Etat islamique en Indonésie

  • Asie du Sud-Est : les principales menaces terroristes

    Imprimer

    Un haut responsable malaisien de la lutte contre le terrorisme a déclaré que l'extrémisme religieux et ethnique violent était la menace terroriste la plus importante à laquelle le pays était confronté.

    Dans le même temps, le principal danger pour l'Indonésie, les Philippines et Singapour est représenté par des groupes liés à al-Qaïda et à l'État islamique, comme le rapporte le South China Morning Post, le 23 septembre. Les commentaires de responsables et d'analystes des pays en question sont venus en réponse à une recherche "This Week in Asia" dans laquelle les agences de sécurité de la région ont été interrogées sur les menaces terroristes les plus graves auxquelles elles sont confrontées vingt ans après le 11 septembre.

    La réponse de la Malaisie était très différente des autres pays du sud est asiatique et a attiré l'attention sur les questions délicates d'ethnicité et de religion qui ont pris une importance croissante dans la rhétorique politique du pays ces dernières années. Un responsable anonyme des Forces antiterroristes malaisiennes a déclaré que la plus grande menace terroriste en Malaisie peut être qualifiée d'"extrémisme religieux et ethnique violent". Selon lui, ce genre de menace déclencherait « des divisions ethnico-nationalistes susceptibles de conduire à des épisodes violents ». Par conséquent, le responsable a déclaré qu'il n'était pas circonspect de la part des dirigeants politiques du pays de tirer parti des lignes religieuses et ethniques, même si c'est peut-être ce que leurs électeurs aimeraient entendre. L'effet de résonance créé par de tels politiciens aurait radicalisé leur public et créé davantage de formes d'extrémisme, ce qui ne serait pas bon signe pour la Malaisie, qui est un pays multi-confessionnel et multiracial. Pour le responsable, cette question, si elle n'est pas abordée, sera préjudiciable à l'unité nationale et à "l'édification de la nation dont la Malaisie a tant besoin".

    Les questions ethniques, raciales et religieuses ont été exploitées par des groupes islamiques en Malaisie, en Indonésie et dans le sud des Philippines pour radicaliser et recruter des individus. Un professeur au National War College de Washington, Zachary Abuza, a déclaré que les groupes terroristes exploitent les problèmes sociaux préexistants et les divisions sectaires et créent des situations de crise lorsque l'État n'agit pas, sous le prétexte de la défense de la religion. Abuza s'est dit préoccupé par la Malaisie, où, a-t-il dit, toute attaque de masse perpétrée dans le pays pourrait provoquer des tensions et déclencher une réponse excessive. Parmi les analystes cités par le South China Morning Post, on craint que la Malaisie ne soit menacée d'attaques par l'Etat islamique. Mohamed Faizal, un membre en visite à l'Institut ISEAS-Yusof Ishak à Singapour a déclaré que le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan, qui a été salué par le Parti islamique pan-malais (PAS), exposerait la Malaisie à la menace de l'Etat islamique puisque le groupe est un ennemi des talibans. PAS est actuellement membre de la coalition au pouvoir en Malaisie dirigée par le Premier ministre Ismail Sabri.

    En Indonésie, en revanche, les analystes considéreraient le groupe Jemaah Islamiyah (JI) lié à Al-Qaïda comme la plus grande menace terroriste en Indonésie. JI a organisé sa dernière attaque en 2011 lorsqu'un kamikaze a fait exploser un engin explosif dans une mosquée fréquentée par des policiers à Cirebon, dans l'ouest de Java. L'organisation JI est égalemnt responsable de l'attentat terroriste qui, en 2002, a fait plus de 200 morts sur l'île de Bali. En 2007, suite à des affrontements avec la police, JI a failli disparaître après l'arrestation de plus de 40 de ses militants. Al'heure actuelle, c'est l'organisation liée à l'État islamique Jamaah Ansharut Daulah (JAD), qui est l'organisation la plus active en termes d'attentats terroristes dans le pays. 

