Forêt de Sambisa

  • Al-Qaida : un plan d’expansion vers le Golfe de Guinée

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    Le Bénin et le Togo ont essuyé, à la fin de l'année écoulée, des attaques terroristes depuis leurs frontières communes avec le Burkina Faso, ce qui a constitué la principale menace quant à un éventuel transfert des groupes armés de leurs activités, depuis la région du Sahel, au climat sec, vers les pays du Golfe de Guinée qui ont un climat humide et des forêts denses.

    En effet, deux soldats béninois ont été tués dans une attaque terroriste perpétrée, le 2 décembre 2021, aux frontières avec le Burkina Faso et plusieurs autres ont été blessés.

    Une deuxième attaque a eu lieu dans le département de l’Atacora dans le nord du Bénin. Des éléments armés se sont attaqués à une patrouille militaire à Alibori (Nord), le 1er décembre 2021. Deux éléments armés ont été éliminés selon les médias.

    Ces deux attaques sont les premières du genre lancées contre l’armée du Bénin. Toutefois, des éléments armés avaient en 2019 kidnappé deux touristes français sur le territoire béninois avant de les transférer au Burkina Faso. 

    Le Togo a également annoncé que ses forces armées avaient repoussé, au mois de novembre 2021, une attaque terroriste. Un groupe armé avait tenté de franchir les frontières séparant le Burkina Faso du Bénin.

    C'est la première fois que le Togo annonce un affrontement avec des éléments armés, depuis 2018, lorsque l’armée avait lancé une opération militaire pour interdire l'infiltration d'éléments armés depuis le Burkina Faso vers son territoire.

    Les violents accrochages entre l'armée burkinabè et des groupuscules affiliés à Al-Qaïda ont contraint ces derniers à fuir et à se diriger vers les territoires togolais et béninois.

    Le Golfe de Guinée dans le viseur d’al-Qaida
    Les observateurs qui suivent le développement des activités des groupes terroristes en Afrique constatent que ces groupes ont débuté en Algérie, au cours de la décennie des années 90, mais qu’après après avoir perdu leur bataille face à l'armée algérienne à la fin du siècle dernier, ces groupes ont tenté de s'implanter en Mauritanie et après un deuxième échec, ils ont recouru au Nord du Mali.

    Ces groupes armés ont exploité la faiblesse des armées des Etats de la région du Sahel africain ainsi que les conflits ethniques et tribaux qui ont éclaté dans le nord du Mali, en 2012, pour s’allier au début avec les Touaregs et les Azawad.

    Malgré leur incapacité à maintenir leur domination sur les grandes villes dans le nord du Mali, en raison, entre autres, de l'intervention des forces françaises (Opération Serval) en 2013, il n'en demeure pas moins que les groupes terroristes relevant d'Al-Qaïda sont parvenus à s'étendre au-delà du Fleuve du Niger après leur alliance avec le Front de Libération du Macina (FLM).

    L'alliance de quatre groupes armés au Sahel a abouti à leur extension au Niger, puis vers le Burkina Faso et leurs activités couvre désormais, selon des sources officielles, près de 80% de la superficie du Mali.

    L’émergence du groupe Boko Haram dans le nord du Nigeria, en 2009, et la scission intervenue en 2015 au sein, un groupe ralliant l'Etat islamique, a abouti à l'élargissement des activités des islamistes jusqu’au Lac Tchad, dont les rives sont partagées entre quatre pays, en l’occurrence, le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

    Par la suite, la défaite de l'Etat islamique dans la ville libyenne de Syrte, à la fin de l'année 2016, a généré un renforcement de la présence de cette organisation dans les régions du Sahel et du Lac Tchad, après que les éléments qui étaient déployés en Libye trouvèrent refuge à travers les pays du Sahel et le Lac Tchad.

    Plusieurs personnalités politiques et sécuritaires de premier plan avaient mis en garde sur le fait que les pays du Golfe de Guinée étaient désormais dans le viseur des groupes terroristes pour s'étendre et assurer leur expansion.

    Parmi ces personnalités figure Bernard Emié, patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) française, qui avait déclaré, le 1er février 2021, au cours d'une rare apparition publique, que « l'Organisation d'Al-Qaïda dans la Région du Sahel examine actuellement un projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, en particulier vers la Côte d'Ivoire et le Bénin ».

