Etat Islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP)

  • Côte d'Ivoire : L'offensive djihadiste

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    ATT. E.B.
    (David Poteaux)
    Les groupes jihadistes ont l’ambition d’étendre leur influence au-delà des pays sahéliens et de s’implanter dans le nord des pays côtiers. La Côte d’Ivoire est dans leur viseur, mais aussi le Ghana, le Togo et le Bénin, où ils peuvent jouer sur le sentiment d’injustice partagé par de nombreux Peuls pour recruter des combattants.

    Abidjan est en alerte. Ce qui, il y a un an encore, constituait une menace possible, est devenue, aujourd’hui, une évidence : les jihadistes sahéliens ont un projet dans le nord de la Côte d’Ivoire. Ces trois derniers mois, quatre attaques ont été menées contre des positions des forces de sécurité le long de la frontière avec le Burkina Faso, dans les environs de Kafolo. Elles ont coûté la vie à au moins six militaires ivoiriens. Il y a un an, dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, Kafolo avait déjà été le théâtre d’une attaque contre l’armée, au cours de laquelle 14 soldats avaient été tués. Il s’agissait de la première offensive jihadiste menée sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand-Bassam, en mars 2016 (22 morts, dont 15 civils). Dans un rapport publié le 15 juin, l’Institut d’études de sécurité (ISS) estime que « ces incidents témoignent de l’expansion du spectre de l’extrémisme violent qui plane sur le pays ».
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    Pour les autorités ivoiriennes, cela ne fait en effet aucun doute : ces attaques sont l’oeuvre d’un groupe de combattants jihadistes liés à la katiba Macina, active au centre du Mali et affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). « Plusieurs renseignements recueillis sur place et après l’arrestation de certains assaillants convergent vers cette thèse », indique un responsable des services de renseignement ivoiriens.

    Après la première attaque de Kafolo en 2020, les forces de sécurité ont arrêté plusieurs dizaines de combattants et de complices présumés, parmi lesquels un des « cerveaux » de l’opération, Ali Sidibé, un Peul, également appelé « Sofiane ». Certains d’entre eux ont donné des informations. Ils ont notamment permis d’identifier le chef de la katiba en formation à la frontière entre le Burkina et la Côte d’Ivoire – il s’agit d’un certain Abdramani Sidibé (photo ci-dessous), un Peul lui aussi – et de confirmer ses liens avec la katiba Macina dirigée par Hamadoun Kouffa. Ils ont également alerté les autorités sur le risque de voir une partie des habitants de cette zone verser dans le jihadisme, dont des Peuls.
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    « C’est une grosse crainte. Cette communauté est déjà infiltrée par les jihadistes. Les chefs de cette katiba sont des Peuls. Nous craignons de voir le même schéma que ceux observés au centre du Mali ou au nord du Burkina se reproduire », poursuit notre source. Les services de sécurité ont en effet découvert que les assaillants avaient bénéficié de la complicité de certains habitants, dont une grande partie sont issus de la communauté peule. « Dans cette zone, il y a toujours beaucoup de mouvements, surtout chez les Peuls, qui passent d’une frontière à l’autre avec leurs troupeaux. Il est très difficile de contrôler ce qu’il s’y passe, d’autant que les Peuls se sont toujours méfiés des autorités », continue notre source.

    Cibles privilégiées des recruteurs jihadites
    Dans un rapport confidentiel consacré à l’expansion de la menace jihadiste au sud du Burkina Faso, une ONG française généralement bien informée dans la zone, l’ISS alerte : « Les groupes extrémistes exploitent les vulnérabilités telles que les conflits locaux, les déficits de gouvernance, les défaillances des systèmes de sécurité et les activités illicites, au bénéfice de leurs stratégies d’implantation, de recrutement et de financement. […] Le nord de la Côte d’Ivoire n’est pas exempt de ces vulnérabilités ». L’ISS évoque notamment « les conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs autour de l’accès aux pâturages et à l’eau ». Il existe également d’autres groupes vulnérables : orpailleurs, anciens combattants, bandits de grands chemins – tous très nombreux dans le nord ivoirien.

