El Othmani Saâd Eddine

  • Maroc : Déroute aux dernières élections du parti islamique au pouvoir

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    Le parti islamique PJD, à la tête du gouvernement marocain depuis une décennie, a subi une spectaculaire déroute, au profit de partis libéraux considérés comme proches du palais royal, lors des élections législatives mercredi 8 septembre 2021.

    Le Parti de la justice et du développement (PJD, islamique modéré) s'effondre, passant de 125 sièges dans l'assemblée sortante à 12, a indiqué le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit, durant un point presse. Il arrive loin derrière ses principaux rivaux, le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti Authenticité et Modernité (PAM), tous deux de tendance libérale, et le Parti de l'Istiqlal (centre-droit), avec respectivement 97, 82 et 78 (sur 395 députés). Le RNI, qui appartient à la coalition gouvernementale, est dirigé par un homme d'affaires fortuné, Aziz Akhannouch, décrit comme proche du palais. Et le PAM, principale formation de l'opposition, a été fondé par l'actuel conseiller royal, Fouad Ali El Himma, en 2008 avant qu'il n'en démissionne en 2011.

    Plus ancien parti du Maroc, le parti de l'Istiqlal (Indépendance), de centre-droit, fait un retour remarqué avec un gain de 32 siège. L'ampleur de la défaite des islamistes est inattendue dans la mesure où, malgré l'absence de sondages, médias et analystes pensaient que le PJD jouerait encore les premières places. Longtemps cantonné dans l'opposition, le PJD espérait briguer un troisième mandat consécutif à la tête du gouvernement.

    Participation en hausse
    Il reviendra au roi Mohammed VI de nommer un chef du gouvernement, issu du parti arrivé en tête du scrutin législatif, qui sera chargé de former un nouveau gouvernement pour un mandat de cinq ans. Il succèdera au secrétaire général du PJD, Saad-Eddine El Othmani. Les résultats définitifs devraient être connus jeudi. Le taux de participation a atteint 50,35% au niveau national, selon le dernier chiffre donné par le ministre de l'Intérieur. Il avait plafonné à 43% lors des précédentes législatives en 2016 et à 53% lors des dernières élections locales en 2015. Mais c'est la première fois que les quelque 18 millions d'électeurs choisissaient leurs 395 députés le même jour que leurs représentants communaux et régionaux. Ce qui a réduit l'abstention. La participation a été élevée dans les régions du Sud qui englobent la partie du territoire disputé du Sahara occidental contrôlée par le Maroc.

    En 2011, le Maroc s'est doté d'une nouvelle Constitution accordant de larges prérogatives au Parlement et au gouvernement. Toutefois, les décisions et les orientations dans des secteurs clés continuent d'émaner d'initiatives du roi Mohammed VI. 

    Plus tôt dans journée, les islamistes avaient fait état de "graves irrégularités", dont "la distribution obscène d'argent" à proximité de bureaux de vote et des "confusions" sur certaines listes électorales, des citoyens n'y trouvant pas leur nom. Les opérations de vote se sont déroulées "dans des circonstances normales", a assuré M. Laftit, hormis "des cas isolés".

    "Aveu d'échec"
    La fin de la courte campagne électorale, marquée par l'absence de grands meetings politiques pour cause de Covid-19, avait déjà été empoisonnée par des accusations d'achat de voix. Une vive polémique a d'ailleurs opposé ces derniers jours le PJD au RNI.

    L'ancien chef du gouvernement et ex-secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane avait tiré à boulets rouges sur le chef du RNI Aziz Akhannouch, jugeant qu'il fallait "une personnalité politique intègre" à la présidence du gouvernement. Ministre de l'Agriculture depuis 2007, M. Akhannouch avait rétorqué que les critiques des islamistes étaient "un aveu d'échec" et "ne visaient qu'à semer la zizanie". Le ministre, à la tête d'une des plus grosses fortunes du pays, a déjà joué un rôle clé dans le précédent gouvernement, contrôlant des portefeuilles importants comme l'Economie et les Finances ou l'Industrie.

