Erevan

  • Nagorny-Karabakh : Pas de répit dans les combats - Victimes civiles

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    Forces arméniennes du Nagorny Karabakh et armée azerbaïdjanaise poursuivaient sans relâche lundi 5 octobre leurs affrontements, au lendemain d'une journée marquée par les bombardements de zones urbaines ayant fait des victimes civiles.

    Le ministère des Affaires étrangères du Karabakh a indiqué que dans la matinée leur capitale, Stepanakert, peuplée de 50.000 habitants, était visée par "des tirs de roquettes intensifs". La veille, des deux côtés du front, des tirs d'artillerie avaient déjà visé des villes, en particulier Stepanakert et sa voisine Chouchi, et en Azerbaïdjan: Ganja, deuxième ville du pays à 60 km de la ligne de contact, ou encore Beylagan.

    Et selon Bakou, les frappes sur les zones urbaines azerbaïdjanaises ont aussi repris lundi. "Les forces armées arméniennes attaquent les zones densément peuplées à Ganja, Barda, Beylagan et d'autres villes d'Azerbaïdjan avec des missiles et des roquettes. Barbarie et vandalisme", a dénoncé le conseiller présidentiel azerbaïdjanais Hikmet Hajiyev sur Twitter.

    Au Karabakh comme en Azerbaïdjan, les journalistes de l'AFP ont vu des maisons ou immeubles d'habitants touchés par les tirs. Selon des bilans officiels, les bombardements dimanche ont fait quatre morts parmi les habitants de la république auto-proclamée, et cinq en Azerbaïdjan. Ainsi que de nombreux blessés.

    Comme à leur habitude depuis la reprise du conflit le 27 septembre, les belligérants s'accusent de délibérément viser des civils, diffusant des images d'habitations détruites ou de missiles non explosés plantés dans des façades.

    Dimanche soir, face à la violence des bombardements touchant les zones habitées, la Russie s'est inquiétée de ce tournant. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a exprimé sa préoccupation, auprès de son homologue arménien, face à "la hausse du nombre de victimes au sein de la population civile". Il a réitéré l'appel de la Russie, principale puissance régionale, à "un cessez-le-feu au plus vite".

    Le Comité international de la Croix-Rouge a lui aussi condamné "les bombardements aveugles". Des centaines de maisons et d'infrastructures clés comme des hôpitaux et des écoles ont été détruites ou endommagées, selon le CICR.

    Les séparatistes, soutenus politiquement et militairement par l'Arménie, et les Azerbaïdjanais n'ont donné, au neuvième jour de combats, aucun signe de vouloir entendre les appels à la trêve de l'essentiel de la communauté internationale.

    Le Nagorny Karabakh, majoritairement peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant au début des années 1990 une guerre qui a fait 30.000 morts. Le front y est quasiment gelé depuis malgré des heurts réguliers. Les deux camps s'accusent de la reprise des hostilités, une crise parmi les plus graves, sinon la plus grave, depuis le cessez-le-feu de 1994, faisant craindre une guerre ouverte entre les deux pays ex-soviétiques.

    "Un retrait et des excuses!"
    Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, dans un discours télévisé à la nation a proclamé dimanche que l'offensive continuerait jusqu'à ce que son adversaire quitte "nos territoires", que le Premier ministre arménien Nikol Pachinian "présente ses excuses" et proclame que "le Karabakh, ce n'est pas l'Arménie". Bakou revendique nombre de succès militaire sur le terrain, notamment la prise de plusieurs villes et villages.

    "Victoires imaginaires"
    Mais du côté arménien, on rejette ces affirmations et on affiche aussi sa détermination. "Ayant échoué à gagner sur le champ de bataille, la partie azerbaïdjanaise proclame des victoires imaginaires et répand des +fake news+ sur des bombardements arméniens de zones habitées azerbaïdjanaises", a dénoncé le ministère arménien des Affaires étrangères.

    Le bilan des morts - toujours très partiel, Bakou ne communiquant pas ses pertes militaires - s'établit à 245, le Karabakh ayant revu à la baisse à 202 le nombre de ses combattants tués. S'y ajoutent 18 civils du territoire séparatiste et 25 Azerbaïdjanais. Mais chaque partie affirme avoir tué de 2.000 à 3.000 soldats ennemis.