    Il est vrai que les éleveurs issus de la communauté peule, ici comme dans de nombreux autres pays, sont souvent victimes de clichés racistes. Ils sont considérés comme des « étrangers » – y compris lorsqu’ils y vivent depuis plusieurs générations, ainsi que nous l’ont raconté de nombreux Peuls vivant dans la région de Korhogo – et comme sources de problèmes lors de la saison des récoltes. Ils constituent donc une cible privilégiée pour les groupes armés. Un grand nombre de pistes de transhumances sont aujourd’hui occupées par les agriculteurs, ce qui suscite des tensions, et parfois des conflits meurtriers, que les djihadistes savent instrumentaliser pour recruter. Depuis une bonne dizaine d’années, les griefs se sont multipliés. En mars 2016, au moins 33 personnes avaient été tuées lors d’affrontements inter-communautaires entre Lobi et Peuls à Bouna, au nord-est de la Côte d’Ivoire, suite à un litige dû à la divagation de bœufs.

    Un élu local rappelle que des relations familiales existent entre les éleveurs peuls du nord de la Côte d’Ivoire et ceux vivant au Burkina et au Mali, dans les zones aujourd’hui en partie contrôlées par les groupes jihadistes : de nombreux éleveurs peuls du nord du Burkina et du centre du Mali ont en effet été poussés à migrer vers le sud, notamment dans la zone frontalière avec la Côte d’Ivoire, après les sécheresses des années 1970 et 1980 – et ils n’ont jamais rompu les liens avec leur région d’origine.

    Victimes de l’insécurité et de l’injustice
    « Le risque de voir une partie de cette communauté rejoindre les jihadistes est grand », reconnaît un notable peul du nord de la Côte d’Ivoire, même s’il refuse la stigmatisation dont sont déjà victimes les membres de son ethnie, rappelant que « les actes de quelques-uns ne doivent pas être attribués à l’ensemble d’une communauté ». Les raisons sont évidentes selon lui : routes de transhumance obstruées par l’avancée du front agricole, racket des forces de sécurité, vols de bétail… « Comme ailleurs, les éleveurs sont de plus en plus confrontés à l’insécurité, ils doivent se défendre et pour cela, ils pourraient être tentés de rejoindre les groupes armés existants », déplore-t-il.

    Ce risque ne s’arrête pas aux frontières de la Côte d’Ivoire. Il menace l’ensemble des pays côtiers : le Ghana, le Togo, le Bénin… Dans le nord de ces pays, comme en Côte d’Ivoire, on a vu arriver de nombreux éleveurs ces dernières décennies. Certains, chassés de chez eux pour de multiples raisons, sont venues pour s’y installer. D’autres en ont fait une terre de transhumance. Dans un contexte de concurrence de plus en plus accrue pour l’accès aux ressources naturelles et de pression foncière galopante, cet afflux a généré des tensions entre sédentaires et nomades ou semi-nomades, et, par conséquent, des ressentiments. De nombreux Peuls se disent victimes d’un rejet dont ils ne comprennent pas les ressorts, et ne cachent pas leur désarroi, voire, pour certains, leur colère et leur volonté d’en découdre.
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    Déjà, dans le sud du Burkina, d’ouest en est, nombre de cellules jihadistes en formation ont recruté parmi ces éleveurs. Pour ce faire, elles recyclent les mêmes discours que ceux développés au Mali ou au nord du Burkina ces dernières années, en rappelant aux bergers les injustices dont ils sont victimes, et en leur promettant d’y remédier. Ils peuvent pour cela citer l’exemple de l’est du Burkina.