    Cela explique, partiellement, la création par la France de l'Académie internationale de Lutte contre le terrorisme en Côte d'Ivoire, au mois de juin 2021, ce qui sera de nature à renforcer son influence parmi les pays du Golfe de Guinée, compte tenu de la rude concurrence avec des forces régionales et mondiales dans cette région.

    Le journaliste français Nicolas Beau a écrit dans un article mis en ligne sur le site « Mondafrique » que les groupes terroristes ont affirmé, au cours de l'année écoulée, qu'ils « n'ont pas renoncé à leur plan qui prévoit le transfert de leurs activités du Sahel vers le Golfe de Guinée (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Togo) ».

    Le Bénin et le Togo…Les maillons faibles
    Parmi les principaux pays du Golfe de Guinée, le Bénin et le Togo sont visiblement les maillons faibles.

    En effet, ces deux pays ne disposent pas d'une armée comme celle du Ghana (17éme armée africaine) ou la Côte d'Ivoire (24ème armée africaine). Les armées du Bénin et du Togo ne sont même pas classées dans la liste des 140 armées au monde, qui compte 34 armées africaines, ce qui dénote leur faiblesse.

    A titre d'exemple, l'armée du Bénin compte 11.100 soldats et officiers et dispose seulement de 10 chars chinois et de 47 blindés français, américains et chinois de fabrication ancienne, ainsi qu'un nombre réduit d'avions de transport ou de prospection, dont deux seulement parmi ces appareils sont opérationnels selon des médias français.

    De même, l'armée togolaise compte des effectifs de l’ordre de 11.000 éléments et possède 11 anciens chars soviétiques, dont la majorité sont hors service dans d'autres armés, tels que les T-34, ainsi que 15 engins blindés.

    Par ailleurs, aucun détail n'existe pour savoir si l'armée togolaise dispose d'avions de combat ou pas et quand bien même elle en disposerait, ces appareils sont plutôt destinés au transport et à la prospection et non pas au combat et à l’interception.

    Ainsi, il est possible de décrire les armées béninoise et togolaise comme étant les plus faibles parmi celles des Etats du Golfe de Guinée, ce qui fait d’elles l’un des objectifs faciles à atteindre et éventuellement une cible pour les groupes terroristes.

    Boko Haram…une éventuelle menace
    Si l'organisation d'Al-Qaïda se focalise, dans son projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, sur ses bastions au Burkina Faso pour s'infiltrer vers le Bénin à travers ses frontières nord, l'organisation de Boko Haram s'emploierait à attaquer le Bénin à travers ses frontières de l'est que ce pays partage avec le Nigeria.

    En effet, après avoir perdu la majorité de ses fiefs dans la forêt de Sambisa et au Lac Tchad dans le nord-est du Nigeria, suite à de sanglants affrontements avec l'Etat islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), Boko Haram a déplacé ses activités vers des régions éparpillées, en particulier, dans le centre-nord du Nigeria juxtaposant les frontières avec le Bénin.

    Le Bénin a participé à la Coalition régionale mise sur pied pour combattre Boko Haram dans la région du Lac Tchad, aux côtés du Nigéria, du Tchad, du Niger et du Cameroun et représente le seul pays qui n'est pas riverain du Lac.

    La participation du Bénin à cette Coalition, composée de cinq pays, reflète son inquiétude quant à l'extension des activités des groupes terroristes vers son territoire, d'autant plus que cette menace pèse désormais directement sur le pays.

    De plus, des groupes armés évoluent dans le nord-ouest du Nigeria, près des frontières orientales du Bénin, à l'instar du groupe « Ansaru » proche d'Al-Qaïda et qui s’est allié à des bandes organisées locales dans la région. Ce groupe constitue, à son tour, une menace contre ce petit pays du Golfe de Guinée.

    Quant à l'organisation de l'Etat islamique, elle se déploie davantage dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). L'épicentre de son activité s’oriente davantage vers l'est en direction du Lac Tchad et ne semble pas intéressée, particulièrement, par une expansion vers l'ouest du Nigéria, en direction du Golfe de Guinée.

