femmes en Afghanistan

  • Afghanistan :Des femmes afghanes ont manifesté, dimanche à Kaboul,  pour revendiquer leurs droits au travail et à l'éducation

    Imprimer

    Des femmes Afghane, ont organisé, dimanche 10 octobre 2021, une manifestation pour revendiquer leurs droits au travail et à l'éducation après les restrictions imposées par le mouvement Taliban depuis sa prise du pouvoir dans le pays.

    Une quinzaine de femmes afghanes ont participé à la manifestation dans le Shahr-e Naw Park, au centre de la capitale, Kaboul.

    Les femmes ont brandi des banderoles indiquant "Le silence du monde est une honte", "Une société sans femmes est vouée à périr", "Le développement de l'Afghanistan réside dans l'égalité entre hommes et femmes", "Pourquoi la communauté internationale est-elle silencieuse, n'entendez-vous pas la voix des femmes afghanes ?" "Protégez les droits des femmes afghanes" ou encore "Les droits des femmes sont des droits humains".

    La manifestation était soutenue par un certain nombre d'hommes et d'enfants dans le parc.

    Dans un discours, Shukria Sadate, l'une des participantes à la manifestation, a confirmé qu'elles n'avaient pas obtenu d'autorisation de manifestation des Taliban, malgré les efforts déployés pour l'avoir.

    Elle a déclaré : "Il est facile d'accéder au pouvoir par la force, mais pour gagner le cœur du peuple, on a besoin de compréhension. Ce que vous (les Taliban) dites aujourd'hui ne reflète pas la pensée du peuple".

    Quant à Rahmieh Nowruz, elle a appelé la communauté internationale à ne pas rester silencieuse sur les violations des droits humains en Afghanistan.

    "Les femmes afghanes ne peuvent pas participer à la politique. Elles n'ont ni travail ni sécurité. Les portes des écoles sont fermées aux étudiantes. La communauté internationale doit briser le silence", a-t-elle déclaré.

    La manifestation a duré environ une heure sans l'intervention des forces des Taliban.

     

  • Afghanistan : Les talibans interrompent de force une manifestation de femmes à Kaboul

    Imprimer

    Six jeunes Afghanes ont brièvement tenté jeudi matin à Kaboul de manifester pour revendiquer leur droit à l'éducation, avant d'en être violemment empêchées par des talibans qui ont tiré en l'air, ont constaté des journalistes de l'AFP.

    Vers 08H00 locales, trois jeunes femmes voilées et portant des masques médicaux ont déplié devant le lycée pour filles Rabia Balkhi, dans l'Est de la capitale afghane, une banderole qui proclamait, en anglais et en dari: "Ne politisez pas l'éducation!".

    "Ne brisez pas nos stylos, ne brûlez pas nos livres, ne fermez pas nos écoles", ajoutait la banderole, illustrée d'une photo de jeunes filles voilées dans une salle de classe.

    A peine avaient-elles été rejointes par trois autres manifestantes, dont l'une portant une pancarte sur laquelle elle avait écrit "L'éducation est l'identité humaine", qu'une dizaine de talibans en armes sont intervenus. Ils ont violemment repoussé les jeunes filles vers le portail d'entrée, fermé, du lycée. L'un d'eux s'est emparé de leur banderole qu'il a repliée en boule, alors que les autres s'en prenaient aux journalistes étrangers et tentaient de les empêcher de filmer. Un taliban a alors tiré en l'air une brève rafale avec son pistolet-mitrailleur.

    Les manifestantes se sont réfugiées à l'intérieur de l'établissement et les talibans ont fait la chasse aux cameramen et photographes, tentant de s'emparer de leurs caméras. L'un d'eux a donné un coup de crosse à un cameraman étranger. Ils étaient commandés par un jeune homme sans armes, équipé d'un walkie-talkie, qui s'est présenté comme Mawlawi Nasratullah, chef des Forces spéciales talibanes pour Kaboul et sa région.

    Il a demandé à ses hommes de rassembler la dizaine de journalistes, tous de la presse internationale, et s'est adressé à eux.

    "Je respecte les journalistes, mais cette manifestation n'avait pas été autorisée", a-t-il dit. "Les autorités de l'Émirat (islamique) d'Afghanistan n'avaient pas été informées. C'est pour cela qu'aucun journaliste afghan n'est présent". "Si elles avaient demandé l'autorisation de manifester, elles l'auraient eue", a-t-il assuré. "Je respecte les droits des femmes, sans cela vous ne seriez pas ici", a-t-il ajouté, entouré d'une garde armée aux regards farouches. "Vous avez tenté de couvrir une manifestation illégale. Je vous rappelle que dans des pays modernes, la France ou les États-Unis, la police frappe les manifestants".

