photo ci-dessous), le chef des talibans, est arrivé à Kaboul avec Jalali pour former le gouvernement intérimaire.
    Un responsable afghan a déclaré que les troupes avaient livré la base aérienne de Bagram aux talibans. La base abrite une prison abritant 5 000 détenus. 
    forward_2.gifLe président Ghani a quitté l'Afghanistan, selon l'ancien vice-président Abdullah Abdullah
    Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l'Afghanistan, où les talibans sont sur le point de prendre le pouvoir, a annoncé dimanche l'ancien vice-président Abdullah Abdullah. "L'ancien président afghane a quitté la nation", a déclaré M. Abdullah, qui est aussi le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.
    Ashraf Ghani a d'abord gagné Douchanbé, au Tadjikistan avant de se réfugier à Oman.
    On a appris que le ministre de la défense, Bismillah Mohammadi, avait également pris la fuite et s'était réfugié aux Emirats Arabes Unis.
    forward_2.gifAux dernières nouvelles, les talibans sont entrés dans le Palais présidentiel et affirment à présent qu'il n'y aura pas de gouvernement de transition. Ils ont pris le pouvoir. Les talibans devraient bientôt déclarer l'Émirat islamique d'Afghanistan depuis le palais présidentiel. C'était le nom du pays sous le gouvernement taliban renversé par les forces dirigées par les États-Unis en 2001. 
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    Humayoon Humayoon, l'ancien vice-président et ancien allié d'Ashraf Ghani, a déclaré qu'il avait été nommé chef de la police de Kaboul par les talibans pour l'émirat islamique d'Afghanistan. On assiste à un vaste changement de bord de nombreux responsables politiques et sécuritaires, sans doute préparé de longue date et à l'insu des services américains. Vidéo.

    Pendant ce temps, les talibans continuent d'investir Kaboul :
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    Instruction des talibans aux étrangers
    Les étrangers à Kaboul pourront partir s'ils le souhaitent ou enregistrer leur présence dans les prochains jours auprès des fonctionnaires talibans qui seront établis prochainement.

    Marines américains
    Un ballet d'hélicoptères a survolé samedi Kaboul, entre l'aéroport et le l'ambassade américaine, gigantesque complexe situé dans la "zone verte" ultrafortifiée, au centre de la capitale. Un premier contingent de Marines est arrivé pour sécuriser les évacuations du personnel diplomatique, ainsi que d'Afghans ayant travaillé pour les Etats-Unis et craignant des représailles des talibans. Les Etats-Unis entendent évacuer des "milliers de personnes par jour" et pour cela le Pentagone va déployer avant la fin du week-end 3.000 soldats à l'aéroport de Kaboul, a précisé vendredi son porte-parole, John Kirby. L'ambassade américaine a ordonné à son personnel de détruire les documents sensibles et symboles américains qui pourraient être utilisés par les talibans "à des fins de propagande". Cliquer sur la photo ci-dessous pour voir la vidéo d'al-Jazeera :

    Londres évacue son ambassadeur dès dimanche 15 août
    Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir.
    Plusieurs pays - Pays-Bas, Finlande, Suède, Italie et Espagne - ont annoncé vendredi réduire au strict minimum leur présence, ainsi que des programmes de rapatriement de leurs employés afghans. L'Allemagne va aussi réduire son personnel diplomatique "au minimum absolu". D'autres, dont la Norvège et le Danemark, ont fermé provisoirement leur ambassade.
    Aux dernières nouvelles, la Grande Bretagne a décidé d'évacuer son ambassadeur par avion dès dimanche soir car on craint que les Talibans s'emparent de façon imminente de Kabul et de l'aéroport qui reste le seul moyen de s'échapper.
    L'ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Afghanistan (@NicolasK111) a déclaré de son côté qu'il "baissait la tête de honte" en suivant les évènements d'Afghanistan.

    Chaos à l'aéroport de Kaboul
    Tous les vols commerciaux suspendus depuis l'aéroport de Kaboul et seuls les avions militaires sont autorisés à opérer, a déclaré un responsable de l'OTAN.
    La France va déployer un A400M pour évacuer ses ressortissants encore présents à Kaboul. Il partira lundi 16 août à 8h00 d'Orléans en direction de la base militaire française d'Abu Dhabi d'où plusieurs rotations sont programmées avec Kaboul afin d'exfiltrer environ 200 ressortissants.