    La situation dans le Golfe de Guinée laisse entrevoir de multiples dangers, d'autant plus qu'al-Qaïda, l'Etat islamique et Boko Haram ciblent les petites armées et les régions pauvres, tout en maîtrisant le jeu des alliances avec les bandes organisées opérant dans les domaines du trafic en tout genre, du kidnapping et du pillage, voire avec les groupes tribaux marginalisés.

    Cette situation contraint les pays du Golfe de Guinée à se préparer à la prochaine phase, aux niveaux sécuritaire, social et politique et à prendre en considération les expériences des autres pays dans la lutte contre le terrorisme, à l'instar de l'Algérie et de la Mauritanie, pour en tirer les leçons requises, tout en suivant de près les évolutions et autres développements dans les Etats du Sahel et de la Coalition du lac Tchad.

  • Nigeria : Les combats fratricides entre jihadistes ont fait des dizaines de morts dans la région du lac Tchad

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    Les luttes intestines entre les deux principales factions djihadistes nigérianes ont fait des dizaines de morts, évoquant la possibilité d'un conflit interne prolongé entre les deux groupes islamiques, ont indiqué mardi à l'AFP des sources civiles et sécuritaires.

    L'État islamique de la Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) est devenue la faction dominante dans le conflit au Nigeria, en particulier après la mort du commandant rival de Boko Haram, Abubakar Shekau, celui-ci ayant déclenché sa ceinture explosive à l'issue d'une réunion houleuse avec des représentants de l'ISWAP..

    Sa mort a marqué un changement majeur dans l'insurrection de 12 ans qui a fait 40 000 morts, mais des sources de sécurité affirment que les fidèles de Shekau ont résisté à la tentative hégémonique de l'ISWAP.

    Les djihadistes de Boko Haram ont lancé lundi une attaque contre des militants rivaux de l'ISWAP sur la rive nigériane du lac Tchad, bastion de l'ISWAP, s'emparant d'une île stratégique, ont indiqué des pêcheurs et une source sécuritaire.

    Un grand nombre d'insurgés de Boko Haram lourdement armés, arrivés dans des bateaux rapides, ont envahi l'île de Kirta Wulgo après avoir éliminé les points de contrôle de l'ISWAP au cours d'un combat de plusieurs heures, ont indiqué ces sources.

    Combat mutuellement destructeur' -
    La saisie de l'île de Kirta Wulgo serait un énorme revers pour l'ISWAP car l'île servait de port pour l'importation d'armes et de fournitures sur son territoire, selon des sources sécuritaires et des pêcheurs locaux.

    "C'était un combat mutuellement destructeur qui a duré plus de neuf heures, de 16 heures hier aux premières heures de ce matin", a déclaré un pêcheur de la région.

    Il ne pouvait pas donner de chiffre sur le nombre des victimes, mais son récit était soutenu par deux autres pêcheurs de la région.

    Une source sécuritaire locale a confirmé les affrontements à l'AFP.

    Selon la source sécuritaire, Boko Haram a mobilisé ses combattants des camps de Gegime et Kwatar Mota du côté nigérien du lac et Kaiga-Kindjiria du côté tchadien.

    "Ils se sont rassemblés sur l'île de Tumbun Ali du côté nigérian du lac et ont délogé six postes de contrôle de l'ISWAP avant de s'emparer de l'île de Kirta Wulgo", a déclaré la source sécuritaire.

    "C'était un combat mortel. On parle de plus de 100 morts", a déclaré la source.

    L'ISWAP s'est séparé de Boko Haram en 2016 et est devenu le groupe djihadiste dominant, se concentrant sur l'attaque de bases militaires et l'embuscade des troupes.

    Les deux factions sont devenues de farouches ennemis depuis la scission et se battent régulièrement pour la domination.

    Depuis la mort de Shekau en mai à la suite de luttes intestines avec les militants de l'ISWAP dans son enclave forestière de Sambisa, l'ISWAP a combattu les restes de Boko Haram qui ont refusé de lui prêter allégeance pour consolider son emprise dans le nord-est.

    Plus de deux millions de personnes ont été déplacées par le conflit nigérian depuis son début en 2009, et la violence s'est propagée au-delà des frontières jusqu'au Niger, au Tchad et au Cameroun.

