Eslami Mohammad

  • Iran : Le chef de l'AIEA déplore "l'absence d'accord" avec Téhéran

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    Rafael Grossi.jpegRafael Grossi (photo ci-contre), le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), revenu la veille de Téhéran, a déploré, mercredi 24 novembre 2021, "l'absence d'accord" avec l'Iran, alors que l'escalade du programme nucléaire et la restriction des inspections inquiètent la communauté internationale.

    "Les discussions ont été constructives mais nous n'avons pas pu parvenir à un accord malgré tous mes efforts", a déclaré aux journalistes Rafael Grossi, au premier jour d'un Conseil des gouverneurs de l'instance onusienne à Vienne et à l'approche de la reprise des pourparlers diplomatiques. Après des semaines d'un "silence" qu'il avait qualifié de "stupéfiant", M. Grossi espérait faire des progrès sur plusieurs sujets de contentieux. Mais "clairement, non, nous n'avons pas pu avancer", a-t-il lâché.

    L'AIEA s'inquiète de la restriction des inspections depuis février par le gouvernement iranien, qui "entrave sérieusement" les activités de vérification, selon un récent rapport. Autre question en suspens, la situation de quatre sites non déclarés, où des matières nucléaires ont été détectées. Le traitement des inspecteurs de l'AIEA fait aussi l'objet de préoccupations alors que plusieurs d'entre eux ont été "soumis à des fouilles excessivement intrusives par des agents de sécurité", selon l'instance. Chaque pays s'engage légalement à "protéger les agents de toute intimidation", a précisé le chef de l'AIEA. "Mais nos collègues iraniens", invoquant des raisons de sécurité, "ont mis en place une série de mesures qui sont tout simplement incompatibles avec cela". "Le sujet a été abordé et j'espère que de tels incidents ne se reproduiront pas", a souligné M. Grossi.

    Arrivé lundi soir à Téhéran, Rafael Grossi a rencontré le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, et le chef de la diplomatie, Hossein Amir-Abdollahian. "Au vu de l'issue des consultations", il a préféré annuler à la dernière minute le point presse qui était prévu mardi soir à son retour à l'aéroport de Vienne. "Nous approchons du point où je ne pourrai plus garantir la continuité des connaissances" sur le programme nucléaire iranien, a averti le directeur général de l'AIEA. Or il s'agit d'un élément clé de l'accord international sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 à Vienne mais moribond à la suite du retrait en 2018 des Etats-Unis.

    Après cinq mois de suspension, les négociations entre Téhéran et les autres pays encore parties à l'accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) doivent reprendre lundi, avec la participation indirecte de Washington. Ce texte offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU. Mais les Etats-Unis ont quitté unilatéralement le pacte sous la présidence de Donald Trump et rétabli les mesures punitives. En retour, l'Iran a progressivement abandonné ses engagements.

  • L'Iran a produit 120 kg d'uranium enrichi à 20% (officiel)

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    Téhéran a franchi un nouveau seuil en augmentant à plus de 120 kg son stock d'uranium enrichi à 20%, a annoncé samedi soir 9 octobre 2021 le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.

    "Nous avons dépassé les 120 kg. Nous avons plus que ce chiffre. Notre peuple sait bien qu'ils (les Occidentaux) étaient censés nous donner le combustible enrichi à 20% pour utiliser dans le réacteur de Téhéran, mais ils ne l'ont pas fait",a déclaré Mohammad Eslami à la télévision d'Etat. "Si nos collègues ne le produisaient pas, nous aurions naturellement des problèmes avec le manque de combustible pour le réacteur de Téhéran", a-t-il ajouté.

    Selon les estimations de fin août, Téhéran avait porté à 84,3 kg son stock d'uranium enrichi à 20%, un niveau qui lui permet en théorie de produire des isotopes médicaux, utilisés notamment dans le diagnostic de certains cancers. Puis en avril, la République islamique a franchi le seuil inédit de 60% et en a produit depuis 10 kg, se rapprochant des 90% nécessaires à la confection d'une bombe.

    Conclu en 2015 entre l'Iran d'une part, et les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l'Allemagne d'autre part, l'accord offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions internationales en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous le strict contrôle de l'ONU. Mais après le retrait unilatéral des Américains de l'accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, Téhéran a progressivement abandonné ses engagements. Les États-Unis ont en retour imposé des sanctions.

  • Iran : Qui est Mohammad Eslami, le nouveau responsable de l'énergie atomique iranienne ?

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    Eslami Mohammad.jpegUne décision surprenante et étrange du président iranien, Ebrahim Raisi, de nommer l'ancien ministre des Routes et du Développement urbain, Mohammad Eslami (photo ci-contre), comme son adjoint et chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, à la place d'Ali Akbar Salehi, le plus éminent scientifique nucléaire dans le pays, et l'un des architectes de l'accord nucléaire de 2015.

    Le nouveau chef de l'organisation iranienne de l'énergie atomique n'a aucune expérience nucléaire
    La décision majeure de nommer un islamiste de 65 ans pour gérer les installations nucléaires est intervenue quelques jours après l'obtention de la confiance parlementaire du gouvernement. Ali Akbar Saleh a été ministre des Affaires étrangères à la fin du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, avant d'être nommé par l'ancien président Hassan Rohani à la tête de l'Organisation de l'énergie atomique en 2013.

    Qui est Muhammad Islami ?
    Quant à Islami, originaire de la ville d'Ispahan, il a occupé de nombreux postes, dont le ministère de la Défense et des Industries de défense et l'Organisation de l'aviation iranienne depuis 1987, et il a été agent des industries aérospatiales pendant une période d'un an, à la fin de la présidence de Mohammad Khatami. Pendant un certain temps, il a été gouverneur de la province septentrionale de Mazandaran et il est membre de la cellule de crise iranienne depuis des années.
    Contrairement à Ali Akbar Salehi, physicien nucléaire, le nouveau responsable n'a aucune formation en matière nucléaire.

    Aucune position stricte n'est connue sur Muhammad Islami, proche des réformistes et du courant "modéré" auquel appartenait l'ancien président Hassan Rohani, bien qu'il ait un passé dans les Gardiens de la Révolution.

    La nomination de Muhammad Eslami à ce poste est porteur de certains messages . A l'heure où le dossier nucléaire iranien reste l'un des grands sujet des tensions entre Téhéran et les capitales occidentales, notamment Washington, la nomination d'Eslami vise certainement à forcer la partie américaine à annuler les sanctions.

    Depuis avril dernier, l'Iran et les Etats-Unis se sont engagés dans six rounds des pourparlers de Vienne, indirectement, via les parties à l'accord (Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne). Les négociations se sont arrêtées en juin 2021 à la demande de Téhéran, sous prétexte de la période de transition du pouvoir exécutif iranien. Aucune date n'a été fixée pour un septième tour.

    Les négociations visent à relancer l'accord nucléaire en renvoyant Washington et Téhéran à leurs engagements.