    Une escalade du conflit pourrait avoir des conséquences imprévisibles, plusieurs puissances étant en concurrence dans le Caucase: la Russie, le traditionnel arbitre régional, la Turquie, alliée à l'Azerbaïdjan, ou encore l'Iran. Les Turcs sont déjà accusés d'aggraver le conflit en encourageant Bakou à l'offensive militaire et sont accusés d'avoir déployé des mercenaires syriens pro-turcs au Karabakh.

    21 civils tués au Karabakh depuis le début du conflit, selon les autorités arméniennes
    Le Centre d'information unifié arménien, sous l'autorité du gouvernement arménien, a déclaré lundi que depuis le début des hostilités dans la zone de conflit du Karabakh, 21 civils avaient été tués par les bombardements azerbaïdjanais et 82 autres blessés.
    "Dès les premiers jours de l'agression, les forces armées azerbaïdjanaises ont tiré sur des localités pacifiques et les infrastructures civiles en Arménie et en Artsakh (le nom du Karabakh - ndlr). En conséquence, 21 civils sont morts, 82 ont été blessés, 2104 unités de biens, bâtiments et structures ont été endommagés", indique le message. publié sur la page Facebook du centre.

    Lundi 5 octobre - 18H30 : Les forces arméniennes annoncent s'être repliées pour "éviter des victimes"
    L'armée de défense du Karabakh a retiré ses troupes de certaines régions, a déclaré l'attaché de presse du président du Haut Karabakh, Vahram Poghosyan, sur Facebook.
    Il a ajouté que le retrait avait été ordonné pour "éviter des pertes inutiles et causer plus de dégâts à l'ennemi".
    Selon lui, les forces du Karabakh ont atteint leur objectif et continuent de se battre.

    Pertes en matériel par les deux belligérants

    Arménie / République d'Artsakh

    Tanks (43, dont 39 détruits ou abandonnés)
    - 10 T-72A: 10 détruits ; 2 endommagés ; 2 capturés
    - 2 T-72AV: (1, détruit et 1 capturé)
    - 7 T-72B: (4 détruits et 3 capturés)
    - 20 T-72 non précisés: (18 détruits et 2 endommagés)

    Véhicules blindés de combat (5 détruits ou abandonnés)
    1 MT-LB avec tri-tube anti-aérienne Zavasta M55 AA: (détruite)
    3 MT-LB avec canon anti-aérien de 23mm (détruits)
    1 Armored Fighting Vehicle non précisé: (détruit)

    Véhicules de combat d'infanterie (11détruits ou abandonnés)
    5 BMP-1: (détruits)
    5 BMP-2: (1 détruit et 4 abondonnés)
    1 BMP non précisé: (détruit)

    Artillerie remorquée (8 détruites ou abandonnées)
    7 Obusier de 122 mm (D-30) 2A18: (5 détruits et deux capturés)
    1 canon-obusier de 152 mm (D-20) M-1955: (détruit)

    Artillerie automotrice (4 détruites)
    1 122mm 2S1 Gvozdika: (détruit)
    3 152 mm 2S3 Akatsiya: (détruits)

    Lance-roquettes multiples (13 détruits)
    13 122mm BM-21: (détruits)

    Mortiers (6 détruits ou abandonnés)
    - 5 120 mm M75: (capturés)
    - 1 mortier non précisé: (détruit)

    Systèmes de missiles sol-air (12 détruits)
    - 3 9K35 Strela-10: (détruits)
    - 9 9K33 Osa: (détruits)

    Brouilleurs et systèmes de réception (1 détruit)
    - 1 brouilleurs: (détruit)

    Aéronefs (1 détruit)
    - 1 Su-25K (détruit)

    Camions, véhicules et jeeps (68 détruits ou abandonnés)
    - 2 GAZ-452: (2 endommagés et abandonnés)
    - 3 GAZ-3308: (1 détruit ; 1 endommagé et capturé et 1 capturé)
    - 1 transloader 9T217 (pour 9K33 Osa): (détruit)
    - 2 ZiL-131: (1 détruit et 1 capturé)
    - 1 Ural-375D: (capturé)
    - 32 Ural-4320: (13 détruits ; 2 abandonnés et 17 capturés)
    - 15 Ural-43206: (1 détruit ; 4 endommagés et capturés et 10 capturés intacts)
    - 2 UAZ-469: (endommagés et capturés)
    - 3 KamAZ: (2 détruits et 1 capturé intact)
    - 5 Camions non précisés: (4 détruits et un capturé intact)
    - 1 fourgon / jeep non précisé: (capturé)
    - 1 Bus (transportant des renforts): (détruit)

