Etat islamique du Grand Sahara (EIGS)

  • Côte d'Ivoire : L'offensive djihadiste

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    ATT. E.B.
    (David Poteaux)
    Les groupes jihadistes ont l’ambition d’étendre leur influence au-delà des pays sahéliens et de s’implanter dans le nord des pays côtiers. La Côte d’Ivoire est dans leur viseur, mais aussi le Ghana, le Togo et le Bénin, où ils peuvent jouer sur le sentiment d’injustice partagé par de nombreux Peuls pour recruter des combattants.

    Abidjan est en alerte. Ce qui, il y a un an encore, constituait une menace possible, est devenue, aujourd’hui, une évidence : les jihadistes sahéliens ont un projet dans le nord de la Côte d’Ivoire. Ces trois derniers mois, quatre attaques ont été menées contre des positions des forces de sécurité le long de la frontière avec le Burkina Faso, dans les environs de Kafolo. Elles ont coûté la vie à au moins six militaires ivoiriens. Il y a un an, dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, Kafolo avait déjà été le théâtre d’une attaque contre l’armée, au cours de laquelle 14 soldats avaient été tués. Il s’agissait de la première offensive jihadiste menée sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand-Bassam, en mars 2016 (22 morts, dont 15 civils). Dans un rapport publié le 15 juin, l’Institut d’études de sécurité (ISS) estime que « ces incidents témoignent de l’expansion du spectre de l’extrémisme violent qui plane sur le pays ».
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    Pour les autorités ivoiriennes, cela ne fait en effet aucun doute : ces attaques sont l’oeuvre d’un groupe de combattants jihadistes liés à la katiba Macina, active au centre du Mali et affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). « Plusieurs renseignements recueillis sur place et après l’arrestation de certains assaillants convergent vers cette thèse », indique un responsable des services de renseignement ivoiriens.

    Après la première attaque de Kafolo en 2020, les forces de sécurité ont arrêté plusieurs dizaines de combattants et de complices présumés, parmi lesquels un des « cerveaux » de l’opération, Ali Sidibé, un Peul, également appelé « Sofiane ». Certains d’entre eux ont donné des informations. Ils ont notamment permis d’identifier le chef de la katiba en formation à la frontière entre le Burkina et la Côte d’Ivoire – il s’agit d’un certain Abdramani Sidibé (photo ci-dessous), un Peul lui aussi – et de confirmer ses liens avec la katiba Macina dirigée par Hamadoun Kouffa. Ils ont également alerté les autorités sur le risque de voir une partie des habitants de cette zone verser dans le jihadisme, dont des Peuls.
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    « C’est une grosse crainte. Cette communauté est déjà infiltrée par les jihadistes. Les chefs de cette katiba sont des Peuls. Nous craignons de voir le même schéma que ceux observés au centre du Mali ou au nord du Burkina se reproduire », poursuit notre source. Les services de sécurité ont en effet découvert que les assaillants avaient bénéficié de la complicité de certains habitants, dont une grande partie sont issus de la communauté peule. « Dans cette zone, il y a toujours beaucoup de mouvements, surtout chez les Peuls, qui passent d’une frontière à l’autre avec leurs troupeaux. Il est très difficile de contrôler ce qu’il s’y passe, d’autant que les Peuls se sont toujours méfiés des autorités », continue notre source.

    Cibles privilégiées des recruteurs jihadites
    Dans un rapport confidentiel consacré à l’expansion de la menace jihadiste au sud du Burkina Faso, une ONG française généralement bien informée dans la zone, l’ISS alerte : « Les groupes extrémistes exploitent les vulnérabilités telles que les conflits locaux, les déficits de gouvernance, les défaillances des systèmes de sécurité et les activités illicites, au bénéfice de leurs stratégies d’implantation, de recrutement et de financement. […] Le nord de la Côte d’Ivoire n’est pas exempt de ces vulnérabilités ». L’ISS évoque notamment « les conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs autour de l’accès aux pâturages et à l’eau ». Il existe également d’autres groupes vulnérables : orpailleurs, anciens combattants, bandits de grands chemins – tous très nombreux dans le nord ivoirien.

