Bassil Gebran

  • Liban : Nagib Mikati, chargé une nouvelle fois de tenter de former un gouvernement

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    Le nouveau Premier ministre désigné, Nagib Mikati, chargé lundi de former le prochain gouvernement après avoir obtenu les voix de 72 députés sur 118 lors des consultations parlementaires contraignantes, a entamé mardi ses concertations avec les différents groupes parlementaires, en vue de mettre sur pied son équipe. Ces entretiens ont débuté place de l’Étoile par une réunion avec le président de la Chambre, Nabih Berry. Il devait ensuite s'entretenir avec les anciens Premiers ministres Saad Hariri et Tammam Salam et le vice-président du Parlement, Élie Ferzli, avant de se réunir avec les blocs parlementaires et les députés indépendants.

    Lors d'une brève allocution depuis le palais de Baabda lundi, Nagib Mikati, s’est engagé à former un  cabinet « en coopération avec le chef de l’État, Michel Aoun ». Un cabinet « qui mettra en œuvre l'initiative française » présentée le 1er septembre 2020 à Beyrouth par le président français Emmanuel Macron. M. Mikati, milliardaire, vétéran de la politique, et, en quelque sorte, roue de secours récurrente, a également expliqué que s’il n’avait pas eu des « garanties extérieures », il n'aurait « pas accepté cette mission ».

    Un soutien qu’il pourrait mettre à profit dans ses négociations avec le chef de l’État pour former un gouvernement attendu depuis près d’un an maintenant. L’information a été confirmée lundi soir dans les milieux du Hezbollah. Une source proche du parti chiite précisait que l’accord sur la candidature de M. Mikati « est le choix imposé par l’urgence de la situation pour éviter l’effondrement ». Pour cette source, cette désignation « est le fruit de la convergence entre plusieurs États concernés par la situation libanaise ».

    La France, pour sa part, a indiqué, par la voix de la porte-parole de la diplomatie française, avoir « pris note » de la désignation de M. Mikati. « L'urgence est désormais de former un gouvernement compétent et capable de mettre en œuvre les réformes indispensables au relèvement du pays, que tous les Libanais attendent », a ajouté Agnès von der Mühll. « La France appelle l'ensemble des dirigeants libanais à agir en ce sens le plus rapidement possible. Leur responsabilité est engagée », a-t-elle encore souligné.

    Il reste que les obstacles qui avaient empêché le chef du courant du Futur, Saad Hariri, de former un cabinet, restent plus ou moins identiques. Fort de l’appui de sa communauté sunnite et du club des anciens chefs de gouvernement dont il fait partie, M. Mikati ne saura dépasser certaines lignes rouges. S’il a déjà marqué sa différence avec M. Hariri en acceptant de rencontrer le chef du CPL, Gebran Bassil, qu’il a reçu à dîner samedi, le plus dur reste à faire pour le nouveau Premier ministre désigné.

  • Liban : La France passe à l’acte, sans les Européens

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    Au moment où le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil plaidait sa cause à Moscou, la France est passée, jeudi 29 avril 2021,  subitement à la vitesse supérieure, en annonçant qu’elle a commencé à mettre en œuvre des mesures restrictives en matière d’accès au territoire français à l’encontre de personnalités impliquées dans le blocage politique au Liban ou dans la corruption. « Nous avons à titre national commencé à mettre en œuvre des mesures restrictives en matière d’accès au territoire français à l’encontre de personnalités impliquées dans le blocage politique en cours, ou impliquées dans la corruption », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, selon le texte d’une déclaration qu’il a faite lors d’une visite à Malte, et transmis à la presse.

    « Les responsables du blocage doivent comprendre que nous ne resterons pas inactifs », a-t-il prévenu lors d’un point de presse aux côtés de son homologue maltais, Evarist Bartolo, en précisant qu’il n’était pas exclu que la France adopte « des mesures supplémentaires à l’encontre de tous ceux qui entravent la sortie de crise (...) en coordination avec (ses) partenaires internationaux ».