    La police indonésienne a arrêté le chef de JI Para Wijayanto en 2019 et a découvert qu'à partir d'un groupe financé par des dons et des vols, JI est devenu une organisation ayant des intérêts commerciaux dans les plantations de palmiers à huile, les hôtels, les gymnases et d'autres secteurs. 

    Abuza du National War College a déclaré qu'à ce jour, le sud des Philippines reste le maillon faible de la sécurité régionale en Asie du Sud-Est. La gouvernance de l'État dans la région serait faible et une grande partie de la région serait mal administrée. Un autre problème serait du à la corruption au sein des forces de sécurité philippines. Rommel Banlaoi, président de l'Institut philippin pour la recherche sur la paix, la violence et le terrorisme, a déclaré que les plus grandes menaces viendraient des groupes pro-Etat islamiue, en particulier le groupe Abu Sayyaf. 

    Abu Sayyaf est une organisation islamique séparatiste et terroriste des Philippines, un pays à majorité catholique. Le mouvement islamique a été fondé par Abdurajak Abubakar Janjalani, en 1991. Le groupe a mené sa première attaque à Zamboanga City, le 4 avril 1991, tuant deux évangélistes de nationalité américaine. Le 10 août 1997, Abu Sayyaf a été  inséré sur la liste des organisations terroristes étrangères aux États-Unis. Actuellement, l'organisation est basée dans la province de Sulu, qui fait partie de la région autonome de Mindanao, une région majoritairement musulmane. Il est souvent impliqué dans la piraterie, les enlèvements et les attaques terroristes. Toujours aux Philippines, dans la province du Sultan Kudarat, une menace croissante serait représentée par le groupe Hassan Salahuddin qui a juré allégeance à l'Etat islamique et par les cellules toujours actives du groupe Maute, pro-Etat islamique, qui avait pris le contrôle de la ville. de Marawi sur l'île de Mindanao en 2017, déclenchant un conflit armé qui a duré cinq mois.

    Le Department of Homeland Security (ISD) de Singapour s'attend à ce que les médias sociaux continuent de jouer un rôle clé dans la radicalisation et le recrutement d'individus dans les zones de conflit à l'étranger, y compris en Afghanistan. L'ISD a déclaré que la nation insulaire n'hésiterait pas à prendre des mesures contre toute personne impliquée dans le terrorisme et la violence armée.

  • Indonésie : L'islamiste le plus recherché d'Indonésie, Ali Kalora, tué dans une fusillade dans la jungle

    Imprimer

    Kalora était le chef du « MIT » - le réseau des moudjahidines de l'est de l'Indonésie qui avait prêté allégeance à l'État islamique
    Un autre extrémiste présumé, Jaka Ramadan, a également été abattu lors du raid qui faisait partie d'une vaste campagne antiterroriste.

    L'islamiste le plus recherché d'Indonésie ayant des liens avec l'État islamique  a été tué au cours d'une fusillade avec les forces de sécurité, a annoncé dimanche la police indonésienne. La police mène actuellement une vaste campagne antiterroriste contre les islamistes dans les jungles reculées des montagnes.

    Une opération conjointe menée par des militaires et des policiers a tué samedi après-midi 18 septembre 2021 Ali Kalora, chef du groupe militant des Moudjahidines d'Indonésie de l'Est (MIT), dans un village de l'île de Sulawesi, selon un communiqué de la police.

    Le raid a eu lieu dans le village d'Astina, Parigi Moutong, dans le district montagneux de Parigi Moutong, a déclaré le chef militaire régional de Sulawesi central, le général de brigade Farid Makruf. Il borde le district de Poso, considéré comme un foyer extrémiste dans la province.

    Avec la mort du leader du MIT Ali Kalora et la capture d'Abu Rusydan (entre autres), les autorités indonésiennes ont enregistré une série de succès dans la lutte contre le terrorisme islamique.
    30_antara_teroris_sigi__2_.jpg

    seama.png

  • Indonésie : Elimination de deux militants liés à l'Etat islamique

    Imprimer

    Les forces de sécurité indonésiennes ont tué, le  dimanche 11 juillet 2021, deux militants liés à l'État islamique et qui seraient les auteurs d'une attaque contre une communauté chrétienne dans la province indonésienne du Sulawesi central, en mai 2021.