    Batailles à venir -
    Après la mort de Shekau, les rebelles de Boko Haram dirigés par Bakoura Bodu, alias Buduma, un ancien lieutenant de Shekau, ont fui Sambisa vers le territoire sous son contrôle dans l'axe Gegime-Bosso du lac Tchad au Niger, selon des sources sécuritaires.

    Le mois dernier, Boko Haram a subi de lourdes pertes lors d'une tentative infructueuse d'envahir l'île de Kirta Wulgo, où ils ont été repoussés par l'ISWAP, ont indiqué à l'AFP deux sources dans la région.

    "Ce n'est que le début d'une bataille intestine entre les deux factions. Ce sera une bataille à mort", a déclaré la source sécuritaire locale.

    Boko Haram voudra peut-être affirmer sa présence du côté nigérian du lac pour obtenir sa part des revenus de la pêche revenant à l'ISWAP grâce aux prélèvements sur les pêcheurs nigérians.

    Après ce revers soudain, l'ISWAP devrait normalement chercher à repousser les militants envahisseurs de Boko Haram.

    Boko Haram est désormais à une distance de frappe des principaux bastions de l'ISWAP de Sabon Tumbu, Jibillaram et Kwalleram, selon une source proche de la région.

    "Le chef de l'ISWAP Abu Musab Al-Barnawi est connu pour résider à Sabon Tumbu où sont détenus des commandants de haut niveau de Boko Haram capturés ", a déclaré la source.

    L'adjoint d'Al-Barnawi vit à Jibillaram avec d'autres lieutenants de haut niveau tandis que les îles Sigir et Kusuma, proches de l'île de Kirta Wulgo, abritent de nombreux commandants supérieurs du groupe.

    "Toutes ces îles sont désormais sous la menace de Boko Haram", a déclaré la source.

    "L'ISWAP utiliserait tous les moyens pour assurer leur sécurité contre les combattants de Boko Haram qui feraient tout leur possible pour les voir tomber sous leur contrôle."

  • Nigeria : al-Qaida et l'Etat islamique à couteaux tirés

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    L'organisation djihadiste Jama'atu Ahlul Sunnah Lidda'awatu Wal-Jihad (JAS) a nommé Amir Alli Ngulde comme nouveau chef. Le groupe Sambisa avait déjà prêté allégeance à l'Etat Islamique dans la Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP). Il  s'était rebellé et avait creusé une enclave autour du mont Mandara. NGULDE, un fidèle de Shekau, l'ancien leader de Boko Haram qui s'était fait sauter lors d'un débat houleux avec des membres de l'ISWAP, Le JAS contrôle les territoires de la LGA de Gwoza, notamment Ngushe, Abassa et Kuran.

    La nomination de Ngulde s'inscrit dans la lutte fratricide que se livrent al-Qaida et l'Etat islamique au Nigeria. Al-Qaeda est sur le point de former une alliance avec le nouveau  chef de file de la JAS dans la forêt de Sambisa, Alli Ngulde et cherche également à s'allier avec le leader de JAS dans la région du lac Tchad, Bakura Modu (alias Buduma).

  • Nigeria : le chef du groupe djihadiste Boko Haram, Abubakar Shekau, se suicide lors de la capture de la forêt de Sambisa par les djihadistes de l'Etat Islamique (ISWAP)

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    Nigeria : le chef du groupe djihadiste Boko Haram, Abubakar Shekau, se suicide lors de la capture de la forêt de Sambisa par les djihadistes de l'Etat Islamique (ISWAP)
    Shekau s'était rendu et s'était engagé dans une réunion de plusieurs heures avec les combattants de l'ISWAP, où il lui avait été demandé de renoncer volontairement au pouvoir. Il a refusé et a plutôt choisi de se faire exploser.

    Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, est mort. Plusieurs sources l'ont confirmé
    Il est mort mercredi 19 mai soir à la suite de l'invasion du bastion du groupe djihadiste Boko Haram dans la zone forestière de Sambisa par une colonne de combattants de l'Etat islamique de la Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP).

    L'ISWAP, qui s'était détaché de la faction Boko Haram dirigée par Shekau en 2016 et prêté allégeance à l'État islamique, a attaqué en force le repaire du groupe Boko Haram.

