Force de Protection de Tripoli

  • Libye : Des forces lourdement armées déployées à Tripoli alors que la lutte pour le pouvoir s'intensifie

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    Des éléments équipés d'armes lourdes et moyennes, ont été déployés samedi 16 avril 2022 dans la capitale libyenne. Selon des sources, ils auraient été appelés par le Premier ministre du gouvernement d'unité nationale, Abdel Hamid Dbeibah, après l'annonce que son rival, Fathi Bashaga , le chef du gouvernement élu par le parlement, était entré à Tripoli.

    Des sources avaient indiqué plus tôt que d'importantes formations militaires étaient entrées à Tripoli par l'ouest et le sud, avant de se diriger vers le quartier général souverain et de stationner sur l'île de « Suq al-Tulath et l'île d'al-Ghiran » et les zones vitales les plus importantes de la capitale.

    Au cours des deux jours précédents, Bashagha avait rencontré les « émirs des bataillons armés » dans la capitale et certains avaient suggéré que ces réunions avaient pour but de faciliter son entrée dans la capitale, Tripoli.

    Plus tôt, les médias libyens avaient confirmé que  Tripoli, était le théâtre de mouvements militaires et que d'importantes colonnes militaires équipées d'armes lourdes et moyennes avaient quitté plusieurs villes de la région occidentale pour se diriger vers la capitale.

    Les convois armés ont traversé la zone d'Al-Swani en direction de la capitale et comprenaient plus de 100 véhicules armés.  D'autres forces étaient stationnées devant le quartier général de la sécurité extérieure avant l'ouverture de l'autoroute", selon la chaîne libyenne "218". .

    L'alerte sécuritaire a été sonnée et on a assisté dans l'un des camps de Tripoli à une mobilisation  de véhicules tout-terrain, chargés d'armes moyennes appartenant à la Force de protection constitutionnelle.

    Impasse politique et tension militaire
    Près de deux mois après que son gouvernement ait obtenu la confiance du parlement en poste à Tobrouk, Bashagha n'a pas réussi à entrer à Tripoli, bien qu'il ait promis à plusieurs reprises que son gouvernement entrerait bientôt.

    Dbeibah refuse toujours de céder le pouvoir et s'est retranché avec l'appui des milices armées, dans une impasse politique. Le plan était pourtant de permettre au pays de tenir des élections présidentielles et législatives ouvrant la voie à une rupture avec le chaos qui a afflige la Libye depuis les soi-disant révolutions du printemps arabe.

    L'Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, soutient Bashagha, mais l'armée n'a envoyé aucune indication qu'elle interviendrait pour forcer l'entrée du Premier ministre de la Stabilité nationale à Tripoli.

    Cela ravive les craintes d'une nouvelle division politique et institutionnelle en Libye après les progrès réalisés lors du Forum de dialogue politique à Genève.

    Parallèlement, les élections libyennes ont perdu l'élan qu'elles connaissaient en décembre 2021, avant de s'effondrer en raison de désaccords sur les lois électorales promulguées par le parlement de Tobrouk, dans l'est du pays, et de recours entre des candidats de premier plan tels que Dbeibah, Haftar et le fils de Colonel Mouammar Kadhafi, Saif al-Islam.

  • Libye : Craintes d'une reprise des combats à Tripoli et d'une partition du pays

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    uneLes politiciens et les observateurs ont mis en garde contre le danger d'affrontements armés  entre les milices déployées dans la capitale, Tripoli, pour contrôler des zones vitales et y imposer leur influence.

    Ils attirent l'attention sur le fait que les « milices » de Tripoli, se déplacent de manière suspecte sur le terrain, ce qui laisse présager de futurs affrontements.

    Les analystes ont exprimé leurs craintes d'une escalade du conflit dans un proche avenir. Il y a une tendance à un scénario de "partition", notamment au vu de la marginalisation de grandes régions du pays, malgré les ressources naturelles qu'elles possèdent.

    L'homme politique libyen et ancien chef du conseil local de la région de Tobrouk, Faraj Yassin, a déclaré que la Grande-Bretagne avait averti ses citoyens, il y a quelques jours, de quitter la Libye.

    Tripoli est le théâtre de mouvements des « milices », selon les observateurs, ce qui sont des signes avant-coureurs d'un possible nouveau round d'affrontements. Ces mouvements concernent es groupes tels que « Al-Baqara », « Force spéciale de Dissuasion », « Ghaniwa », « 444 », « Tripoli révolutionnaires », « Bataillon 301 » et la « Stability Support Agency ». Avant et après l'annonce du report des élections présidentielles, qui étaient prévues le 24 décembre 2021, on a assisté à des affrontements à l'arme moyenne et lourde, entre ces milices, pour le contrôle des quartiers de la capitale.

    Refus des courants extrêmes
    Nombreux sont les Libyens qui reprochent aux pays occidentaux leur intervention dans la crise libyenne, ce qui a eu pour résultats le maintien de courants extrémistes. Le peuple libyen avait pourtant exprimé leur refus de es courants, comme cela est apparu clairement dans les résultats des élections législatives de 2014. Le résultat est que les Frères musulmans ont conservé leur influence en Libye alors qu'ils n'ont plus leur place dans d'autres pays de la région comme l'Egypte et la Tunisie. Les Libyens ne comprennent pas pourquoi on a voulu trouver une solution politique et prévoir des élections avant de désarmer les milices comme préambule à toute recherche de solution. Pourquoi, s'interrogent les Libyens, l'Occident ferme-t-il les yeux sur l'action des Frères musulmans en Libye, alors qu'ils condamnent les mouvements islamistes dans des pays comme l'Afghanistan.  