    Aucune précision n’a été fournie par M. Le Drian sur la nature des restrictions qui ont commencé à être adoptées, ni surtout sur l’identité des responsables touchés par ces mesures. À Beyrouth, l’ambassade de France a distribué le texte de la déclaration du chef de la diplomatie, sans plus de précisions non plus. La France s’efforçait depuis quelques semaines d’entraîner ses partenaires de l’Union européenne dans une politique de sanctions à l’égard des responsables libanais jugés coupables de « non-assistance à pays en danger », selon les termes utilisés récemment par M. Le Drian lui-même. Mais le mécanisme de prise de décisions diplomatiques au sein de l’UE, où l’unanimité des 27 membres est nécessaire, rendait l’exercice vain, dans la mesure où certains pays membres traînaient les pieds. En visite au Liban le week-end dernier, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, qui a rencontré M. Bassil, a ainsi déclaré sans ambages que Budapest s’opposerait à tout projet de sanctions européennes visant « le plus grand parti chrétien libanais », en référence au CPL.

    L’action russe
    À Moscou, M. Bassil s’est entretenu d’abord avec Mikhaïl Bogdanov, représentant personnel de Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, puis avec le ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. Des échanges qui ont porté sur un ensemble de sujets qui intéressent les deux parties, principalement sur la question du blocage de la formation du gouvernement. Appuyant la position française, Moscou est en faveur d’un cabinet d’experts où les équilibres politiques sont respectés, aucune partie ne pouvant détenir un veto quelconque. C’est dans ce sens, mais de manière plus nuancée que s’est d’ailleurs prononcé M. Bassil, à l’issue de sa rencontre avec M. Lavrov. Il s’est prononcé en faveur d’un « cabinet de spécialistes soutenu par les principales forces politiques et parlementaires, sans que personne ne puisse contrôler et empêcher ces réformes ».

    Il a aussi indiqué avoir demandé au ministre russe des Affaires étrangères de jouer le rôle nécessaire pour « inciter le Premier ministre désigné à boucler le dossier de la formation du gouvernement », avant de rejeter la balle de la responsabilité du blocage dans le camp haririen.

    « Nous attendons tous que le Premier ministre désigné décide de procéder à la formation du gouvernement et, plus important encore, décide d’engager des réformes », a-t-il dit.

    De source proche de M. Bassil, on apprenait que ce dernier a « clarifié » respectivement à MM. Bogdanov et Lavrov sa position au sujet du blocage et rectifié certaines « perceptions erronées ».

    N’ayant aucune initiative à la clé pour pouvoir dénouer la crise, Moscou a cependant favorablement accueilli ces derniers mois le défilé des personnalités libanaises venues solliciter son aide dans l’espoir de rapprocher les points de vue et créer un climat de confiance entre les protagonistes. Soucieux de ne pas afficher de parti pris et ayant réussi au plan diplomatique à entretenir des relations avec plusieurs parties souvent adverses, les dirigeants russes semblent ne pas vouloir déroger à cette règle avec les protagonistes libanais.

    Après avoir reçu le 15 mars dernier une délégation du Hezbollah, Moscou a accueilli le 14 avril Saad Hariri qui cherchait à obtenir un appui dans le bras de fer qui l’oppose au camp aouniste. De même, la visite de M. Bassil en Russie, qu’il a lui-même sollicitée, est surtout destinée à briser son isolement. Moscou s’apprête à accueillir prochainement le chef des Marada, Sleiman Frangié, le chef du PSP, Walid Joumblatt, ainsi que son adversaire politique, Talal Arslane.

    Échanges parisiens
    Les entretiens de M. Bassil à Moscou avaient été précédés d’une visite de M. Bogdanov à Paris lundi et mardi derniers. Lors de ses échanges avec notamment son homologue français, Patrick Durel, le sujet libanais a figuré en première ligne. De source diplomatique proche de ces entretiens, on apprenait que MM. Bogdanov et Durel sont convenus du fait que la mouture de 24, sans possibilité de blocage, était la plus appropriée pour une sortie de crise.

    La partie française aurait fait part de son étonnement de voir M. Hariri persister dans sa rigidité. D’un autre côté, le responsable russe aurait insisté, devant son interlocuteur, sur la nécessité, pour M. Bassil, de ne pas s’obstiner sur la question de la nomination des deux ministres chrétiens comptés dans la quote-part de Saad Hariri et qu’il devait par conséquent lui laisser cette marge de manœuvre. C’est probablement cette recommandation qu’a dû entendre hier M. Bassil lors de ses entretiens à Moscou.