    Leurres (2 détruits ou abandonnés)
    - 2 Leurre 9K33 Osa: (détruits)

    Zones stratégiques touchées (7)
    - base militaire: (1)
    - poste de commandement: (2)
    - stock de munitions: (2)
    - dépôt de stockage: (1)
    - Aéroport de Stepanakert

    Missiles guidés antichars (9 capturés, dont 2 lanceurs ou optiques)
    - 4 9M111 Fagot: (4 capturés)
    - 3 9M133M-2 Kornet-EM: (3 capturés)
    - 1 lanceur 9P163-1 pour le 9M133M-2 Kornet-EM: (capturé)
    - 1 Optique thermique 1PN65 'Trakt-1' pour lanceur 9P135M Konkurs ATGM: ( capturé)

    Azerbaïdjan

    Tanks (21 détruits ou abandonnés)
    - 3 T-72A: (1 détruit et 2, endommagés)
    - 6 T-72AV / T-72 `` Aslan '': (3 détruits et 3 endommagés)
    - 9 T-72 non spécifiés (détruits)
    - 2 T-90S: (2 endommagés et capturés)

    Véhicules de combat d'infanterie (14, dont 13 détruits ou abandonnés)
    - 2 BMP-1: (2 détruits)
    - 8 BMP-2: (4 détruits ; 1 endommagé et abandonné ; 1 endommagé et capturé et 2 capturés)
    - 2 BTR-82A: (1, endommagé et 1 endommagé et capturé)
    - 1 BMP non spécifié: (détruit)

    Matériel d'ingénierie (10)
    - 1 IMR-2: (endommagé)

    Aéronefs (5)
    - 5 An-2 (utilisé comme appât sans pilote pour permettre à l'Arménie de révéler des systèmes de défense aérienne): (détruits)

    Véhicules aériens sans pilote (11)
    - 2 IAI Harop: (2 détruits)
    - 1 Orbiter 1K: (endommagé et capturé)
    - 8 UAV inconnu: (détruits)

    Camions, véhicules et jeeps (4)
    - 2 Ural-4320: (détruits)
    - 2 Camions non précisé: (détruits)

    Vidéos - côté arménien


    Vidéos - Côté azéri
    la ville de Talish prise par les forces azéries - Les habitants arméniens ont fui la ville.

  • Arménie : 4 drones de reconnaissance abattus près d'Erevan, la capitale d'Arménie

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    Les forces de défense aérienne arméniennes ont abattu quatre véhicules aériens sans pilote de reconnaissance. Un drone a été détruit dans la région de Kotayk, près d' Erevan et les trois autres dans la région de Gegharkunik, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère de la Défense du pays, Shushan Stepanyan.

    «Tous les drones détruits étaient des drones de reconnaissance. Ainsi, aujourd'hui, 7 drones ont été détruits dans l'espace aérien arménien », a écrit Stepanyan.

    Le ministère arménien de la Défense a exhorté les citoyens à ne pas paniquer devant le bruit des missiles de défense aérienne
    Le représentant du ministère arménien de la Défense, Artsrun Hovhannisyan, a exhorté les habitants du pays à ne pas paniquer à cause du bruit des missiles de défense aérienne.

    "La défense aérienne fonctionne, soyez calme. Les missiles de défense aérienne font parfois beaucoup de bruit, ne vous inquiétez pas. La défense aérienne principale fonctionne efficacement", a écrit Hovhannisyan sur Facebook.

     

  • Nagorny-Karabakh - Azerbaïdjan : Nouvelle nuit de combats et aucune trêve en vue

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    Arméniens et Azerbaïdjanais sont restés sourds à de nouveaux appels à la trêve, échangeant toute la nuit des tirs par-delà la ligne de front au Nagorny Karabakh, territoire azerbaïdjanais séparatiste soutenu par Erevan.

    Stepanakert, capitale de cette république autoproclamée, est restée plongée dans le noir pour se rendre aussi invisible que possible aux drones azerbaïdjanais qui avaient frappé la ville dimanche. Située à une vingtaine de kilomètres des combats, deux explosions y ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi.

    A l'aube d'un cinquième jour d'affrontements, aucun camp ne semblait avoir gagné un avantage décisif sur l'autre. Les forces azerbaïdjanaises disent cependant depuis plusieurs jours avoir pris des positions arméniennes qui étaient tenues depuis près de 30 ans.

    Le Nagorny Karabakh, en majorité peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, entraînant une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts. Le front est quasi-gelé depuis, malgré des heurts réguliers, notamment en 2016.

