Front des Révolutionnaires Syriens

  • 31 décembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Prochain bulletin le 4 janvier 2015.

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  • Liste des milices rebelles syriennes disposant de missiles TOW’s américains

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    Recrudescence de l’emploi de missiles antichars TOW américains
    On a constaté, dernièrement, un emploi croissant de missiles TOW BGM-71, de fabrication américaine. Ces missiles sont mortels pour les chars de l’Armée Arabe Syrienne. Ils ont notamment été largement utilisés lors des batailles qui ont abouti à la capture des bases militaires de Wadi Deif et Hamidiyyé par les rebelles. Le problème est que ces missiles américains étaient entre les mains des combattants du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et de ceux de la brigade islamiste Ahrar al-Cham. Cette dernière formation rebelle, qui faisait partie du Front Islamique d’obédience saoudienne wahhabite, a souvent coopéré avec les Jihadistes du Front al-Nosra. On ne peut pas dire que le Front al-Nosra et la brigade Ahrar-al-Cham peuvent être considérés comme des organisations rebelles « modérées ». Il est donc étonnant qu’elles aient de telles armes américaines à disposition si on croit ce qu’on nous explique depuis des mois, à savoir que seules les brigades « modérées » pourraient recevoir des armes américaines.

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  • 12 décembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Cisjordanie
    Un Palestinien a attaqué à l'acide un groupe de civils israéliens, y compris des enfants, en Cisjordanie, non loin de Jérusalem ; Quatre personnes ont été blessées.
    L’agression a eu lieu dans l'après-midi du 12 Décembre près du point de contrôle "Minharot" au sud de Jérusalem. L’agresseur a pris une famille pour cible : les parents et leurs quatre filles. Seul le père souffrirait de brûlures chimiques de gravité moyenne. Les brûlures des quatre enfants seraient minimes.
    Des Israéliens qui se trouvaient près de la scène ont ouvert le feu et blessé l’assaillant.
    A signaler également : Le même jour, une voiture palestinienne s’est écrasée contre le mur de protection en béton d’un arrêt de bus près d'une base militaire à proximité de Naplouse. Le chauffeur palestinien a été légèrement blessé. 

    Front syrien

    Une réunion des services de renseignement de plusieurs pays à Amman
    Une réunion a eu lieu à l’ambassande des Etats-Unis à Amman en Jordanie. Elle réunissait des responsables de services de renseignement des Etats Unis, de Grande Bretagne, d'Arabie saoudite, du Qatar et de Jordanie. Le but de la réunion était d’examiner les modalités d'une offensive terrestre contre les positions de Daech en Syrie.
    Les participants auraient passé en revue les différentes stratégies offensives contre Daech et échangé des renseignements sécuritaires. Ils auraient également évoqué l'emploi des forces spéciales et des commandos sur le sol irakien et syrien dans le cadre d'une offensive terrestre. Rappelons que l’éventualité d’une offensive terrestre contre Daech par des forces étrangères sur le sol irakien a été rejetée à plusieurs reprises par le ministre irakien des AE : "pour l'Irak toute opération terrestre sur le sol irakien sous le prétexte de faire face à Daech est considérée comme une ligne rouge que l'Irak ne laissera jamais franchir".

    Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
    Onze Jihadistes de Daech ont péri, au cours d’une embuscade tendue par les forces de la défense populaire des Kurdes syriens (YPG), aux alentours d’Aïn al-Arab (Kobani).

    Alep et sa banlieue
    Les Aleppins ont vécu une nuit particulièrement violente en raison de l’escalade menée par les miliciens de l’opposition armée retranchés dans le quartier de Bani Zeid. Les quartiers résidentiels se trouvant aux confins de Bani Seid, dont Achrafiyyeh, Rue du Nil et rue Tichrine, ont reçus une quarantaine de projectiles, faisant 5 tués parmi la population et 40 blessés.
    De leur côté, l’AAS a bombardé les positions des rebelles à Cheikh Saïd, au sud d’Alep, causant des tués et des blessés dans leurs rangs.
    L’armée serait également en train d’opérer une avancée vers l’entrée nord d’Alep, ce qui pourrait lui permettre d’imposer un blocus aux régions contrôlées par les rebelles et vidées de leurs habitants.
    Dans le quartier Boustane al-Kacer, ligne de démarcation entre les quartiers de l’ouest d’Alep toujours entre les mains de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) et les quartiers est tenus par les rebelles, un des dirigeants de la milice Hazm, soutenue par les Etats-Unis, a été grièvement blessé par l’explosion d’une voiture piégée.
    Selon le « Comité de réconciliation nationale d’Alep », tous les groupuscules armés des quartiers Halak et Haydariyyeh, proches des zones de combat, ont décidé de renoncer de participer aux combats. Exprimant leur volonté de profiter de la réconciliation et affichant leur soutien au plan de Di Mistura (l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie), elles disent « vouloir jouer un rôle de garant de la sécurité des quartiers pour empêcher les extrémistes de les utiliser pour combattre les troupes régulières », rapporte al-Akhbar.
    La situation est toujours aussi confuse en ce qui concerne le sort des villes chiites de Nobol et d'al-Zahra. Les rebelles sunnites ont tiré de nombreuses roquettes sur  ces deux localités tandis que les défenseurs lançaient une contre-attaque vers la ville de Mayer, infligeant des pertes à l’adversaire.

    Deraa (Sud syrien)
    De très violents combats ont opposé les Jihadistes de Daech et du Front al-Nosra aux soldats de l'Armée Arabe Syrienne (AAS) dans la localité de Jada al-Saad, proche de Deraa.
    La banlieue de Deraa est, également le théâtre de violents accrochages. L’AAS a pris pour cible des positions rebelles à Tal Chahab, Tafas, et al-Mazirab, ainsi qu’à Chekh Maskin, et une zone située entre les villages de Tafas et Atman, tous situés dans la banlieue de Deraa.
    Ci-dessous, plusieurs vidéos des combats de Sheikh Maskin. La localité défendue par la brigade 82 de l’AAS est en partie occupée par les rebelles du Front du Sud :
    Première vidéo (côté rebelles)
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ba8314b6e6be
    et
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b8ffef22b8d9
    Troisième vidéo (très courte) montrant un combat de rue :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=13b390769dd6

    Damas et sa banlieue
    Les combats, extrêmement intenses, se poursuivent à Douma et dans la Ghouta-orientale, où l'armée syrienne pilonne continuellement les positions de Jaïsh al-Islam (pro-saoudiens).
    Les affrontements entre soldats de l’AAS et rebelles se poursuivent, dans la localité de Jobar, à l’Est de Damas, où l’armée continue de progresser.
    Cette vidéo montre un bombardement au mortier des positions de l’AAS dans les environs de Jobar par les rebelles :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=13e0028fc5a1
    La video  (langue russe) suivante nous montre la localité de Htetet al-Turkman, ou ce qu’il en reste, après qu’elle ait été reprise par l’AAS. Htetet al-Tukman est située dans la banlieue de Damas :
    https://www.youtube.com/watch?v=68U_1dSgxac&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA&feature=player_detailpage
    Journal des combats autour de la base aérienne de Deir ez-Zhor
    Jeudi 11 décembre dans la soirée, Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont lancé un tank suicide (BVIED) bourré de six tonnes d’explosifs contre l’enceinte de l’aéroport militaire de Deir ez-Zhor, au niveau de la localité d’al-Jafrat. L’explosion a endommagé en partie les fortifications de l’armée. L’objectif était d’ouvrir une brèche dans le système de défense à l’est de l’aéroport. Le kamikaze s’appelait Abou al-Farouq al-Libi. Il avait réussi à s’approcher de l’enceinte sans être repéré par les soldats, profitant de l’épais brouillard qui enveloppait la région. 