    La bataille entre le camp aouniste et le Premier ministre désigné s’est poursuivie autour de la question de la nomination des ministres chrétiens que le camp du chef de l’État souhaite monopoliser au nom du droit supposé des chrétiens à placer leurs propres ministres.

    Un argument de façade qui cache en réalité un jeu d’équilibre du pouvoir au sein du futur cabinet. Si le chef de l’État devait nommer tous les ministres chrétiens en plus du ministre druze relevant de la part du député Talal Arslane, le camp du président obtiendrait ainsi dix ministres sur les 24. On reviendrait ainsi à la case de départ et au tiers de blocage auquel les aounistes s’étaient pourtant engagés à renoncer.

  • Liban : Le CPL appelle à réexaminer l'entente de Mar Mikhaël avec le Hezbollah

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    Le bureau politique du Courant patriotique libre (CPL) du député Gebran Bassil a appelé samedi à "améliorer" l'entente de Mar Mikhaël,  à l'occasion du quinzième anniversaire de la signature de cet accord entre l'actuel chef de l'État Michel Aoun et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 6 février 2006. L'accord avait scellé l'alliance politique entre le CPL et le parti chiite, une alliance toujours en vigueur mais qui connaît des tensions actuellement.

    Le bureau politique du CPL, qui a tenu sa réunion hebdomadaire par visioconférence, a vu dans l'anniversaire de cette alliance une occasion favorable de "l'examiner de près". Selon le parti aouniste, si cet accord a "évité au Liban les malheurs de la sédition et des divisions et l'a protégé des agressions extérieures en dissuadant Israël et le terrorisme, il n'a pas permis l'édification d'un État de droit". "Il faut améliorer cette entente pour ouvrir de nouveaux horizons et espoirs aux Libanais. C'est une condition pour la viabilité de l'entente. Ceux qui s'y engagent gagneront la bataille de l'édification de l'État et de la lutte contre les corrompus", a affirmé le CPL.

    Cet accord qui a permis à Michel Aoun de renforcer le poids politique de sa formation au Liban et qui a offert au Hezbollah une couverture chrétienne est de plus en plus contesté par la rue chrétienne et au sein même du CPL, notamment suite au soulèvement populaire du 17 octobre 2019 et à la double déflagration au port de Beyrouth le 4 août dernier. Gebran Bassil a déjà affirmé récemment que cette entente devait être réexaminée.

    Par ailleurs, le CPL a affirmé "rejeter la violence et les assassinats politiques utilisés comme moyen de faire taire toute opinion", en allusion à l'assassinat de l'intellectuel et activiste chiite Lokman Slim, dans la nuit de mercredi à jeudi. Toutefois, le CPL ne mentionne à aucun moment Lokman Slim nommément. "Nous mettons en garde contre toute exploitation de tout crime, en allant au-delà des enquêtes et en portant des accusations politiques", a averti le CPL, qui estime que cela "sert des intérêts politiques étrangers et l'incitation à la sédition". L'intellectuel et activiste politique libanais Lokman Slim a été retrouvé jeudi matin assassiné au Liban-Sud, le corps criblé de balles. Le meurtre de ce farouche opposant au Hezbollah, devenu un symbole de la liberté d'expression, a réveillé la crainte d'une reprise des assassinats politiques comme le Liban en a connu entre 2004 et 2013. Plusieurs voix se sont élevées pour attribuer ce crime au Hezbollah car il a eu lieu dans les régions contrôlés par le parti.

    Revenant en outre sur la formation du gouvernement et les appels à l'accélérer, notamment de la part de Paris et de Washington, le bureau politique du CPL a appelé le Premier ministre désigné Saad Hariri à "tirer les leçons et à revoir les fondements sur lesquels il doit procéder à la formation d'un cabinet équilibré, composé de ministres compétents et spécialistes". Le parti a également appelé au "respect de l'esprit du Pacte national et du texte de la Constitution quant au rôle du président de la République", exigeant que "cessent les tentatives d'empiéter sur les prérogatives du chef de l'État". 