    "Tirs dévastateurs"
    Le ministère de la Défense azerbaïdjanais a indiqué jeudi "que toute la nuit, des tirs d'artillerie dévastateurs ont visé les forces arméniennes".

    L'armée du Karabakh affirme elle avoir empêché l'Azerbaïdjan "de regrouper ses troupes", ajoutant que "la situation tactique n'a pas changé".

    Depuis le début des hostilités dimanche, seuls des bilans partiels sont communiqués, faisant état au total de 127 morts.

    Du côté arménien, on a annoncé 104 soldats et 8 civils tués, tandis que Bakou se refuse à communiquer des bilans militaires mais a annoncé la mort de 15 civils.

    Les deux camps affirment avoir infligé à l'autre des centaines de pertes humaines. Et chacun diffuse des vidéos à cet effet, comme celle mercredi d'un drone azerbaïdjanais frappant un camion de transport de troupes chargeant des soldats, ou celles arméniennes montrant de nombreux corps allongés en rang en uniforme adverse.

    Les appels à une trêve se sont multipliés jusque tard dans la nuit de mercredi à jeudi, à l'instar des présidents russe Vladimir Poutine et français Emmanuel Macron, deux des trois co-présidents avec les Etats-Unis du Groupe de Minsk de l'OSCE qui, depuis 1992, est le médiateur au Nagorny Karabakh.

    Les deux dirigeants réclament de "cesser complètement le feu et, dès que possible, faire baisser les tensions", selon un communiqué du Kremlin.

    Plus tôt, Moscou avait proposé d'accueillir "une rencontre des chefs des diplomaties de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie et de la Russie".

    Mais mercredi, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont réaffirmé leur détermination à combattre.

    Dans leurs capitales respectives, c'était la ferveur devant les centres de mobilisation militaire, où les hommes en âge de combattre se pressaient pour aller au front.

    La Russie, puissance régionale qui entretient des relations cordiales avec les deux républiques ex-soviétiques, s'est montrée de plus en plus inquiète du rôle de la Turquie, concurrent géopolitique mais avec qui elle a des relations pragmatiques.

    Longue guerre
    Moscou a ainsi reproché Ankara de "jeter de l'huile sur le feu" en encourageant Bakou dans son offensive.

    Et mercredi soir, sans pointer directement du doigt la Turquie, la diplomatie russe s'est dite "très préoccupée" du déploiement dans le conflit du Karabakh de "terroristes et de mercenaires étrangers" venant de "Syrie et de Libye", deux terrains où Ankara est actif militairement avec ses alliés locaux.

    L'Arménie avait déjà accusé la Turquie, qui soutient Bakou, d'envoyer des "mercenaires" au Karabakh. L'Azerbaïdjan et la Turquie ont démenti, retournant l'accusation contre Erevan.

    Pour le dirigeant du Nagorny Karabakh, Araïk Haroutiounian, les hostilités en cours diffèrent des années précédentes, du fait d'une participation turque au conflit.

    L'ingérence militaire d'Ankara n'est pas établie, seule l'Arménie l'affirmant jusqu'ici, accusant la Turquie d'avoir déployé ses avions F-16, de fournir des pilotes de drones et des spécialistes militaires.

    "La Turquie va être déçue et échouer. Notre peuple est héroïque et notre jeunesse est prête à se sacrifier pour protéger la mère patrie", a dit M. Haroutiounian, prédisant "une longue guerre".

    Une intervention militaire directe turque constituerait un tournant majeur et une internationalisation du conflit, un éventuel scénario catastrophe, dans une région où de nombreuses puissances sont en concurrence.

  • Arménie : L'Azerbaïdjan affirme avoir conquis des villages sous contrôle arménien

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    Dimanche, l'Azerbaïdjan a lancé une campagne de bombardements contre la région séparatiste du Haut-Karabakh, selon des sources arméniennes. La présidence de la région du Karabakh a confirmé que l'armée azerbaïdjanaise avait commencé dimanche matin à bombarder la ligne de contact entre les deux parties et des cibles civiles, notamment la capitale de la région, Stepanakert (Khankendi, selon le nom azerbaïdjanais).

    La France, la Russie et les États-Unis ont été impliqués dans les efforts visant à ramener la paix . Le groupe était connu sous le nom de "Groupe de Minsk", mais la dernière tentative pour parvenir à un accord de paix a échoué en 2010.

    L'Azerbaïdjan, riche en énergie, a investi massivement dans son armée et s'est engagé à plusieurs reprises à reprendre le Karabakh par la force.