    Le chef de la mission conjointe de la police et de l'armée, le général de division Richard Tampubolon, a annoncé que les 2 hommes ont été identifiés comme étant Rukli et Muhammad Busra, encore appelé Qatar, le deuxième membre le plus haut placé du groupe islamiste. Les membres du TNI du Commandement des opérations conjointes spéciales (Koopsgabsus) Tricakti les ont éliminés lors d'un raid aux premières heures du 11 juin dans le secteur de Parigi Moutong, dans les montagnes de Tokasa, dans la province de Sulawesi central, qui jouxte le district de Poso, où se concentrent les groupes extrémistes de la province.  Les montagnes de Tokasa sont une région de vallées escarpées recouvertes d'une végétation dense, très difficiles d'accès.

    Tampubolon a déclaré que les forces de sécurité avaient identifié le camp des militants islamistes depuis le 7 juillet dans le village de Tanah Lanto. Lorsque les militaires ont réussi à se rapprocher, le 11 juillet, cinq militants étaient présents sur place, dont trois ont réussi à s'échapper.

    Tel que rapporté par l'agence Associated Press, les opérations de sécurité dans le centre de Sulawesi se sont intensifiées ces derniers mois pour tenter de capturer des membres de l'organisation des moudjahidines de l'Indonésie orientale, également connue sous le nom de Mujahidin Indonesia Timur (MIT). Les opérations visent avant tout à capturer le leader du groupe, Ali Kalora, qui est l'islamiste le plus recherché d'Indonésie.

    Les combattants du MIT ont été le premier groupe indonésien à prêter allégeance à l'Etat islamique en 2014 et auraient noué des contacts avec l'Etat islamique de Syrie et d'Irak. Les extrémistes ont revendiqué plusieurs attentats qui ont coûté la vie à des des membres des forces de sécurité et des chrétiens. Parmi les derniers incidents, en mai dernier, dans le village de Kalemago, dans le Sulawesi central, le groupe a revendiqué l'assassinat de 4 chrétiens, dont l'un a été décapité.

    Les activités opérationnelles du MIT partiraient du centre de Sulawesi et, en particulier, des jungles et des montagnes de la région de Poso, le lieu d'origine de l'actuel chef de l'organisation, où il serait soutenu par les habitants. Pour lutter contre le groupe, le gouvernement de Jakarta a mis en place l'opération Tinombala en 2016, qui a ensuite été prolongée à plusieurs reprises en raison des attaques perpétrées par le MIT. Le 18 juillet 2016, l'armée a tué le leader de l'époque Santoso, également connu sous le nom d'Abu Wardah.

    Bien que le MIT reste encore un groupe relativement restreint limité à la province de Sulawesi central, il est particulièrement actif, notamment sur le web, et entretient également des liens avec l'organisation Jamaah Ansharut Daulah (JAD), liée à l'Etat islamique. Le JAS a, selon certaines sources,  fourni des fonds au MIT. Sous la houlette d'Ali Kalora, le groupe aurait pu recevoir d'autres financements, y compris de l'étranger, et aurait cherché à augmenter ses capacités en explosifs.

    En mai 2021, la police avait déclaré que le MIT s'était divisé en deux groupes pour tenter d'échapper aux autorités, l'un dirigé par Ali Kalora actif dans la régence de Sigi tandis que l'autre était dirigé par Qatar, qui vient d'être éliminé. Ce dernier opérait à Poso. 

    L'Indonésie est le plus grand pays à majorité musulmane du monde et lutte depuis longtemps contre l'émergence de groupes militants auteurs d'attentats terroristes. Dans le  Global Terrorism Index 2020,   le pays a été placé en 37ème position parmi les 163 pays dans lesquels l'impact du terrorisme est mesuré, avec un indice égal à 4 629. 