    Abou Farouq al-Libi.jpgAbou Farouq al-Libi

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un autre BVIED a été lancé contre l’enceinte orientale de l’aéroport, mais les défenseurs ont réussi à le détruire 40 mètres avant qu’il ne parvienne à sa destination, grâce au tir d’un missile à chaleur. Suite à ces attaques suicides, les Jihadistes ont tenté de lancer un assaut de loin (le quatrième en onze jours), mais ils ont été repoussés par un violent bombardement aérien de l’armée de l’air syrienne, un bombardement au mortier et les tirs des défenseurs.
    La situation est calme depuis.
     
    Cette video (côté jihadiste) donne une idée de l’intensité des combats nocturnes autour de la base aérienne de Deir ez-Zhor, le Dien Bien Phu syrien :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d9384a779405
    A noter que les corps de plusieurs Jihadistes étrangers ont été retrouvés sur le terrain par l’armée. Parmi eux se trouvait le corps d’un Jihadiste belge, Abou Sa’id al-Belgiki. Il appartenait au groupe Sharia4Belgia.

    Abou Sa'id al-Belgiki.jpgAbou Sa'id al-Belgki

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Edleb (Nord syrien)
    Hazm et Ahrar al-Cham contre le Front al-Nosra
    La milice Hazm, soutenue par les Etats-Unis, a décidé de soutenir la brigade Ahrar al-Cham et d’affronter dans la province d’Edleb les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Les deux camps se sont livrés à une vague d’enlèvements.
    L’origine du conflit est du au fait que les Jihadistes du Front al-Nosra ont décidé d’établir leur califat dans le gouvernorat d’Edleb et d’en chasser les autres milices. Ils ont commencé par s’affronter avec les miliciens du Front des révolutionnaires dirigé par l’officier déserteur Jamal Maarouf.
    30 soldats de l’AAS ont profité de la confusion pour s’évader d’une prison tenue par un tribunal religieux dans la localité d’al-Dana dans la province nord d’Edleb.

    Lattaquié
    L’armée régulière a neutralisé les tentatives des rebelles sunnites visant à s’infiltrer dans la localité de Safkoun, en banlieue de Lattaquié, via le village de Ghamam. Un certain nombre de rebelles ont été tués ou blessés, au cours de cette opération

    Qalamoun (proche de la frontière libanaise)
    Le Qalamoun se trouve également au bord d’une guerre fratricide entre formations rebelles et jihadistes. L’Etat Islamique a adressé un ultimatum de 48 heures à tous les groupes armés qui combattent dans cette région, les sommant de prêter allégeance à son chef Abou Bakr al-Baghdadi. Faute de quoi, elle les éliminera.
    L’Etat Islamique compte en effet proclamer le Qalamoun comme « état du califat dans un délai de 54 jours ».
    Un site de l’opposition « Koullouna Chouraka » (Tous des partenaires) a assuré qu’il règne un consensus au sein des milices du Qalamoun de rejeter cette allégeance. Elles ont été rejointes dans ce refus par les Jihadistes du Front al-Nosra, malgré les bonne relations qu’il entretient avec Daech dans cette région.
    L’ultimatum et les offres qui l’accompagnaient ont cependant convaincu un certain nombre de petites milices, qui souffraient d’un manque d’approvisionnement et de financement, de faire allégeance à l’Etat Islamique. Ces petits groupes luttaient dans des conditions difficiles dans la région de Qousseir, dans la province de Homs. De même, des rumeurs font état du ralliement à Daech de la brigade Ossoud al-Cham (les Lions du Levant), l'une des milices les plus importantes dans la ville de Talbisseh.

    Turquie

    Des agents du MIT (services de renseignement turcs) tués en Irak et en Syrie
    La proximité des combats entre Jihadistes de l’Etat Islamique et armées syrienne et irakienne, ainsi qu’entre Jihadistes et forces kurdes ne pouvait laisser les Turcs indifférents. Ceux-ci ont dépêché un grand nombre d’agents et de forces spéciales pour observer ce qui se passait sur le terrain.
    L’agence de presse AhlulBayt (ABNA) a publié les noms de douze membres des services de renseignement et des forces spéciales turques tués en Syrie et en Irak.
    L’ABNA a indiqué que plusieurs membres des SR turcs avaient été tués par un tir de l’artillerie irakienne sur une planque du MIT au moment de l’affaire des otages turcs capturés par l’Etat Islamique. La planque du MIT avait été visée par erreur, affirme l’ABNA, mais explique que l’erreur était due au fait que les agents étaient habillés comme des Jihadistes de l’EI. Les noms des agents tués sont les suivants :
    1- İskender Demir
    2- Murat Tin
    3- Serdar Karaçam (or Karaçay)
    4- Hikmet Y. (trouvé avec un passeport jordanien au nom de  Muhammed Hammash)
    Par ailleurs, cinq membres des forces spéciales turques ont été tués alors qu’ils traversaient la ligne de chemin de fer pour entrer à Kobane. Selon l’ABNA « à voir l’équipement trouvé sur ces gens, il était évident qu’ils appartenaient aux services secrets et aux forces spéciales turcs même s’ils étaient habillés comme des Jihadistes de l’EI, portaient de longues barbes et des moustaches courtes. On a trouvé, par exemple, des systèmes de navigation GPS et des informations concernant des contacts à Kobane de personnes en relation avec le MIT. Et pourtant, ces agents étaient munis de cartes d’identité de l’Etat Islamique.
    Les noms des cinq agents sont :
    1- Mustafa Turan
    2- Halil İbrahim T.
    3- Hızır K.
    4- Murat Çolak (Cette personne utilisait également une carte d’identité au nom d’une organisation caritative pour se rendre en Syrie).
    5- Un autre corps a été retrouvé mais l’identité de la personne décédée n’a pu être repérée car sa dépouille a été enlevée par les soldats turcs.
    Trois autres agents turcs ont été tués en Irak
    L’ABNA a révélé que trois autres agents turcs avaient perdu la vie à diverses occasions en Irak. Ils appartenaient au MIT et au service de renseignement de l’armée. Leur appartenance aux services secrets turcs a été mis en évidence par le fait qu’ils avaient sur eux les adresses et les numéros de téléphone de personnes notoirement membres du MIT. Leurs dépouilles ont été ramenées en Turquie dès le lendemain de leur décès.
    Les noms sont :
    1- Necmettin Tuna (or Turna)
    2- Çağrı Ceyhan (Pilote et lieutenant. On a prétendu qu’il était mort à l’occasion d’un accident d’hélicoptère à Kocaeli. En fait, il a été tué au cours d’une mission clandestine en Irak).
    3-Deniz M.

    Jihadisme international

    Grande Bretagne
    D’après l’International Centre for the Study of Radicalisation (ICSR), e second des trois Jihadistes « britanniques » originaire de Coventry a été tué au cours d’un raid de l’US air force. Il s’agit de Rashed Amani. Un autre des trois comparses, Al Kantar, avait été tué la semaine dernière. Un seul a survécu pour l’instant. Il s’agit de Mohammed Hadi.