    L'appel à la manifestation avait été lancé sur internet par un groupe intitulé "Mouvement spontané des femmes activistes d'Afghanistan".

    Début septembre, des talibans armés avaient dispersé des manifestations dans plusieurs villes, dont Kaboul, Faizabad et Hérat, où deux personnes avaient été tuées. Toutes les manifestations ont été interdites par le nouveau pouvoir dans le pays depuis le 8 septembre, et les contrevenants menacés de "sévères actions légales".

  • Afghanistan : Un véhicule taliban à nouveau pris pour cible à Jalalabad

    Imprimer

    Un véhicule transportant des talibans a été pris pour cible, dimanche 19 septembre 2021 à Jalalabad, selon des médias locaux, moins de vingt-quatre heures après une attaque similaire dans la grande ville de l'est de l'Afghanistan.

    Selon des témoins cités par la presse locale, plusieurs talibans ont été transportés à l'hôpital après l'explosion qui, d'après un journaliste, s'est produite près de la gare routière, à proximité d'un échangeur routier en direction de la capitale Kaboul. Aucun autre détail n'était disponible dans l'immédiat. Cet attentat survient au lendemain d'une triple explosion - dont l'une a visé un véhicule taliban - qui a fait au moins trois morts et 19 blessés à Jalalabad. Ces attentats sont les premiers attentats meurtriers recensés depuis le départ des dernières troupes américaines du pays le 30 août, après vingt ans de présence militaire.

    Jalalabad est la capitale du Nangarhar, principal foyer des rebelles de l'Etat islamique en Afghanistan (EI-K), rivaux des talibans, qui ont notamment revendiqué l'attentat sanglant qui a tué plus de 100 personnes à l'aéroport de Kaboul le 26 août.

    Revendication de l'Etat islamique
    l’Etat islamique-Khorasan (EI-K) a revendiqué 7 attentats en 48h contre les Taliban à Jalalabad, province de Nangarhar. Ils revendiquent avoir tué et blessé 35 taliban au cours de ces attaques.

    Les femmes et les écolières protestent
    Des femmes ont protesté contre la décision des talibans de remplacer le ministère de la Condition féminine par la tristement célèbre "police des mœurs". Vidéo.

    Par ailleurs, les talibans ont interdit pour l'instant aux filles de fréquenter les écoles secondaires. Par solidarité, de nombreux garçons refusent d'aller eux-mêmes à l'école. « Nous n'allons pas à l'école sans nos sœurs », lit-on sur les pancartes. Vidéo.
    E_oZ3twX0AACPY4.jpeg

    Ci-dessous, une fillette afghane affiche une pancarte demandant « quel est notre crime d'être empêché de poursuivre notre éducation » ?
    E_nQnQGWEAMFaH9.jpeg

  • Afghanistan : Les talibans tirent en l'air pour disperser une manifestation anti-Pakistan à Kaboul

    Imprimer

    Les talibans ont tiré plusieurs coups de feu en l'air mardi à Kaboul pour disperser une manifestation de centaines d'Afghans qui dénonçaient l'ingérence du Pakistan dans les affaires afghanes, ont constaté des journalistes de l'AFP. 

    Plusieurs centaines de manifestants, hommes et femmes, s'étaient rassemblés devant l'ambassade du Pakistan, brandissant des pancartes et criant des slogans hostiles à Islamabad, proche du nouveau régime des talibans au pouvoir depuis la mi août. Les manifestants scandaient "Mort au Pakistan" et "Longue vie au peuple afghan".

    Vidéo 1
    Vidéo 2
    Vidéo 3

    Manifestations de femmes
    Des manifestations nocturnes de femmes ont également eu lieu à Kaboul et Mazar-i-Sharif pour réclamer le respect de leurs droits, la liberté et la dignité. les manifestations auxquelles participaient des hommes ont lancé de nombreux slogans et insultes envers le Pakistan.

    Vidéo 1
    Vidéo 2

  • Afghanistan : Des femmes manifestent pour leurs droits

    Imprimer

    Les talibans sont sur le point d'annoncer la formation de leur nouveau gouvernement, qui ne devrait pas inclure de femmes, une perspective contre laquelle des dizaines d'Afghanes ont protesté jeudi, illustrant les défis auxquels le pouvoir va être confronté.