     

  • Indonésie : La police déjoue un attentat islamiste visant la communauté chinoise

    Imprimer

    On a appris que quatre membres du Front de défense islamique (FPI) planifiaient de d'organiser des attentats contre des entreprises appartenant à la communauté Chinoise ainsi que contre des magasins appartenant à des Indonésiens d'origine chinoise, tandis que d'autres avaient prévu d'attaquer la police et l'armée à l'aide de bombes à l'acide et des bombes artisanales.

    Les terroristes ont été arrêtés le 29 mars à Jakarta et à Java occidental par l'équipe spéciale de lutte contre le terrorisme de la police indonésienne  Densus 88 - Les arrestations ont eu lieu le lendemain de l'attentat à la bombe contre l'église de Makassar, en Sulawesi du Sud, avec lequel les membres du FPI n'ont pas été liés.

    Cinq bombes artisanales ont été saisies au domicile de l'un des suspects, ainsi que 5,5 kg de matières explosives, dont 1,5 kg de triperoxyde de triacétone (TATP). Selon la police. Il s'agissait d'assez d'explosifs pour fabriquer 70 bombes supplémentaires.

    L'une des personnes arrêtées, Ahmad Junaidi, a déclaré qu'il était un sympathisant du FPI qu'il avait assisté à des sessions hebdomadaires d'étude coranique dirigées par un autre des terroristes arrêtés,  Husein Hasni. Dans une vidéo publiée par le portail d'informations Detik.com, Ahmad a révélé qu'après chaque session, le groupe discutait des derniers problèmes auxquels le pays était confronté, et qu'ils avaient conclu que l'Indonésie était «contrôlée par la Chine». Husein Hasni, a déclaré qu'il était membre du FPI et a affirmé que son dernier poste dans l'organisation était le chef adjoint du jihad de Jakarta Est.

    «Ma maison était l'endroit où les bombes ont été fabriquées. Jje sais comment fabriquer des bombes à partir de TATP et de poudre flash », a-t-il déclaré dans la vidéo.

    Husein a affirmé avoir donné des leçons de fabrication de bombes aux membres du FPI, et le plan était qu'après la fabrication de centaines de bombes artisanales, elles seraient distribuées à la branche du FPI et aux conseils de direction régionaux dans toute l'Indonésie. «Les cibles de ces bombes sont l'armée et la police ainsi que les installations publiques», a-t-il déclaré.

    Un autre suspect, Bambang Setiono, a avoué être un sympathisant du FPI depuis décembre 2020. Il a reconnu avoir planifié des attaques, comme lancer des bombes artisanales, contre des Indonésiens d'origine chinoise et des magasins appartenant à des Chinois. Il voulait également attaquer les stations-service avec des cocktails Molotov pour exiger la libération du chef du FPI Habib Rizieq Shihab, arrêté en décembre 2020 pour avoir enfreint les règles de santé de la Covid-19. Bambang a également révélé les plans des membres du FPI d'attaquer les policiers avec des cocktails d'acide et Molotov.

    Tendance inquiétante
    La nouvelle de la planification d'attaques anti-chinoises est venue alors que la colère bouillonnait parmi les membres et sympathisants du FPI, qui se comptent par centaines de milliers, après l'arrestation de leur chef et l'interdiction de leur organisation par le gouvernement.

    Étant donné que les citoyens d'origine chinoise ont été victimes de discrimination par l'État dans le passé, certains analystes craignent que la communauté, qui représente environ 5% de la population indonésienne de 270 millions d'habitants, puisse à nouveau subir de violentes attaques.

    «Je suis personnellement inquiet pour la sécurité des Indonésiens d'origine chinoise et des Chinois de Chine », a déclaré Mohamad Adhe Bhakti, directeur exécutif du Center for Radicalism and Deradicalisation Studies (PAKAR).