    Il est vrai que les éleveurs issus de la communauté peule, ici comme dans de nombreux autres pays, sont souvent victimes de clichés racistes. Ils sont considérés comme des « étrangers » – y compris lorsqu’ils y vivent depuis plusieurs générations, ainsi que nous l’ont raconté de nombreux Peuls vivant dans la région de Korhogo – et comme sources de problèmes lors de la saison des récoltes. Ils constituent donc une cible privilégiée pour les groupes armés. Un grand nombre de pistes de transhumances sont aujourd’hui occupées par les agriculteurs, ce qui suscite des tensions, et parfois des conflits meurtriers, que les djihadistes savent instrumentaliser pour recruter. Depuis une bonne dizaine d’années, les griefs se sont multipliés. En mars 2016, au moins 33 personnes avaient été tuées lors d’affrontements inter-communautaires entre Lobi et Peuls à Bouna, au nord-est de la Côte d’Ivoire, suite à un litige dû à la divagation de bœufs.

    Un élu local rappelle que des relations familiales existent entre les éleveurs peuls du nord de la Côte d’Ivoire et ceux vivant au Burkina et au Mali, dans les zones aujourd’hui en partie contrôlées par les groupes jihadistes : de nombreux éleveurs peuls du nord du Burkina et du centre du Mali ont en effet été poussés à migrer vers le sud, notamment dans la zone frontalière avec la Côte d’Ivoire, après les sécheresses des années 1970 et 1980 – et ils n’ont jamais rompu les liens avec leur région d’origine.

    Victimes de l’insécurité et de l’injustice
    « Le risque de voir une partie de cette communauté rejoindre les jihadistes est grand », reconnaît un notable peul du nord de la Côte d’Ivoire, même s’il refuse la stigmatisation dont sont déjà victimes les membres de son ethnie, rappelant que « les actes de quelques-uns ne doivent pas être attribués à l’ensemble d’une communauté ». Les raisons sont évidentes selon lui : routes de transhumance obstruées par l’avancée du front agricole, racket des forces de sécurité, vols de bétail… « Comme ailleurs, les éleveurs sont de plus en plus confrontés à l’insécurité, ils doivent se défendre et pour cela, ils pourraient être tentés de rejoindre les groupes armés existants », déplore-t-il.

    Ce risque ne s’arrête pas aux frontières de la Côte d’Ivoire. Il menace l’ensemble des pays côtiers : le Ghana, le Togo, le Bénin… Dans le nord de ces pays, comme en Côte d’Ivoire, on a vu arriver de nombreux éleveurs ces dernières décennies. Certains, chassés de chez eux pour de multiples raisons, sont venues pour s’y installer. D’autres en ont fait une terre de transhumance. Dans un contexte de concurrence de plus en plus accrue pour l’accès aux ressources naturelles et de pression foncière galopante, cet afflux a généré des tensions entre sédentaires et nomades ou semi-nomades, et, par conséquent, des ressentiments. De nombreux Peuls se disent victimes d’un rejet dont ils ne comprennent pas les ressorts, et ne cachent pas leur désarroi, voire, pour certains, leur colère et leur volonté d’en découdre.
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    Déjà, dans le sud du Burkina, d’ouest en est, nombre de cellules jihadistes en formation ont recruté parmi ces éleveurs. Pour ce faire, elles recyclent les mêmes discours que ceux développés au Mali ou au nord du Burkina ces dernières années, en rappelant aux bergers les injustices dont ils sont victimes, et en leur promettant d’y remédier. Ils peuvent pour cela citer l’exemple de l’est du Burkina.

    Les jihadistes – dont certains sont liés au GSIM, d’autres à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) – se sont implantés dans cette zone à partir de début 2018. Ils ont mené une série d’attaques contre les forces de sécurité et les agents des Eaux et forêts, qui leur ont permis de « libérer » l’espace – ces derniers préférant se réfugier dans les villes plutôt que de se faire tuer dans une embuscade ou de sauter sur une mine -, et d’en prendre le contrôle. Aujourd’hui, ils sont notamment les maîtres des parcs naturels et des forêts classées, très nombreux dans cette région. Or qu’ont-ils fait lorsqu’ils en ont chassé les forces de sécurité ? Ils ont fait savoir aux populations locales, qui en étaient jusqu’alors interdites, qu’elles avaient le droit d’y retourner et d’y exploiter les ressources. Désormais, il est possible d’y chasser, d’y pêcher, d’y faire paître son bétail, d’y cultiver, et même d’y chercher de l’or. Autant d’activités qui étaient interdites par les autorités étatiques au nom de la préservation de l’environnement.

