Etat Islamique Khorassan

  • Afghanistan : Identification d'un leader de l'Etat islamique-Khorasan (EI-K)

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    Sanaullah Ghafari, alias Shahab al-Muhajir, est l'émir actuel de EI-K. Il a été nommé par l'Etat islamique pour diriger l'EI-K en juin 2020. Il est chargé d'approuver toutes les opérations de l'Etat islamique-Khorasan dans tout l'Afghanistan et d'organiser le financement pour mener ces opérations.

  • Afghanistan : Des soldats de l'ancienne armée afghane ont rejoint l'Etat islamique-Khorasan

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    D'anciens membres des forces de sécurité afghanes ont rejoint  l'État islamique-Khorasan (EI-K) , la filiale régionale de l'État islamique. 

    À l'heure actuelle, le nombre d'anciens membres des forces de sécurité afghanes ayant rejoint l'EI-K reste faible, mais il augmente, selon les combattants talibans et d'autres anciens membres des forces de sécurité afghanes.

    Un ancien responsable afghan a déclaré au  Wall Street Journal  qu'un officier qui commandait le dépôt d'armes et de munitions de l'armée nationale afghane à Gardez avait rejoint l'EI-K après la disparition de l'armée afghane et aurait été tué le mois dernier au cours d'une fusillade avec les talibans. Le responsable a également déclaré qu'il connaissait plusieurs autres membres des forces de sécurité afghanes qui ont rejoint l'EI-K après que les talibans aient fouillé leurs domiciles et leur aient ordonné de se présenter aux autorités talibanes après la prise de contrôle du pays par les talibans.

    Le  Wall Street Journal  s'est également entretenu avec un habitant de Qarabagh dans la province de Ghazni qui a déclaré que son cousin, auparavant membre des forces spéciales de l'armée afghane, avait disparu en septembre peu après le retrait américain et aurait rejoint une cellule de l'EI-K. L'homme de Qarabagh a également déclaré qu'il connaissait quatre autres anciens soldats de l'armée nationale afghane qui ont rejoint l'EI-K au cours des dernières semaines.

    Pendant deux décennies, les élites de la politique étrangère américaine ont expliqué que la présence des forces armées de la coalition dirigée par les Etats-Unis servait à lutter contre l'extrémisme islamique.

    Créé en 2014 par d'anciens militants talibans mécontents d'éventuels pourparlers de paix et partisans d'une lutte plus radicale contre les États-Unis, l'EI-K  a jusqu'à présent joué un rôle relativement mineur en Afghanistan. La formation islamique naissante était mal équipée pour défendre contre les talibans leurs possessions territoriales dans l'est de l'Afghanistan.

    Même si son empreinte est limitée, l'EI-K s'est fait connaître par son incroyable brutalité. Au-delà de cibles militaires, politiques et religieuses, l'EI-K a perpétré des attaques contre des écoles et des hôpitaux. Lors d'une attaque, les jihadistes de l'EI-K seraient entrés dans une maternité et auraient abattu des infirmières et des femmes enceintes.

    Cependant, le défi que l'EI-K pose aux talibans ne doit pas être surestimé. Pour le moment, l'EI-K n'a pas la force de combat ou la capacité de représenter une menace pour les talibans afghans. De même, la menace que représente l'EI-K pour les Etats-Unis ne doit pas non plus être exagérée simplement parce qu'elle porte le nom de l'État islamique. Or, le fait que d'anciens membres des forces armées afghanes aient décidé de rejoindre l'Etat islamique  montre à quel point leurs engagements dans la lutte contre l'islamisme radical étaient faibles. Will Ruger, vice-président de la politique étrangère à la Charles Koch Institute a déclaré à  The American Conservative. « Soit ils ne croyaient pas profondément à ces choses au départ, soit, même s'ils en venaient à accepter certaines de ces choses, ils étaient prêts à les jeter par-dessus bord...pour le pouvoir et l'influence et à d'autres fins pragmatiques."