    Rashid Amani.jpgRashed Amani

     

     

     

     

     

     

     

     

    Jean René Belliard

     

  • 26 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

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    L’Etat islamique

    L’Etat islamique persécute les minorités religieuses
    A Mossoul, les Jihadistes ont détruit à l’explosif le monastère de la Victoire qui abritait des religieuses. Les Jihadistes avaient pris l’habitude de se servir du monastère comme résidence et comme base pour leurs véhicules.
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2f410359355e
    Les persécutions contre les Chrétiens d’Irak ne leur laissent pas d’autre choix que de prendre, eux aussi, les armes contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Il en est de même pour les Yazidis et les Turkmènes irakiens. Tous ont demandé aux Peshmergas de se joindre à la lutte.
    Vidéo en langue anglaise :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf33cdcbafc4
    Les Chrétiens du Nord de la Syrie ont également décidé de former leur propre milice comme l’affirme le site Weltspiegel (vidéo en allemand)
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tTOgZ5vD4Pk
    Les Jihadistes détruisent aussi les bâtiments religieux de la communauté chiite.
    Vidéo (en langue arab) de la destruction d’autres sanctuaires religieux dans la province de Salah ed-Dine :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bffb313973c4

    Un Ismaélien décapité pour apostasie en Syrie
    L’Etat Islamique (Daech) a annoncé mardi 25 novembre 2014 avoir décapité en Syrie un membre de la minorité ismaélienne, un courant de l'islam proche des musulmans chiites. ll était accusé d'apostasie".
    "Hier (lundi 24 novembre), la police islamique dans la province de Homs (centre de la Syrie) a appliqué la sentence pour apostasie contre un ismaélien", a annoncé le groupe salafiste dans un communiqué, indiquant que l'exécution avait eu lieu "devant un groupe de musulmans".
    "C'est ce qui attend tous les apostats", proclamait une pancarte manuscrite placée sur le corps de la victime.
    La communauté ismaélienne compte environ 200.000 personnes en Syrie, la plupart vivant à Salamiyeh, une ville de la province de Hama (centre).
    Aux yeux de Daech, tous les musulmans qui n'adhèrent pas à son interprétation de l'islam sont des apostats.

    Le Front al-Nosra exécute aussi pour blasphème
    L’Etat Islamique n’est pas le seul à exécuter des gens pour blasphème ou apostasie. Le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, a exécuté mercredi 26 novembre, à Erbine, une localité située à l'est de Damas, un dénommé Mohammad al-Mir. Il était accusé "d'avoir insulté le prophète (Mahomet) et sa famille".
    On avait jusqu’ici tendance à considérer le Front Al-Nosra comme moins radical que l'Etat Islamique.

    Afrique du Nord
    L’Etat islamique s’étend en Afrique du Nord. Le dirigeant de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a récemment vanté dans un enregistrement audio l'expansion du « califat » annonçant avoir accepté les serments d'allégeance émis par des jihadistes de Libye, d'Égypte, du Yémen, d'Arabie saoudite et d'Algérie. Après Jund al-Khilafa en Algérie et Ansar Beit al-Maqdess en Égypte, l’Etat Islamique est maintenant implanté dans la ville libyenne de Derna.

    Derna (Libye) est une place forte islamique
    Derna est une place forte islamiste qui fait peu de cas de la « démocratie à l’occidentale » que rêvaient d’imposer les Occidentaux en aidant au renversement de Mouammar Kadhafi. Cette ville portuaire de 150.000 habitants située dans l’est libyen est depuis longtemps un haut lieu du jihad international. Ce que les Islamistes de Derna réclament, c’est l’application de la Charia…et une part des revenus pétroliers. On estime leurs effectifs à plusieurs centaines de miliciens rompus à la lutte armée. Derna a été la plus grande pourvoyeuse d’hommes pour les guérillas afghane, irakienne et syrienne.
    L'idéologie de l'État Islamique (EI) ne pouvait qu’attirer des sympathisants dans les milieux radicaux en Libye. C’est pourquoi ce n’est pas une surprise d’apprendre que la ville de Derna, s’est transformée en «émirat islamique ».
    En avril 2014, une branche d'Ansar ach-Charia avait annoncé qu'elle allait instaurer la justice selon la loi islamique à Derna. Se faisant appeler « Majless Choura (Conseil consultatif) des jeunes de l'islam à Derna », elle y a instauré des tribunaux islamiques et une police religieuse.

    Lutte entre partisans d’al-Qaïda et partisans de l’Etat Islamique ?
    Il se pourrait qu’on assiste en Libye, comme cela est déjà le cas au Yémen à une lutte sourde entre les chefs traditionnels du Jihad, membres d’al-Qaïda et les partisans de l’Etat Islamique, ce qui ne manquerait pas de rajouter de la confusion à un pays qui n’en a pas besoin. Rappelons que le pays est en proie au chaos où deux Parlements et deux gouvernements se disputent le pouvoir sur fond de violences meurtrières. Pour l’instant, on a encore du mal à savoir quel est le poids de ceux qui se réfèrent à al-Qaïda et ceux qui ont fait allégeance à l’Etat Islamique. .
    Jeffrey Rathke, le porte-parole du département d'État américain s’est déclaré inquiet face aux «informations selon lesquelles des factions extrémistes violentes (en Libye) ont prêté allégeance à l'EI et cherché à s'associer à lui ».

    La vallée de Pankisi (Georgie)
    Les gorges de Pankisi sont situés en Géorgie. Les six villages de cette vallée sont peuplés de Kistes, des descendants de Tchétchènes ayant émigré en Géorgie.
    L’Orient-le-jour du 26 novembre 2014 rappelle que la vallée de Pankissi est apparue dans les médias géorgiens dès le début de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996). Elle était devenue à l’époque le refuge des indépendantistes tchétchènes et plus de 10 000 civils s’y étaient réfugiés. Avec l'aide des États-Unis, le gouvernement pro-occidental géorgien de l'ancien président Mikheïl Saakachvili avait réussi en 2004 à chasser hors de son territoire les séparatistes, qui y organisaient encore des attaques contre l'armée russe.
    Mais leur présence prolongée a influencé la population, dont les traditions religieuses soufies ont été remplacées par des pratiques salafistes, une branche rigoriste de l'islam. « Le salafisme est désormais la forme dominante de l'islam en Pankissi », explique le journaliste Soulkhan Bordzikachvili, qui vit dans un des villages des gorges, Jokolo. Le salafisme menace, raconte un habitant de la vallée, « l'existence même de l'identité culturelle des Kistes ». Un autre témoigne : « La jeunesse kiste est majoritairement salafiste, les jeunes ne se considèrent plus désormais comme Kistes ou Géorgiens mais uniquement comme des musulmans. »
    Pour Khaso Khangochvili, membre du conseil des aînés de Pankissi, « c'est la pauvreté et le chômage qui font partir les jeunes Kistes de Pankissi. Ils cherchent du travail en Turquie et certains finissent à combattre en Syrie », à seulement une journée de voiture de la Géorgie.
    C’est d’ailleurs une raison économique que donne Temour Batirachvili, le père d’Omar al-Chichani (le Tchétchène en arabe), le célèbre jihadiste à la barbe rousse, l’un des chefs des Tchétchènes qui luttent dans les rangs de l’Etat Islamique en Syrie. Il explique : « Quand Tarkhan (Omar al-Chichani) a guéri (de sa tuberculose), il était prêt à rejoindre à nouveau l'armée (géorgienne). Ils lui ont promis un travail, mais ils n'ont jamais tenu leur promesse », il continue, « si mon fils avait eu ne serait-ce qu'un peu d'espoir de vivre une vie meilleure en Géorgie, il ne serait jamais parti ».
     