    L’est du Burkina hors de contrôle
    Depuis deux ans, la plupart des forêts de l’est du Burkina sont ainsi occupées par des orpailleurs, des braconniers, des coupeurs de bois, des cultivateurs et surtout des éleveurs qui sont venus avec leurs troupeaux. « C’est impossible à chiffrer, mais l’on sait qu’on y trouve des milliers de têtes de bétail qui viennent de partout : du Niger, du Mali, du Ghana, même du Nigeria », indique un responsable régional du service des Eaux et forêts. Selon un élu local qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité (il a été contraint de quitter sa commune et de se réfugier dans une grande ville pour échapper aux jihadistes), « les bergers savent qu’avec les jihadistes, ils pourront profiter de la forêt et qu’ils n’exigeront d’eux qu’une taxe, la zakat, dont ils estiment que c’est le prix à payer ». Selon lui, toutes ces personnes qui profitent de la présence des jihadistes sont autant de recrues potentielles. Et ces derniers le savent : « Quand ils sont arrivés, ils ont fait passer le message suivant : ‘Cette terre n’appartient qu’à Dieu, vous pouvez l’exploiter’. Ce discours plaît, car les populations locales n’ont jamais compris pourquoi on leur interdisait de faire ce que leurs aïeux faisaient. De leur point de vue, ils se sont fait confisquer leur terre. C’est comme ça que les jihadistes ont gagné des partisans ».

    Les associations d’éleveurs basées dans l’est du Burkina ont d’ailleurs constaté que de nombreux jeunes bergers étaient partis dans les forêts contrôlées par les jihadistes, parfois sans avertir leur famille. Elles rappellent que depuis plusieurs années, il était devenu de plus en plus difficile de se déplacer avec le bétail, et que les périodes de transhumance occasionnaient de plus en plus de conflits. Dans un rapport publié en 2009, le Réseau de communication sur le pastoralisme (Recopa) évoquait ces difficultés : « Les couloirs de transhumance ainsi que les couloirs d’accès sont obstrués soudainement par l’agriculteur d’une saison agricole à l’autre sans que le pasteur venant d’un pays ou d’une autre localité qui se retrouve brusquement dans une sorte de « voie sans issue » n’en soit tenu informé. (…) Ainsi le pasteur dans l’impossibilité de contourner cet espace et qui voit ses animaux y commettre un dégât est d’office fautif. Il doit par conséquent payer des dommages et intérêts. En cas de résistance à cette obligation, il est soit agressé physiquement soit dépouillé de son bétail ». Or depuis que les jihadistes sont arrivés dans la zone, plusieurs responsables peuls constatent que les bergers se déplacent plus facilement. Mais cette nouvelle donne a un revers : désormais, les bergers sont considérés, tant par les forces de sécurité que par leurs supplétifs civils, les Volontaires de la défense de la patrie (VDP), comme des complices, voire des jihadistes en puissance. De nombreux Peuls ont ainsi été tués ou arbitrairement arrêtés et emprisonnés alors qu’ils n’avaient rien à voir avec les jihadistes.

    Lien rompu
    Ce qu’il se passe dans l’est du Burkina inquiète les autorités des pays du Golfe de Guinée, bien conscientes des frustrations au sein de la communauté peule. Pour l’heure, le Bénin n’a jamais été attaqué – pas plus que le Ghana ou le Togo. Les jihadistes n’y disposent d’aucune base pérenne. Mais de nombreux mouvements suspects y ont été observés ces deux dernières années. En mai 2019, deux touristes français avaient été enlevés et leur guide béninois tué dans le parc de la Pendjari, à la frontière avec le Burkina – les deux Français avaient été libérés quelques jours plus tard à l’issue d’une intervention de l’armée française dans le nord du Burkina. En juin 2020, des jihadistes venus du Burkina et souhaitant se rendre au Nigeria ont été suivis à la trace par les autorités, avant d’être interceptés par l’armée nigériane. Une source au sein des services de sécurité béninois estime que les jihadistes disposent déjà de cellules dormantes dans les environs de Malanville, une ville située à la frontière avec le Niger.