    Les recrues Afghanes ne se sont pas enrôlées dans les Forces de sécurité afghanes parce que leur cœur aspirait à la démocratie libérale mais plus vraisemblablement pour la perspective d'un emploi et d'un revenu stables. Sans oublier la toxicomanie dans les rangs de l'armée afghane, la fraude à l'enrôlement orchestrée par des officiers et des soldats afghans qui cherchaient à percevoir les chèques de paie de  soldats fantômes. L'argent des Etats-Unis coulant à flot, la cupidité et la corruption se sont répandues comme une traînée de poudre, ce qui a abouti au fait que presque personne n'était payé – et encore moins en temps opportun. Lorsque l'argent s'est tari, l'allégeance des soldats afghans a fait de même. « Le mois prochain, si le gouvernement ne me paie pas, je devrais peut-être vendre ça aux talibans » , a déclaré Noor  Ahmad Zhargi , un membre de la police afghane, au  Washington Post  dans une interview au printemps 2021. Alors qu'il a assuré à ses intervieweurs qu'il ne rejoindrait jamais les talibans, il leur a dit qu'il pouvait vendre son fusil au groupe extrémiste pour environ 2 000 dollars, un joli pactole pour Zhargi et sa famille.

    Zhargi était loin d'être le premier membre des forces de sécurité afghanes à envisager d'offrir son équipement aux talibans en échange d'argent. Comme l'indiquaient clairement les  Afghanistan Papers  publiés par le  Washington Post en 2019, il était assez courant que du matériel militaire américain disparaisse et que des opérateurs américains découvrent plus tard qu'il avait été vendu ou remis aux talibans pour être utilisé contre les États-Unis et Forces de sécurité afghanes au combat.

    Les talibans contrôlant l'Afghanistan, les mêmes incitations qui ont autrefois attiré les recrues dans les forces de sécurité afghanes les poussent aujourd'huià rejoindre l'EI-K. L'Etat islamique offre en effet des sommes d'argent relativement importantes à ses nouvelles recrues et offre également une protection aux anciens soldats si les talibans venaient les chercher.

    Un autre facteur poussant certains anciens membres des forces de sécurité afghanes vers l'EI-K est la "loyauté tribale et ethnique". Les talibans sont principalement composés de Pachtounes qui constituent la majorité ethnique du pays. Cependant, dans l'est de l'Afghanistan, certaines régions sont à majorité tadjike ou d'autres minorités ethniques nationales.

    « S'il y avait eu une résistance organisée contre les talibans, ils auraient rejoint la résistance », a déclaré un correspondant du  Wall Street Journal . « Pour le moment, l'Etat islamique est le seul autre groupe armé".

  • Afghanistan : Les talibans s'attaquent à l'Etat islamique dans le Sud du pays

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    Les talibans ont lancé l'assaut, lundi 15 novembre 2021, contre plusieurs caches présumées de la branche locale du groupe Etat islamique dans la province afghane de Kandahar (sud), opération dans laquelle au moins quatre combattants de l'Etat islamique et deux civils ont été tués, a-t-on appris de source policière.

    Cette opération contre l'Etat islamique-Khorasan (EI-K) a été lancée vers minuit dans quatre districts de la province et a continué dans la matinée, a expliqué à l'AFP le chef taliban de la police provinciale, Abdul Ghafar Mohammadi. "Jusqu'ici, quatre combattants de Daech ont été tués et 10 arrêtés (...) L'un d'entre eux s'est fait sauter à l'intérieur d'une maison", a-t-il affirmé lundi en milieu de journée. Un porte-parole des talibans a pour sa part écrit lundi soir sur Twitter que deux civils et trois membres de l'EI-K ont été tués lors de l'opération. Un membre des services de renseignement talibans ayant requis l'anonymat a lui indiqué à l'AFP qu'au moins trois civils avaient été tués.

    Aux dernières nouvelles (lundi 16H30 heure française), les affrontements se poursuivent dans les 15e, 6e et 3e arrondissements de la ville de Kandahar. Il y a de lourdes pertes des deux côtés.

    Depuis leur retour au pouvoir à Kaboul le 15 août 2021, les talibans, qui font de la sécurité leur priorité après des décennies de guerre, sont confrontés à une vague d'attentats menés par l'EI-K. Ce groupe est particulièrement actif autour de la ville de Jalalabad (est), l'un de ses bastions de longue date où il a déjà visé à plusieurs reprises des talibans. Il a aussi ciblé la minorité chiite à Kunduz (nord-est), Kaboul et dans la ville de Kandahar où un attentat contre une de ses mosquées à la mi-octobre avait fait au moins 60 morts.