    L'administration Biden toujours satisfaite de sa décision de retrait
    Les talibans ont lancé leur offensive en mai, quand le président américain Joe Biden a confirmé le retrait des dernières troupes étrangères du pays, censé être achevé d'ici le 31 août. Joe Biden a depuis affirmé ne pas regretter sa décision, même si la rapidité avec laquelle l'armée afghane s'est désintégrée a surpris et déçu les Américains, qui ont dépensé plus de 1.000 milliards de dollars pour la former et l'équiper.
    forward_2.gifVendredi 13 août, l'administration Biden affirmait encore que Kaboul ne faisait pas face à une "menace imminente" et que la prise du pouvoir par les talibans n'était pas à leurs yeux une issue inéluctable.

    L'armée de l'air américaine intervient contre des positions talibanes
    Une source de sécurité afghane affirme qu'environ 35 militants talibans ont été tués lors de frappes aériennes par les forces américaines dans 3 provinces afghanes.

    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques
    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques en Afghanistan. Il reste le contingent turc chargé de sécuriser l'aéroport de Kaboul. Les talibans ont exigé de la Turquie qu'elle retire également ses troupes avant la fin août et menace : "pas un ne sortira vivant" si Ankara ne les retire pas."

    forward_2.gifL'immense arsenal d'armes modernes capturé par les talibans : un grave problème pour l'avenir
    Les talibans se sont emparés d'un immense arsenal mis à disposition de l'armée afghane, notamment par les Etats-Unis, au cours de leur prise de contrôle de nombreuses bases militaires. Les Etats-Unis ont dépensé 88 milliards$ pour équiper une armée afghane supposée être forte de 350.000 hommes alors qu'il s'est avéré qu'elle n'en comptait pas plus de 60.000, selon des estimations récentes. Une grosse erreur de la CIA pourtant omniprésente dans le pays. Parmi ces armes, se trouvent des avions de guerre, des hélicoptères de combat, des drones (notamment au moins 15 drones ScanEagle qui coûtent 4.000.000 $ chacun -  photos ci-dessous), des missiles, des véhicules blindés et Humvees par milliers, et toutes sortes d'armes individuelles.
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    Les avions tombés entre les mains des talibans sont des avions de combat A-29 Super Tucano COIN (contre-insurrection) livrés par les États-Unis à l'armée de l'air afghane. 
    Les avions de combat ont été saisis par les talibans dans la section militaire de l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis avaient acheté un total de 26 avions de combat A-29 pour l'Armée de l'air afghane au cours des cinq dernières années. Seulement 19 ont été livrés à cette date.
    L'A-29 est facile à piloter et à entretenir, et il est considéré comme l'un des avions de combat les moins chers à exploiter. Une heure de vol dessus ne coûte que 1 000 $.
    Les Super Tucano fournis à l'AAF étaient équipés de systèmes électro-optiques d'observation et de ciblage AN/AAQ-22 Star SAFIRE II. Les avions de combat étaient également armés de bombes à guidage laser GBU-58 Paveway II et de roquettes à guidage laser APKWS.
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    Les talibans ont également capturé au moins un hélicoptère d'attaque léger MD 530F Cayuse Warrior sur l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis ont fourni plus de 60 hélicoptères MD 530F à l'AAF. L'hélicoptère peut être armé de nacelles FN HMP400 avec mitrailleuse lourde FN M3P .50 BMG ou de nacelles M260 avec 7 roquettes Hydra 70 non guidées.
    Au cours des derniers jours, les talibans ont capturé plus d'une douzaine d'hélicoptères, dont des Mi-8/17, des UH-60 Black Hawk et des MD 530F. Les talibans n'ont pu faire décoller jusqu'ici que deux Mi-8/17 laissés par les forces gouvernementales afghanes en état opérationnel à Herat.
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    Mais les talibans n'auront pas l'utilisation de ces armes qui ne manqueront pas de faire l'objet d'une intense activité de marché noir. Le trafic  se déroulera en premier lieu au travers de l'Iran (sans compter le matériel militaire amené par l'armée afghane ayant fuit en Iran / Vidéo). Il touchera également les pays d'Asie centrale, soit directement par les frontières montagneuses de l'Afghanistan avec ses pays voisins, soit par le Pakistan. On devrait voir très rapidement les conséquences de ce trafic d'armes, tout d'abord au Cachemire indien, dans les régions troublées du Pakistan comme le Balouchistan, et plus loin ans les régions "chaudes" du Moyen Orient (Irak, Syrie, Yémen).

