Farmaajo Mohamed

  • Somalie : Au moins 48 morts dans une double attaque mercredi soir dans le centre du pays

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    Deux attaques survenues mercredi soir 23 mars 2022 à Beledweyne, une localité du centre de la Somalie, ont tué au moins 48 personnes, a déclaré jeudi à l'AFP un responsable de la police locale. Les deux attaques ont été revendiquées par le mouvement islamique Shebab.

    "Nous pouvons confirmer pour l'instant que 48 personnes ont été tuées et 108 autres blessées dans les deux explosions", a déclaré Ali Gudlawe Hussein, gouverneur de l'État de Hirshabelle, ajoutant que les secouristes avaient trouvé des corps ensevelis sous des débris. "Nous exhortons (les citoyens) à être très vigilants, nous ordonnons à toutes les agences sécuritaires de renforcer la sécurité", a-t-il dit.

    Amina Mohamed Abdi.jpegLa première attaque a tué deux députés sortants, dont Amina Mohamed Abdi, qui faisait campagne pour sa réélection, ainsi que "plusieurs" de ses gardes. La deuxième a eu lieu peu de temps après devant l'hôpital, où des voitures éventrées étaient visibles jeudi. Les islamistes shebab ont revendiqué les attaques, affirmant avoir visé des "hommes politiques concourant pour les élections" en cours.

    Amina Mohamed Abdi  était très critique du président Farmajo et avait fait campagne pour faire la lumière sur l'assassinat de Ikran Tahlil, un agent féminin des services de renseignement somaliens NISA tuée au sein de l'agence. 

    Les attentats ont eu lieu quelques heures après une attaque des islamistes Al Shabab à Mogadiscio qui a tué 6 personnes. 

  • Somalie : accord sur les élections législatives

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    Les dirigeants somaliens ont annoncé qu'ils étaient parvenus à un accord pour achever les élections législatives entre le 15 janvier et le 25 février 2022, après que des ajournements répétés aient menacé la stabilité du pays.

    La nouvelle a été annoncée le 9 janvier 2022 , après de nouvelles discussions tenues par le Premier ministre Mohamed Hussein Roble avec les chefs de clans somaliens. Près de 30 000 délégués des différents clans sont chargés de choisir les 275 députés de la Chambre basse, tandis que les cinq législatures des États de Somalie élisent les sénateurs de la Chambre haute, composée de 54 membres.

    L'élection d'un nouveau Parlement est d'autant plus importante que les deux Chambres choisissent le président. A cet égard, il est important de rappeler que le mandat de quatre ans du président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, a expiré le 8 février 2021, mais a été prolongé, pour une durée de deux ans, par une décision controversée du Parlement. Celui-ci est également resté en fonction au-delà de son mandat prévu. Ces mesures ont déclenché une vive réaction de l'opposition, aboutissant à des affrontements armés dans les rues de Mogadiscio. Un premier accord a été trouvé en octobre 2021 et les votes longtemps retardés pour le renouvellement du Parlement ont commencé le 1er novembre. Le processus électoral aurait dû être achevé le 24 décembre, mais pour le moment, seuls 24 des 275 députés ont été élus.

    Dans ce contexte, les tensions politiques se sont encore aggravées après que, le 26 décembre 2021, le Premier ministre et le président somalien se soient mutuellement accusés de l'impasse politique. Selon Roble, le président souhaiterait retarder les élections, conscient qu'il n'aura pas assez de voix pour être réélu. Farmajo, pour sa part, a accusé le Premier ministre de corruption et d'ingérence dans une enquête sur un scandale impliquant des terres appartenant à l'armée. Le 27 décembre 2021, le président somalien a  suspendu le Premier ministre Roble, une décision que ce dernier a dénoncé comme une tentative de coup d'État. Des troupes fidèles au Premier ministre ont campé dans une zone proche du palais présidentiel le 28 décembre, contribuant à une montée des tensions dans la capitale, Mogadiscio.

    Les observateurs internationaux ont  exhorté les deux parties à résoudre le différend en cours. Les alliés de la Somalie considèrent la crise politique comme un dangereux détournement de la menace réelle du pays, à savoir la révolte armée du groupe islamiste d'al-Shabaab, affilié à al -Qaida. Le 27 décembre 2021, le bureau africain du département d'État américain a averti que Washington était "prêt à agir contre ceux qui font obstacle à la voie de la paix en Somalie". « La tentative de suspension de Mohamed Roble est alarmante et nous soutenons ses efforts pour des élections rapides et crédibles. Toutes les parties doivent s'abstenir d'intensifier leurs actions et déclarations », a déclaré le Département américain sur Twitter.