    Les jihadistes – dont certains sont liés au GSIM, d’autres à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) – se sont implantés dans cette zone à partir de début 2018. Ils ont mené une série d’attaques contre les forces de sécurité et les agents des Eaux et forêts, qui leur ont permis de « libérer » l’espace – ces derniers préférant se réfugier dans les villes plutôt que de se faire tuer dans une embuscade ou de sauter sur une mine -, et d’en prendre le contrôle. Aujourd’hui, ils sont notamment les maîtres des parcs naturels et des forêts classées, très nombreux dans cette région. Or qu’ont-ils fait lorsqu’ils en ont chassé les forces de sécurité ? Ils ont fait savoir aux populations locales, qui en étaient jusqu’alors interdites, qu’elles avaient le droit d’y retourner et d’y exploiter les ressources. Désormais, il est possible d’y chasser, d’y pêcher, d’y faire paître son bétail, d’y cultiver, et même d’y chercher de l’or. Autant d’activités qui étaient interdites par les autorités étatiques au nom de la préservation de l’environnement.

    L’est du Burkina hors de contrôle
    Depuis deux ans, la plupart des forêts de l’est du Burkina sont ainsi occupées par des orpailleurs, des braconniers, des coupeurs de bois, des cultivateurs et surtout des éleveurs qui sont venus avec leurs troupeaux. « C’est impossible à chiffrer, mais l’on sait qu’on y trouve des milliers de têtes de bétail qui viennent de partout : du Niger, du Mali, du Ghana, même du Nigeria », indique un responsable régional du service des Eaux et forêts. Selon un élu local qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité (il a été contraint de quitter sa commune et de se réfugier dans une grande ville pour échapper aux jihadistes), « les bergers savent qu’avec les jihadistes, ils pourront profiter de la forêt et qu’ils n’exigeront d’eux qu’une taxe, la zakat, dont ils estiment que c’est le prix à payer ». Selon lui, toutes ces personnes qui profitent de la présence des jihadistes sont autant de recrues potentielles. Et ces derniers le savent : « Quand ils sont arrivés, ils ont fait passer le message suivant : ‘Cette terre n’appartient qu’à Dieu, vous pouvez l’exploiter’. Ce discours plaît, car les populations locales n’ont jamais compris pourquoi on leur interdisait de faire ce que leurs aïeux faisaient. De leur point de vue, ils se sont fait confisquer leur terre. C’est comme ça que les jihadistes ont gagné des partisans ».

    Les associations d’éleveurs basées dans l’est du Burkina ont d’ailleurs constaté que de nombreux jeunes bergers étaient partis dans les forêts contrôlées par les jihadistes, parfois sans avertir leur famille. Elles rappellent que depuis plusieurs années, il était devenu de plus en plus difficile de se déplacer avec le bétail, et que les périodes de transhumance occasionnaient de plus en plus de conflits. Dans un rapport publié en 2009, le Réseau de communication sur le pastoralisme (Recopa) évoquait ces difficultés : « Les couloirs de transhumance ainsi que les couloirs d’accès sont obstrués soudainement par l’agriculteur d’une saison agricole à l’autre sans que le pasteur venant d’un pays ou d’une autre localité qui se retrouve brusquement dans une sorte de « voie sans issue » n’en soit tenu informé. (…) Ainsi le pasteur dans l’impossibilité de contourner cet espace et qui voit ses animaux y commettre un dégât est d’office fautif. Il doit par conséquent payer des dommages et intérêts. En cas de résistance à cette obligation, il est soit agressé physiquement soit dépouillé de son bétail ». Or depuis que les jihadistes sont arrivés dans la zone, plusieurs responsables peuls constatent que les bergers se déplacent plus facilement. Mais cette nouvelle donne a un revers : désormais, les bergers sont considérés, tant par les forces de sécurité que par leurs supplétifs civils, les Volontaires de la défense de la patrie (VDP), comme des complices, voire des jihadistes en puissance. De nombreux Peuls ont ainsi été tués ou arbitrairement arrêtés et emprisonnés alors qu’ils n’avaient rien à voir avec les jihadistes.