    Le repaire de Shekau a été retrouvé par les djihadistes de l'ISWAP. Un échange de coups de feu a eu lieu entre les combattants de l'Etat islamique et les gardes du corps de Shekau. Ses gardes du corps mis hors de combat, Shekau s'est rendu et s'est engagé dans une réunion de plusieurs heures avec les combattants de l'ISWAP. Pendant les pourparlers, on lui a demandé de renoncer volontairement au pouvoir et d'ordonner à ses combattants dans d'autres régions de déclarer la "bai'a" (allégeance) à l'autorité de l'ISWAP. Ils ont demandé à Shekau de publier une déclaration.

    Des sources au sein de l'insurrection ont rapporté que Shekau, qui portait secrètement un gilet suicide, s'est finalement fait exploser aux côtés de toutes les personnes présentes lors des négociations.

    L'identité des personnes au sein de la direction de l'ISWAP qui ont perdu la vie dans l'explosion reste incertaine pour le moment.

    Shekau était à la tête de Boko Haram depuis 2009 à la suite du décès du fondateur du groupe, Mohammed Yusuf. Selon la rumeur, il aurait été tué au moins quatre fois entre juillet 2009 et août 2015. En août 2016, l'armée de l'air nigériane a affirmé qu'il avait été «mortellement blessé» par des bombardements militaires, mais le groupe djihadiste a publié une vidéo seulement un mois plus tard, montrant qu'il était vivant et en bonne santé.

    Dynamique changeante
    La zone forestière de Sambisa était un bastion du groupe Boko Haram, également connu sous le nom de Jamā'at Ahl as-Sunnah lid-Da'wah Wa'l-Jihād (JAS).

    Bien que la confrontation et les escarmouches entre les deux factions rivales (JAS et ISWAP) aient été courantes, les tensions avaient récemment atteint de nouveaux sommets. 

    Les divergences, suivies d'affrontements, portaient selon les communications du groupe, sur la sur-utilisation par boko Haram des désignations de takfir (non-croyants) ou de le faire de manière incorrecte.

    Pour l'ISWAP, le contrôle  de la forêt de Sambisa signifie une protection accrue pour les combattants de l'ISWAP contre les frappes aériennes de l'armée nigériane, une protection que n'offraient pas les bastions de l'ISWAP dans la région du lac Tchad.

    Les développements récents font suite à des attaques persistantes de l'ISWAP contre des bases militaires et des garnisons, ainsi qu'à des événements au sein du groupe, notamment l'arrivée de renforts djihadistes et la réémergence d'Abu Musab Al-Barnawi (Habib Yusuf) en tant que chef intérimaire.  

    Abu Musab, un fils du fondateur de Boko Haram, Mohammed Yusuf, était auparavant le porte-parole du groupe. Mais il a ensuite rejoint un sous-groupe de combattants, dont le lieutenant Mamman Nur, qui s'est séparé en raison des méthodes rigides de Shekau et de sa position extrême sur le takfir. 

    La faction séparatiste, maintenant connue sous le nom d'ISWAP, s'est installée dans le bassin d'Alagarno et du lac Tchad, délogeant ou prenant le contrôle des positions de Boko Haram dans ces zones et devenant par la suite le groupe djihadiste dominant dans ce secteur.

    Les affrontements entre les deux groupes ne sont pas rares
    Selon une étude publiée par International Crisis Group, basé à Bruxelles, à la suite de leur scission il y a cinq ans, des dizaines de combattants de l'ISWAP ont été tués au cours d'affrontements entre les deux groupes djihadsites en juillet 2016, près de Chukungudu, au Nigéria, sur les rives du lac Tchad. 

    Le rapport ajoutait que, depuis lors, les combats entre les factions avaient diminué en intensité et que les deux groupes auraient conclu un accord de cessez-le-feu, qui comprenait un accord pour que Boko Haram libère les familles des commandants de l'ISWAP qu'elle détenait depuis la rupture entre Boko Haram et l'ISWAP. 

    Des affrontements occasionnels se produisaient encore, en particulier lorsque les partisans de Shekau cherchaient à voler et kidnapper des civils dans les zones contrôlées par l'ISWAP sur les rives nigériennes et nigérianes du lac Tchad, ainsi que dans la région du gouvernement local de Konduga au Nigéria, ce qui obligeait les unités de l'ISWAP  a les affronter pour les repousser. , a déclaré Crisis Group. 