    Le Liban est sans gouvernement depuis près de six mois suite à la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth. Saad Hariri, désigné Premier ministre le 22 octobre dernier, n'est pas encore parvenu à former un gouvernement suite à des désaccords avec le président de la République, notamment sur la nomination des ministres chrétiens et sur l'interprétation de la Constitution quant au rôle du chef de l'État dans le processus de formation. Ce bras de fer politique ainsi que la question du tiers de blocage que le président libanais chercherait à s'assurer, selon plusieurs médias, contribue à bloquer la mise sur pied d'un nouveau cabinet, et ce en dépit des médiations du patriarche maronite Béchara Raï et de la relance de l'initiative française portée par le président Emmanuel Macron, pour un gouvernement "de mission" apte à engager des réformes.

  • Liban : Attaque de partisans aounistes contre le siège de la télévision al-Jadeed

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    L'association "Journalistes pour la liberté" a condamné mercredi le comportement de "partisans du Courant patriotique libre" (CPL, fondé par le chef de l'Etat, Michel Aoun) qui s'en sont pris violemment la veille au soir au siège de la télévision al-Jadeed, après une introduction du journal télévisé particulièrement critique à l'égard du président Aoun et du chef du CPL, Gebran Bassil. 

    Mardi soir, les actualités de la chaîne al-Jadeed avaient commencé avec une sortie virulente à l'encontre de MM. Aoun et Bassil, sur fond de tensions politiques, exacerbées par les tractations gouvernementales et l'enquête sur les explosions du port. En réaction aux critiques lancées contre leurs leaders, des partisans aounistes se sont rendus en soirée devant le siège d'al-Jadeed, dans le quartier dit de "Cola", dans le sud de Beyrouth, et ont lancé des pierres et frappé à coups de bâtons le bâtiment, rapportaient hier des médias locaux, avant de prendre la fuite. 

    Cette attaque "constitue une violation flagrante des libertés de la presse" et est un exemple de "la faillite à laquelle la classe dirigeante a mené le pays", a dénoncé dans un communiqué l'association "Journalistes pour la liberté". Elle a condamné "l'absence d'un minimum de respect envers les institutions" de la part de ces partisans.

    Ces derniers mois ont été caractérisés, au Liban, par de nombreuses atteintes du pouvoir contre la liberté d'expression, note le quotidien L'Orient-le-Jour. Elles ont été dénoncées à plusieurs reprises par les associations de défense des libertés et des droits de l'homme. En juin, le procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, avait chargé les enquêteurs de la police judiciaire de lancer des investigations pour déterminer l'identité de toute personne ayant diffusé des publications et des images portant atteinte au chef de l'État, afin qu'elles soient poursuivies en justice pour diffamation et outrage public. Cette décision avait fait un tollé dans les milieux d'activistes.

  • Liban : Les Etats-Unis sanctionnent le ministre Gebran Bassil pour corruption et intelligence avec le Hezbollah

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    L'administration du président américain Donald Trump a sanctionné vendredi le chef du CPL et gendre du président Aoun, une mesure qui planait depuis des mois. Ces sanctions ont été imposées par le Département du Trésor américain. Elles entrent dans le cadre du Magnistky Act, qui vise tout responsable portant atteinte aux droits humains, en gelant ses actifs aux Etats-Unis et en lui interdisant l'entrée sur le territoire américain. L'administration américaine sanctionne Gebran Bassil pour corruption, notamment dans le secteur de l'énergie, et pour son alliance avec le Hezbollah.

    Ces sanctions ne seront pas réversibles en cas de victoire du candidat démocrate Joe Biden à la présidentielle américaine, a précisé le département d'Etat américain lors d'un entretien téléphonique avec la presse.

    C'est la première fois qu'un chef de parti chrétien libanais est ainsi la cible de sanctions américaines. En septembre, ce sont les anciens ministres libanais des Travaux publics Youssef Fenianos, lui aussi un allié chrétien du Hezbollah, et des Finances, le chiite Ali Hassan Khalil, pour "corruption" et soutien au Parti de Dieu, qui avaient été la cible de sanctions américaines.

    Une dizaine de pays, avec à leur tête les États-Unis, considèrent le Hezbollah comme un groupe terroriste.

  • Liban : Consultations reportées sur la nomination du Premier Ministre

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    Le président libanais Michel Aoun a reporté d'une semaine les consultations parlementaires sur la nomination d'un nouveau Premier ministre, qui devaient débuter le 15 octobre. Selon son service de presse, cela a été fait à la demande de certains partis politiques.