    « On craint la contagion », souligne un responsable des services de renseignements béninois. En effet, les éleveurs du nord du Bénin dressent le même constat que ceux de l’est du Burkina : pistes obstruées, couloirs de transhumance non respectés par les agriculteurs, racket des autorités, impossibilité de faire paître leurs animaux dans les parcs de la Pendjari et du W, qui occupent d’immenses espaces… Au fil des ans, les Peuls du Bénin ont eux aussi développé un sentiment d’injustice. Nombre d’entre eux jugent qu’ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone, voire comme des étrangers. Certains parlent de « nettoyage ethnique » en cours. « C’est vrai que beaucoup de Peuls sont tombés dans la criminalité, mais ce n’est pas une raison pour en faire une généralité », dénonce un dirigeant d’une association peule active au nord du Bénin. « Le lien est rompu entre l’État et cette communauté », estime un élu (issu de la communauté peule) du département de l’Alibori.

    C’est d’autant plus inquiétant, vu de Cotonou, que les transhumants qui arrivent dans le nord du Bénin viennent pour la plupart de pays en proie aux insurrections jihadistes (Nigeria, Niger, Burkina, Mali) et que des combattantes pourraient en profiter pour venir, sous couvert de transhumance, monter des cellules. Ce n’est pas pour cette raison que le Bénin a interdit la transhumance transfrontalière en 2020 (les raisons avancées étaient liées à l’insécurité et aux conflits que la transhumance engendrerait), mais c’est un scenario qui a été pris en compte lors de la prise de décision. Or cette interdiction a été mal comprise par une partie de la communauté peule, qui y voit une nouvelle preuve de la répression dont nombre de ses membres se disent victimes.

    Un représentant des éleveurs de la ville de Tanguieta, située près de la frontière avec le Burkina et le Togo, a en tête l’histoire d’un éleveur burkinabé qu’il avait reçu chez lui. Cet homme avait été pris avec son bétail dans le parc de la Pendjari. Il avait été envoyé en prison – car il n’avait pas le droit de s’y trouver – et son bétail avait été vendu. « Quand il est rentré chez lui, au Burkina, il n’avait plus rien. Que pensez-vous qu’il a fait ? Si j’avais été lui, peut-être que j’aurais rejoint les jihadistes pour me venger ».

     

  • Burkina Faso : Attaques de l'Etat Islamique du Grand Sahara (EIGS)

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    Localité d'Ourfare
    Au moins 3 combattants de l'Etat islamique du Grand Sahara et un combattant volontaire (VDP) ont été tués, samedi 20 mars 2021, au cours d'affrontements à Ourfare, dans la province de Namentenga. Les Volontaires ont récupéré au moins une moto et des fusils d'assaut Kalachnikov.

    Ce même samedi, des combats violents ont opposé des "individus armés non identifiés" à un groupe de "volontaires pour la défense de la patrie (VDP)" dans la localité de Gorgadji, province du Séno, région du Sahel.

    Au moins cinq terroristes ont été abattus, et un volontaire a été tué

    Les "Volontaires pour la défense de la patrie (VDP)" sont des civils formés et armés par les autorités pour épauler l’armée dans la lutte contre le terrorisme.

  • Burkina Faso : Une vingtaine de jihadistes récemment tués dans le Nord du pays, selon Paris

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    Une vingtaine de jihadistes ont été tués mi-janvier par les militaires français et leurs partenaires locaux dans le Nord du Burkina Faso, dans la zone dite des "trois frontières" (Burkina, Mali, Niger), a annoncé jeudi 21 janvier l'état-major français.
     