    Selon des sources talibanes, les nouveaux maîtres du pays pourraient annoncer la composition de leur gouvernement juste après la prière ce vendredi, quelques jours seulement après le départ lundi des dernières troupes américaines et la fin d'une guerre de 20 ans. Les Afghans et le monde attendent impatiemment de connaître la composition de ce gouvernement, dont les talibans ont maintes fois promis qu'il serait "inclusif".

    Le chef adjoint de leur bureau politique au Qatar, Sher Mohammad Abbas Stanekzai, a renouvelé cette promesse mercredi dans une interview à la BBC. Mais il a aussi laissé entendre qu'il "pourrait ne pas y avoir" de femmes nommées ministres, mais uniquement à des échelons inférieurs. Parias lors de leur premier passage au pouvoir entre 1996 et 2001, les talibans sont attendus au tournant par la communauté internationale qui garde en mémoire la brutalité de leur régime à l'époque. Leur application stricte de la charia, la loi islamique, s'était notamment traduite par la disparition progressive des femmes de l'espace public et par la persécution des opposants.

    Une cinquantaine de femmes sont descendues jeudi dans les rues d'Hérat, capitale cosmopolite de l'Ouest afghan, pour revendiquer leur droit à travailler et réclamer la participation de femmes au nouvel exécutif, a constaté un journaliste à l'AFP. "C'est notre droit d'avoir une éducation, du travail et la sécurité", ont chanté à l'unisson les manifestantes. "Nous n'avons pas peur, nous sommes unies." "Des pourparlers sont en cours pour former un gouvernement mais ils ne parlent pas de la participation des femmes", a regretté Basira Taheri, l'une des organisatrices de la manifestation, interrogée par l'AFP.

    Une société plus libérale

    "Nous voulons que les talibans tiennent des consultations avec nous", a-t-elle ajouté. "Nous continuerons nos manifestations, elles ont commencé à Hérat, elles s'étendront bientôt à d'autres provinces." Ce genre d'expression publique de mécontentement est une nouveauté pour les talibans, qui réprimaient impitoyablement toute contestation lors de leur régime précédent. Cela montre qu'ils vont devoir s'adapter à une société afghane devenue plus libérale et plus ouverte sur le monde extérieur ces 20 dernières années.

    Parmi les 123.000 personnes, afghanes et étrangères, qui ont fui l'Afghanistan ces dernières semaines grâce à un pont aérien organisé par les Occidentaux, figurait la première femme journaliste afghane à avoir interviewé un responsable taliban en direct à la télévision.

    Présentatrice sur la chaîne de télévision privée afghane Tolo News, Beheshta Arghand a fui au Qatar, craignant pour sa vie au moment où les islamistes prenaient le contrôle du pays. "Je veux dire à la communauté internationale: s'il vous plaît, faites quelque chose pour les femmes afghanes", a-t-elle déclaré mercredi à l'AFP.

    Les talibans se sont efforcés depuis plusieurs semaines de présenter un visage plus modéré et plus ouvert, assurant que le droit des femmes serait respecté. Mais pour l'heure ces déclarations peinent à convaincre.

  • Afghanistan : L'armée américaine élimine un membre de haut rang de l'État islamique

    Imprimer

    Le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé l'élimination de deux membres de l'État islamique-Khorasan, dont un membre important. Un autre aurait été blessé. Il s'agit d'"organisateurs" et "opérateurs" de l'organisation islamiste radicale.

    La frappe a été menée par un avion sans pilote dans la province afghane de Nangarhar. Les trois jihadistes se trouvaient dans un véhicule lorsqu'il a été atteint par le tir du drone.

    "Les premières indications sont que nous avons tué la cible", a déclaré l'armée américaine dans le communiqué. Selon l'armée, il n'y a eu aucune victime parmi la population civile.

    "Il n'y a à notre connaissance aucune victime civile", a indiqué le général américain Hank Taylor. "Je peux confirmer, maintenant que nous avons reçu plus d'informations, que deux cibles importantes de l'Etat islamique-Khorasan ont été tuées et une blessée" dans la frappe lancée samedi depuis l'extérieur de l'Afghanistan, a-t-il précisé.