     

  • Somalie.. 3 policiers tués dans une attaque revendiquée par "Al-Shabab"

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    3 policiers somaliens ont été tués et 3 autres blessés lors d'une attaque contre un poste de police dans le centre de la Somalie, revendiquée par Al-Shabab.

    L'attaque intervient au milieu d'un différend politique entre le président somalien Mohamed Abdullahi Farmajo et le Premier ministre Mohamed Hussein Rooble, alors que ce conflit fait craindre au niveau international l'abandon de la guerre par le gouvernement contre le mouvement islamique "Al-Shabab".

    Farmajo a décidé il y a quelques jours de suspendre les pouvoirs du Premier ministre Rooble jusqu'à ce que les enquêtes sur les accusations de corruption portées contre lui soient terminées, accusant Rooble d'ingérence dans les enquêtes, mais Rooble a rejeté cette décision et l'a considérée comme inconstitutionnelle.

    La Somalie est témoin, depuis des années, d'un conflit sanglant entre les forces gouvernementales et les militants islamiques d'Al-Shabab, qui cherche à contrôler le pays et à appliquer ses propres lois, selon son interprétation stricte de la loi islamique.

    Le mouvement vise à contrôler le pays de la Corne de l'Afrique et à le gouverner selon son interprétation stricte de la loi islamique.

     

  • Somalie : Arrestation du commandant de la garde présidentielle alors que la crise politique s'aggrave

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    Les médias ont rapporté mardi l'arrestation du commandant de la Garde présidentielle somalienne, Hassan Aden Diess, pour implication dans une "tentative de coup d'Etat", au moment où le différend entre le président et le Premier ministre s'intensifie, faisant craindre une explosion de violence.

    Le journal "Somali Guardian" a révélé que Diess avait été arrêté après avoir envoyé des troupes au bureau du Premier ministre Mohamed Hussein Rooble (à droite sur la photo) dans le but de s'en emparer, ce que des responsables gouvernementaux ont qualifié de "tentative de coup d'Etat" orchestré par le chef de l'Etat, Mohamed Abdallah Farmajo (à gauche sur la photo).

    Le chef de l'armée, Oduwa Yusuf Raggi, avait démis de ses fonctions Diess avant d'ordonner son arrestation. Diess avait été chargé par le président Farmajo de prendre le contrôle militaire du bureau de Rooble. 

    Selon le journal, le colonel Ahmed Gil a été choisi comme nouveau commandant de la garde présidentielle.

    Lundi 27 décembre 2021, le ministre somalien de la Défense, Abdelkader Mohamed Nour, a demandé aux forces armées de poursuivre les organisateurs du "coup d'État manqué" et les a exhortés à ne recevoir d'ordres que du bureau du Premier ministre, et non du président Farmajo.

    Les relations entre les deux hommes ont toujours été tendues, mais les récents développements ont suscité des inquiétudes quant à la stabilité de la Somalie alors que le pays lutte pour organiser des élections tant attendues et combat l'insurrection djihadiste des Chebabs.

    Rooble montre sa force
    Mardi, les forces fidèles à Rooble ont organisé des rassemblements de rue, suscitant la peur parmi les habitants de Mogadiscio, fatigués des affrontements armés.

  • Somalie : une dangereuse crise politique provoque des tensions à Mogadiscio

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    Des militaires lourdement armés se sont déployés, mardi 28 décembre 2021, dans des secteurs stratégiques de Mogadiscio, alors que la Somalie s'enfonce dans une crise politique qui suscite l'inquiétude de ses alliés occidentaux. 

    Mohammed Hussein Robie.jpegDes soldats loyaux au Premier ministre, Mohamed Hussein Roble (photo ci-contre), ont pris position aux alentours du palais présidentiel, au lendemain de l'annonce de sa destitution par le président Mohamed Abdullahi Mohamed, alias Farmajo. 

    Entamé il y a plusieurs mois, le bras de fer entre le président et son Premier ministre s'est durci ces derniers jours. Farmajo (photo du bas) a d'abord retiré samedi à son Premier ministre la charge d'organiser les élections attendues depuis le début de l'année, puis l'a "suspendu" lundi en l'accusant d'être impliqué dans une affaire de corruption. Roble a répliqué lundi en accusant le président de chercher à pérpétrer  "un coup d'Etat contre le gouvernement, la Constitution et les lois du pays". 