    Turquie

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mercredi 26 novembre 2014, "l'impertinence" des Etats-Unis dans la crise syrienne. La visite de Joe Biden, le vice-président américain, n’a donc pas contribué à aplanir les divergences entre les deux alliés sur le dossiersyrien.
    "Je veux que vous sachiez que nous sommes contre l'impertinence et les demandes sans fin", a déclaré M. Erdogan en référence aux requêtes adressées par Washington à la Turquie dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
    Malgré les pressions exercées par les Etats-Unis, le gouvernement islamo-conservateur turc, proche des Frères musulmans, refuse toujours d'intervenir militairement au profit des forces kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes, à la frontière turque.
    Ankara oppose également une fin de non-recevoir à la demande américaine d'ouvrir sa base d'Incirlik aux avions qui bombardent les positions de l'EI en Irak et en Syrie.
    La Turquie juge ces raids inefficaces et plaide pour que le départ du président syrien Bachar al-Assad soit la priorité de la stratégie de la coalition dans la région.
    "Ils (les Américains) sont restés simples spectateurs lorsque le tyran (le président syrien) a massacré 300.000 personnes. Ils sont restés silencieux face à la barbarie d'Assad et maintenant ils jouent sur la mauvaise conscience (de l'opinion internationale) autour du sort de Kobané", a regretté M. Erdogan.
    "Nous ne résoudrons pas nos problèmes avec l'aide d'un « esprit supérieur » mais avec celle de notre propre peuple", a conclu le président turc.
    Lundi 24 novembre, M. Erdogan avait déjà accusé les Américains d’avoir une politique destinée uniquement à protéger leurs intérêts pétroliers dans la région.

    Front irakien

    Kirkouk
    Vidéo tournée par les Peshmergas sur la ligne de front dans la région de Kirkouk :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ed2baf5e6106

    Front syrien

    Alep
    Vidéo de la brigade Noureddne al-Zanki montrant une attaque kamikaze contre une position de l’AAS à Alep :
    https://www.youtube.com/watch?v=ElbzzXfJqV4&feature=player_detailpage&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng

    Damas et sa banlieue
    Une vidéo (langue russe) montre la destruction d’une position rebelle dans la localité de Zamalka, voisine de Jobar (Exceptionnel) :
    https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=player_detailpage&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA

    Raqqa
    Le bilan des bombardements de la ville de Raqqa par l’aviation syrienne, le mardi 25 novembre, s’est encore alourdi. On parle maintenant de 95 morts, dont une majorité de civils. En représailles, l’Etat Islamique menacerait d’exécuter des soldats de l’AAS détenus prisonniers.

    Vidéo de la brigade rebelle Souqour esh-Sham (les faucons de Syrie)
    Cette brigade est armée par le Qatar et la Turquie. Elle fait partie du Front Islamique armé et financé par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe :
    https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=player_detailpage&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA

    Coalition internationale

    Des effets négatifs des raids de la coalition internationale en Syrie
    Les raids menés par la coalition internationale ont pour résultat de pousser de plus en plus d’Irakiens et de Syriens dans les bras de l’Etat Islamique. Le mouvement est particulièrement net en Syrie où plusieurs formations rebelles ont tout simplement rejoint l’EI (Daech) tandis que d’autres ont noué des alliances tactiques ou convenu une trêve avec l’organisation salafiste. C'est notamment le cas dans la région d’Edleb. Les brigades en question sont Jeich al-Mujahidin, la brigade al-Sham, la brigade Ahrar ash-Sham, et même le Front al-Nosra. Plus de mille combattants du Front al-Nosra auraient rejoint l’Etat Islamique en une seule semaine au mois d’août 2014, affirme Ali Sa’eed, un porte-parole du Commandement Révolutionnaire de l’Armée Syrienne Libre.
    « L’Etat Islamique est un aimant qui attire un grand nombre de Musulmans » a déclaré au Guardian Abou Talha, le chef de la brigade Ansar al-Haq qui combat dans la Ghouta orientale. Lui et 200 de ses hommes ont rejoint l’EI. Il serait actuellement en négociations avec des combattants d’autres unités rebelles, comme le Front al-Nosra pour qu’ils rejoignent, eux aussi, l’Etat Islamique.
    Un autre combattant de l’ASL dans la région de Homs a affirmé au journal britannique qu’il était hors de question pour lui de se battre contre l’EI à présent que l’aviation américaine bombardait l’organisation islamiste. Il affirme que 600 combattants de la brigade al-Ribat, de la province de Homs, auraient fait avec lui allégeance à l’EI. La brigade al-Ribat avait pourtant reçu une promesse de la part de la brigade Hazm, soutenue par les Etats-Unis, de recevoir des armes sophistiquées si la brigade acceptait de rejoindre la lutte contre l’Etat Islamique.
    Tous les gens en Syrie, affirme Abou Zeid, un commandant de l’ASL, basé dans la région d’Edleb, se demandent pourquoi l’aviation US bombarde des cibles de l’EI et n’est jamais intervenue contre les mitrailleuses et les canons de l’Armée Arabe Syrienne.
    « Les Américains ne nous ont jamais donné d’armes pour combattre l’armée de Bachar el-Assad, ajoute Abou Talha. Les armes arrivent seulement maintenant pour combattre l’EI ».
    Abou Talha affirme que de nombreux commandants de brigades rebelles ont en secret confirmé leur allégeance à l’EI.

    Jean René Belliard

     

  • 1er au 3 novembre – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    Bagdad – Une série d’attentats
    Deux attentats à la voiture piégée visant des pèlerins chiites ont tué au moins 19 personnes à Bagdad, dimanche 2 novembre. Il fallait s’attendre à de tels attentats contre la communauté chiite qui se prépare à fêter le dixième jour de l’Achoura. 
    L’Achoura est le jour où le troisième imam chiite, Imam Hussein, a été assassiné à Kerbala avec 72 de ses compagnons.
    La première explosion, qui a fait 13 morts et 29 blessés, a eu lieu dans le quartier Al-Ilam, dans le sud-ouest de la capitale, près d'une tente où les pèlerins chiites se rendant en pélérinage à la ville sainte de Kerbala venaient pour recevoir de la nourriture. Le second attentat à eu lieu à Sadr City, le grand quartier chiite situé au nord-est de Bagdad.
    Une autre attaque à la voiture piégée a eu lieu contre un point de contrôle de la police dans le centre de Bagdad. Cet attentat a fait au moins cinq morts et 17 blessés.
    Video en langue anglaise :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1c6bbb3b8519

    Kerbala – la ville sainte chiite
    Des centaines de milliers de pèlerins chiites vont commémorer à Kerbala la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet. Les célébrations, qui culminent mardi 4 octobre, sont souvent l’occasion d’attentats commis par des Jihadistes sunnites pour qui les Chiites sont des « mécréants » qui méritent la mort.  La tension est d’autant plus extrême que les Jihadistes de l’Etat Islamique sont retranchés au sud de Bagdad, non loin de la route reliant la capitale à Kerbala. C’est la raison pour laquelle plus de 25.000 soldats et policiers et 1500 miliciens chiites ont été déployés tout le long de la route reliant Bagdad à Kerbala.

    Bataille de Baiji
    La bataille de Baiji et Tikrit se poursuit mais pour l’instant l’armée irakienne ne semble pas avoir pris le dessus sur les Jihadistes de l’EI. Elle n’a pas encore réussi à pénétrer dans aucune des deux localités.
    Vidéo en langue arabe – Remarquez la cadence des tirs sur la ligne de front :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eD4JH26D8MQ

    Mossoul
    Les forces spéciales irakiennes se sont rapprochées de Mossoul :
    Vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=I_Na-1D5mBM

    Un chef de l’Etat Islamique tué dans les bombardements
    Selon la chaîne de télévision Al-Iraqiya, Abdallah al-Masri et trois de ses lieutenants auraient été tués au cours d’un bombardement de leurs positions par des avions de l’armée de l’air irakienne. Les faits se seraient déroulés dans la localité d’Aziz-Balad, dans le Sud de la province de Salaheddine. L’opération contre le chef jihadiste aurait été menée sur la base des informations collectées par les services de renseignement irakiens. Pour le ministère irakien de la Défense, Abdallah al-Mesri était l’un des commandants les plus cruels de Daesh. 