    Adhe a déclaré que selon la base des informations qu'il avait reçues, il semblait que les complots des membres du FPI étaient motivés par leur colère et leur déception envers le gouvernement concernant les privilèges accordés aux investisseurs chinois et aux sino-indonésiens - un ressentiment alimenté par le ralentissement économique provoqué par le gouvernement. La pandémie de Covid-19, qui a entraîné la perte d'emplois de millions de personnes.

    "Les auteurs ont estimé que le gouvernement n'avait pas été équitable et cela les a amenés à devenir jaloux envers la Chine et les Indonésiens d'origine chinoise", a déclaré Adhe.

    Selon l'Office d'investissement indonésien, la Chine était le deuxième investisseur étranger de l'Indonésie en 2020, avec 4,8 milliards de dollars US d'investissements, derrière les 9,8 milliards de dollars US de Singapour.

    Adhe a déclaré que la religion et la géopolitique étaient sont les facteurs pour lesquels la Chine est ciblée par les extrémistes islamistes.

    Les ressortissants chinois et les sino-indonésiens sont considérés comme des «infidèles» car la plupart d'entre eux sont non musulmans, a déclaré Adhe, ajoutant que les extrémistes étaient également irrités par la répression des musulmans ouïgours en Chine et la crise des Rohingyas au Myanmar.

    Depuis 2017, plus de 700000 musulmans rohingyas ont été chassés de l'État de Rakhine par l'armée du Myanmar, un pays à majorité bouddhiste. Adhe a déclaré que même s'il s'agissait d'un problème du Myanmar, cela «met encore en quelque sorte l'ethnie indonésienne-chinoise à la portée du FPI, car la majorité d'entre eux sont bouddhistes».

    Iwa Maulana, chercheuse au Center for Detention Studies de Jakarta, a déclaré que les menaces du FPI contre les Chinois devaient être prises au sérieux car la perception que «la Chine contrôle l'Indonésie» n'était pas seulement le fait des suspects arrêtés mais également partagée par «des milliers de Indonésiens ».

    «Ces personnes en question ont des problèmes personnels, une vie difficile, pas de revenus… et maintenant elles ont une cible, les industries chinoises, qui sont présentées comme la source de leurs griefs», a-t-il dit. «Vous pouvez imaginer que si les gens pouvaient être mobilisés en si grand nombre pour commettre des actes de violence, ce serait une menace sérieuse.»

    Maulana a déclaré que la présence de travailleurs chinois du continent en Indonésie a enflammé les tensions, car ils sont perçus comme volant les emplois des habitants. 

    En mai 2020, il y avait 98 900 travailleurs étrangers en Indonésie, ce qui représente moins de 0,1 pour cent de la main-d'œuvre totale de l'Indonésie (124 millions). Les travailleurs chinois constituaient le groupe le plus important avec 35 781, suivis du Japon et de la Corée du Sud avec 12 823 et 9 097, respectivement.

    Adhe de PAKAR a déclaré que le centre avait enregistré au moins cinq complots terroristes contre des entreprises chinoises et des Indonésiens d'origine chinoise au fil des ans. Parmi eux, une alerte à la bombe en 2012 dans un temple de Glodok, un centre pour les entreprises chinoises à Jakarta, a-t-il déclaré.

    Jemaah Ansharut Daulah (JAD), la filiale indonésienne de l'État islamique (Daech), a également pris pour cible plusieurs entreprises gérées par Indonésiens d'origine chinoise, a déclaré Maulana du Center for Detention Studies.

    Le problème n'est pas de savoir si les Chinois seront la cible d'attaques terroristes en Indonésie,  mais quand?"

    COMMUNAUTÉ EN ALERTE
    Les aveux des membres du FPI inquiètent les membres de la communauté ethnique chinoise d'Indonésie, qui ont déjà été victimes d'attaques sporadiques.
    «Je suis assez inquiet. Tous les membres de ma famille essaient d'éviter les lieux publics », a déclaré un étudiant sino-indonésien de 21 ans à Jakarta
    .
    Vianka, une architecte de 22 ans, a déclaré qu'elle n'était pas inquiète mais les nouvelles récentes l'ont sensibilisée aux problèmes actuels. «Nous devons rester concentrés et élever notre niveau de sensibilisation», a-t-elle déclaré.