    Le porte-parole du Pentagone John Kirby a refusé d'expliciter s'ils avaient été directement impliqués dans l'attentat de jeudi près de l'aéroport de Kaboul, qui a fait plus d'une centaine de morts dont 13 soldats américains.

    Cette attaque a été revendiquée par l'Etat islamique au Khorasan . "Il s'agit d'organisateurs et d'opérateurs de l'EI-K, c'est une raison déjà suffisante", a répondu le porte-parole lors d'une conférence de presse. Cette frappe a été conduite au cours "d'une seule mission", a précisé M. Kirby.

    Personne ne dit que parce que "nous les avons eus, nous n'avons plus à nous inquiéter face à l'EI-K", a souligné le porte-parole, en affirmant que l'armée américaine restait "concentrée" sur cette "menace encore active". "Le fait que ces deux individus ne soient plus sur la surface de la Terre est une bonne chose", a-t-il poursuivi.

    L'armée américaine prévoit d'effectuer des frappes aériennes supplémentaires dans les jours et les semaines à venir, selon des responsables américains.

    Les opérations d'évacuations d'Afghanistan se poursuivent. "De fait, il y a environ 1.400 personnes à l'aéroport de Kaboul qui ont été contrôlées et se sont enregistrées pour des vols aujourd'hui", a précisé le général Taylor.

    Au total, environ 111.900 personnes ont été évacuées depuis le 14 août, veille de la prise de pouvoir des talibans à Kaboul, selon les derniers chiffres du gouvernement américain.

    600 Américains restés dans le pays
    Le Pentagone a révélé qu'environ 600 citoyens américains étaient toujours en Afghanistan à la date limite fixée par Biden le 31 août. 

    La CIA a évacué des Afghans qu'elle avait formés
    Apparemment, la CIA a évacué des combattants entraînés par elle de l'aéroport de Kaboul avant que les talibans n'investissent la place. 

    La Turquie rouvre son ambassade à Kaboul
    la Turquie rouvre son ambassade à Kaboul| L'ambassadeur turc a été escorté de l'aéroport de Kaboul par les talibans. L'ambassadeur de Turquie et toute son équipe diplomatique, sont revenus de l'aéroport de Kaboul avec les membres du ministère des Affaires étrangères de l'Émirat islamique pour rouvrir l'ambassade de Turquie.

    Executions extrajudiciaires
    Malgré les assurances données par le porte-parole des talibans, des rapports continuent d'arriver révélant que les talibans exercent des exécutions extrajudiciaires dans les provinces. Un procureur du gouvernement a été traîné hors de sa maison vendredi par les talibans à Jalalabad pour être retrouvé mort plus tard. 
    Fawad Andarabi, un artiste afghan, a également été traîné hors de chez lui, vendredi 27 août, et tué par les talibans dans le village de Kishnabad à Andarab. Il était un chanteur folklorique célèbre dans la vallée. Son fils a confirmé l'incident. Vidéo.

    La mort du chanteur a été confirmée par l'ancien ministre afghan de l'Intérieur, Masood Andarabi. "Il ne faisait qu'apporter de la joie aux habitants de la vallée, en chantant à quel point la terre ancestrale est belle et qu'elle ne se soumettra pas à la brutalité des talibans", a-t-il écrit.

    La province de Baghlan est devenue l'un des rares centres de résistance au pouvoir des talibans. Les groupes militants d'autodéfense locaux avaient réussi à repousser les talibans. Toutefois, leurs gains ont été de courte durée, et les talibans ont rapidement annoncé qu'ils avaient repris le contrôle de la province.

    Rostamozi.jpegLes talibans nomment un terroriste à la tête de la Fédération afghane d'éducation physique
    Les talibans ont nommé Bashir Ahmad Rostamozi à la tête de la Fédération afghane d'éducation physique. M. Rostamozi est un expert sportif qui a été emprisonné il y a plusieurs années pour avoir fomenté un attentat suicide contre des athlètes du Comité national olympique afghan.

    Nouvelles instructions des talibans dans la province de Kandahar
    Tous les médias locaux de Kandahar (radios et télévisions) sont informés que la musique et les programmes qui impliquent des voix de femmes ou des femmes d'une manière ou d'une autre ne seront plus autorisés.
    E95AIUwVgAckin7.jpeg

     

     

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires

    Imprimer

    Aéroport de Kaboul : un chaos sans fin
    Six jours après l'entrée des talibans dans Kaboul, des dizaines de milliers d'Afghans cherchent toujours désespérément à fuir, via un pont aérien "difficile" dont le président américain Joe Biden a reconnu ne pouvoir garantir "l'issue".