    Nouvelles réformes
    C'est la première fois depuis la tenue des premières élections au Maroc en 1960 que la répartition des sièges à la Chambre des représentants était calculée sur la base du nombre d'électeurs inscrits et non des votants. Ce nouveau mode de calcul devait favoriser les petits partis au détriment des grandes formations. Mais seul le PJD s'y était opposé, s'estimant déjà "lésé".

    La compétition électorale a été caractérisée par l'absence de polarisation bien définie sur les choix politiques. Après le scrutin, les partis politiques seront invités à adopter "un pacte" découlant d'un "nouveau modèle de développement", qui préfigure une "nouvelle génération de réformes et de projets", comme l'a promis récemment Mohammed VI.

  • Sahara Occidental : Nous avons réglé définitivement la question du passage frontalier de Guerguerat, affirme le Maroc

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    Le Chef du gouvernement marocain, Saâd Eddine El Othmani, a considéré, jeudi, « El Guerguerat » comme étant « un passage frontalier international important », soulignant que son pays a tranché définitivement cette question et que le passage ne sera plus fermé de nouveau.

    El Othmani a déclaré, dans un discours prononcé lors de la réunion du Conseil gouvernemental, que le passage frontalier « n’est plus exclusivement Marocain, et ne concerne pas uniquement les Marocains ou exclusivement la Mauritanie, mais c’est une route qui concerne le commerce international, y compris le commerce entre des pays européens et un certain nombre de pays africains ».

    « Le roi, que Dieu le préserve, a pris la décision au moment opportun pour remédier à la situation, par l’intervention des forces armées royales, sans faire usage des armes et sans friction avec les éléments des milices séparatistes, puis en établissant une ceinture de sécurité, ce qui a permis de régler le problème définitivement », a-t-il expliqué.

    « Après la fermeture du passage durant trois semaines par des éléments séparatistes, cette opération a réglé définitivement la question », a-t-il dit.

    El Othmani a prédit dans ce sens que « les éléments et les milices séparatistes ne reviendront pas une autre fois pour bloquer cette route. »

    « La sécurisation du passage, a permis un changement stratégique, surtout que les séparatistes l’ont toujours exploité contre le Maroc et ses intérêts, pour fomenter des problèmes et interférer dans le dossier marocain, à l’approche des réunions du Conseil de sécurité pour la publication de sa résolution annuelle», a-t-il martelé.

    Le 30 octobre dernier, le Conseil de sécurité, avait décidé de prolonger le mandat de la Mission des Nations Unies pour l´organisation d´un référendum au Sahara occidental (MINURSO), pour une année supplémentaire, jusqu’au 31 octobre 2021.

    « Le Maroc est intervenu dans l’intérêt de la paix, et pour libérer une route internationale dans le but de garantir la liberté de circulation des civils et du commerce, conformément au droit international, aux besoins de la région et à l’accord de cessez-le-feu », a déclaré le chef du gouvernement marocain.

    El Othmani a salué « les pays africains et arabes frères et amis, ainsi que les organisations islamiques et arabes, qui ont fait valoir explicitement la démarche marocaine, et ont déclaré leur soutien à la position du Royaume ».

    Rabat avait annoncé, samedi, la reprise du mouvement de transport avec la Mauritanie au point de passage frontalier de «Guerguerat», après l’intervention de l’armée marocaine, suite à sa fermeture par des membres alliés au Front Polisario, depuis le 21 octobre dernier.

    En réponse à la décision du Maroc, le Front Polisario a déclaré, le même jour, qu’il ne respectera pas l’accord de cessez-le-feu qu’il avait conclu avec le Maroc en 1991 sous l’égide de l’ONU.

    Le conflit opposant le Maroc au Polisario sur la Région du Sahara a commencé en 1975, soit après la fin de l’occupation espagnole dans la région.

    Le conflit s’est transformé en affrontement armé qui s’est poursuivi jusqu’à 1991, année de la signature d’un accord de cessez-le-feu qui considère la zone de Guerguerat comme étant « démilitarisée ».

    Rabat revendique son droit sur la région du Sahara et propose une autonomie élargie sous sa souveraineté, tandis que le Polisario exige un referendum d'autodétermination, une proposition soutenue par l'Algérie, qui abrite des réfugiés de la région.