    Lien rompu
    Ce qu’il se passe dans l’est du Burkina inquiète les autorités des pays du Golfe de Guinée, bien conscientes des frustrations au sein de la communauté peule. Pour l’heure, le Bénin n’a jamais été attaqué – pas plus que le Ghana ou le Togo. Les jihadistes n’y disposent d’aucune base pérenne. Mais de nombreux mouvements suspects y ont été observés ces deux dernières années. En mai 2019, deux touristes français avaient été enlevés et leur guide béninois tué dans le parc de la Pendjari, à la frontière avec le Burkina – les deux Français avaient été libérés quelques jours plus tard à l’issue d’une intervention de l’armée française dans le nord du Burkina. En juin 2020, des jihadistes venus du Burkina et souhaitant se rendre au Nigeria ont été suivis à la trace par les autorités, avant d’être interceptés par l’armée nigériane. Une source au sein des services de sécurité béninois estime que les jihadistes disposent déjà de cellules dormantes dans les environs de Malanville, une ville située à la frontière avec le Niger.

    « On craint la contagion », souligne un responsable des services de renseignements béninois. En effet, les éleveurs du nord du Bénin dressent le même constat que ceux de l’est du Burkina : pistes obstruées, couloirs de transhumance non respectés par les agriculteurs, racket des autorités, impossibilité de faire paître leurs animaux dans les parcs de la Pendjari et du W, qui occupent d’immenses espaces… Au fil des ans, les Peuls du Bénin ont eux aussi développé un sentiment d’injustice. Nombre d’entre eux jugent qu’ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone, voire comme des étrangers. Certains parlent de « nettoyage ethnique » en cours. « C’est vrai que beaucoup de Peuls sont tombés dans la criminalité, mais ce n’est pas une raison pour en faire une généralité », dénonce un dirigeant d’une association peule active au nord du Bénin. « Le lien est rompu entre l’État et cette communauté », estime un élu (issu de la communauté peule) du département de l’Alibori.

    C’est d’autant plus inquiétant, vu de Cotonou, que les transhumants qui arrivent dans le nord du Bénin viennent pour la plupart de pays en proie aux insurrections jihadistes (Nigeria, Niger, Burkina, Mali) et que des combattantes pourraient en profiter pour venir, sous couvert de transhumance, monter des cellules. Ce n’est pas pour cette raison que le Bénin a interdit la transhumance transfrontalière en 2020 (les raisons avancées étaient liées à l’insécurité et aux conflits que la transhumance engendrerait), mais c’est un scenario qui a été pris en compte lors de la prise de décision. Or cette interdiction a été mal comprise par une partie de la communauté peule, qui y voit une nouvelle preuve de la répression dont nombre de ses membres se disent victimes.

    Un représentant des éleveurs de la ville de Tanguieta, située près de la frontière avec le Burkina et le Togo, a en tête l’histoire d’un éleveur burkinabé qu’il avait reçu chez lui. Cet homme avait été pris avec son bétail dans le parc de la Pendjari. Il avait été envoyé en prison – car il n’avait pas le droit de s’y trouver – et son bétail avait été vendu. « Quand il est rentré chez lui, au Burkina, il n’avait plus rien. Que pensez-vous qu’il a fait ? Si j’avais été lui, peut-être que j’aurais rejoint les jihadistes pour me venger ».

     

  • Mali : Au moins 51 civils tués dans des attaques simultanées dans 4 villages à Ouatagouna

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    Au moins 51 personnes ont trouvé la mort dans des attaques simultanées, menées dans quatre villages maliens de la commune de Ouatagouna, cercle d'Ansongo, (nord) dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 août 2021.

    L'attaque a été menée par des individus lourdement armés, a indiqué l'autorité locale, provoquant la mort de plusieurs dizaines de civils.