    Routes paralysées par la foule, avions cargos pris d'assaut, enfants lancés par leurs parents par dessus des barbelés: les images du chaos à l'aéroport de Kaboul ne font que renforcer chaque jour le sentiment d'impréparation de l'opération d'évacuation. Ce pont aérien est "l'un des plus importants et difficiles de l'histoire", a reconnu vendredi, dans sa seconde allocution télévisée en quelques jours, M. Biden lors d'un discours à la Maison Blanche.

    "Je ne peux pas promettre ce qu'en sera l'issue finale" ni qu'il n'y aura pas "de risques de pertes" en vies humaines, a déclaré le président, assurant que les alliés de Washington ne remettaient pas en cause la "crédibilité" américaine de mener à bien cette opération. Il a annoncé que 13.000 personnes avaient été évacuées par l'armée américaine depuis le 14 août. Des milliers d'autres ont embarqué à bord d'avions venus notamment des pays européens et de Grande-Bretagne.

    Des Américains évacués par hélicoptères
    Les Etats-Unis à eux seuls prévoient de faire partir 30.000 personnes. Les évacués sont en majorité des citoyens américains que les talibans laissent entrer. Mais de nombreux Afghans, notamment ceux ayant travaillé pour les Etats-Unis et détenteurs d'un visa d'immigration spéciale (SIV) pour eux et leurs proches, ne peuvent pas accéder à l'enceinte sécurisée par plus de 5.000 militaires américains.

    Vendredi, l'armée américaine a dû déployer trois hélicoptères pour aller chercher dans un hôtel de Kaboul 169 Américains n'ayant pu se rendre à l'aéroport. Et ils sont encore très nombreux, coincés entre les postes de contrôle talibans et les barbelés posés par l'armée américaine, dans l'attente désespérée d'un vol.

    Parmi d'innombrables témoignages poignants, une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre des Afghans faisant passer un bébé en pleurs par-dessus la foule à l'aéroport et le donnant à un soldat américain. Selon le Pentagone, il a été soigné puis rendu à ses parents.

    Face aux critiques et polémiques qui agitent les Etats-Unis depuis la victoire éclair des talibans, l'armée américaine a pris en mains sa communication vendredi en publiant un florilège de photographies montrant ses militaires prenant soin de bébés et de jeunes enfants afghans à l'aéroport. Et le porte-parole du Pentagone John Kirby de mettre en avant la "compassion" des soldats.

    Les évacuations de civils ont été suspendues plusieurs heures vendredi à cause de l'encombrement des bases américaines dans le Golfe, notamment au Qatar, où se trouvent des milliers de réfugiés.

    Les Etats-Unis ont obtenu le feu vert de Berlin pour que certains évacués soient dirigés vers l'Allemagne, où les Etats-Unis disposent de nombreuses bases militaires, notamment la grande base de Ramstein et son important hôpital militaire.

    Les talibans empêchent des fonctionnaires de reprendre le travail
    Les fonctionnaires ont été empêchés de retourner travailler dans les bâtiments publics par les talibans, alors que la semaine de travail reprend le samedi en Afghanistan, ont indiqué plusieurs d'entre eux à l'AFP.

    "Je suis allé à mon bureau ce matin, mais le taliban qui était à l'entrée m'a dit qu'il n'avait pas reçu l'ordre de rouvrir", a indiqué Hamdullah, un fonctionnaire kabouli. "Ils nous ont dit de regarder à la télé ou d'écouter à la radio l'annonce de la reprise du travail", a-t-il ajouté. "Les talibans ont fermé toutes les routes jusqu'au ministère. Ils n'autorisent personne à entrer dans le bâtiment", a de son côté indiqué un employé du ministère des Affaires étrangères afghan. "L'un d'entre eux m'a dit d'attendre jusqu'à la nomination du nouveau ministre et de ses directeurs." "Ils nous ont renvoyés chez nous", a confirmé un fonctionnaire de la mairie de Kaboul. "Je suis venu avec beaucoup d'espoir mais suis reparti déçu."

    Depuis que les talibans ont pris le pouvoir le 15 août, les bâtiments gouvernementaux, les banques, les bureaux des passeports, les écoles et les universités sont restés largement fermés. Seules quelques entreprises privées de télécommunication ont fonctionné ces derniers jours.