    L'Arménie, à son tour, a déclaré qu'elle défendrait la région qui a déclaré son indépendance, mais qu'elle dépend toujours fortement d'Erevan.

    Ce sont les pires affrontements depuis 2016 et ont craint à présent qu'une guerre à grande échelle éclate entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, qui pendant des décennies se disputent le contrôle du Haut-Karabakh. Les Arméniens ont arraché le Karabakh à Bakou dans une guerre dans les années 1990 qui a tué 30 000 personnes.

    Les pourparlers ont été gelés pour résoudre le conflit du Karabakh, qui est l'un des pires de l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.

    L'Azerbaïdjan a annoncé avoir conquis dimanche une demi-douzaine de villages sous contrôle arménien lors de combats le long de la ligne de front de la région du Nagorny Karabakh, informations démenties par son ennemi arménien.

    "Nous avons libéré six villages, cinq dans le district de Fizouli, un dans le district de Jebrail", a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère azerbaïdjanais de la Défense. 

    Si les rapports sur la prise des villages arméniens de Garakhanbeyli, Garvand, Kend Gyaryadiz dans la région de Fizuli et des villages de Boyuk Marchanli et Ruzgar dans la région de Jebrail sont confirmés, les forces azerbaïdjanaises auraient fait un pas important vers leur objectif plus large de sécuriser les routes vers Fizuli et Mindjevan.

    Aux dernières nouvelles, l'Azerbaïdjan se serait emparé d'une zone stratégique du Nagorny Karabakh. 

    Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a fait état de l'occupation de la colline de Murov sur la crête du même nom à la suite d'une opération militaire dans le Karabakh en direction de la ligne de front.

    "À la suite de l'opération militaire menée par nos troupes en direction de Goranboy, la colline de Mourov sur la crête de Mourov a été libérée. Il s'agit d'un site qualifié de "stratégique" qui culmine à 3.000 mètres car clé pour les communications terrestres entre l'Arménie et le territoire séparatiste dont le contrôle échappe à l'Azerbaïdjan depuis des décennies. À la suite de l'opération, l'autoroute militaire Vardenis-Agdere, qui relie les territoires occupés de l' Azerbaïdjan à l' Arménie , a été placée sous le contrôle des tirs de l'armée azerbaïdjanaise. L'avantage militaire qui en résulte empêchera le transport de cargaisons militaires supplémentaires depuis l'Arménie le long de la route vers le Kelbajar et Agdera occupés. Les combats se poursuivent ", a indiqué le ministère dans un communiqué.

    Selon l'agence russe Interfax, l'Arménie a démenti les affirmations azerbaïdjanaises.

    "La déclaration du ministère de la Défense de l'Azerbaïdjan sur la conquête de six localités ne correspond pas à la réalité. Cette information relève de la provocation", a indiqué une porte-parole du ministère arménien de la Défense.

    Selon le ministère de la Défense du Nagorny Karabakh, cité par Interfax, l'armée azerbaïdjanaise a perdu "quatre hélicoptères, 15 drones, notamment offensifs, 10 chars et transports de troupe blindés. Ils ont des pertes humaines" aussi.

    Les autorités du Nagorny Karabakh reconnaissent la mort de seize soldats
    Un premier bilan fait état d'au moins 16 soldats arméniens tués et plus d'une centaine blessés dimanche lors des affrontements avec l'armée azerbaïdjanaise dans la région disputée du Nagorny Karabakh, ont indiqué les autorités arméniennes.

    "Selon des informations préliminaires, 16 militaires ont été tués et plus de 100 blessés" lors de ces affrontements, a indiqué le ministère de la Défense du Nagorny Karabakh, soutenu par Erevan. On annonce également la mort d'une mère et d'un enfant.

    Dans la soirée, le président de la république du Haut-Karabakh, Arayik Harutyunyan, a reconnu sur sa page Facebook que "des dizaines (de militaires arméniens) avaient été tués, des dizaines ont été blessés. Des dizaines de civils ont été blessés, et il y a des morts parmi la population civile".

    Erevan et Bakou s'accusent mutuellement d'avoir déclenché dimanche des violents combats pour le contrôle du Nagorny Karabakh, région séparatiste en Azerbaïdjan sous contrôle arménien depuis le début des années 1990.

    De son côté, l'Azerbaïdjan n'a pas encore communiqué le nombre de ses soldats tués au combat mais a annoncé que 19 civils avaient été tués dans divers bombardements. Une famille de cinq personnes a été entièrement décimée dans le village de Gachalty par un tir d'artillerie.