    Le principal candidat au poste de Premier ministre est à nouveau Saad al-Hariri qui a dirigé le gouvernement à plusieurs reprises dans le passé. Au cours des consultations, Aoun était censé s’assurer qu’il avait le soutien politique nécessaire.

    Cependant, au cours des dernières 24 heures, deux grands partis chrétiens ont refusé de soutenir sa candidature. Le chef du Courant Patriotique Libre (CPL), Gibran Bassil, a déclaré qu'il s'opposerait à al-Hariri. Le chef des forces libanaises, Samir Geagea, a déclaré qu'il ne soutiendrait personne. Le chef de la communauté druze Walid Joumblatt a également refusé son soutien à al-Hariri.

    Rappelons que le 10 août, après l'explosion dans le port de Beyrouth, le cabinet du Premier ministre Hassan Diyab avait démissionné. Son successeur désigné, Mustafa Adib, a été contraint de démissionner après avoir été incapable de former un gouvernement.

     

  • Liban: Appels à la grève générale et la fermeture des routes à partir de plusieurs régions du pays

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    Des appels à la fermeture des routes et à la grève générale étaient lancés dimanche en début de soirée, depuis différentes régions du Liban où étaient rassemblés sur les places publiques des milliers de manifestants qui réclament depuis le 17 octobre la chute de toute la classe dirigeante.
    Dans le centre-ville de Beyrouth, à Saïda et dans les villages de Halba et Aabdé, dans le Akkar, les représentants de certaines organisations locales menant le mouvement de révolte ont appelé à la fermeture de tous les commerces et administrations et au blocage des routes à partir de lundi, et ce jusqu’à ce que soit formé un nouveau gouvernement.
    Ces appels étaient également lancés sur les réseaux sociaux, accompagnés de « #Non aux atermoiements »
    Rassemblement des partisans du CPL à Baabda en soutien du président Aoun
    Le regain d’intensité de la contestation intervient alors qu’un rassemblement avait été organisé, dimanche midi, des partisans du Courant Patriotique Libre (CPL) à Baabda, en soutien du président Michel Aoun et au chef du CPL, Gebran Bassil, tous les deux cibles privilégiées des manifestants. Ces deux derniers ont prononcé un discours pour l’occasion.
    « Les Libanais ont perdu confiance en l’État. Nous devons restaurer cette confiance », a lancé Michel Aoun, devant ses partisans.
    « Cette révolution doit rester la révolution contre l’injustice, sinon elle s’effondrera », avait averti Gebran Bassil, quelques minutes avant le président.
    « Vous dites « Tous, c’est à dire tous », mais tout le monde n’est pas corrompu. Si vous vous en prenez à tout le monde, les corrompus et les autres, il ne peut pas y avoir de reddition des comptes. Nous ne devons pas être la cible des symboles de la corruption, et celle de leurs victimes », a ajouté M. Bassil. « Au lieu de bloquer la route aux citoyens en érigeant des barrages, qui nous rappellent le temps de la guerre et des milices, coupons la route aux corrompus et à ceux qui ne votent pas les lois contre le recouvrement des fonds volés, la levée de l’immunité et du secret bancaire », a-t-il également dit.
    Importante mobilisation à Nabatiyé malgré les pressions exercées sur les manifestants
    Des centaines de personnes ont manifesté dimanche à Nabatiyé, scandant « le peuple veut la chute du régime », malgré les pressions exercées au cours des derniers jours sur les protestataires.
    Les protestations avaient baissé d’intensité au cours de la semaine écoulée, notamment en raison des pressions exercées sur les manifestants dans cette zone où le Hezbollah et le mouvement Amal sont prépondérants.
    « C’est une nouvelle intifada à Nabatiyé », a affirmé un manifestant qui a requis l’anonymat. « C’est une des plus grandes manifestations dans la ville », a déclaré un autre protestataire. « Nous sommes revenus dans la rue aujourd’hui, après une semaine au cours de laquelle le mouvement avait baissé d’intensité, en raison des pressions et aussi parce que les gens avaient du travail », a-t-il expliqué.