    L'EI-K, qui avait été fortement affaibli en 2019 par des opérations de l'armée afghane, aidée des Etats-Unis, et par sa rivalité avec les talibans, a retrouvé un nouvel élan avec le retour de ceux-ci au pouvoir. Groupe islamiste sunnite, comme les talibans, il est encore plus rigoriste et prône un "jihad global". L'EI-K constitue la principale menace envers le pouvoir taliban, même si celui-ci tend à minimiser son influence.
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  • Afghanistan : Un mini-bus frappé par une explosion dans l'ouest de Kaboul

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    Un minibus a été touché par une explosion près d'un poste de contrôle taliban à Kaboul samedi 13 novembre 2021 en fin d'après-midi, selon des témoins, qui ont ajouté que des tirs avaient ensuite été entendus.

    Hamid Saighani.jpegL'explosion a fait au moins si morts et sept blessés. Parmi les morts, on compte Hamid Saighani (photo ci-contre), un ancien employé des télévisions Khurshid et Ariana.

    L'explosion a eu lieu dans le secteur de Mahtab Qala du quartier de Dasht-e-Barchi, aux environs de 13H00 GMT. Le quartier est peuplé en majorité de Chiites de la minorité Hazara. Des photos montrant une grande flamme s'échappant d'un véhicule carbonisé et de la fumée noire ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux.  "J'étais dans ma voiture et une explosion a eu lieu dans le véhicule devant nous", a dit un témoin à l'AFP. "Il a été complètement brûlé". Cela s'est produit près d'un checkpoint tenu par des talibans, a précisé ce témoin. La minorité hazara, qui représente entre 10 et 20% de la population afghane et a été ciblée dans le passé par les talibans, est aussi particulièrement visée par l'organisation jihadiste Etat islamique. 

    Vendredi 12 novembre 2021, une mosquée de la région de Jalalabad (Est) a été touchée par une explosion qui a fait trois morts et 15 blessés, selon un médecin de l'hôpital local. Début mai, le quartier de Dasht-e-Barchi avait été frappé par une attaque sanglante. Une série d'explosions s'était produite devant un établissement scolaire pour filles. Plus de 85 personnes, en majorité des lycéennes, avaient été tuées et plus de 300 blessées. Une voiture piégée avait d'abord explosé devant l'école puis deux autres bombes avaient suivi au moment où les élèves se précipitaient dehors. L'EI est fortement soupçonné d'avoir mené cette attaque.

    Depuis la prise du pouvoir par les talibans mi-août, des combattants de l'EI ont notamment attaqué début novembre l'hôpital militaire national de la capitale afghane, tuant au moins 19 personnes et en blessant plus de 50.

  • Afghanistan : L'État islamique utilise la Chine pour dénigrer les talibans

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    Depuis sa fondation en 2014, l'État islamique a toujours été hostile à la Chine. La répression de la Chine contre les Ouïghours et les autres musulmans du Xinjiang figure souvent dans la propagande de l'Etat islamique, en particulier en Asie du Sud.

    Cela met les talibans dans une position délicate.

    En quête de légitimité internationale et de financement, les talibans cultivent soigneusement leurs relations avec la Chine. Pékin a rendu la pareille, invitant des responsables talibans à plusieurs reprises depuis 2014. En juillet dernier, avant que Kaboul ne tombe aux mains des talibans, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait chaleureusement reçu les dirigeants talibans, leur demandant de "traiter résolument" la question  des militants ouïghours. en Afghanistan.

    Depuis la victoire des talibans en Afghanistan, les Ouïghours affirment être harcelés, apparemment, suite à la demande de Pékin.

    Les recruteurs de l'État islamique exploitent les liens de la Chine avec les talibans pour les discréditer, les accusant d'avoir négocié avec les Américains et de ne pas défendre les musulmans du Xinjiang.

    Ces derniers mois, la branche afghane de l'Etat islamique, EI-Khorasan, a mené des attaques très médiatisées, dont une au moins a été revendiquée par un ouïghour, s'affirmant ainsi comme le nouveau leader du jihad mondial.