    “L'attaque a lieu dans la nuit et l'armée ne sort pas la nuit. C'est ce lundi matin qu'une mission des forces de défense et de sécurité a été dépêchée sur les lieux”, explique Oumar Kida préfet adjoint d'Ansongo.

    Mahamane Bacala premier adjoint au maire de la commune de Ouatagouna explique pour sa part que l'attaque a ciblé quatre villages, à savoir, Karou 17 morts, Dirgua (7), Deouteguef (14) et Ouatagouna (10)”.

    L'élu communal affirme que le bilan pourrait être revu à la hausse au regard du nombre des blessés non encore connu.

    De son côté, la Coordination des Mouvements et Front Patriotique de Résistance (CMFPR1), a indiqué dans un communiqué que des individus lourdement armés ont froidement abattu une dizaine de civils dans chacun de ces villages avant de s'enfuir.

    Elle a, en outre, invité l'armée Malienne, ses partenaires ainsi que les groupes d'autodéfense signataires de l'accord issu du processus d'Alger présents dans le cercle d'Ansongo de multiplier les patrouilles, de mutualiser leurs efforts pour la protection des personnes et de leurs biens.

    La région des trois frontières
    La région orientale du Mali, à la frontière avec le Niger et le Burkina Faso, est connue sous le nom de « zone tri-frontière » et est un endroit particulièrement instable dans la région désertique du Sahel. Dans cette zone, la violence a commencé à augmenter à la suite d'un soulèvement djihadiste en 2012, au cours duquel un groupe de militants a pris le contrôle du nord du Mali, puis s'est étendu aux pays voisins, notamment au Burkina Faso et au Niger voisins. Aujourd'hui, de nombreux groupes armés continuent d'être actifs dans la région et sont affiliés à al-Qaïda ou à l'État islamique. Leur présence a exacerbé les conflits ethniques et religieux déjà présents, fait des milliers de victimes et contraint des millions de personnes à fuir leurs foyers. L'assaut le plus meurtrier de la région a eu lieu le 4 juin, lorsqu'un groupe d'hommes armés a été tué environ 132 civils  dans une attaque dans la nuit, dans un village du nord du Burkina Faso, dans la province de Yagha, à la frontière avec le Niger. 

    Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)
    L'une des organisations terroristes présentes dans la région depuis le plus longtemps est  al-Qaïda au Maghreb islamique , également connue sous l'acronyme AQMI. C'est un groupe né des militants qui avaient participé à la guerre civile algérienne. Cependant, ils avaient initialement mis en place, en 1998, une organisation salafiste connue sous le nom de « Groupe salafiste pour la prédication et le combat » (GSPC) qui rejetait les tendances plus violentes du Groupe islamique armé (GIA), concentrant ses attaques sur des cibles militaires et gouvernement. En 2006, le GSPC compte Fr.fidèle à al-Qaïda et devenu AQMI début 2007. Il s'agissait de la première véritable présence jihadiste transnationale dans la région et, bien qu'AQMI ait opéré dans tout le Sahel, le groupe reste aujourd'hui enraciné au Mali, notamment dans les régions de Kidal et Tombouctou. 

    État islamique au Grand Sahara (EIGS)
    L'État islamique au Grand Sahara (EIGS) est également actif dans la région , qui est plutôt une organisation militante islamiste affiliée à l'État islamique depuis 2015, née d'une division au sein de l'organisation connue sous le nom d'al-Mourabitoun, "les Sentinelles", un autre groupe terroriste djihadiste violent en Afrique de l'Ouest. Ce groupe, à son tour, est issu d'une fusion, en 2013, entre le bataillon al-Mulathamun, « les hommes masqués » et le Mouvement pour l'unité et le jihad en Afrique de l'Ouest. Les deux organisations sont issues d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En décembre 2015, al-Mourabitoun a de nouveau fusionné avec AQMI, à la suite d'une attaque conjointe contre l'hôtel Radisson Blu à Bamako, la capitale du Mali, qui a eu lieu le 20 novembre 2015 et a entraîné la mort de 20 civils. En mai de la même année, Cependant,  l'État islamique dans la province de l'Afrique de l'Ouest  (ISWAP) pourrait également avoir aidé l'ISGS dans les récents assauts menés dans la zone des trois frontières, selon  certaines sources . 