    N'oublions pas, enfin, qu'al-Qaïda va profiter de la victoire des talibans pour reconstituer ses bases en Afghanistan et puiser sa part du butin d'armements capturé par les talibans avec toutes les conséquences que cela pourrait représenter dans un avenir proche pour tous les pays dans le collimateur de l'organisation islamiste radicale.

    Ne pas oublier que talibans et al-Qaïda poursuivent le même but : Imposer l'islam et la charia au monde entier comme le rappelle ce commandant des talibans à CNN : « Nous sommes convaincus qu'un jour les moudjahidines remporteront la victoire et que la loi islamique ne s'appliquera pas seulement à l'Afghanistan, mais partout dans le monde. Nous ne sommes pas pressés. Nous pensons que cela viendra un jour. pas jusqu'au dernier jour." Vidéo de la déclaration de ce commandant taliban à CNN.

  • Afghanistan : les talibans s'emparent de Ghazni puis de Herat, la troisième ville du pays

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    Ghazni tombe entre les mains des talibans
    Les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent dangereusement de la capitale de l'Afghanistan après s'être emparés en quelques jours de l'essentiel de la moitié nord du pays.

    Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. "L'ennemi a pris le contrôle de Ghazni (...) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité)", a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. M. Stanikzai a ensuite annoncé que le gouverneur de la province avait été arrêté par les forces de sécurité, après qu'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité n'a pu être immédiatement vérifiée, l'a montré quittant Ghazni avec la bénédiction des talibans.

    Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés depuis qu'ils ont lancé leur offensive en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères, qui doit être achevé d'ici la fin août. 

    Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu'ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

    Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l'axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l'armée vers le sud, et va encore accentuer la pression sur l'armée de l'Air afghane. 

    Prise de Herat, la troisième ville du pays
    Après Ghazni, les talibans se sont emparés jeudi 12 août 2021, de Hérat, la troisième ville d'Afghanistan, dans l'Ouest du pays, une étape majeure de leur offensive. Vidéo de la prise de Herat. Autre vidéo. Autre vidéo. Vidéo des talibans dans le QG de la police de Herat.

    Les insurgés "ont tout pris", a indiqué à l'AFP un haut responsable des forces de sécurité sur place, précisant que les forces afghanes avaient battu en retraite "pour empêcher plus de dommages dans la ville" et se retiraient vers une base militaire située à Guzara, un district voisin. Les talibans ont hissé leur drapeau au-dessus du siège de la police de Hérat en fin de journée, a rapporté un correspondant de l'AFP, précisant que les rebelles n'avaient rencontré aucune résistance.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a indiqué sur Twitter que "l'ennemi a fui... Des dizaines de véhicules militaires, armes et munitions sont tombés dans les mains" des talibans.

    Selon des informations locales, des combats seraient toujours en cours entre des combattants fidèles au chef de guerre Ismail Khan et des talibans dans le district de Gozra, à environ 20 km de la ville d'Herat. Vidéo.

    Hérat, située à 150 km de la frontière iranienne et capitale de la province du même nom, était déjà assiégée, avec de violents combats à ses abords. Les insurgés ont pris le contrôle ces dernières semaines de la quasi-totalité du reste de la province, dont Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran, le plus important d'Afghanistan.

    Kandahar et Lashkar Gah encerclées
    Kandahar, capitale de la province du même nom, et Lashkar Gah, capitale du Helmand voisin, sont assiégées depuis des mois par les talibans, dont ce sont deux fiefs traditionnels. De violents combats les y opposent aux forces de sécurité depuis plusieurs jours.