    Les Jihadistes de l’EI poursuivent leurs exécutions de membres de la tribu al-Bou Nimr
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont encore assassiné au moins 36 membres de la tribu al-Bou Nimr dont 200 membres avaient déjà été tués à la fin de la semaine dernière. Parmi les personnes nouvellement exécutées se trouvent quatre femmes et trois enfants.
    On nourrit la plus grande inquiétude pour de nombreux autres personnes car on pense que près de 1000 membres de cette tribu ont été capturés par les Jihadistes qui auraient décidé Selon un dirigeant de la tribu, il y aurait une fatwa qui ordonnerait l’exécution de tous les membres de la tribu al-Bou Nimr, y compris les bébés.
    Ces exécutions visent à faire peur aux tribus locales pour les dissuader de s’allier au gouvernement de Bagdad contre le califat islamique.

    Front syrien

    Bataille d’Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
    Pour la première fois, les combattants kurdes syriens de l’YPG ont mené, avec leurs frères Peshmergas irakiens et des éléments des Borkan al-Firat (Armée Syrienne Libre), une offensive à l’ouest de Kobane contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils auraient infligé des pertes importantes aux Jihadistes. Les combats ont été particulièrement importants dans le secteur oriental de la ville, et notamment dans le quartier de Kaniya Kurdan où les combats se sont poursuivis jusqu’à minuit, dimanche 2 novembre. Les Jihadistes n’ont pu s’accrocher à leurs positions et on du battre en retraite, laissant 15 tués sur le terrain. De violents combats ont également eu lieu au sud de l’agglomération et là aussi, les Jihadistes ont battu en retraite, laissant cinq morts derrière eux. Il s’agirait de cinq jihadistes étrangers tués dans la destruction de leur véhicule.

    Il y a Kurdes et Kurdes …
    Un membre du Conseil de sécurité du Kurdistan irakien aurait identifié près de 200 Kurdes qui se battent aux côtés des terroristes de l’Etat Islamique. 
     «Nous avons identifié la plupart de ces individus», a déclaré ce responsable kurde. Mansour Barzani a ajouté que certains de ces traîtres kurdes ont été tués, lors des combats, en Syrie, et certains autres ont été abattus par les Peshmergas, tandis que d'autres, encore, collaborent avec les terroristes de l’Etat Islamique. Masrour Barzani a déclaré au journaliste du quotidien "Ash-sharq al-Awsat" : «Le plus grand problème des Peshmergas, c’est qu’ils ne sont pas équipés d’armes sophistiquées. Nous avons besoins d’armes lourdes, comme des chars, des blindés, des canons lourds, des équipements de déminage, des explosifs et des roquettes anti-char.
    Le problème est qu’on sait que certaines armes fournies par la coalition internationale aux Kurdes irakiens se trouvent désormais aux mains des Jihadistes de l’Etat islamique. On ne sait pas si ces armes ont été capturées à l’issue de combats qui auraient tourné au désavantage des Kurdes, ou si ces armes ont été vendues ou amenées par des transfuges. Toujours est-il qu’on a retrouvé aux mains des Jihadistes, entre autres, une mitrailleuse MG 42/59 comme celles fournies par l’Italie à la région autonome du Kurdistan d’Irak.

    Conflit entre le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS)
    Peu d’éléments nouveaux sur le terrain en ce qui concerne le conflit qui oppose le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) et le Mouvement Hazm, deux organisations financées et armées par les Etats-Unis. On sait que les Jihadistes du Front al-Nosra se sont emparées de la plupart des positions du FRS dans la province d’Edleb.
    On en sait un peu plus, par contre, sur l’origine du conflit.
    Le conflit aurait débuté lundi 27 octobre alors que les Jihadistes du Front al-Nosra et d’autres organisations rebelles avaient entamé une offensive contre les soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) dans la ville d’Edleb. Les miliciens du FRS avaient reçu l’ordre de rester l’arme au pied et de ne pas participer à cette offensive. Cela n’a pas plus à tous les membres du FRS et plusieurs d’entre eux ont décidé de rallier les unités qui participaient au combat. C’est alors que Jamal Maarouf a décidé de lancer une offensive contre les renégats pour saisir leurs armes et a même demandé à ses fidèles de bombarder des villages où ces dissidents s’étaient réfugiés. En réponse, les Jihadistes du Front al-Nosra se sont joints à ceux de la faction Jund al-Aqsa  pour se porter au secours des dissidents du FRS. Mais leur entreprise a été entravée par des check-points du mouvement al-Hazm qui voulait les empêcher d’approcher les positions du FRS fidèles à Jamal Maarouf.
    Samedi 1er novembre, après ses succès sur le terrain, le Front al-Nosra déclarait un cessez-le-feu à la condition que Jamal Maarouf comparaisse devant un tribunal islamiste pour être jugé selon la charia. Inutile de dire que Maarouf n’a pas montré le moindre signe qu’il allait répondre favorablement à cette convocation. Les responsables du Front al-Nosra accusent pourtant le FRS de corruption et de vol de fournitures destinées à d’autres factions rebelles.

    Violents combats sur le front sud syrien
    L'armée arabe syrienne (AAS) mène actuellement une grande offensive  dans l'Est et le Nord d'Al-Cheikh Meskin, situé dans le rif Ouest de Deraa. De très violents affrontements se poursuivent, dans la banlieue de Quneitra.
    L'AAS cherche à reprendre, totalement, le contrôle de la ville d'Al-Cheikh Meskin, qui est une ville stratégique et qui se trouve sur le point de jonction de plusieurs provinces du Sud de la Syrie.
    A Deraa, les combats sont, aussi, très violents. Les unités de l'armée traquent et éliminent les Takfiris et détruisent leurs véhicules blindés.
    Les affrontements se poursuivent enfin dans la banlieue de Quneitra, une ville que les rebelles occupent actuellement et que l’AAS veut libérer.

    Front libanais

    Bekaa / Qalamoun
    De violents affrontements ont opposé ces dernières 24 heures les Jihadistes du front al-Nosra aux combattants du Hezbollah dans le jurd de la Békaa proche de la frontière syrienne au niveau de la région du Qalamoun.
    Les Jihadistes du Front al-Nosra auraient tenté de progresser vers les positions du Hezbollah à l’intérieur du territoire libanais. Des affrontements ont alors éclaté dans les jurd de Younine et de Nahlé à proximité de la frontière avec le Qalamoun syrien.
    L’offensive jihadiste aurait eu lieu sur deux fronts, le premier du côté du jurd d’Ersal, et le deuxième de l’intérieur du jurd syrien vers la région de Rass el-Maarra.
    D’autres combats ont eu lieu dans la région de Wadi Rehyane, au sud du jurd d’Ersal et proche du jurd de Younine. D’importants groupes de Jihadistes sont retranchés dans cette région montagneuse. 
    Il apparaît que l’objectif des Jihadistes soit de trouver un refuge avant le froid glacial de l’hiver dans les montagnes.