     

  • Mali: des jihadistes tuent 9 civils dans le centre du pays

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    Dimanche 28 février 2021,  9 civils ont été tués lors d'une attaque dans la région de Mopti, au centre du Mali. Les responsables locaux soupçonnent que les responsables soient des djihadistes.

    Selon les rapports de l'agence de presse internationale Reuters, les assaillants ont attaqué les villages de Gorey, Simikanda et Djamnati, voyageant dans des véhicules tout-terrain et armés de mitrailleuses. 

    Yacouba Kassogue, l'adjoint au maire de Doucoumbo, une ville située à proximité des lieux attaqués, a rapporté que lors de l'offensive, les djihadistes présumés ont incendié certaines propriétés et volé du bétail appartenant aux villageois. Le maire de Bankass, une municipalité rurale de Mopti, Moulaye Guindo, a déclaré que, à son avis, les mêmes hommes armés qui ont mené l'assaut contre le poste de contrôle militaire près de la ville de Bandiagara, le 25 février, étaient responsables. 

    Le centre du Mali, habité par de nombreuses communautés différentes, a été mis à l'épreuve lorsqu'un groupe armé, affilié à al-Qaïda, s'est infiltré dans la région en 2015. Les djihadistes ont exploité les conflits inter-ethniques, les frustrations des communautés locales dues au banditisme croissant, à la corruption du gouvernement et à la concurrence pour les ressources, telles que la terre et l'eau.

    Les violences perpétrées dans le centre du pays sont à replacer dans un tableau plus large, à savoir celui de la crise au Mali, qui a débuté en 2012. Cette année-là, les séparatistes de l'ethnie Touareg, alliés aux combattants affiliés à al- Qaïda, ont lancé une rébellion, prenant le contrôle du nord du pays. Cependant, al-Qaïda a rapidement profité de la rébellion des rebelles touaregs pour s'emparer des grandes villes du nord. Le 10 janvier 2013, des groupes islamistes ont été chassés par les troupes françaises, avec l'aide des forces maliennes et des soldats d'autres pays africains, grâce à la mission Serval.

    Ce dernier a été remplacé, le 1er août 2014, par l'opération conjointe Barkhane, dirigée par la France et impliquant les soldats dits du G5 Sahel, en provenance du Burkina Faso, du Tchad, de la Mauritanie, du Mali et du Niger. Malgré cette opération militaire, des groupes liés à l'État islamique et à al-Qaïda se sont  implantés dans les régions du centre et du nord du pays, menant régulièrement des raids contre l'armée et les civils.

    Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de  deux millions de personnes  dans la région du Sahel ont dû fuir leur foyer en raison de la violence perpétuelle. La région est confrontée à une crise en raison du nombre élevé de personnes déplacées à l'intérieur du pays, dans lesquelles les femmes et les enfants sont les catégories les plus touchées. 

  • Mali : Derniers incidents sécuritaires

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    Les djihadistes subissent des pertes dans la zone de Koro
    L'armée malienne a annoncé ce soir qu'elle avait infligé de lourdes pertes à des hommes armés à moto, présumés djihadistes, lors d'une opération militaire ce dimanche, près du village de Karokaro, dans la zone de Koro, région de Mopti, au centre du pays.
     
    Frontière nigérienne/malienne
    Au moins huit personnes, dont quatre civils, ont été tuées dans des affrontements qui ont eu lieu ce dimanche, entre des hommes armés présumés combattants de l'Etat islamique et des habitants d'un village, à la frontière nigérienne/malienne.