    Scénario de partition
    Il y a des risque que le pays se dirige vers le scénario le plus dangereux, celui de la « partition ». On assiste, en effet, à une marginalisation des régions de Cyrénaïque (est ) et du Fezzan (sud). Les habitants constatent que leurs régions sont abondantes en eau, pétrole et autres ressources, mais que ces richesses ne leur profitent pas.

    Les analystes décrivent la Libye comme un « géant endormi », déclare Yassin, le chef du conseil local de la région de Tobrouk, en raison de ses capacités dans les domaines du pétrole et du tourisme qui pourraient générer de gros revenus s'ils étaient bien utilisés.

    Pour Yassin, la solution commence par « le démantèlement et le désarmement des milices, et l'élimination des mercenaires et des combattants étrangers. Seulement alors, les Libyens pourront s'asseoir et s'entendre entre eux ».

    Depuis le report des élections présidentielles, la plupart des villes libyennes ont connu des manifestations appelant à des élections comme issue au chaos dont souffre le pays, exprimant leur désir de revenir à un état normal et leur refus d'un retour à un état de conflit. 

  • Libye: les milices de Tripoli s'opposent aux résultats du Forum de dialogue politique

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    La «Force de protection de Tripoli» a publié une note dans laquelle elle rejetait les résultats obtenus par le Forum de dialogue politique concernant les mécanismes de nomination des futurs organes exécutifs temporaires.
     
    L'information a été donnée le 21 janvier par le quotidien al-Arab , faisant référence à une communication publiée la veille. La Force de protection de Tripoli est une coalition de groupes armés formée le 18 décembre 2018, à la suite de la fusion de quatre milices ralliées au gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de gouvernement d'accord national (GNA). La Force de protection de Tripoli est considérée parmi les plus importantes de la capitale libyenne et de la région de l'ouest. La dernière déclaration de cette coalition est intervenue après que la majorité des membres du Forum de dialogue politique ont voté en faveur du mécanisme proposé par l'ONU pour la formation du gouvernement et du Conseil présidentiel le 19 janvier. Ces deux organes temporaires devraient diriger la Libye pendant la période de transition, jusqu'aux élections du 24 décembre 2021.
     
    L'"attaque" de la Force de protection de Tripoli vise en particulier la Mission d'appui des Nations Unies (MANUL) et son envoyée intérimaire, Stephanie Williams, qu'elle accuse d'orienter la  politique libyenne vers des objectifs qui ne vont pas dans l'intérêt du pays, mais satisfont au contraire les intérêts d'un «petit cercle de partis qui ne pourront pas assurer la sécurité de la Libye». 
     
    La «déviation» commise, selon la Force de protection de Tripoli, est due à la «manière suspecte» dont les participants au Forum ont été choisis et à la manière dont les différentes propositions ont été présentées et votées. 
     
    L'ONU se défend en expliquant que son seul objectif est Pour le groupe de Tripoli,  d’instaurer la paix et la stabilité et de réaliser la transition démocratique souhaitée. 
     
    Selon certains analystes, l'opposition de la Force de protection de Tripoli au Forum de dialogue politique reflète une tentative plus large d'obstruer la voie politique et, surtout, d'empêcher la formation d'un gouvernement intérimaire qui aurait vraisemblablement son siège à Syrte et qui aurait la tâche conduire le pays aux élections. Les milices de Tripoli, rapporte al-Arab, craignent de perdre leur influence, notamment dans le cas d'un éventuel changement de siège du gouvernement.  
     
    Par ailleurs, selon les informations rapportées par le quotidien, la Turquie, alliée du GNA, jouerait également un rôle négatif, dû au fait qu'Ankara souhaite que l'actuel Premier ministre et chef du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj, reste au pouvoir, afin de sauvegarder les accords signés le 27 novembre 2019 avec Tripoli, visant à intensifier la coopération dans le domaine de la sécurité et dans le secteur des activités maritimes dans la zone litigieuse de la Méditerranée orientale. Certains analystes émettent également l'hypothèse qu'Ankara chercherait à provoquer d'une manière ou d'une autre l'Armée Nationale Libyenne (ANL) dirigée par le général Khalifa Haftar, à entrer dans une nouvelle confrontation sur le terrain, afin d'élargir ou consolider les résultats obtenus pendant le précédent round.
     
    Stéphanie Williams, pour sa part, a déclaré que le consensus atteint d'abord le 16 janvier, à l'issue des pourparlers, puis le 19 janvier, date du vote sur le mécanisme, représentait une étape importante dans la voie politique libyenne vers la transition démocratique. Elle insiste pour que les parties poursuivent sur la feuille de route esquissée à Tunis en novembre 2020. La population libyenne  est face à une réelle opportunité de réunifier les institutions du pays, surmonter les divisions et les divergences internes. Cependant, selon le correspondant, il y a des "kleptocrates", des membres de la classe politique qui a dominé la scène libyenne pendant des années. Et ces "kleptocrates" tenteraient de préserver leur statu quo, ainsi que leurs intérêts personnels et c'est la raison pour laquelle ils tentent d'entraver le chemin vers les élections et, avant cela, le formation d'une autorité temporaire.