    Mercredi, les talibans ont annoncé sur Twitter avoir pris la prison de Kandahar, située dans la banlieue, pour en libérer "des centaines de prisonniers". A Lashkar Gah, le quartier général de la police a été fortement endommagé par l'explosion d'un véhicule piégé mercredi soir, contraignant les forces de police à se replier vers les bureaux du gouverneur, pendant que 40 policiers se rendaient aux talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental sur place.

    Le gouvernement afghan recherche une issue de secours
    Face à la dégradation de la situation militaire, Kaboul a proposé "aux talibans de partager le pouvoir en échange d'un arrêt de la violence dans le pays", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un négociateur du gouvernement aux pourparlers de paix à Doha.

    Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu'ici les appels à la formation d'un gouvernement intérimaire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'être bien tardif, les insurgés n'ayant montré aucun signe, depuis l'ouverture des négociations de paix en septembre 2020, qu'ils étaient prêts à un compromis. Ils y seront sans doute encore moins enclins après avoir avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président Ghani s'est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l'armée et les milices favorables au pouvoir.

     

  • Afghanistan : L'Etat islamique revendique des tirs de roquettes près du palais présidentiel

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    L'Etat islamique (Daech) a revendiqué mardi 20 juillet 2021 le tir de trois roquettes qui ont atterri près du palais présidentiel à Kaboul, où de nombreux responsables étaient réunis autour du président Ashraf Ghani à l'occasion de l'Adha, la fête musulmane du Sacrifice.

    Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Mirwais Stanikzai, les roquettes, tirées depuis un pick-up, ont atterri dans trois zones situées dans un rayon d'environ un kilomètre autour du palais présidentiel, déjà visé à plusieurs reprises dans le passé, la dernière fois en décembre 2020.

    Seules deux des trois roquettes ont explosé, sans faire de victime, a-t-il ajouté.

    En fin de journée, l'Etat islamique, qui a déjà revendiqué plusieurs attaques à la roquette contre la capitale, ainsi que des attentats sanglants, a affirmé dans un communiqué que ses "soldats" avaient "visé le palais présidentiel du tyran afghan et la +zone verte+ à Kaboul avec sept roquettes Katioucha".

    Vers 08H00, des journalistes de l'AFP ont entendu le bruit, suivi d'explosions, d'au moins deux roquettes survolant la "zone verte" ultra-fortifiée qui abrite également plusieurs ambassades, dont la mission de l'ONU.

    Dans une vidéo filmée par la télévision nationale, on entend le sifflement suivi de l'explosion d'au moins deux roquettes pendant que M. Ghani et plusieurs hauts responsables font la prière d'eiduladha dans le jardin du palais.

    Le chef de l'Etat et la plupart des hommes présents restent impassibles et continuent de prier. Vidéo.

    Aucun progrès dans les négociations inter-afghanes
    En mars 2020, une attaque à la roquette, déjà revendiquée par l'Etat islamique, avait visé la cérémonie d'investiture de M. Ghani pour son second mandat.

    "Mon impression est que l'importance de ces attaques s'évalue moins aux dégâts qu'elles causent qu'à l'impact psychologique qu'elles ont en sapant la confiance dans le gouvernement", a indiqué à l'AFP Ibraheem Bahiss, consultant de l'International Crisis Group (ICG). Mais "le fait que (les roquettes) aient atterri si près du palais présidentiel montre que ces attaques peuvent potentiellement devenir mortelles".

    Le gouvernement afghan attribue régulièrement aux talibans des attaques revendiquées par l'Etat islamique, soutenant que l'organisation djihadiste a été largement anéantie en 2019 dans la province de Nangarhar (Est), son bastion de l'époque.

    "Les talibans ont montré qu'ils n'avaient ni la volonté ni l'intention de faire la paix", malgré leurs affirmations, a accusé mardi le président Ghani dans son discours de l'Adha, dans lequel il n'a fait aucune référence à l'attaque.