  • Frontlive-Chrono du vendredi 1er mai 2020

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    Egypte : Deux « jihadistes » tués par l’armée égyptienne après un attentat

    Deux jihadistes présumés ont été tués vendredi par l’armée égyptienne dans le Sinaï au lendemain d’un attentat visant des soldats dans cette péninsule en proie à une insurrection, ont annoncé les forces armées. Le porte-parole des forces armées Tamer al-Rifai a indiqué dans un communiqué que deux jihadistes « très dangereux » avaient péri lors d’un « échange…Login abonnés


    Lac Tchad : Vidéo de l’Etat islamique d’Afrique de l’Ouest (ISWAP) dans la région du lac Tchad

    Quelques heures après que les positions du Hezbollah aient été prises pour cible dans les provinces de Daraa et Quneitra, dans le sud syrien, les attaques aériennes israéliennes ont repris, vendredi 1er mai, contre la milice libanaise du Hezbollah sur la route Homs-Palmyre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. De puissantes explosions ont été…Login abonnés


    Syrie : Activité de l’Etat islamique dans le pays

    Province de Deir ez-Zor Un officier de renseignement des Forces Démocratiques Syriennes (du PKK selon l’agence jihadiste) blessé, le jeudi 30 avril, par l’explosion d’un IED contre son véhicule à Soussa, près de Hajin, dans la province syrienne de Deir ez-Zor.Désert d’al-Badia (province de Homs) Une mine terrestre a explosé au passage d’un bus transportant…Login abonnés


    Égypte : Attaque de l’Etat islamique dans le nord de la péninsule du Sinaï – 10 soldats et officiers tués et blessés

    Peu après minuit le 1er mai, les médias syriens ont rapporté que des hélicoptères de l’armée de l’air israélienne attaquaient plusieurs cibles militaires dans la région de Quneitra. SANA a déclaré que trois à cinq missiles ont été lancés vers les cibles. Selon le rapport officiel, l’attaque n’a pas fait de victimes mais des dégâts…Login abonnés

  • Frontlive-Chrono du 24 janvier 2020 - Dernières nouvelles du Moyen Orient, d'Afrique du nord et du Sahel

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    forward_2.gifIrak: Quatre collaborateurs d’une ONG française, trois Français et un Irakien, disparus lundi à Bagdad

    Quatre collaborateurs d’une ONG française, trois Français et un Irakien, sont portés disparus depuis lundi à Bagdad, a annoncé vendredi l’organisation française concernée, SOS Chrétiens d’Orient. Les quatre hommes ont « disparu aux alentours de l’ambassade de France », a déclaré à Paris Benjamin Blanchard, le directeur général de l’ONG, qui vient en aide aux chrétiens orientaux….

    Irak : six manifestants antigouvernementaux tués à Bagdad

    Vendredi soir, des sources médicales irakiennes ont annoncé que le bilan des morts à Bagdad était de 6 morts et 54 blessés, dont 2 personnes tuées sur la place al-Kilani au centre de la capitale irakienne. Des affrontements intermittents ont également eu lieu entre les forces de sécurité et les manifestants sur la « route Muhammad…

    Mali: 2 soldats français blessés dans une explosion revendiquée par un groupe djihadiste

    Deux soldats français de l’opération Barkhane ont été blessés par l’explosion d’un engin explosif improvisé (IED) au Mali jeudi 23 janvier. L’explosion s’est produite au passage de leur camion ravitailleur dans la région de Tombouctou, dans le nord du Mali, a annoncé jeudi soir l’état-major français. L’attaque a rapidement été revendiquée par par le Groupe…

    Turquie: Deux « conspirateurs » de l’état-major général condamnés à la prison à vie