    Johanes Herlijanto, professeur à l'Université Pelita Harapan de Jakarta, a déclaré que la situation actuelle était loin des événements de 1998, lorsque la crise financière asiatique avait déclenché des émeutes à Jakarta et que des entreprises appartenant à des Indonésiens d'origine chinoise avaient été pillées et incendiées. Quelque 1 200 personnes sont mortes dans les violences et beaucoup de la communauté chinoise ont fui le pays.

    Herlijanto a noté que de nombreux Indonésiens autochtones, ou pribumis, ne faisaient pas la différence entre les Indonésiens d'origine chinoise et ceux qui venaient de Chine pour travailler ou créer des entreprises.

    «Tionghoa a été pendant trop longtemps perçu par une grande partie de la société indonésienne comme représentative de la classe riche», a-t-il dit, en utilisant un mot indonésien faisant référence au chinois ethnique.

    «Cette perception est loin d'être la vérité mais elle est ancrée [dans la psyché indonésienne] depuis bien trop longtemps. Beaucoup de Tionghoa appartiennent à la catégorie des classes moyennes et inférieures. Mais ceux qui se sentent opprimés auront le sentiment qu'en ciblant les Chinois de souche, ils visent les riches. »

     

  • Indonésie/Malaisie : Les partisans de l'Etat islamique appellent à plus de violence contre les Chrétiens pendant la semaine sainte

    Imprimer

    L'attentat suicide commis par un couple de jeunes mariés radicalisés dans la ville de Makassar a eu lieu le dimanche des Rameaux, une semaine avant Pâques, et à l'approche du mois de Ramadan.

    La police a arrêté huit suspects ayant des liens avec le couple et a trouvé une cache d'explosifs et de matériel de fabrication de bombes à Jakarta.

    Les partisans indonésiens de État islamique ont appelé à de nouvelles attaques contre les Chrétiens après qu'un couple de jeunes mariés radicalisés a commis dimanche un attentat-suicide dans une cathédrale du sud de Sulawesi, pendant ce qui est considéré comme une période sacrée pour les chrétiens et les musulmans - tandis que la police antiterroriste a découvert lundi cinq bombes artisanales pendant des raids à Jakarta et à l'ouest de Java.

    Le couple indonésien - qui s'est marié il y a six mois - a été les seules victimes de l'attentat à la bombe de la ville de Makassar qui a fait 20 blessés et a été attribué à Jamaah Ansharut Daulah (JAD), le plus grand groupe lié à l'Etat islamique dans le pays.

    La police a déclaré que le couple, qui étaient tous les deux membres du groupe, avait été tué sur le coup après avoir tenté de conduire une moto dans l'enceinte de l'église et ont fait exploser leur  bombe remplie de clous après au moment où ils étaient interpellé par les gardes de sécurité. Les autorités ont ajouté que le mari avait laissé une note de suicide pour dire qu'il était prêt à mourir en martyr, tandis que les médias locaux ont rapporté mardi que la femme était enceinte de quatre mois.

    Cette attaque kamikaze, qui a eu lieu le dimanche des Rameaux, une semaine avant la fête chrétienne de Pâques, et pendant le mois sacré musulman de Sya'aban qui précède le mois de jeûne du Ramadan - a placé les forces de sécurité et les analystes en état d'alerte maximum.

    L'Indonésie, la nation musulmane la plus peuplée du monde, souffre périodiquement d'attaques terroristes. Il existe une tradition de telles attaques à l'approche du Ramadan, qui commencera à la mi-avril 2021.  il y a eu plusieurs attentats en 2000, des attentats à la bombe contre l'église de Surabaya en 2018 et d'une tentative d'attentat suicide dans un poste de police de Jakarta en 2019.
    Le JAD, qui compte des milliers de sympathisants dans le pays, a été à l'origine de toutes les attaques terroristes majeures en Indonésie au cours des cinq dernières années - la police et les non-musulmans étant les principales cibles.