    Farmajo.png"Comme le président a apparemment décidé de détruire les institutions gouvernementales (...) j'ordonne à toutes les forces nationales somaliennes de travailler sous le commandement du bureau du Premier ministre à partir d'aujourd'hui", a déclaré Roble lors d'une conférence de presse lundi à la primature. "Certains milieux politiques et chefs traditionnels ont commencé à discuter avec les deux camps pour désamorcer la crise, mais les négociations sont toujours en cours", a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable au sein du bureau présidentiel. 

    La section Afrique du département d'Etat américain a affirmé lundi que Washington était "prêt à intervenir contre ceux qui font obstruction sur le chemin de la paix en Somalie". "La tentative de suspension de Roble est inquiétante et nous soutenons ses efforts en faveur d'élections rapides et crédibles", a ajouté sur Twitter le département d'Etat américain en appelant "toutes les parties à éviter l'escalade dans leurs actions et dans leurs déclarations".  

     Ilhan Omar .jpegDe son côté, le législateurs Américano-somalien Ilhan Omar (photo ci-contre) a demandé à Farmajo de démissionner. Farmajo a dépassé son mandat d'un an, il est temps qu'il se retire et que les elections se déroulent le plus rapide possible, a déclaré Ilhan Omar.

    Les alliés de la Somalie - mission de l'ONU en Somalie (AMISOM), Etats-Unis, Union européenne et l'ONU notamment - ont également exprimé leur "profonde inquiétude" lundi soir dans un communiqué commun. "Nous appelons les dirigeants somaliens à privilégier les intérêts de leur pays en priorité, à favoriser une désescalade des tensions politiques, à éviter toute provocation ou usage de la force qui pourrait nuire à la paix et la stabilité", affirme leur communiqué.

  • Somalie : Des zones de Mogadiscio sous contrôle de miliciens pro-opposition

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    Des combattants pro-opposition lourdement armés contrôlaient lundi 26 avril 2021 certaines zones de Mogadiscio au lendemain d'affrontements avec l'armée somalienne, ranimant le spectre des combats urbains entre factions claniques rivales, qui ont ravagé la capitale dans le passé.

    Des coups de feu ont encore résonné sporadiquement dimanche soir à Mogadiscio, mais n'étaient plus audibles lundi, même si une forte tension régnait.

    Dans la nuit, des hommes armés ont érigé, dans plusieurs fiefs de l'opposition, des barricades - parfois de tas de sable et de troncs d'arbres - qu'ils surveillent avec des véhicules équipés de mitrailleuses.

    "Les forces armées somaliennes et les combattants pro-opposition ont chacun pris position le long de certaines routes-clés, certains transports publics circulent mais, dans certaines zones, ils ne permettent à personne de bouger", a déclaré à l'AFP Abdullahi Mire, un habitant de Mogadiscio.

    Dimanche, une manifestation de partisans de l'opposition contre l'extension du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit "Farmaajo", accompagnés d'hommes armés, a été émaillée d'échanges de tirs avec les forces de sécurité somaliennes dans plusieurs quartiers.

    Trois personnes - deux policiers et un milicien d'opposition - ont été tuées dans les affrontements, a indiqué la police lundi.

    "Il suffit qu'un soldat à la gâchette facile tire sur le camp d'en face pour que tout dérape", a prévenu Omar Mahmood, analyste pour la Somalie à l'International Crisis Group (ICG). "Et chaque éruption de violence de ce type élargit le fossé entre les parties et rend tout type d'accord d'autant plus difficile", a-t-il déclaré à l'AFP.

    Le 12 avril, le Parlement a voté une loi prolongeant de deux ans le mandat du président "Farmaajo", qui a expiré le 8 février sans que des élections puissent être organisées, dans un pays dont une partie échappe au contrôle des autorités centrales, lesquelles doivent composer notamment avec de puissants dirigeants de régions semi-autonomes.

    "Prendre la présidence"
    En 1991, la chute du régime militaire de Siad Barré avait précipité la Somalie dans une guerre des clans, dont les milices se sont notamment affrontés durant des années dans les rues de Mogadiscio même.

    La plupart des acteurs politiques somaliens disposent de combattants et d'armes.

    Le pays, longtemps privé de gouvernement central, est également confronté depuis plusieurs années à la rébellion islamiste des Shebab, affiliés à Al-Qaïda. Ceux-ci ont un temps contrôlé la capitale avant d'en être chassés en 2011 par une force de l'Union africaine (UA), mais ils contrôlent toujours de larges portions de territoire et commettent régulièrement des attentats à Mogadiscio. 

    Abdulkadkir Mohamed Warsame, un commandant militaire loyal à l'ancien Premier ministre Hassan Ali Khair, a affirmé lundi à l'AFP avoir pris le contrôle du district de Hawle Wadag, dans le centre de la capitale.