    Vendredi 24 janvier, deux anciens hauts fonctionnaires militaires – l’ancien chef adjoint de l’état-major général de la Turquie Muharrem Köse et l’ancien officier d’état-major général Hayrettin Kaldırimçı – ont été condamnés à la prison à vie en Turquie. Selon la chaîne de télévision Haberturk et l’agence RIA Novosti, ils ont été reconnus coupables d’avoir participé…

  • Frontlive-Chrono du vendredi 17 janvier 2020 - Site web spécialisé sur le Moyen Orient, l'Afrique du nord et le Sahel

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    Liban: les manifestants bloquent les rues de Beyrouth à l’expiration de l’ultimatum pour la formation d’un gouvernement

    Vendredi 17 janvier, les manifestants ont bloqué un certain nombre de rues dans la capitale, Beyrouth, après l’expiration du délai de 48 heures accordé à l’autorité pour former un gouvernement. Depuis quatre semaines, le Premier ministre désigné Hassan Diab poursuit des consultations pour former un gouvernement qui risque désormais d’être rejeté par les manifestants. Jeudi…

    Algérie : 48e défilé hebdomadaire d’un « Hirak » en quête de nouveau souffle (vidéo)

    Une foule de plusieurs milliers de manifestants est descendue dans les rues d’Alger pour réclamer un « changement de régime », pour le 48e vendredi d’affilée, au moment où le mouvement (« Hirak ») de protestation populaire cherche un nouveau souffle. « Algérie libre et démocratique! », ont repris en chœur les protestataires, encadrés par un important dispositif policier, a constaté…

    Pakistan : 80 islamistes condamnés à de lourdes peines pour les manifestations contre la chrétienne Asia Bibi

    Un tribunal pakistanais a condamné plus de 80 islamistes à une peine de 55 ans de prison chacun, pour leur participation à des violentes manifestations contre l’acquittement de la chrétienne Asia Bibi, accusée de blasphème contre l’islam, a-t-on appris vendredi auprès d’un responsable de la mouvance islamiste. Le jugement, inhabituellement sévère pour ce genre d’affaires…

    Mali : 15 civils tués dans un village peul

    Quinze civils peuls ont été tués par des hommes armés à Sinda, village situé à 12 km de Douentza », a déclaré une source sécuritaire malienne, sans identifier les assaillants. « Certains ont été égorgés dans leur sommeil, d’autres après avoir été arrêtés par de présumés chasseurs traditionnels communément appelés ‘dozos’, ou en tout cas ils étaient…

    Lien permanent Catégories : Abdelaziz Bouteflika, ALGÉRIE, Ali Khamenei, Aoun Michel, Asia Bibi, Ayatollah Ali Khameneï, Bambara (ethnie), Beyrouth, Bouteflika (président), Chrétiens du Pakistan, Condamnations pour blasphème, Contingent militaire britannique, Contingent militaire danois, Contingent militaire estonien, Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, Corps expéditionnaire français, Dioura (localité), Diyab Hassan, Dogon (ethnie), Douentza, Dozos (chasseurs), Etat Islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), Force al-Qods, FRONTLIVE-CHRONO, G-5 SAHEL, Gangafani (village dogon), Gourma (région proche du Burkina), Groupe de soutien à l'Islam et aux Musulmans, Hariri Saad, Hirak (mouvement de contestation), IRAN, Islamistes radicalisés, Junaid Hafeez (professeur condamné à mort pour bla, Khadim Hussain Rizvi (chef du TLP), Koufa Amadou (prédicateur jihadiste peul), LIBAN, Liptako (région), MALI, Manifestations contre la classe politique, Minusma, Ogossagou (village peul), Opération Barkhane, PAKISTAN, Peuls (ethnie), Qasem Souleimani, Rawalpindi, Sinda (village peul), Sobane-Kou (village dogon), Tebboune Abdelmadjid (élu président le 12/12/2019), Tehreek-e-Labaik Pakistan, Yoro (village dogon) 0 commentaire