    En février, Al Thabat, un groupe de médias affilié à Al-Qaïda, a révélé qu'une féroce bataille entre les deux groupes djihadistes, ISWAP et Boko Haram, avait eu lieu dans une zone frontalière entre le Nigéria et la République du Niger, où l'ISWAP avait perdu plusieurs de ses combattants.

    Les affrontements ont  eu lieu après que l'ISWAP ait enlevé des dizaines de femmes liées à Boko Haram. Boko Haram a alors attaqué la base de l'ISWAP et récupéra les femmes. 

    L'avancée de l'ISWAP dans les enclaves traditionnelles de Boko Haram est susceptible d'augmenter les risques sécuritaires sur les routes et les menaces pour les villes de garnison comme Maiduguri et Konduga.

    En contrôlant Sambisa, Alagarno et le lac Tchad , l'ISWAP peut peser de manière décisive sur toutes les principales routes d'accès à Maiduguri", a déclaré Vincent Foucher, analyste principal de Crisis Group, dans un tweet .

    La défaite de Boko Haram et la mort de Shekau pourraient créer davantage de problèmes pour la population civile et les forces de sécurité compte tenu de l'approche différente de l'ISWAP et de l'augmentation de ses capacités de guerre. 

  • Nigéria : Le leader de Boko Haram fait exécuter son chef des opérations 

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    Des sources fiables ont révélé qu'Abubakar Shekau, le leader de Boko Haram, avait fait exécuter son «commandant de toutes les guerres» (Amirul Jaysh), le tristement célèbre Abou Fatimah, provoquant des tensions dans le camp retranché de Boko Haram dans la forêt de Sambisa. 

    Abubakar Shekau a immédiatement nommé à sa place  Abu-Muhammad. Les sources affirment que le redouté Abu Fatimah avait été éliminé par Shekau en raison d'insubordination et d'allégations de trahison. 

    Rappelons qu'Abubakar Shekau a été accusé par plusieurs de ses anciens commandants d'avoir ordonné l'élimination de rivaux sur de fausses allégations chaque fois que sa position au sein de Boko Haram était menacée. 

    Son culte de la personnalité et son comportement erratique récurrent en tant que chef historique de Boko Haram ont déjà provoqué des divisions entre factions et provoqué la dissidence d'un groupe qui s'est affilié à l'Etat islamique sous le nom d'Etat Islamique de la Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), commandée par Mamman Nur (ancien numéro 2 sous Mohammed Yusuf) l'un des fils survivants de Mohammed Yusuf) et d'autres hauts commandants de la shura. 

    Les djihadistes se rapprochent de la capitale Abuja
    La nomination du nouveau «commandant de guerre» de Boko Haram intervient à un moment stratégique où le gouverneur de l'État du Niger a officiellement reconnu la présence de factions de Boko Haram dans plusieurs villages et l'observation de drapeaux noirs du djihad hissés dans ces villages.  Il n'y a toujours pas de preuve claire si les djihadistes qui sont apparus dans l'État du Niger (région centrale du Nigéria) appartiennent à la faction Shekau de Boko Haram ou à l'ISWAP ou encore à aucune des deux. 

    Cependant, l'apparition des djihadistes à proximité du territoire de la capitale fédérale d'Abuja est une menace majeure pour la sécurité nationale qui doit être traitée et contrée en utilisant toutes les mesures nécessaires au plus vite. 

  • Nigeria : L'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) chasse  une brigade de l'armée à Borno

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    Vendredi 19 févrieri, des combattants de l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont chassé les militaires de leur base et de la ville de Dikwa, dans l'État de Borno, au nord-est du Nigéria.

    Dikwa, l'ancienne capitale du royaume de Borno, se trouve à environ 90 kilomètres de Maiduguri et offre un lien avec les gouvernements locaux comme Bama, Mafa et Marte.

    Dikwa est également une zone tampon entre la forêt de Sambisa et la région du lac Tchad.