    "Maintenant nous voulons prendre le contrôle de la présidence. Nous n'allons pas le laisser en paix", a-t-il ajouté, à propos de "Farmaajo". "Il veut rester au pouvoir par la force, nous sommes contre ça, nous continuerons à nous battre jusqu'à ce qu'il parte".

    Habitants en fuite
    A Bermudo, dans le sud de la ville, des témoins ont rapporté que des habitants quittaient leur foyer.

    "Les gens ont commencé à fuir la zone de Bermudo, où les combattants pro-opposition ont pris position la nuit dernière, la situation est tendue et il peut y avoir des confrontations armées à tout moment si la situation reste la même", a déclaré Fadumo Ali, un habitant. Des habitants appelaient les deux camps à arrêter les combats et se plaignaient de coupures d'électricité et d'eau.

    Dimanche, l'ancien président Hassan Sheik Mohamud, prédécesseur de "Farmaajo" et figure de l'opposition, a déclaré que sa propre maison avait été visée par des "forces loyales" à l'actuel chef de l'Etat, mais cette information a été démentie par des témoins et par le gouvernement.

    Ecoles et universités étaient fermées lundi mais la vie semblait mener son cours normal dans les quartiers de Mogadiscio non touchés par les violences.

    Lundi matin, le Premier ministre Mohamed Hussein Roble s'est dit "profondément attristé par la tragédie qui a perturbé la sécurité dans la capitale", appelant les forces armées à "respecter leur engagement" et à "protéger" les habitants de Mogadiscio.

    L'UA a condamné vendredi l'extension du mandat de Farmaajo tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU avait appelé le même jour les parties à "rejeter la violence et reprendre le dialogue de toute urgence et sans condition préalable".

    Le département d'Etat américain a également exprimé son inquiétude, précisant qu'il était "prêt à envisager tous les instruments disponibles, y compris les sanctions et restrictions en matière de visas", afin de contrer l'instabilité de la situation en Somalie.

  • Somalie : Des combattants pro-opposition bloquent des quartiers de Mogadiscio

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    La tension restait forte lundi matin 26 avril 2021 à Mogadiscio, où l'accès à certains quartiers était bloqué par des combattants pro-opposition au lendemain de confrontations avec l'armée somalienne, liées à l'extension du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed.

    Dans la capitale, les mouvements étaient restreints sur les axes majeurs et des barrages avaient été formés dans la nuit sur des routes menant à des bastions de l'opposition, avec des hommes armés et des véhicules équipés de mitrailleuses, selon des témoins.

    "Les forces armées somaliennes et les combattants pro-opposition ont chacun pris position le long de certaines routes clés, certains transports publics circulent mais, dans certaines zones, ils ne permettent à personne de bouger", a déclaré à l'AFP Abdullahi Mire, un résident local.

    La Somalie connaît une des pires crises politiques de ces dernières années. Le 12 avril, le Parlement somalien a voté une loi prolongeant de deux ans le mandat - expiré en février - du président Mohamed, dit Farmaajo, et prévoyant la tenue d'une élection en 2023, faute d'avoir pu organiser comme prévu un scrutin cette année.

    Dimanche, une manifestation réunissant des partisans de l'opposition appelant au départ de Farmajo, accompagnés d'hommes lourdement armés, a rapidement dégénéré en échange de tirs avec les forces somaliennes dans le quartier de Sanca, au nord de la ville.

    D'autres confrontations, parfois violentes, ont suivi, notamment dans les quartiers de Marinaya et du KM4, un carrefour très fréquenté du centre. Des tirs ont sporadiquement résonné pendant la nuit.

    Il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat si ces confrontations ont fait des victimes. Lundi matin, des hommes armés pro-opposition contrôlaient ces mêmes quartiers - où résident des leaders de l'opposition - , ainsi qu'un autre nommé Bermudo, où des habitants quittaient leur foyer.

    "Les gens ont commencé à fuir la zone de Bermudo, où les combattants pro-opposition ont pris position la nuit dernière, la situation est tendue et il peut y avoir des confrontations armées à tout moment si la situation reste la même", a déclaré Fadumo Ali, un habitant de ce quartier du sud de Mogadiscio.

    Lors d'une conférence de presse tôt lundi matin, le Premier ministre Mohamed Hussein Roble s'est dit "profondément attristé par la tragédie qui a perturbé la sécurité dans la capitale". "J'appelle chacun à préserver la stabilité et à prendre soin de la communauté", a-t-il ajouté, appelant les forces armées à "respecter leur engagement" et à "protéger" les habitants de Mogadiscio.