    Nombreuses destructions dans les localités du Nagorny Karabakh
    Plus de 50 localités de la République arménienne du Haut-Karabakh ont été attaquées par les troupes azerbaïdjanaises, a déclaré Artak Beglaryan, médiateur au Karabakh, lors d'un point de presse dimanche.

    "Selon les données préliminaires, plus de 50 colonies ont été attaquées par des drones et de l'artillerie azerbaïdjanais. Parmi ces colonies -. Tous les centres régionaux", - a déclaré Beglaryan, un briefing qui a été diffusé sur la page Information Staff NKR Facebook .

    Selon lui, des centaines de biens immobiliers, des infrastructures, des lignes électriques, des gazoducs, des conduites d'eau, des voitures ont été endommagés. "La population civile a été ciblée, c'est une violation du droit international et la communauté internationale doit donner son évaluation", a déclaré Beglaryan.

    L'Arménie décrète la mobilisation générale et la loi martiale
    Les autorités arméniennes ont décrété la mobilisation générale et la loi martiale dimanche, alors que de nouveaux combats meurtriers ont éclaté entre les séparatistes du Nagorny Karabakh, soutenus par Erevan, et les forces de l'Azerbaïdjan voisin.

    "La loi martiale et la mobilisation générale sont décrétées en Arménie. J'exhorte tout le personnel à se présenter aux commissariats militaires", a déclaré sur Facebook le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian.

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    L'Azerbaïdjan déclare la loi martiale, couvre-feu à Bakou
    L'Azerbaïdjan a déclaré dimanche la loi martiale ainsi qu'un couvre-feu à Bakou et dans plusieurs autres grandes villes.

    "La loi martiale sera introduite à partir de minuit ainsi qu'un couvre-feu de 21H00 à 06H00", à Bakou, dans plusieurs grandes villes ainsi que dans les zones proches de la ligne de front du Karabakh, a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence azerbaïdjanaise, Hikmet Hajiyev.

    Erdogan promet un soutien total à l'Azerbaïdjan
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis dimanche un soutien total à l'Azerbaïdjan et a appelé l'Arménie à "cesser son agression", à la suite des violents combats au Nagorny Karabakh.

    "Le peuple turc va soutenir nos frères azerbaïdjanais avec tous nos moyens, comme toujours", a déclaré M. Erdogan sur Twitter. Il a critiqué la communauté internationale pour ne pas avoir "réagi de manière suffisante, comme il le fallait" à ce qu'il a appelé une "agression" de l'Arménie. Il a indiqué avoir eu un entretien téléphonique avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, dont il a salué "la position avisée et déterminée".

    Le ministre turc de la défense Hulusi Akar avait auparavant estimé que "la plus grave menace à la paix et à la stabilité dans le Caucase est l'agression menée par l'Arménie, et (qu')elle doit cesser cette agression qui risque de mettre le feu à la région".

    Le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a "fermement" condamné les affrontements au Karabakh et affirmé que l'Arménie avait "une nouvelle fois violé les lois internationales et montré qu'elle ne souhaitait pas la paix et la stabilité". Il a appelé sur Twitter la communauté internationale à "dire non à cette dangereuse provocation". "L'Azerbaïdjan n'est pas seul, il a le soutien total de la Turquie", a-t-il ajouté.

    Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a eu dimanche un entretien téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov et les deux hommes ont évoqué "l'agression arménienne", a indiqué une source diplomatique turque, sans donner plus de détails.

    Des avions turcs participent aux combats
    Selon Le président de la république du Haut-Karabakh, Arayik Harutyunyan, des « avions F-16 turcs , qui étaient en Azerbaïdjan pendant environ un mois sous prétexte d'exercices», ont été utilisés au Karabakh. «Les armes les plus modernes, qui sont au service de l'armée turque», sont utilisées, a déclaré Harutyunyan.

    Erevan met en garde contre l'ingérence "agressive" de la Turquie
    Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a mis en garde dimanche contre l'ingérence "agressive" de la Turquie dans les combats en cours entre les forces azerbaïdjanaises et la région séparatiste arménienne du Nagorny Karabakh, soutenue par Erevan. "J'appelle la communauté internationale à utiliser tous les moyens existants pour empêcher l'ingérence turque, qui peut déstabiliser une fois pour toute la région" du Caucase, a-t-il déclaré dans une adresse télévisée, disant son inquiétude face au "comportement agressif" d'Ankara en soutien à Bakou.