    "Jusqu'à maintenant, les talibans n'ont pas montré" le moindre intérêt "pour des pourparlers significatifs et sérieux", a-t-il ajouté, à l'issue d'un nouveau weekend stérile de discussions entre gouvernement et insurgés à Doha.

    Les deux délégations se sont séparées dimanche en indiquant simplement s'être accordées sur le besoin de trouver une "solution juste" et de se rencontrer à nouveau "la semaine prochaine".

    Mardi, l'émissaire du Kremlin pour l'Afghanistan, Zamir Kaboulov, a cependant soutenu lors d'une conférence d'experts en ligne que les talibans étaient "prêts à un compromis politique, mais (que) de leur point de vue, ce compromis politique doit être présenté avec dignité".

    Selon lui, une grande partie des dirigeants talibans "en a assez de la guerre" et comprend qu'après 20 ans de conflit, "il faut chercher des issues politiques pour sortir de l'impasse actuelle", même si une génération plus jeune de combattants, aux vues plus radicales, est moins disposée à cesser les combats.

    Les pourparlers de Doha, entamés en septembre, n'ont connu depuis aucune avancée et les talibans ont lancé début mai une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, à la faveur du commencement du retrait définitif des forces internationales d'Afghanistan, prévu pour s'achever fin août.

    Privées du crucial soutien américain, les forces afghanes n'ont opposé qu'une faible résistance et ne contrôlent plus pour l'essentiel que les capitales provinciales et les axes majeurs.

    Les talibans n'ont pas annoncé de cessez-le-feu à l'occasion de l'Adha, comme ils l'avaient précédemment fait ces dernières années lors de fêtes musulmanes.

    Selon Ibrahim Bahiss, ils ne l'ont pas fait car ils veulent "tirer parti d'avoir repris l'initiative militaire au gouvernement", mais aussi pour ne pas donner prise aux affirmations selon lesquelles "ils enregistrent d'importantes pertes et veulent une pause militaire".

    "Cela va décevoir beaucoup de gens dans le pays, pour qui les cessez-le-feu de l'Adha figuraient parmi les rares et précieux moments permettant de rendre visite aux amis et à la famille", a-t-il souligné.

  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    Province de Herat
    Plusieurs talibans ont été tués lors d'opérations de l'armée afghane à Parsi, selon la police locale.
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    Province de Kapisa : 5 talibans mis hors de combat
    Le ministère afghan de la Défense affirme que 13 talibans, dont quatre membres du réseau al-Qaïda, ont été tués dans la province de Kapisa.

    Selon le communiqué du ministère, une opération conjointe a été menée aujourd'hui (2 mars) avec le soutien des commandos et des forces aériennes dans la «vallée afghane» à proximité du district de Nejrab dans la province de Kapisa.

    Selon le ministère afghan de la Défense, à la suite de l'opération, "13 combattants talibans, dont trois Pakistanais, ont été tués, et un autre blessé".

    Province de Nangarhar : Trois employées d'une chaîne de télévision tuées par balles
    Trois employées de la chaîne de télévision afghane "Enekaas TV" ont été abattues mardi à Jalalabad (est), moins de trois mois après le meurtre similaire d'une de ses présentatrices, les médias continuant à payer un lourd prix aux assassinats ciblés.
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    "Cet après-midi, trois de nos collègues, des jeunes femmes âgées de 17 à 20 ans, ont été tuées par balles par des hommes armés dans la ville de Jalalabad", a déclaré à l'AFP Zalmai Latifi, le directeur de la chaîne Enekaas TV. Selon la police, un assaillant, appartenant aux talibans, a été arrêté.

    Kayhan Safi, chef du département de doublage à Enekaas TV, au sein duquel les trois victimes travaillaient, a confirmé l'attaque. Il a précisé que les trois jeunes femmes, prénommées Shahnaz, Sadia et Mursal, ont été tuées alors qu'elles quittaient leur bureau pour rentrer chez elles à pied. "Elles travaillaient avec nous depuis plus de deux ans (...) Nous sommes tous sous le choc ici", a-t-il réagi.