    "Le 16 janvier, le déplacement suspect d'un groupe d'une trentaine de motos a été identifié par les moyens de renseignement de la force Barkhane au Burkina Faso", au sud de la localité malienne de Boulikessi. Une patrouille d'hélicoptères Tigre a "neutralisé" une dizaine de jihadistes et détruit une vingtaine de motos, a détaillé le porte-parole de l'état-major français, le colonel Frédéric Barbry. Le même jour, un drone Reaper français a frappé un pick-up de jihadistes faisant route vers N'Daki, au Mali. Puis dimanche, au Burkina Faso, un groupe de plus de quarante motos appartenant à des groupes armés a été de nouveau ciblé par un patrouille de Tigre, "permettant d'arrêter la colonne, de neutraliser plus d'une dizaine de (membres de) GAT (groupes armés terroristes) et de détruire une dizaine de motos", a-t-il poursuivi.
     
    Depuis quelques semaines, Barkhane et ses partenaires locaux mènent une vaste opération baptisée "Eclipse" dans cette région des "trois frontières", zone d'entraînement et de refuge de plusieurs katibas affiliées à el-Qaëda et l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). Selon une source proche du dossier, le bilan humain de cette opération dépasse pour l'heure la centaine de jihadistes tués.
     
    Cette offensive intervient alors que la France et les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) doivent se réunir lors d'un sommet mi-février à N'Djamena, où sera fait un point sur les résultats obtenus sur le terrain et le devenir de l'opération Barkhane.
     
    Le président français Emmanuel Macron a d'ores et déjà prévenu mardi qu'il comptait "ajuster les efforts" français dans la région.

  • Sahel : La population fuit la "zone des trois frontières" en raison de menaces de l'Etat islamique

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    Depuis deux jours, des villages situés dans la "zone des 3 frontières", se vident progressivement du côté nigérien et burkinabé, suite à des ultimatums lancés par l'Etat islamique du Grand Sahara (EIGS). 
    La crainte est très grande surtout depuis la tuerie de TchomBangou  où 105 civils ont été tués et 26 autres blessés. Suite à ce massacre, 10.000 habitants ont fui la région.

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  • Burkina Faso : Combats entre jihadistes dans la province du Soum

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    (Att.E.B.)

    Combats entre l'Etat islamique du Grand Sahara (EIGS) et Ansarul Islam appuyée par les unités de GSIM (Groupe de Soutien à l'Islam et les Musulmans - affiliée à al-Qaïda) près Inata ce samedi 2 janvier 2021. Selon des sources locales, il y aurait déjà une dizaine des morts et une forêt en feu. Inata est un village de la commune de Nassoumbou province du Soum.

  • Mali: Une centaine de tués dans un village dogon du centre du pays, « rasé » par des assaillants

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    Au moins 95 habitants ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi dans un village dogon du centre du Mali, « rasé » par des hommes armés non identifiés, deux mois et demi après un massacre de 160 Peuls dans cette région devenue la plus touchée du pays par cette vague de meurtres, ont annoncé lundi un élu local et une source sécuritaire.
    « Nous avons pour le moment 95 civils tués, les corps sont calcinés, nous continuons de chercher des corps », a déclaré sous le couvert de l’anonymat un élu de la commune où se situe le village de Sobane-Kou, 300 habitants, dans le cercle de Koro, non loin de la frontière avec le Burkina Fasso. « Selon les civils, ce sont des hommes armés qui sont venus tirer, piller et brûler. C’est vraiment la désolation ».
    « C’est un village dogon qui a été quasiment rasé », a expliqué une source sécuritaire malienne. « Nous sommes sur le terrain avec des élus, nous avons déjà compté 95 civils tués ».
    L’association de chasseurs dogons Dan Nan Ambassagou « a constaté (lundi) avec beaucoup d’indignation l’attaque barbare et ignoble commise sur le village de Sobane » et « condamne avec la dernière énergie cet acte terroriste et génocidaire intolérable ».
    « C’est un choc, une tragédie » qui se produit « alors qu’on discute du renouvellement du mandat », a déclaré lundi à l’AFP au siège des Nations unies à New York le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, en regrettant que l’Etat malien ne soit pas assez présent dans centre pour empêcher les affrontements interethniques.
    Une réunion sur les pays contributeurs de troupes à la Minusma est prévue mercredi après-midi aux Nations unies, dont le Conseil de sécurité doit se prononcer le 27 juin sur le mandat de cette force. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, recommande qu’elle ne soit pas réduite, malgré les appels des Etats-Unis.
    Depuis l’apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs « groupes d’autodéfense ».
    Elles ont culminé le 23 mars avec le massacre à Ogossagou, près de la frontière burkinabè, de quelque 160 villageois peuls par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons. Au lendemain de cette tuerie, le gouvernement malien avait prononcé la dissolution de « Dan Nan Ambassagou ». Le groupe a démenti toute implication dans la tuerie mais son chef militaire, Youssouf Toloba, a rejeté cette dissolution et refusé de « déposer les armes ».
    Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit. Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.
    Depuis 2015, ces violences se sont propagées du Nord vers le centre du pays, voire parfois vers le sud. Elles se concentrent surtout dans le centre, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.
    Depuis janvier 2018, la Minusma a recensé 91 violations des droits humains commises par des chasseurs traditionnels contre des membres civils de la population peule, dans les régions de Mopti et de Ségou, ayant fait au moins 488 morts et 110 blessés. Inversement, des groupes armés d’autodéfense de la communauté peule ont commis 67 violations des droits humains contre la population civile de la région de Mopti dans la même période, ayant causé 63 morts et 19 blessés.