    L'ISWAP a informé les habitants qu'ils ne se trouvaient pas dans la ville mais à la base militaire. Le camp de la 22e Brigade de l'armée nigériane se trouve à Dikwa.

    Les insurgés ont également dit aux habitants qu'ils reviendraient à Dikwa dans quelques jours. Si on en croit les informations locales, les militaires et les civils se seraient retirés à Ajiri, à environ 15 km de Dikwa.

    Selon de précédentes informations, on pensait que les troupes ratissaient la ville à la recherche d’éventuels islamistes infiltrés. Les troupes se seraient donc retirées à Ajiri.

    D'après ce que l'on sait, les bases militaires de Dikwa et de Marte où est stationnée le 153e bataillon de la force opérationnelle, sont attaquées par les combattants de l'Etat islamique. La situation à Marte n'est toujours pas claire en raison d'un manque d''information. On ne sait pas, par exemple, ce qui est advenu du 153e bataillon. On pensait qu'il s'était replié sur Dikwa. On ne sait même pas si le 153e bataillon a été attaqué à Marte ou après son repli à Dikwa. 

    Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, la population du gouvernement local de Dikwa est estimée à 113 9021, dont 75 470 personnes déplacées à l'intérieur du pays.

    L'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) a attaqué à plusieurs reprises les troupes à Dikwa et ses environs, y compris les itinéraires de patrouille et la situation y est très précaire.

  • Nigeria : L'armée nigériane remporte un succès significatif contre l'organisation islamiste radicale Boko Haram

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    Lundi 15 Février, les troupes gouvernementales ont tué 81 combattants de Boko Haram au cours des dernières opérations de ratissage dans le nord du Nigeria.

    Les opérations ont couvert «de nombreux villages» dans la vaste forêt de Sambisa, dans le nord-est de l'État de Borno, a déclaré Farouk Yahaya, commandant du théâtre de l'opération Lafiya Dole.

    On ne sait pas exactement quand cela a eu lieu ni combien de temps cela a pris.

    «Les troupes ont détruit les camps des terroristes et récupéré des camions de canons et des armes alors que les avions de l'armée de l'air continuaient à fournir un soutien aérien rapproché et d'interdiction aux forces terrestres», a déclaré Yahaya.

    Au cours des opérations, a-t-il dit, un soldat a été tué et quatre autres blessés dans un incident impliquant des engins explosifs improvisés posés par des militants de Boko Haram.

    Plus tôt, le 9 Février , le commandement de l'armée nigériane a déclaré que les troupes engagées dans l' opération Tura Takaibango avaient éliminé deux des chefs terroristes de Boko Haram les plus recherchés, Abul-Bas et Ibn Habib dans une rencontre à Pulka, dans la province de Borno.

    Le directeur des relations publiques de l'armée, Mohammed Yerima, l'a révélé dans un communiqué que la reprise des opérations offensives des troupes dans le cadre de  l'opération Lafiya Dole, avait occasionné de lourdes pertes aux terroristes de Boko Haram et à l'État islamique d'Afrique de l'Afrique de l'Ouest (ISWAP) dans le nord-est du pays.

    Il a déclaré que les troupes des 121 et 151ème bataillons avaient tendu une embuscade au point de passage des terroristes entre les colonies de Vuria et de Guja le long de la route Banki Junction - sur l'axe de Pulka.

    Il a déclaré que trois terroristes, dont les deux commandants recherchés, avaient été neutralisés lors de cette embuscade.

    Selon lui, les troupes ont également récupéré trois GPMG, sept fusils AK47, une ceinture de munitions contenant 446 cartouches de 7,62 mm, une motocyclette Boxer et un téléphone portable ITEL 2160, entre autres.

    «Abul-Bas et Ibn Habib figuraient parmi les principaux commandants de la faction Shekau de Boko Haram, opérant dans la forêt de Sambisa et ses environs. Les deux commandants terroristes sont sur la liste de surveillance du renseignement depuis un certain temps. Abul-Bas était un commandant en second derrière Abu Fatima, tandis qu'Ibn Habib était le commandant en charge des camps de Njimia et Parisu dans la forêt de Sambisa », a-t-il dit.

    La lutte contre Boko Haram dure depuis plus d'une décennie, et il n'y a que des progrès marginaux, tandis que les attaques sanglantes se répètent.