    Conséquences internationales :
    La Turquie et l'Azerbaïdjan sont des partenaires stratégiques de longue date et entretiennent des liens étroits dans le secteur militaire et de la sécurité. La Turquie soutient régulièrement l'Azerbaïdjan sur la scène internationale, notamment dans le cadre du conflit avec l'Arménie. Tout récemment, les deux parties ont mené des exercices militaires conjoints à l'intérieur de l'Azerbaïdjan et, selon des sources pro-arméniennes, au moins une partie des équipements turcs y sont restés. Il y a également des rapports sur le déploiement de groupes de rebelles syriens pro-turcs en Azerbaïdjan.

    De son côté, l'Arménie a récemment participé à des exercices multinationaux à grande échelle en Russie - Kavkaz 2020 (ils se sont terminés le 26 septembre). Par conséquent, le groupe militaire russe déployé en permanence dans la région du Caucase est prêt et mobilisé.

    Ainsi, le développement du conflit dans la région du Haut-Karabakh dépendra principalement de la position des alliés de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan. Malgré l'attitude pro-américaine du régime politique actuel en Arménie, la Russie reste un partenaire proche du pays et le principal garant de sa souveraineté. Par conséquent, si Moscou intervient et use de son influence, la menace d'une défaite militaire de la partie arménienne devrait être écartée et la situation aura toutes les chances de s'apaiser. La volonté de la Turquie et de l'Azerbaïdjan de progresser sur le terrain au détriment des Arméniens dépendra de l'ampleur du soutien apporté à l'Arménie par la Russie.

    Il reste que nii la Russie ni la Turquie ne sont intéressées par une confrontation ouverte. Par conséquent, les deux pays s'efforceront probablement de trouver une solution politique à l'escalade actuelle et de rétablir le régime de cessez-le-feu. A cela s'ajoute que les États-Unis, le nouveau meilleur ami du régime arménien, peuvent être intéressés par une déstabilisation de la région et une aggravation des tensions entre la Turquie et la Russie.

    Une propagation du conflit à la région du Caucase peu probable, selon un expert du Caucase
    Vadim Mukhanov , un employé du Centre pour les problèmes du Caucase et la sécurité régionale au MGIMO, estime que la propagation du conflit dans le Haut-Karabakh en dehors de la région est peu probable. Selon lui, le conflit se poursuivra probablement pendant plusieurs jours, après quoi l' Arménie et l' Azerbaïdjan s'assoiront à la table des négociations.

    "Une guerre à grande échelle au Karabakh secouerait toute la région du Caucase et affecterait tous les pays voisins, y compris la Turquie et la Russie, l'espace de la mer Noire à la mer Caspienne . Ceci, à son tour, pourrait conduire à une catastrophe humanitaire. Mais, à mon avis, un tel scénario est peu probable. au total, il y aura d'abord des batailles pendant plusieurs jours, puis une trêve fragile viendra » , a déclaré Mukhanov à RIA Novosti.

    L'expert a noté que chaque escalade qui a lieu au Karabakh éloigne l'espoir de régler ce "vieux conflit sanglant" pacifiquement.

    Poutine appelle à la fin des hostilités
    Le président russe Vladimir Poutine a appelé dimanche à mettre fin aux nouveaux combats meurtriers opposant les Arméniens du Nagorny Karabakh, soutenus par Erevan, aux forces azerbaïdjanaises.

    "Il est important de mettre en œuvre tous les efforts nécessaires pour éviter une escalade de la confrontation, mais l'essentiel est qu'il faut mettre fin aux hostilités", a affirmé M. Poutine, cité dans un communiqué du Kremlin, à l'issue d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian.

    Téhéran prêt à aider Erevan et Bakou à entamer des pourparlers
    L'Iran a appelé dimanche l'Arménie et l'Azerbaïdjan à cesser immédiatement leurs hostilités, et s'est déclaré prêt à lancer des pourparlers entre les deux pays voisins. Des combats meurtriers ont éclaté entre les forces azerbaïdjanaises et les séparatistes de la région du Nagorny Karabakh soutenus par l'Arménie.

    Téhéran entretient de bonnes relations à la fois avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux pays frontaliers de l'Iran.