    Forces al-Rida
    Pour contrer l’offensive des Jihadistes, le Hezbollah a dépêché des combattants des forces al-Rida dans le jurd du Qalamoun et les régions jouxtant le territoire libanais. Ceux-ci ont reçu pour mission de prêter main forte aux soldats syriens et aux combattants du Hezbollah sur place.
    Les forces al-Rida sont une formation militaire supervisée par le Hezbollah et composée de jeunes syriens des régions d’Alep, de Homs et de Damas.
    Ces combattants ont été entrainés aux combats de rues par le Hezbollah. Ils ont déjà combattu à Homs et au Sud de Damas autour du mausolée de Sayeda Zeinab. La plupart d’entre eux ont pris part à la bataille de Rankous dans le Qalamoun.

    Jean René Belliard

  • 1er et 2 novembre – Revers des rebelles « modérés » en Syrie

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    Revers des rebelles « modérés » en Syrie
    J’avais mentionné, dans la précédente édition du blog sur le Moyen Orient hébergé par la Tribune de Genève que deux organisations de rebelles « modérés » soutenus par les Etats-Unis et la Turquie, livraient bataille aux Jihadistes du Front al-Nosra dans la province d’Edleb. Ces deux organisations est le Front des Révolutionnaires Syriens et le mouvement Hazm.
    Aux dernières nouvelles, les combattants du Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) ont perdu la bataille après 24 heures de combat dans la province d’Edleb contre les Jihadistes d’al-Nosra, appuyés par des éléments de l’Etat Islamique.
    "Le Front al-Nosra est devenu maître de Deir Sinbel, et il contrôle désormais la majorité des localités et villages de la région de Jabal al-Zawiya", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Il s’est également emparé des armes et des chars du FRS.
    Il s’agit d’une très mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis, la Turquie et la coalition internationale qui pensaient pouvoir s’appuyer sur ces éléments pour lutter contre les Jihadistes en Syrie. Il serait peut être temps de tirer les leçons de cet échec :
    1 – Lorsqu’on prétend vouloir faire la guerre, il vaut mieux éviter les demi-mesures. « Quand on tire, on tire » selon une phrase célèbre du western « le bon, la brute et le méchant ». Et bien quand on arme, on arme ou on s’abstient.
    2 – Distinguer entre rebelles « fréquentables » et « non-fréquentables » devient d’autant plus difficile que les buts de l’engagement occidental est confus. S’agit-il de lutter uniquement contre les Jihadistes et de laisser Bachar el-Assad diriger la Syrie à sa guise ? Ou bien, comme on le sait bien, rêve-t-on encore dans les Etats-majors occidentaux de faire d’une pierre deux coups ? Cette confusion a conduit un certain nombre d’hommes du rang du Front des Révolutionnaires Syriens à refuser le combat contre leurs « frères » jihadistes, voire même à les rejoindre dès les premiers coups de feu. Cela à contribué à faire s’écrouler les lignes de défense du Front des Révolutionnaires Syriens. Une observation qui ne devrait pas être négligée par les stratèges occidentaux.
    3 – Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont prêté main forte aux Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) alors que les mêmes hommes se sont affrontés avec férocité en d’autres temps et dans d’autres lieux.
    Cette défaite porte un coup sérieux aux efforts des États-Unis de créer et d'entraîner une force modérée entre les jihadistes et les forces du régime de Bachar el-Assad. Washington, on le rappelle, s’efforce de mettre sur pied en Syrie une force rebelle capable de renverser le pouvoir syrien pour instaurer un Etat démocratique et faire échec aux Jihadistes qui, eux, veulent mettre en place un Etat théocratique.
    En fait, le seul secteur où les efforts américains ont encore une chance de voir le jour est le sud syrien, à la frontière avec la Jordanie. Mais là encore, les combattants du Front des révolutionnaires syriens ne vont pas représenter un poids suffisant face à l’implantation du Front al-Nosra dans la région et au Front Islamique qui regroupe des Islamistes soutenus par l’Arabie saoudite.

    Jean René Belliard

     

  • 30 et 31 octobre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Liban

    Arrestation de nombreux jihadistes
    On connaît à présent le bilan définitif des affrontements entre les Islamistes et l’armée libanaise le weekend passé à Tripoli et le Akkar. Il s’établit à onze morts et 134 blessés, dont douze officiers, dans les rangs de l’armée et à dix morts et 80 blessés parmi les civils.
    Les services de renseignement de l’armée sont particulièrement inquiets de la présence sur le territoire libanais d’un grand nombre de Syriens armés combattant aux côtés d’Islamistes libanais. Cette situation explosive fait penser au schéma qui existait au début des années 70 lorsque des organisations de Fedayin palestiniens armés s’alliaient à des militants d’organisations « palestino-progressistes » comme on disait à l’époque.
    C’est la raison pour laquelle les services de sécurité de l’Etat, profitant de l’échec du soulèvement salafiste de Tripoli, mettent les bouchées doubles pour identifier et appréhender tous ceux qui pourraient représenter une menace. Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles neuf Libanais et un Palestinien, les autres étant de nationalité syrienne.
    Les arrestations ont été effectuées à Tripoli, la Békaa, à Rachaya où les services de renseignements militaires ont arrêté 12 ressortissants syriens, suspectés d'appartenir à des groupes terroristes et d'avoir pris part aux combats à Ersal contre la troupe. Par ailleurs, plusieurs perquisitions ont eu lieu dans nombre de localités du Akkar, notamment dans les milieux des réfugiés syriens à Bhannine. Des armes et des roquettes ont été saisies dans l'un des endroits perquisitionnés, ainsi que des uniformes militaires et des équipements de télécommunication.
    Sept personnes ont également été arrêtées à Saïda. Les arrestations ont été rendues possibles grâce à l’écoute de communications effectuées par les renseignements militaires. Les écoutes ont révélé que les Islamistes de Tripoli demandaient à un certain Ahmad Adnane Charaf, le chef de la cellule de Saïda, d’ouvrir un front dans le camp palestinien d’Aïn el-Héloué pour alléger la pression de l’armée à Tripoli.

    Front syrien

    Aïn el-Arab (Kobane en kurde)

    Près de 400 combattants de l'ASL déjà à Kobané
    Nizar al-Khatib, chef d'une unité de l'Armée syrienne libre (ASL), a affirmé jeudi 30 octobre 2014 que près de 400 hommes de l’ASL étaient arrivés à Kobane pour participer à la défense de la ville assiégée par les Jihadistes de l’Etat Islamique.
    "Nous étions 200 originaires de la région avant même que les premiers combats commencent contre l'Etat islamique. Nous sommes aujourd'hui près de 400 (...) et nous attendons d'autres renforts", a déclaré Nizar al-Khatib lors d'une conférence de presse à Istanbul.
    Mercredi déjà, entre 50 et 150 combattants de l’ASL avaient franchi la frontière turque pour rejoindre Kobane. Les Peshmergas, tout comme les membres de la brigade « Aube de la liberté » (Fajr al-Hurriya), semblent devoir constituer les troupes au sol sur lesquelles comptent s’appuyer le Pentagone pour venir à bout des califatistes.
    Après des déclarations hostiles à l’arrivée des combattants de l’ASL par des membres de l’YPG, la force de défense kurde, il semble que les choses se soient apaisées. Nizar al-Khatib préfère souligner la bonne coordination entre les différentes factions qui résistent à l’offensive califatiste. "Le commandement à Kobane n'est pas dans les mains d'une seule personne. Il y a un poste de commandement dans lequel toutes les forces en présence sont représentées et prennent les décisions ensemble", a-t-il affirmé.
    Vidéo de l’arrivée des combattants de l’ASL à Kobane :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b6b12dae6867

    L’Iran réagit à l’arrivée de rebelles de l’Armée Syrienne Libre (ASL) à Kobane
    Hossein Amir-Abdollahian, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé du département arabo-africain,  a mis l’accent sur la nécessité de la sauvegarde de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, en Syrie.
    "La sauvegarde de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, en Syrie, est dans l’intérêt du peuple  de ce pays et de ceux des autres pays de la région", a affirmé, jeudi 30 octobre, Hossein Amir-Abdollahian.
     «La question de l’aide aux habitants de Kobane ne doit pas devenir une prétexte, pour les ingérences étrangères, en Syrie. L’Iran met en garde ceux qui profitent de la situation qui prévaut dans la région, à des fins particulières, en Syrie», a-t-il ajouté.
    Bathina Chaaban, le conseiller médiatique et politique du président syrien préfère dénoncer une ingérence turque : «En envoyant les terroristes de l’Armée Syrienne Libre, (ASL), à  Kobane, la Turquie cherche à augmenter son influence, en Syrie».