    Liste des articles publiés sur Frontlive-Chrono du lundi 10 juin 2019

    • Burkina: au moins 19 morts dans une attaque dans le Nord – Abonnés
    • Mali: Une centaine de tués dans un village dogon du centre du pays, « rasé » par des assaillants – Lire l’article
    • Syrie: L’armée loyaliste déploie des renforts de troupes dans le nord de la province de Hama pour contrer la progression continue des djihadistes – Abonnés
    • Syrie : les Kurdes remettent à la France 12 orphelins de familles jihadistes – Abonnés
  • Irak : trois Français condamnés à mort pour appartenance à l’Etat islamique

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    Trois Français ont été condamnés à mort dimanche pour appartenance au groupe Etat islamique (EI), a indiqué à l’AFP un magistrat de la cour de Bagdad qui les a jugés, un verdict inédit pour des ressortissants de ce pays.
    Il s’agit de Kévin Gonot, Léonard Lopez et Salim Machou, arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde anti-EI avant d’être transférés avec neuf autres Français en Irak en février. Selon la loi irakienne, ils ont 30 jours pour faire appel.
    Jusqu’ici, trois Français ont déjà été reconnus coupables d’avoir rejoint l’EI en Irak: Mélina Boughedir, 27 ans, Djamila Boutoutaou, 28 ans, et Lahcène Gueboudj, 58 ans, ont tous été condamnés à la prison à perpétuité, ce qui équivaut à 20 ans de détention en Irak.
    Kévin Gonot, 32 ans, est né à Figeac dans le sud-ouest de la France. Il a été arrêté en Syrie avec son demi-frère Thomas Collange, 31 ans, sa mère et son épouse, une nièce des frères Fabien et Jean-Michel Clain qui ont revendiqué les attentats de novembre 2015 avant d’être tués récemment en Syrie.
    Kévin Gonot affirme que son père, qui avait également rejoint l’EI selon ses « aveux » publiés par la justice irakienne, a été tué à Raqqa, ancienne « capitale » de l’EI en Syrie.
    Entré illégalement en Syrie via la Turquie selon ses dires, il a d’abord rejoint le Front al-Nosra (ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie) avant de prêter allégeance au « calife » de l’EI Abou Bakr al-Baghdadi.
    Celui qui se faisait appeler Abou Sofiane au sein de l’EI a indiqué avoir été blessé au ventre lors de la bataille de Kobané, en Syrie, en 2015.
    Il a assuré au juge avoir ensuite été transféré à Mossoul, la « capitale » de l’EI en Irak de 2014 à 2017 pour y être hospitalisé et non pour y combattre.
    En France, il a déjà été condamné en son absence à neuf ans de prison, selon le Centre d’analyse du terrorisme (CAT) à Paris.

    Liste des articles publiés sur Frontlive-Chrono du dimanche 26 mai 2019

    • Burkina: 3 morts dans une nouvelle attaque contre une église – Abonnés
    • Irak : trois Français condamnés à mort pour appartenance à l’Etat islamique – Lire l’article
    • Irak : Derniers incidents de sécurité – Abonnés
    • Yémen : les houthis annoncent une attaque au drone contre l’aéroport saoudien de Jizane – Abonnés