    Pékin aurait été stupéfait  en découvrant qu'un kamikaze chinois ouïghour était responsable du carnage qui a fait au moins 50 morts dans une mosquée chiite de Kunduz,  le 8 octobre 2021. L' agence de presse Amaq de l'État islamique a identifié l'auteur comme étant " Muhammad al-Uyghuri », accusant « les talibans de s'être engagés à expulser les Ouïghours à la demande de la Chine ».

    The Voice of Hind, un magazine de langue anglaise publié par une branche de l'Etat islamique en Inde, a célébré l'attaquant comme « un chevalier d'Allah originaire de Chine » et a fustigé les talibans pour avoir prétendument juré de protéger les statues bouddhistes à la demande de la Chine.

    Les propagandistes de l'Etat islamique diabolisent la Chine pour favoriser leurs efforts de recrutement en Asie du Sud et Moyen-Orient, s'appuyant sur les Ouïghours qui ont cherché refuge en Asie du Sud depuis l'époque de Mao. 

    À la suite d'une rencontre entre des responsables chinois et talibans à Doha le 26 octobre, les sympathisants de l'Etat islamique ont qualifié les talibans de "prostituées" qui se plient à Pékin pour quémander une reconnaissance internationale

    The Voice of Hind appelle à se « se venger » de la Chine pour « qui emprisonne les musulmans en masse», jurant de ne jamais laisser Pékin « éteindre la lumière de l'islam en Chine ». En septembre, Voice of Hind a décrit la Chine comme une « puissance impérialiste », et un numéro ultérieur a déclaré que les talibans « lèchent les bottes des croisés et maintenant de la Russie et de la Chine ».

    Cette propagande anti-Chinoise n'est pas nouvelle. Au début, depuis sa base en Irak et en Syrie, l'Etat islamique a publié des vidéos de combattants ouïghours menaçant Pékin. Les médias de l'Etat islamique ont publié des traductions de la propagande ouïghoure et même un chant en mandarin. Depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan et la recrudescence des actions de l'Etat islamique dans le pays, Pékin fait face à une menace beaucoup plus proche de ses frontières.

  • Afghanistan : L'Etat islamique affirme avoir tué ou blessé plus de 130 talibans en un mois

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    La branche afghane de l'Etat islamique, l'Etat islamique-Khorasan (EI-K), a révélé que ses combattants avaient mené 34 opérations en Afghanistan entre le 7 octobre et le 2 novembre.

    Dans une infographie publiée le 5 novembre, le journal al-Nabaa du groupe islamique radical a déclaré que les opérations comprenaient dix attaques avec des engins explosifs improvisés, 18 assassinats, trois raids, trois attentats suicides, huit attaques contre des véhicules et une attaque contre une tour électrique.
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    IS-K a affirmé que les opérations avaient fait 644 morts ou blessés, dont 129 combattants et huit commandants des talibans, six responsables afghans et pakistanais ainsi que 501 civils chiites.

    Les attaques les plus meurtrières du groupe jihadiste ont visé des mosquées de la minorité chiite afghane Hazara dans la ville septentrionale de Kunduz le 8 octobre et la ville méridionale de Kandahar le 15 octobre . Une centaine de personnes ont été tuées dans les deux attentats suicides.

    IS-K a également tué le commandant militaire taliban Qari Hamdullah Mukhlis et 18 autres personnes lors d'une attaque complexe qui a visé l'hôpital Sardar Daud Khan dans la capitale afghane, Kaboul, le 2 novembre .

    La prise de contrôle des talibans et le retrait des forces américaines d'Afghanistan en août ont donné à l'EI-K l'occasion d'intensifier ses opérations dans ce pays déchiré par la guerre. 

    Actuellement, IS-K est le plus grand défi auquel est confronté le régime nouvellement installé des talibans en Afghanistan, qui lutte pour obtenir une reconnaissance internationale.