    Les 150 Peshmergas kurdes irakiens sont entrés à Kobane
    Dix membres du contingent kurde irakien ont rallié jeudi 30 octobre la ville assiégée pour préparer l'arrivée du reste de leur contingent, stationné dans la ville frontalière turque de Suruç (sud).
    Vidéo de l’arrivée des dix premiers Peshmergas :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf21781ba28b
    Le reste des renforts kurdes irakiens, composé de 150 hommes, sont finalement entrés à Kobane. Ils ont quitté la ville turque de Suruç pour entrer sur le territoire syrien par le porte de TAll al-Chaïr, à l’ouest de la ville assiégée. 

    Damas et sa banlieue
    La bataille se poursuit toujours à Jobar. Cette vidéo (en langue russe) montre l’intensité des combats vus du côté de l’Armée Arabe Syrienne (AAS). (Exceptionnel) :
    https://www.youtube.com/watch?v=_WSVbidWloY&feature=player_embedded

    Qalamoun (frontière syro-libanaise)
    De violents combats opposent depuis mercredi 29 octobre des rebelles syriens aux miliciens chiites du Hezbollah dans le jurd du village de Fakiha dans la Békaa orientale.
    Les affrontements ont également lieu du côté syrien, au Qalamoun, entre l'armée syrienne et les combattants du Hezbollah d'une part et les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) de l'autre. Les combats se déroulent dans le jurd de Flita voisin du jurd d'Ersal et du village de Nahlé.
    Un haut responsable du Front al-Nosra aurait été capturé par le Hezbollah.
    Des combats se déroulent également dans le jurd de la région de Qoussaya à Zahlé (Békaa du centre). La région de Qoussaya est une place forte du Front Populaire de Libération de la Palestine – Commandement général (FPLP-CG) qui soutient le pouvoir syrien.

    Champ pétrolier de Chaer
    Des dizaines de soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) ont réussi à s’échapper du champ gazier de Chaer occupé par les Jihadistes de l’Etat Islamique le 29 octobre. Plusieurs d’entre eux ont été interceptés alors qu’ils s’enfuyaient à pied pour gagner la base aérienne de Tiyas, elle-même à moitié entre les mains des Jihadistes selon un rapport en date du vendredi 31 octobre au soir. On estime qu’entre 150 et 200 militaires ou miliciens pro-Assad ont été liquidés par les Jihadistes sur le domaine gazier ou à l’intérieur de l’usine de traitement.

    Violents combats entre Jihadistes du Front al-Nosra et des brigades de rebelles « modérés » dans la province d'Edleb
    Des combats opposaient vendredi 31 octobre deux formations de rebelles modérés aux Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) dans la province septentrionale d’Edleb.  Les deux brigades sont le Front révolutionnaire syrien (FRS) et le mouvement Hazm (Harakat Hazm en arabe).
    Le Front des révolutionnaires syriens, qui revendiquent douze mille combattants, est une puissante organisation disposant d’un matériel impressionnant, sans doute fourni par la Turquie et les Etats-Unis.
    Le mouvement Hazm est une formation de rebelles modérés fondée en janvier 2014 à partir des restes des brigades al-Farouq (fondées en août 2011) et regroupant en général d’anciens soldats ayant déserté pour mener la lutte contre le pouvoir syrien. Ce mouvement est modéré et particulièrement bien organisé sur le plan militaire. Le mouvement Hazm a été la première formation rebelle modérée à recevoir des missiles antichars TOW de fabrication américaine.
    Le mouvement Hazm semble être pour les Américains un partenaire sérieux sur le théâtre syrien.
    Le mouvement Hazm comme le FRS ont des relations avec l'Occident et sont favorables à l'instauration d'un État démocratique en Syrie alors que le Front Al-Nosra et le groupe Etat islamique (EI) combattent pour un État théocratique.
    Les combats entre le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) ont éclaté près d'un bastion de cette organisation à Deir Sinbel, dans la région de Jabal al-Zawiya, dans la province d’Edleb. Il semble que ce soit les Jihadistes du Front al-Nosra qui aient déclenché les hostilités en s’emparant de plusieurs positions du FRS. 
    Quant à l’affrontement entre le mouvement Hazm et le Front al-Nosra, celui-ci se déroule à  Khan al-Sibel, également dans la province d'Edleb.
    L’affrontement fait également rage sur les réseaux sociaux. On y voit le chef du FRS, Jamal Maarouf, en habit militaire au milieu de ses combattants, invectiver le chef du Front al-Nosra, Abou Mohammad al-Jolani : "Tu as terni le nom de l'islam, tu as terni la religion. Pourquoi tu nous attaques? Vas combattre contre le régime!".
    "Tu n'es rien, tu es identique à Baghdadi, espèce de salaud", ajoute-t-il.
    Jamal Maarouf fait référence à Abou Bakr al-Baghdadi, qui dirige l'Etat Islamique.
    Le Front al-Nosra lui répond via twitter l'accusant de "corruption " et de "s'éloigner de la révolution".

    Front irakien

    Activité de la coalition internationale

    Les frappes aériennes ont réduit le potentiel militaire du califat islamique
    Les frappes aériennes de la Coalition internationale ont fortement réduit la capacité offensive de l’Etat Islamique.  Les raids ont notamment détruit des dizaines de chars. On estime que 2500 chars, véhicules blindés Humvee et véhicules blindés de transport de troupe avaient été capturés par les Jihadistes à l’armée irakienne lors de leur offensive de juin 2014. Il s’agissait pour la plupart de chars américains laissés à l’armée irakienne après le départ des troupes U.S. 
    Les effets des raids de la coalition internationale commencent à se faire sentir. Les frappes quotidiennes visent plus particulièrement les chars, les transporteurs de troupes blindés et les pièces d'artillerie.
    "Nous ne les voyons plus se déplacer dans le pays en grands convois," a déclaré le chef du commandement central de l'armée américaine, le général Lloyd Austin.
    "Ils se déplacent maintenant à bord de véhicules civils en petits nombres. Celà entrave leur capacité à lancer des offensives en masse ".
    Les raids ont également endommagé les systèmes de communication de l’EI et détruit de nombreux centres de commandement. Ces raids n’ont pas fait disparaître, cependant, les menaces qui continuent de peser sur la capitale irakienne, Bagdad. L’armée irakienne reste encore très faible après la débâcle de juin 2014 lorsque cinq divisions de l’armée s'étaient effondrées.