    Les talibans n'ont toujours pas formé de gouvernement après avoir conquis le pays à une vitesse folle et s'être emparés de Kaboul sans opposition.

    Depuis l'effondrement du gouvernement, l'une des principales préoccupations des Afghans est de continuer à percevoir un salaire, ce qui semble impossible sans un maintien de l'activité.

    La plupart des routes de la capitale étaient en grande partie désertes samedi, à l'exception des postes de contrôle des talibans, de leurs patrouilles et des axes menant à l'aéroport encombrés par des milliers d'Afghans cherchant à fuir le pays.

    Chasse aux opposants
    Les talibans tentent de convaincre qu'ils ne cherchent pas à se venger de leurs anciens ennemis, promettant de "nombreuses différences" par rapport à leur précédent règne, entre 1996 et 2001, quand ils avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique qui empêchait les femmes de travailler ou étudier et punissait de sanglants châtiments les voleurs et les meurtriers. Mais selon un rapport d'un groupe d'experts travaillant pour l'ONU, les nouveaux maîtres de l'Afghanistan possèdent des "listes prioritaires" d'Afghans recherchés, les plus menacés étant les gradés de l'armée, de la police et du renseignement.

    Le rapport indique que les talibans effectuent des "visites ciblées" chez les personnes recherchées et leurs familles. Leurs points de contrôle filtrent aussi les Afghans dans les grandes villes et ceux souhaitant accéder à l'aéroport de Kaboul.

    La Fédération internationale des journalistes (FIJ) indique avoir reçu "des centaines de demandes d'aide" de professionnels de l'information afghans, majoritairement des femmes, chez qui règnent "la panique et la peur".

    Les talibans affirment que leurs hommes n'étaient pas autorisés à agir ainsi. "Certaines personnes le font encore, peut-être par ignorance (...) Nous avons honte", a tweeté un de leurs hauts responsables, Nazar Mohammad Mutmaeen.

    Peur sur les réseaux sociaux
    Beaucoup d'habitants de
    Kaboul suppriment leurs comptes de médias sociaux et leurs messages sur les téléphones. Beaucoup craignent que leur empreinte numérique ne fasse d'eux des cibles de représailles des talibans. Les talibans infiltrent les groupes WhatsApp et Facebook et confisquent les téléphones au cours des perquisitions porte-à-porte. (Information Frud Bezhan).

    Peur chez les journalistes
    Zabiullah Mujahid, un porte-parole des talibans affirme qu'un  comité de trois membres va être créé pour aborder les problèmes auxquels sont confrontés les médias à Kaboul. Le comité comprendra un membre de la « Commission culturelle » des talibans, un membre des médias et un membre de la police. (
    Natsecjeff)
    E9T9JJtWQAAkqgm.jpeg

    Avenir des relations internationales
    Les talibans ont dit vouloir établir de "bonnes relations diplomatiques" avec tous les pays, mais prévenu qu'ils ne feraient aucun compromis sur leurs principes religieux. La Chine, la Russie, la Turquie et l'Iran ont émis des signaux d'ouverture, les pays occidentaux restant méfiants.

    Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi à empêcher "l'effondrement" de l'Afghanistan, critiquant au passage la politique occidentale "irresponsable" visant à "imposer des valeurs étrangères".

    De son côté, le Tadjikistan menace de fermer toutes les ambassades à Douchanbé des pays qui décideraient de soutenir financièrement ou militairement les talibans. Il a demandé l'ONU de ne pas reconnaître le régime taliban comme gouvernement officiel.

    Vers la fin de la résistance au Panjshir ?
    Si on croit Khalil al-Rahman Haqqani, Ahmad Massoud, le fils du légendaire Ahmad Shah Massoud et commandant des forces de résistance du Panjshir, aurait finalement prêté allégeance aux talibans. Vidéo de la déclaration de Khalil Haqqani. Mais Un conseiller de Massoud réfute l'information et affirme que des négociations, facilitées par les anciens des tribus et des proches des talibans, sont toujours en cours pour un "gouvernement global" avec les talibans et qu'aucun accord ou allégeance n'a été conclu.

    La situation pourrait devenir assez tragique à Andarab, dans la province de Baghlan, dans le cas où aucun accord serait conclu entre les talibans et leurs opposants. Au moins 20 talibans ont déjà perdu la vie au cours de récents affrontements et les talibans promettent d'être impitoyables :  "aucune pitié pour les traîtres", ont-ils promis.
    E9TG89HWYAQ0hRn.jpeg