    Début décembre, une présentatrice de télévision et activiste travaillant pour Enekaas TV, Malalai Maiwand, avait été tuée par balles avec son chauffeur à Jalalabad en se rendant à son bureau. "Nous avons arrêté (un assaillant) alors qu'il tentait de s'échapper au volant d'un rickshaw. Son nom est Qari Basir et il a avoué avoir mené l'attaque. Il est membre des talibans", a indiqué Juma Gul Hemat, le chef de la police du Nangarhar, province où l'incident a eu lieu.

    L'attaque a été revendiquée par l'Etat islamique.
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    Zahir Adel, le porte-parole de l'hôpital du Nangarhar, a confirmé que les corps des trois employées avaient été amenés dans son établissement, ainsi que deux autres femmes qui ont été blessées. "Avec ces lâches attaques et en causant la terreur, les talibans ne peuvent pas faire taire les voix qui s'expriment avec force pour défendre la République et les réussites de ces deux dernières décennies", a réagi le président afghan, Ashraf Ghani.

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    Sept membres des médias ont été tués en 2020, selon le Comité pour la protection des journalistes afghans (AJSC). Un autre a également été assassiné au début 2021.

    Des attaques de plus en plus fréquentes
    "Ces assassinats ciblés doivent s'arrêter. Le gouvernement doit mener des enquêtes approfondies sur ces attaques contre des journalistes et membres des médias, et prendre toutes les mesures pour assurer (leur) sécurité", a estimé mardi l'AJSC.

    Les assassinats ciblés de journalistes, juges, médecins, personnalités politiques ou religieuses et défenseurs des droits humains sont devenus de plus en plus fréquents ces derniers mois en Afghanistan. Les victimes sont souvent tuées par balles ou dans l'explosion de bombes fixées sur leurs véhicules, aux heures de grande affluence sur les routes des grandes villes. Les talibans nient toute responsabilité dans les attentats ciblés et l'organisation jihadiste État islamique en a revendiqué certains.

    Etat islamique
    L'Etat islamique a notamment revendiqué celui de Mme Maiwand. Le groupe jihadiste, bien qu'affaibli ces dernières années, maintient une présence dans l'est du pays. Le gouvernement afghan et les États-Unis continuent cependant à en imputer la responsabilité aux insurgés talibans.

    Des négociations de paix dans l'impasse
    Les violences n'ont fait qu'augmenter à travers le pays depuis quelques mois, malgré les pourparlers de paix en cours entre Kaboul et les talibans. Débutées en septembre à Doha, ces négociations sont pour l'instant au point mort. Pas une journée en Afghanistan ne se passe sans l'explosion d'une bombe, des attaques contre les forces gouvernementales ou une tentative d'assassinat ciblé contre une personnalité de la société civile.

    L'administration Biden veut réexaminer l'accord de paix avec les Talibans
    De son côté, l'administration du président américain Joe Biden a ordonné un réexamen de l'accord signé en février 2020 à Doha avec les talibans, qui conditionnait le retrait des forces étrangères d'Afghanistan d'ici mai 2021 à des garanties sécuritaires de la part des insurgés et à leur engagement à couper tout lien avec les organisations jihadistes comme el-Qaëda. Mais les talibans ont prévenu que si Washington devait revenir sur l'accord, ils reprendraient leurs attaques contre les forces américaines, suspendues depuis lors.



  • Afghanistan : Trois morts, dont un dignitaire religieux, dans une série d'attentats

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    Kaboul
    Un éminent dignitaire religieux et deux autres personnes ont été tués mardi 2 février dans une série d'attentats à la bombe en Afghanistan, dont quatre dans la capitale Kaboul, ont indiqué des responsables.

    Ces attentats commis avec des bombes fixées sur les véhicules de leurs cibles sont devenus l'une des tactiques privilégiées des insurgés, notamment aux heures de grande affluence sur les routes de la capitale.

    Mohammad Atif, un religieux afghan réputé faisant partie d'une association caritative basée à Kaboul, a été tué ainsi qu'une autre personne dans l'explosion d'une bombe (photo ci-dessus) qui visait leur voiture dans le centre de la capitale, selon des responsables. Ferdaws Faramarz, le porte-parole de la police de Kaboul, a précisé que deux autres civils ont été blessés dans cette explosion.