    La République islamique "suit de près" et "avec préoccupation" les hostilités entre les deux parties, a indiqué le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué. Elle invite les parties à "faire preuve de retenue", les appelant à une "cessation immédiate des hostilités et à l'ouverture de pourparlers entre les deux pays", selon le texte publié par l'agence de presse officielle iranienne, Irna. Téhéran est "prêt à utiliser toutes ses capacités pour établir un cessez-le-feu et lancer des pourparlers entre les deux parties", assurent les Affaires étrangères iraniennes.

    Un conflit majeur impliquant Erevan et Bakou pourrait entraîner l'intervention des puissances en concurrence dans la région du Caucase, la Russie et la Turquie. La République islamique compte une communauté de langue azérie de plus de dix millions de personnes, ainsi qu'une communauté arménienne d'un peu moins de 100.000 personnes.

    L'Arménie fait appel à la Cour Européenne des Droits de l'Homme
    L'Arménie a fait appel à la Cour européenne des droits de l'homme avec une demande d'obliger l' Azerbaïdjan à cesser de bombarder des biens civils, selon la représentation de la République dans le tribunal.

    "L'Arménie a exigé d'appliquer des mesures provisoires contre l'Azerbaïdjan, en particulier pour l'obliger à cesser de bombarder des biens civils, à s'abstenir de mener des actions offensives aveugles, en utilisant des citoyens, des biens civils et des colonies comme cibles", indique un communiqué sur la page Facebook du bureau.

    Vidéo azérie montrant la destruction d'un tank arménien par un drone :

    Vidéos arméniennes :




    Vidéo de combattants syriens se rendant vers le front de Nagarno Karabakh

  • Azerbaïdjan : Les forces turques se déploient en Azerbaïdjan pour participer à des exercices militaires conjoints dans un contexte de tensions avec l'Arménie.

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    La Turquie et l'Azerbaïdjan se préparent à mener des exercices militaires conjoints de grande envergure en Azerbaïdjan, a déclaré le ministère azerbaïdjanais de la défense le 27 juillet.
    "Selon le plan, des exercices impliquant les forces terrestres auront lieu du 1er au 5 août à Bakou et au Nakhitchevan", peut-on lire dans la déclaration.
    "Les exercices conjoints, a-t-il ajouté, impliqueront du personnel militaire, des véhicules blindés, des supports d'artillerie et des mortiers, ainsi que de l'aviation militaire et des équipements de défense aérienne".
    "Des exercices avec la participation de l'aviation militaire auront lieu du 29 juillet au 10 août - à Bakou, Nakhitchevan, Ganja, Kurdamir, et Yevlakh."
    Les troupes et les équipements turcs ont déjà commencé à être déployés dans le Nakhitchevan en Azerbaïdjan.
    L'annonce des exercices communs est intervenue quelques jours seulement après l'escalade des tensions à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan dans la région de Tovuz. Au moins 11 soldats azerbaïdjanais - dont un général de division et un colonel - ont été tués. L'Azerbaïdjan a blâmé l'Arménie pour ses actions agressives et son rôle d'instigateur du conflit. La Turquie a déclaré un soutien total à Azerbaijan, affirmant qu'elle n'hésiterait pas à soutenir son voisin de l'Est dans le conflit.
    L'Arménie, à son tour, a blâmé l'Azerbaïdjan pour l'escalade en disant qu'elle avait commencé par une attaque des forces azerbaïdjanaises sur les positions arméniennes. Le déploiement des forces turques en Azerbaïdjan et les exercices conjoints annoncés ont été décrits par le ministère arménien des affaires étrangères comme une menace pour la sécurité régionale. Il a ajouté que l'annonce a été faite juste un jour après qu'un soldat arménien ait été tué par des tirs de sniper à la frontière avec l'Azerbaïdjan.
    "Tout cela témoigne du fait que les dirigeants de l'Azerbaïdjan ... entravent les efforts des médiateurs internationaux pour régler la situation et reprendre le processus de paix", a déclaré la partie arménienne.
    Il est également intéressant de noter que les dirigeants arméniens ne cessent de critiquer certains "médiateurs internationaux" qui ne font rien pour aider à désamorcer la situation et à sauver l'Arménie en cas de conflit ouvert avec l'Azerbaïdjan et la Turquie. En fait, aucun pays autre que la Russie ne semble vouloir lever le petit doigt pour aider réellement Erevan. Pourtant, la politique étrangère menée par les dirigeants arméniens au cours des années précédentes visait clairement à saper ses relations avec la Russie et à plaire à ses "partenaires occidentaux". Par conséquent, les actions du gouvernement arménien ont mis le pays tout entier dans une position assez dangereuse dans la région.