  • Afghanistan : Attaque suicide contre l'hôpital militaire de Kaboul, au moins 23 morts

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    Au moins 23 personnes ont été tuées et 50 autres blessées, mardi 2 novembre 2021, dans une attaque suicide contre l'hôpital militaire national de Kaboul, dans un contexte de violence croissante en Afghanistan entre les talibans au pouvoir et l'Etat islamique-Khorasan. L'assaut, mené par un kamikaze et d'autres assaillants s'est achevé par la mort de ces derniers, tués par des talibans, a précisé dans l'après-midi à l'AFP un responsable au sein du gouvernement taliban.

    L'attaque, qui a visé l'hôpital Sardar Mohammad Dawood Khan, le plus grand hôpital militaire du pays, n'a pas été immédiatement revendiquée.

    C'est dans cet hôpital que le ministre taliban de la Défense Mohammed Yaqoub, fils du fondateur des talibans, le mollah Omar, avait fait sa première apparition publique mercredi dernier, pour demander notamment aux hommes d'affaires afghans d'investir dans les hôpitaux.

    "L'attaque a été menée par un kamikaze à moto qui s'est fait exploser à l'entrée de l'hôpital", a précisé un responsable taliban, qui a également évoqué une seconde explosion. Plusieurs autres assaillants ont ensuite réussi à entrer dans l'hôpital, où ils ont fini par être abattus par des talibans arrivés sur place, a-t-il précisé peu avant 16h30 locales (12h GMT), trois heures et demi après l'explosion du kamikaze, entendue dans plusieurs quartiers de la ville. Dans l'hôpital, qui peut accueillir jusqu'à 400 patients, le personnel s'est réfugié dans une pièce de sécurité, selon une source médicale.

    Le ministre taliban de la Défense Maulvi Yaqub Akhand a confirmé la mort dans l'attaque de l'hôpital de Qari Hamdullah Mukhlis, qui était également le commandant du Corps central des talibans. Il est également connu comme le conquérant du palais présidentiel. 
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    Suite à cette attaque contre l'hôpital militaire, les talibans ont arrêté deux hommes soupçonnés d'être impliqués dans l'action terroriste.
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    Série sanglante 
    "Je peux encore entendre des coups de feu dans l'immeuble", avait ajouté cette source, qui craignait que les assaillants n'aillent "de chambre en chambre" pour tuer plus de gens, "comme ce fut le cas la première fois où l'hôpital a été attaqué".
    Il avait déjà été visé en mars 2017 par des assaillants habillés en personnel médical. Cette fusillade sanglante de 6 heures à l'intérieur du bâtiment, revendiquée par l'Etat islamique, avait fait 50 morts selon le bilan officiel, plus du double selon des sources sécuritaires.

    Dans le centre-ville de Kaboul, des journalistes de l'AFP ont vu des combattants talibans se précipiter sur les lieux à bord d'au moins deux véhicules blindés de transport de troupes et des camionnettes. Des sirènes ont aussi été entendues dans les rues et des ambulances vues se dirigeant à toute vitesse vers le lieu des explosions.

    Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août 2021, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays leur priorité après 20 ans de guerre, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants menés par le groupe État islamique. Sa branche locale, l'Etat islamique-Khorasan (EI-K), principal adversaire du mouvement islamique au pouvoir, a ciblé ces dernières semaines aussi bien les talibans que la minorité chiite afghane.

    Ces derniers jours, une série de meurtres, présentés par la presse locale comme des représailles entre talibans et membres de l'EI-K, ont été observés, en particulier dans la province du Nangarhar, située à l'est de Kaboul et connue pour être un fief de l'EI-K.

    La dernière attaque dans la capitale afghane remonte au 3 octobre 2021. Au moins cinq personnes avaient été tuées dans une explosion survenue près de la mosquée Id Gah à Kaboul, dans une attaque revendiquée par l'Etat islamique. 

    Le groupe Etat islamique revendique l'attaque contre l'hôpital militaire de Kaboul
    Dans un communiqué diffusé sur les chaînes Telegram de l'organisation jihadiste, l'EI-K, le rival et principal adversaire des talibans, affirme que "cinq combattants de l'EI ont mené des attaques simultanées et coordonnées" sur le site. Un jihadiste a activé une ceinture explosive à l'entrée de l'hôpital avant que d'autres n'entrent dans le bâtiment et n'ouvrent le feu, ajoute le groupe.
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