    «La police est ciblée car elle est considérée comme un obstacle [à la cause], tandis que les non-musulmans sont visés parce que les militants sont convaincus que c'est un ordre de Dieu», a déclaré Nasir Abas, l'ancien chef de la branche Asie du Sud-Est d'al-Qaïda , Jemaah Islamiah (JI).

    Ces attaques devraient se poursuivre, selon Nasir, car elles sont enracinées dans un appel lancé en 2015 par feu le dirigeant de l'Etat islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, qui a exhorté ses partisans à mener des attaques où qu'ils soient dans le monde. Al-Baghdadi est mort en 2019 en faisant exploser son gilet-suicide lors d'un raid des forces spéciales américaines dans le nord de la Syrie.

    «Le JAD, affilié à l'Etat islamique depuis ses débuts, s'est engagé à mener à bien l'appel [de Baghdadi] jusqu'à aujourd'hui», a déclaré Nasir. «[Les militants] ne s'arrêteront pas tant qu'un califat ne sera pas établi [en Indonésie].»

    Nasir, qui était autrefois connu comme le terroriste le plus recherché d'Asie du Sud-Est, a déclaré que le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, avait lancé un appel similaire en 1998-99 lorsqu'il a exhorté ses partisans à tuer des civils des États-Unis et de ses pays alliés.

    «Certains membres du JI ont accepté d'exécuter cet appel tandis que d'autres ne l'ont pas fait, y compris moi-même», a déclaré Nasir, qui a quitté le groupe en 2003 car il n'était pas d'accord avec son passage au djihad violent. Il a été arrêté cette année-là et libéré en 2004, et a depuis aidé le gouvernement indonésien dans ses efforts de dé-radicalisation.

    JI était à l'origine de l'attaque la plus meurtrière de l'Indonésie, les attentats de Bali de 2002, qui ont tué 202 personnes. Nasir n'a pas été impliqué dans l'attaque.

    Les partisans de l'Etat islamique ont utilisé lundi les médias sociaux pour appeler à davantage d'attaques en Indonésie, en continuation de l'attaque de Makassar, selon des analystes, dont Muh Taufiqurrohman, chercheur principal au Center for Radicalism and Deradicalisation Studies (PAKAR) basé à Jakarta.

    Sur la base de la surveillance par PAKAR des groupes radicaux sur les médias sociaux, Taufiqurrohman a indiqué que es appels provenaient de groupes en ligne en Indonésie et en Malaisie. «Ils ont également appelé à l'utilisation de bombes plus puissantes», a-t-il déclaré.

    Après l'attentat suicide de dimanche, l'unité de police antiterroriste indonésienne Densus88, ou détachement 88, a fait une descente dans plusieurs endroits à Java occidental, à Jakarta et au domicile des kamikazes à Makassar.

    Quatre hommes ont été arrêtés à Jakarta, bien que les autorités aient confirmé par la suite qu'ils n'étaient pas liés à l'attentat de dimanche. Les raids dans la capitale ont également permis de saisir 5,5 kg d'explosifs puissants - y compris le triperoxyde de triacétone, qui est souvent utilisé par l'Etat islamique - ainsi que cinq bombes artisanales actives, selon le chef de la police nationale Listyo Sigit Prabowo.

    «Lorsque la police a arrêté les suspects, des bombes ont été trouvées dans leurs maisons qui avaient déjà été assemblées. Cela signifie qu'ils avaient l'intention de mener de nouvelles attaques », a déclaré l'ancien chef du JI Nasir.

    Des uniformes avec les initiales «FPI», qui signifie le Front des défenseurs islamiques, un groupe extrémiste interdit en janvier, ont également été saisis lors des raids de Jakarta. 

