Ettadhamen (banlieue de Tunis)

  • Tunisie : Des centaines de Tunisiens ont manifesté mardi près du Parlement barricadé

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    Des centaines de personnes ont manifesté mardi 26 janvier contre la classe politique et la répression policière près du siège barricadé du Parlement à Tunis, où les députés ont validé un large remaniement du gouvernement dans un contexte de tensions politiques.

    Les députés ont voté tard mardi la confiance aux onze nouveaux ministres, dont ceux de l'Intérieur, la Justice ou la Santé, en dépit des controverses sur plusieurs noms et des critiques acerbes du président de la République Kais Saied.

    Le chef du gouvernement Hichem Mechichi a assuré mardi soir que son cabinet écouterait les jeunes qui protestent.

    Dans la journée, des manifestants, dont certains ont défilé depuis le quartier populaire d'Ettadhamen, ont été empêchés d'arriver devant l'Assemblée, relégués à une rue adjacente par un très important dispositif policier.

    Certains députés ont protesté contre ce déploiement massif, appelant à davantage de dialogue dans un pays touché de plein fouet par la pandémie du coronavirus et ses retombées sociales.

    "Liberté, dignité pour les quartiers populaires", "A bas le régime policier", ont lancé les manifestants, scandant également des slogans contre le gouvernement ou contre le principal parti au Parlement, le mouvement d'inspiration islamiste Ennahdha.

    Les manifestants ont notamment protesté contre la gestion sécuritaire du mouvement de contestation sociale qui a éclaté à la mi-janvier dans des zones marginalisées du pays, au lendemain du 10e anniversaire de la révolution qui a fait chuter le 14 janvier 2011 le dictateur Zine El Abidine Ben Ali.

    Plusieurs nuits durant, des manifestants ont jeté des pierres sur la police déployée pour faire respecter un couvre-feu imposé pour des raisons sanitaires. La police a tiré du gaz lacrymogène et arrêté plus d'un millier de manifestants, dont de nombreux mineurs.

    Les manifestations se sont également multipliées pour réclamer la libération des personnes arrêtées et une meilleure politique sociale. Dix ans après la révolution, le chômage touche plus d'un jeune sur trois, et les restrictions sanitaires ont accentué la crise sociale en détruisant des dizaines de milliers d'emplois.

    "Changez ou quittez!"
    "Les acteurs politiques produisent les mêmes stratégies qui n'ont abouti jusqu'à maintenant qu'à des échecs", a estimé la présidente de l'Association des femmes tunisiennes démocrates, Yosra Frawes. "Qu'ils changent leur modèle de gouvernance, ou qu'ils quittent le pouvoir".

    Les troubles qui s'étaient atténués durant le week-end, ont repris mardi à Sbeïtla, dans une région marginalisée du centre tunisien, au lendemain du décès d'un jeune blessé la semaine dernière par une cartouche de gaz lacrymogène lors d'une manifestation.

    Des habitants ont lancé des pierres et la police a tiré du gaz lacrymogène en marge des funérailles du jeune homme, a constaté un correspondant de l'AFP.

    Au Parlement, certains députés d'opposition ont brandi son portrait.

    Le remaniement a ravivé les divisions et animosités qui paralysent la classe politique, en pleine crise sociale et sanitaire.

    La Tunisie enregistre plus de 2.000 nouveaux cas confirmés et plus de 50 morts de la Covid-19 chaque jour, et des médecins ont alerté sur les difficultés croissantes à trouver des places en réanimation.

    Tiraillements
    Signe des clivages grandissants, le président Kais Saied avait critiqué lundi soir le futur exécutif, regrettant ne pas avoir été consulté.

    Il a fustigé l'absence de femmes parmi les ministres proposés et accusé l'un des ministres choisis d'être "lié à une affaire de corruption" et trois autres d'être soupçonnés de "conflit d'intérêt", sans préciser de noms.

    M. Mechichi, nommé en août par le président Saied, avait initialement composé une équipe comprenant de nombreux fonctionnaires ou universitaires, dont certains proches du président. Mais il s'est progressivement éloigné de M. Saied, jusqu'à recomposer son équipe avec l'appui d'Ennahdha, qui mène un bras de fer avec le président.

    Ce remaniement intervient moins de cinq mois après l'arrivée au pouvoir de l'exécutif actuel, qui a succédé à un autre gouvernement également en place depuis moins de cinq mois. Les législatives de 2019, qui ont abouti à un Parlement divisé en une myriade de partis formant des alliances fragiles, ont accentué l'instabilité.

  • Tunisie : Poursuite de troubles nocturnes dans plusieurs villes

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    Des heurts ont éclaté pour la quatrième nuit consécutive dans plusieurs villes de Tunisie, où des manifestants ont pris pour cible la police mobilisée pour faire respecter le couvre-feu lié à la pandémie de coronavirus et qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes.
     
    A Tunis, quelques centaines de manifestants ont jeté des pierres et quelques cocktails Molotov sur des policiers déployés en force, notamment dans plusieurs quartiers populaires dont la vaste cité d'Ettadhamen située en périphérie de la capitale. Les forces de l'ordre ont tiré d'importantes quantités de gaz lacrymogènes. A Sfax, deuxième plus grande ville du pays, des protestataires ont incendié des pneus et coupé des routes, a constaté un correspondant de l'AFP. Des heurts ont également eu lieu à Gafsa, où les habitants protestaient contre la destruction par les autorités d'un point de vente informel, a indiqué un autre correspondant. Des échauffourées ont également éclaté au Kef, à Bizerte (nord) et Kasserine (centre-ouest), à Sousse et Monastir (centre-est), selon des médias locaux.
     
    Le ministère de l'Intérieur, qui avait annoncé lundi plus de 600 arrestations, n'était pas en mesure à ce stade de détailler les arrestations et dégâts survenus dans la nuit de lundi à mardi.
     
    Ces heurts ont éclaté au lendemain du dixième anniversaire de la révolution qui a chassé du pouvoir Zine el Abidine Ben Ali et son régime policier, alors que la pandémie de coronavirus a exacerbé une profonde crise sociale en Tunisie. La Tunisie a connu un confinement général de quatre jours qui s'est achevé dimanche pour tenter d'endiguer une flambée de cas de Covid-19. Un couvre-feu à 20 heures est en vigueur depuis octobre.