    Les protestataires s’étaient rassemblés en petit nombre dès le matin près du Sérail gouvernemental, et leur nombre a grossi au cours de la journée. A midi, ils ont organisé un déjeuner villageois traditionnel sous une tente, avant d’effectuer une marche commune avec les manifestants du village voisin de Kfar Remmane en direction de la branche de la Banque du Liban à Nabatiyé, répétant « A bas le règne des banques ».
    Le nombre de protestataires a augmenté en soirée, notamment en raison de la présence du chanteur engagé Khaled Habre qui a donné un concert improvisé au carrefour de Kfar Remmane. Dimanche dernier, Marcel Khalifé avait également drainé des foules lorsqu’il était venu se solidariser avec les manifestants.
    Certains protestataires ont confié avoir reçu au cours des derniers jours des appels téléphoniques ou des messages sur la messagerie instantanée Whatsapp les mettant en garde contre toute participation aux rassemblements. D’autres ont été traités sur les réseaux sociaux de traîtres ou d’agents à la solde d’Israël ou de certaines ambassades, recevant de l’argent de l’étranger pour conduire un mouvement contre le pouvoir ou le Hezbollah.
    Mardi dernier, 25 personnes avaient été blessés lorsque des fonctionnaires du conseil municipal de Nabatiyé, affilié au Hezbollah, avaient attaqué les manifestants.
    Plus de 3.000 manifestants rassemblés sur la place Élia de Saïda
    Quelque 3.000 manifestants se sont rassemblés dimanche en fin de journée sur la place Élia, rebaptisée place de la Révolution du 17 octobre, dans le centre-ville de Saïda (Liban-Sud), épicentre de la contestation dans cette ville, qui a connu au cours des derniers jours plusieurs échauffourées entre les protestataires et les forces de l’ordre.
    Selon Mountasser Abdallah, correspondant de l’OLJ, les manifestants se sont rassemblés sur cette place stratégique, brandissant des drapeaux libanais et au son des chants révolutionnaires, à l’appel lancé sur les réseaux sociaux à des manifestations de grande ampleur sur toutes les places du Liban pour « le dimanche de l’unité ». Ils ont bloqué les accès à cette place et ont paradé avec un énorme drapeau libanais, de près de 40 mètres de long.
    Les protestataires ont également organisé un convoi d’une centaine de voitures qui ont sillonné les rues de la ville, drapeaux libanais flottant au vent.
    A plusieurs reprises au cours de la semaine écoulée, les manifestants dans la capitale du Liban-Sud avaient été forcés d’évacuer la place Élia au cours des derniers jours, à la faveur d’échauffourées avec l’armée qui avaient fait plusieurs blessés.
    Plusieurs centaines de personnes manifestent dans une ambiance festive à Baalbeck
    A Baalbeck, dans la Békaa, quelque 500 personnes ont manifesté sur la place Khalil Moutran selon des habitants, dans une atmosphère festive au son de chansons patriotiques, à l’appel lancé sur les réseaux sociaux à une mobilisation massive dans le cadre d’un « dimanche de l’unité ».
    Hommes et femmes étaient rassemblées sur la place Moutran de cette localité considérée comme une zone d’influence du Hezbollah, brandissant des drapeaux libanais et appelant à la « Révolution ».
    A Baalbeck, les manifestations avaient baissé d’intensité au cours des derniers jours.
    Madi K, le « DJ de la révolution », au centre-ville de Beyrouth ce soir
    Mahdi Karimeh, connu sous le nom de DJ Madi K, et rebaptisé « le DJ de la révolution » depuis qu’il a fait danser les manifestants de Tripoli, dans la nuit du 19 octobre, officie ce dimanche soir depuis 18h dans le centre-ville de Beyrouth. L’annonce a été faite sur le compte Instagram du Tripolitain de 29 ans.
    Alors que samedi soir, c’est Tripoli qui a maintenu la flamme de la révolution, avec des milliers de manifestants, certains venant de Beyrouth et d’autres régions du Liban, rassemblés sur la place al-Nour, un grand rassemblement a lieu ce dimanche, à partir de 16h, dans le centre-ville de Beyrouth. Un nouveau rassemblement anti-pouvoir placé sous le slogan du « dimanche de l’unité » et où sont attendus des manifestants de tout le pays.



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