    Le président Achraf Ghani a condamné l'attentat, l'imputant aux talibans qui ont démenti être impliqués dans l'assassinat du religieux. "Les talibans doivent comprendre qu'ils ne pourront pas réaliser les mauvaises intentions de leurs maîtres à travers la violence et la terreur, ni échapper à la responsabilité de tels crimes", a affirmé le chef de l'Etat dans un communiqué.

    Une deuxième explosion qui visait un véhicule du ministère de l'Intérieur à Kaboul a blessé deux personnels de sécurité, et une autre personne a été blessée dans un troisième attentat dans la capitale.

    Une quatrième bombe qui visait la voiture d'un député a explosé également à Kaboul, faisant deux blessés. Le député ne se trouvait pas dans le véhicule au moment de l'explosion. 

    Jalalabad
    Dans la ville instable de Jalalabad (est), un policier a été tué et deux autres blessés dans une attaque à la bombe similaire.

    Province de Herat
    Les autorités locales de Herat ont déclaré avoir arrêté 11 combattants talibans. 

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    Province de Kunduz
    Dans la nuit du 1er au 2 février, au moins 4 policiers ont été tués et 3 autres ont été blessés dans une attaque des talibans dans la province nord de Kunduz, selon Fawzia Yaftali, membre du Conseil provincial. Les affrontements se sont produits dans le PD1 de la ville lorsque les talibans ont attaqué un avant-poste de sécurité. Trois assaillants ont également été tués et deux autres blessés, selon la source. L'attaque est intervenue quelques heures après la visite du chef d'état-major de l'armée afghane, le général Yasin Zia, qui s'est rendu à Kunduz pour enquêter sur la situation et élaborer un plan pour lancer de nouvelles opérations dans la région, selon le ministère de la Défense. 

    Province de Nangarhar
    Le ministère afghan de l'Intérieur annonce que deux combattants talibans ont été tués lors d'affrontements avec les forces de police dans le village de Khair Abad, district de Surkh Rod dans la province de Nangarhar.  Deux fusils d'assaut AK-47, plusieurs grenades à main et un véhicule ont été récupérés par la police.
    retrait total des troupes américaines d'ici mai.
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    Province de Parwan
    Un véhicule de la police a été visé dans la province de Parwan, au nord de la capitale, sans que l'explosion fasse de victime, selon la police. La série d'attentats de mardi n'ont pas été revendiqués.

    Recrudescence des assassinats ciblés
    Les assassinats ciblés de journalistes, personnalités politiques et défenseurs des droits, sont devenus de plus en plus fréquents ces derniers mois en Afghanistan. Même si l'organisation État islamique a revendiqué certaines de ces attaques qui ont semé la peur et le chaos dans le pays, Kaboul et Washington les imputent aux talibans.

    Pourparlers de paix de Doha au point mort
    Les pourparlers de paix ouverts en septembre à Doha entre les talibans et le gouvernement afghan pour mettre fin à deux décennies de guerre sont au point mort. La recrudescence des violences à Kaboul et dans plusieurs provinces afghanes a conduit l'administration du président américain Joe Biden à annoncer un réexamen de l'accord signé en février 2020 à Doha avec les insurgés, qui prévoit le retrait total des troupes américaines d'ici mai.



  • Afghanistan : Attaque secrète présumée contre une base américaine

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    Aux États-Unis, des experts discutent d'une attaque présumée contre la base militaire américaine du Camp Chapman, près de la ville de Khost, qui a été tenue secrète. 
     
    Le 13 janvier, le magazine spécialisé Foreign Policy a annoncé qu'en décembre 2020, les talibans avaient lancé une attaque contre une base militaire américaine dans la province de Khost. L'agression a été considérée comme une violation de l'accord de paix américano-taliban, signé le 29 février 2020 à Doha, au Qatar. Cependant, selon Foreign Policy, les sources locales et la presse internationale n'ont pas rendu compte de l'affaire, car les talibans et l'administration du président sortant, Donald Trump, ont tenté de garder l'attaque secrète. 
     