    Mardi, la police a arrêté trois femmes liées à l'attaque de Makassar. L'une des femmes avait «motivé» les kamikazes à mener le djihad, a déclaré le porte-parole de la police nationale Ahmad Ramadhan aux journalistes, tandis qu'une autre suspecte était la belle-sœur de l'un des kamikazes.

    L'unité Densus88 a arrêté 94 suspects terroristes depuis le début de l'année, a déclaré Ahmad, ajoutant que cela montrait que les militants planifiaient toujours des attaques en Indonésie.

    Cinq autres suspects soupçonnés d'avoir des liens avec les assaillants ont été arrêtés dimanche et lundi dans la ville de Bima, dans la province de Nusa Tenggara Ouest.

    Avec les dernières arrestations, le PAKAR estime qu'il y a actuellement 70 membres du JAD à Makassar, ce qui a conduit le chercheur principal Taufiqurrohman à dire que les attaques terroristes vont probablement se poursuivre dans la ville.

    «Leur méthode d'attaque préférées sont les bombes, plutôt que les coups de couteau, comme on peut le voir avec ce qui s'est passé dans le passé», a-t-il dit, ajoutant que les membres du groupe étaient susceptibles de choisir les bombes car elles causaient «plus de victimes et faisaient la une des journaux».

    Le porte-parole de la police nationale, Ahmad, a déclaré que la police avait reçu pour instruction de cartographier les zones «vulnérables à la violence et à l'intolérance» afin que les autorités puissent renforcer le réseau de renseignement dans ces zones et prendre les mesures de sécurité appropriées.

     

  • Indonésie : Quatre membres de l'Armée du Salut tués par des islamistes liés à l'Etat islamique

    Imprimer

    Des extrémistes islamistes liés à l'Etat islamique (EI) ont tué quatre évangélistes de l'Armée du Salut, dont un a été décapité et un autre brûlé vif, dans un village isolé sur l'île de Sulawesi, en Indonésie, ont annoncé samedi les autorités. Ces hommes armés de sabres et d'armes à feu sont arrivés vendredi matin dans le village de Lembantongoa, dans le centre de l'île, tuant quatre hommes et mettant le feu à une demi-douzaine de maisons, y compris une où avaient lieu les prières et les services religieux, a précisé la police. Le motif de l'attaque n'était pour l'instant pas clair et aucune arrestation n'a pu être effectuée, a ajouté la police.

    Mais selon les autorités, cette attaque serait le fait des East Indonesia Mujahideen (les Moudjahidine de l'Est de l'Indonésie, MIT), basé sur l'île de Sulawesi, l'un d'une dizaine de groupes radicaux dans le pays qui ont fait allégeance à l'Etat islamique.

    L'Indonésie, le pays à population majoritairement musulmane le plus peuplé du monde, fait face depuis des années à des violences de la part de groupes combattants islamistes, tandis que la région du Sulawesi Central connaît depuis des décennies des violences entre chrétiens et musulmans. "Nous sommes arrivés à la conclusion que les assaillants étaient bien du MIT après avoir montré des photos de membres de ce groupe aux témoins de l'attaque", a déclaré le chef de la police locale, Yoga Priyahutama.

    L'église des évangélistes était vide au moment de l'attaque, menée tôt le matin par environ huit militants. Heureusement, a-t-il souligné, la plupart des gens étaient chez eux à ce moment. Le chef du village, Rifai, a précisé que les quatre victimes étaient des hommes. L'un a été poignardé, un autre décapité, le troisième presque décapité, et le dernier brûlé vif dans sa maison. Si cette attaque est bien le fait du MIT, ce serait la première depuis qu'une unité anti-terroriste a tué son dirigeant il y a quatre ans.

    En 2018, a expliqué une experte sur le terrorisme basée à Jakarta, Sidney Jones, le MIT était soupçonné d'avoir envoyé à Palu, lorsque cette ville de Sulawesi avait été touchée par un tremblement de terre suivi d'un tsunami, des hommes se faisant passer pour des humanitaires et chargés en fait de recruter de nouveaux membres.