    Des membres de la tribu al-Bou Nimr massacrés par les Jihadistes de l’EI
    J’ai déjà signalé que les Jihadistes de l’Etat islamique avaient massacré des membres de la tribu al-Bou Nimr, une des composantes des milices Sahwa créées avec le soutien du gouvernement américain pour lutter contre al-Qaïda dans les années 2006-2007. Le nombre des personnes exécutées pourraient s’élever à 300.
    Les Jihadistes avaient ordonné aux hommes de la tribu al-Bou Nimr de quitter leurs villages et de se rendre à Hit, une ville qu’ils venaient de conquérir à 130 km à l'ouest de Bagdad. Les Jihadistes, racontent les chefs tribaux, leur avaient promis un passage « sûr ». Mais une fois arrivés à Hit, ils ont été enlevés et tués.
    Deux charniers ont été découverts, jeudi 30 octobre. Ils contenaient les corps d'une partie des 300 membres de la tribu. Les victimes, des hommes âgés de 18 à 55 ans, avaient été abattus à bout portant, selon des témoins. Un charnier contenant 70 corps a été mis au jour près de la ville de Hit. Presque toutes les victimes étaient membres de la police ou de la milice Sahwa qui lutte contre l'EI. Un autre charnier contenant les corps de 150 hommes appartenant à la même tribu a été découvert près de la ville de Ramadi, également dans la province d'Anbar. « Ils ont combattu nos frères de l'EI. C'est la sanction pour ceux qui combattent l'EI », ont simplement déclaré les jihadistes.

    Un membre de la tribu dénonce l’inaction du gouvernement irakien
    Sabah al-Haditheh, un membre de la tribu al-Bou Nimr a dénoncé l’inaction du gouvernement irakien. Il affirme que les membres de sa tribu avaient demandé des armes au gouvernement mais que celui-ci ne leur avait rien envoyé. Nous n’avions que des fusils et eux avaient des mitrailleuses lourdes, a-t-il affirmé.

    La terreur jihadiste règne à Mossoul
    Depuis quelques semaines, les Jihadistes de l’Etat Islamique (EI) ont entrepris une campagne de traque de tous ceux qui pourraient représenter une menace pour eux. L’objectif de cette campagne de terreur est vraisemblablement d’empêcher le gouvernement irakien de trouver des alliés sunnites à un moment où les combattants kurdes et les milices chiites marquent des points sur les Jihadistes de l’EI et réussissent même à reprendre plusieurs villes aux califatistes. Ils craignent aussi un soulèvement de la population exaspérée par l’obligation de respecter les règles strictes de leur conception extrémiste de la charia.
    C’est ainsi que des dizaines de personnes ont été exécutées au cours du mois d’octobre dans les zones contrôlées par l’EI. Les victimes étaient alignées sur les places publiques et abattues ou décapitées à titre d’avertissement.
    Il s’agit la plupart du temps d’anciens policiers ou des officiers de l'armée qui avaient rendu leurs armes au moment de la chute de Mossoul. Les Jihadistes les considèrent dangereux parce qu'ils disposent d’une réelle expertise sur la façon de planifier un soulèvement armé et ils possèdent une bonne connaissance des armes.
    Il est un fait que des milices sunnites pro-gouvernementales sont encore présentes à Mossoul. Elles sont composées principalement d'anciens officiers de l'armée et de la police.
    Parmi les personnes récemment exécutées, on trouve le colonel de police Mohammed Hassan. Ce colonel s’était rendu au moment de la prise de Mossoul par les Jihadistes en juin 2014. Lui et ses hommes avaient remis leurs armes et, en échange, les Jihadistes leur avaient délivré un sauf conduit qui leur assurait la sécurité dans les zones contrôlées par l’EI.
    Mais la semaine dernière, les Jihadistes ont voulu arrêter le colonel Hassan sous le prétexte qu’il pouvait comploter contre eux. Ils ont pris sa maison d’assaut. Le colonel Hassan a riposté, aidé de son fils. Ils ont réussi à tuer trois assaillants avant de succomber. Les militants ont alors accroché leurs corps mutilés à une  clôture proche de sa maison pendant plusieurs jours à titre d'exemple.
    Dans un village au sud de Mossoul, vingt anciens policiers ont été exécutés d’une balle dans la tête.
    Dans un autre incident, les Jihadistes ont tué à Mossoul le colonel Issa Osman avant de parader son corps dans les rues de la vill. Le bataillon du colonel Osman avait été la dernière unité à cesser le combat à Mossoul au cours de l'offensive jihadiste de Juin 2014. Tout comme le colonel Hassan, il avait bénéficié d’un sauf-conduit en échange d’une promesse de cesser le combat définitivement. 
    Au nord de la ville de Beiji, ce sont trois anciens officiers de l’armée et trois policiers qui ont été exécutés sur une place publique. Ils étaient accusés d’avoir mené des attaques au mortier contre l’EI.  A Ana, une localité proche de Beiji, c’est un policier, Bahjat Salman, qui a été décapité en public. 
    Dans une autre ville, à Shurqat, dans la province de Salahuddin, vingt policiers ont été emmenés vers une destination inconnue. On n’a plus de nouvelles d’eux depuis.  
    Tous ces meurtres alimentent le ressentiment chez les habitants des villes contrôlées par l’EI, ce qui pourrait constituer à terme un réel danger pour les Jihadistes.
    "La plupart des gens de Mossoul veulent se débarrasser de cette organisation sauvage, '' a déclaré un résident parlant sous condition d'anonymat par crainte de représailles. « Nous attendons qu’on vienne à notre secours ».

    Les milices chiites irakiennes se livrent également à des actes inouïs de barbarie
    Une vidéo a été mise en ligne montrant des scènes épouvantables ou on voit des miliciens de l’organisation Badr, un puissant groupe paramilitaire chiite, découpé des cadavres décapités de gens qui sont peut être des Jihadistes. La scène se déroule dans la localité de Jurf al-Sakhar qui vient d’être reprise à l’EI.

    La principale menace en Irak : les IED (Improvised Explosive Device) comme au temps des Américains
    Cette vidéo montre un Peshmerga (Kurde irakien) diffusant un IED sur un chemin près de Zumar (Nord irak) – Contrairement aux démineurs américains, cet homme manque visiblement des équipements adéquats pour lui assurer un minimum de protection :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8c4abe5caf60

    Nouvelles du jihad international

    Nombre sans précédent de Jihadistes étrangers selon l’ONU
    15 000 jihadistes étrangers provenant de 80 pays se sont rendus ces derniers années en Syrie et en Irak pour combattre dans les rangs de groupes comme l'Etat islamique (EI), un chiffre "sans précédent", met en garde un rapport de l'Onu cité vendredi par The Guardian.
    Ce document, dont plusieurs extraits sont publiés par le quotidien britannique, impute cette hausse au déclin d'al-Qaïda.
    "Il y a des exemples de combattants terroristes étrangers venant de France, de Russie et du Royaume-Uni" et au total de 80 pays, dont certains n'ont "pas connu par le passé de problèmes liés à al-Qaïda", ajoute le rapport.
    Ce document souligne que les activités des organisations jihadistes comme l'EI se concentrent surtout dans les pays dans lesquels elles opèrent: "Les vraies attaques transfrontalières, ou contre des cibles internationales restent minoritaires".
    Le rapport insiste toutefois sur le danger que pourraient représenter ces jihadistes une fois rentrés dans leur pays d'origine, une menace qui a poussé plusieurs pays, comme le Royaume-Uni ou la France, à prendre des mesures pour renforcer leur détection et empêcher leur départ vers l'Irak et la Syrie.
    La commission du Conseil de sécurité souligne également, selon le Guardian, l'efficacité des méthodes de recrutement "cosmopolite" de l'Etat islamique, qui utilise les réseaux sociaux

    Un jihadiste marocain exécute un attentat suicide monstre
    D’après cette vidéo, un certain Abou Baker al-Moghrabi (le Marocain) exécute un gigantesque attentat suicide à bord d’un camion piégé contre un poste de l’armée irakienne :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b479b27bd792

    Jean René Belliard