    «Onze ans après l'une des plus grandes pertes en vies humaines de l'histoire de la CIA dans une base militaire notoire du sud-est de l'Afghanistan, le camp Chapman a de nouveau été attaqué début décembre, une violation apparemment flagrante de l'accord de paix. entre les États-Unis et les talibans », a écrit Foreign Policy. «Cependant, contrairement aux quatre attaques majeures précédentes sur Camp Chapman, une base située au nord-est de la ville de Khost, l'assaut meurtrier de décembre dernier n'a pas été signalé ni reconnu. L'attaque a coûté la vie à quatre membres de la Force de protection de Khost, ou KPF - une milice formée et équipée par la CIA qui maintient une emprise de fer sur la province - ainsi que trois soldats afghans et au moins six civils », lit-on dans l'article. 
     
    Washington et la mission dirigée par l'OTAN en Afghanistan n'ont partagé aucune information sur une telle attaque en décembre. Les journaux américains ont posé des questions à ce sujet, sans recevoir de réponses. Selon Foreign Policy, immédiatement après l'attaque, l'armée afghane et la police de Khost se sont vu refuser l'accès au camp. En outre, le ministère afghan de l'Intérieur et le Département du génie criminel de Kaboul ont déclaré qu'ils n'avaient aucune documentation sur l'incident. Il convient toutefois de noter que l'attaque a eu lieu environ six semaines avant la date limite fixée par les États-Unis pour retirer leurs troupes d'Afghanistan. Selon les analystes américains, une telle attaque aurait souligné à la fois le vide que les troupes américaines laissent derrière elles en se retirant d'Afghanistan. et les nombreuses façons dont les Taliban semblent violer les termes de leur accord de paix. Selon Foreign Policy, le "silence assourdissant" entourant l'attaque du Camp Chapman fait partie d'un "modèle de manque de transparence et d'information sur la mission américaine dans le pays, alors que Washington ferme de plus en plus les yeux sur une vague d'attentats terroristes ces derniers mois, y compris des attaques contre des bases longtemps associées aux forces américaines ».
     
    Pendant ce temps, la situation dans le pays reste complexe, étant donné que les progrès des négociations intra-afghanes sont également lents . Les négociateurs des talibans et des gouvernements afghans ont tenu 3 réunions, du 9 au 14 janvier, et ont annoncé que l’ordre du jour à discuter lors des pourparlers de paix était divisé en six catégories. Les deux parties ont confirmé que parvenir à un consensus sur l'ordre du jour prend plus de temps que prévu, mais les parties sont optimistes que la question sera résolue la semaine prochaine. Selon des sources, l'insistance des talibans à centrer les négociations sur le système politique a retardé le processus. "La demande fondamentale du peuple afghan est de restaurer une paix durable et un cessez-le-feu permanent, nous nous concentrons donc sur le cessez-le-feu ainsi que sur l'ordre du jour des pourparlers", a déclaré Sharifa Zurmati Wardak, membre de l'équipe de négociation de la République islamique d'Afghanistan. 
     
    Entre-temps, le président afghan Ashraf Ghani a de nouveau appelé les talibans à accepter un cessez-le-feu. Arrêter la guerre et l'effusion de sang et convenir d'un cessez-le-feu sont des priorités absolues, selon Ghani. Dans le même temps, certains dirigeants politiques afghans ont déclaré que la création d'un gouvernement intérimaire dans le cadre du processus de paix pourrait améliorer l'efficacité des négociations. "La plupart des politiciens pensent que la création d'un gouvernement intérimaire est une nécessité, qu'il y aura également un cessez-le-feu après la mise en place d'un gouvernement intérimaire", a déclaré Mohammad Ismail Khan, un ancien commandant moudjahidin. Le 7 janvier, Ghani a exclu la possibilité d'établir un gouvernement intérimaire. Le président a déclaré que le système politique actuel doit être protégé et que le pouvoir doit être transféré pacifiquement et légalement. Selon Ghani, le peuple afghan n'est pas favorable à la dissolution du gouvernement et à l'affaiblissement de la démocratie. Par conséquent, son principal devoir en tant que président est de transférer pacifiquement le pouvoir à son successeur, conformément à la loi.