ÉTAT ISLAMIQUE

  • Afghanistan : Deux civils tués et quatre blessés dans deux attaques à Kaboul

    Imprimer

    Deux civils ont été tués et au moins quatre blessés dans deux explosions vendredi 10 décembre 2021 à Kaboul, a indiqué le gouvernement taliban, dernières en date d'une série d'attaques qui ont frappé la capitale afghane cette semaine.

    Un bombe magnétique placée contre un minibus a explosé à Dasht-e-Barchi, un quartier où vivent de nombreux membres de la minorité chiite hazara, a indiqué Saeed Khosti, porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Deux civils ont été tués et trois autres blessés", selon lui.
    FGQNvXYXoAk273c.jpeg

    Une autre bombe a explosé dans la région de Deh e Buri  dans le même quartier de Dasht e Barchi, blessant une femme. Aucune des deux attaques n'a été revendiquée dans l'immédiat. Dasht-e-Barchi et ses habitants chiites hazaras ont été frappés ces dernières mois par plusieurs attaques sanglantes revendiquées par l'Etat islamique-Khorasan (EI-K), qui les considèrent comme hérétiques.
    FGPuRiNX0AEYn2Q.jpeg

    Depuis l'arrivée au pouvoir des talibans le 15 août, l'Etat islamique se pose comme leur principale opposition, et la principale menace pour la sécurité dans le pays. Alors que les talibans ont fait du retour de la sécurité leur priorité après des décennies de guerre, l'EI-K a multiplié les attentats à Kaboul et dans d'autres grandes villes. D'autres attaques non revendiquées, qui visent notamment les véhicules de police des talibans, ont été observées ces derniers mois, dont plusieurs à Kaboul cette semaine. Les responsables talibans assurent souvent qu'elles ne font pas de victimes.

    Les hazaras ont été notamment visés ces dernières années par de sanglants attentats-suicides contre leurs mosquées, écoles, rassemblements ou hôpitaux, qui ont fait des centaines de morts. Deux attaques ont eu lieu à Dasht-e-Barchi mi-novembre, dont une revendiquée par l'EI-K. Plus de 120 personnes ont également été tuées dans des attaques de l'EI-K en octobre dans deux mosquées fréquentées par les hazaras à Kandahar (sud) et Kunduz (nord).

    Les talibans tentent de minimiser la menace de l'EI-K, et mènent une lutte sans pitié contre le groupe islamique, qu'ils combattent depuis des années. Ils multiplient les raids et ont arrêté des centaines d'hommes accusés de faire partie du groupe. La question de la sécurité représente, avec la crise économique et humanitaire, l'un des principaux défis du nouveau régime taliban. 

  • Afghanistan : 304 attaques de l'Etat islamique-Khorasan depuis le 1er janvier 2021

    Imprimer

    L'Etat Islamique-Khorasan a revendiqué 304 attaques en Afghanistan entre le 1er janvier et le 30 novembre 2021.

    90 attaques ont eu lieu depuis le 18 septembre. 76 de ces attaques (soit 85 %) ont visé les talibans.

     En 2020, l'Etat islamique-Khorasan avait revendiqué environ 84 attaques en Afghanistan et seulement 8 de ces attaques (10 %) avaient visé les talibans.

    Muhammad Amin (Khadim)
    Dans le dernier numéro d'al-Naba, le magazine de l'Etat islamique, on trouve l'histoire de Muhammad Amin (Khadim), un ancien militant taliban de la région de Chaparhar, dans la province de  Nangarhar qui est devenu commandant de l'Etat islamique-Khorasan.  Il avait rejoint les talibans en 2005 et combattu à Chaparhar. Il a ensuite rejoint l'Etat islamique avec son groupe et combattu dans plusieurs régions de Nangarhar, notamment Shinwar, Tora Bora, Khugyani, Kot, Momand et Haska Meina. 

    Nommé commandant militaire de Kunar, il a combattu les talibans à Korengal, Kandigal et Shorak. Khadim a été tué en février 2020 lors d'une frappe d'un américain. Al-Naba affirme qu'après que les talibans soient entrés dans Kunar, ils ont creusé sa tombe et tenté de profaner le corps.

  • Allemagne : un tribunal condamne à perpétuité un islamiste irakien pour génocide contre les yézidis

    Imprimer

    Un tribunal de Francfort a condamné, mardi 30 novembre 2021, un islamiste irakien à la prison à vie pour son implication dans le génocide contre la minorité yézidie. 

    Il s'agit d'une première, car c'est « le premier verdict sur les crimes commis par l'État islamique (Daech) contre la minorité yézidie », a déclaré le juge Christoph Koller.

    L'Irakien Taha Al-Jumailly, 29 ans, aurait rejoint l'Etat islamique en 2013. Cette organisation islamique a persécuté systématiquement la minorité ethnique pendant des années. Les jihadistes ont mené un règne de terreur dans certaines parties de l'Irak et de la Syrie et ont massacré les yézidis mâles. Ils ont utilisé leurs femmes comme esclaves sexuelles et les garçons comme enfants soldats.

    Al-Jumailly et son ex-femme allemande Jennifer Wenisch (30 ans) avaient "acheté" une femme yézidie et son enfant en 2015 pour les garder comme esclaves, selon les procureurs. Al-Jumailly aurait enchaîné la fillette de cinq ans à une température de 50 degrés pour la punir d'avoir mouillé son lit. La fillette n'a pas survécu à la punition. 

    Wenisch a été   condamnée à dix ans de prison fin octobre pour avoir tenté de commettre un crime de guerre, des crimes contre l'humanité et son appartenance à l'Etat islamique. La peine était inférieure à ce que les procureurs exigeaient. Ils voulaient une condamnation à perpétuité pour la femme. La défense avait requis une peine de deux ans de prison uniquement pour participation à une organisation terroriste. Wenisch a témoigné dans le procès d'Al-Jumailly, le qualifiant de "violent".

    Prison à vie et indemnité de 50 000 euros 
    Le tribunal de Francfort a reconnu Al-Jumailly coupable de génocide, de crimes contre l'humanité, de complicité de crimes de guerre et d'autres infractions.  Il a été condamné à perpétuité et à payer une somme de 50.000 euros de dommages et intérêts à la mère de la jeune fille. Le jihadiste s'est évanoui lorsque le verdict a été rendu.

    Le fait que le procès ait eu lieu devant un tribunal allemand, même si les crimes n'ont pas été commis en Allemagne, est une conséquence du principe judiciaire de la compétence universelle. En conséquence, les crimes présumés qui n'ont pas eu lieu en Allemagne ou qui ont été commis par des citoyens allemands peuvent toujours être jugés par un tribunal allemand. Dans le cas de l'affaire Taha Al-Jumailly, les choses sont allées encore plus loin, puisque l'homme a été arrêté en Grèce à la demande du procureur allemand et extradé vers l'Allemagne.

  • Afghanistan : Forte explosion à Kaboul et affrontements entre Etat islamique et talibans à Jalalabad

    Imprimer

    Une forte explosion a eu lieu à Kaboul le 30 novembre 2021. Au moins cinq personnes, dont des talibans, ont été blessées à la suite de l'incident.

    Selon des informations locales, la bombe au bord de la route a explosé sur l'avenue Dar-ul-Aman non loin d'une école. Selon des informations non confirmées, la cible de l'attaque était un véhicule de type Toyota Hilux.

    Aucun groupe n'a encore revendiqué la responsabilité de l'explosion.

    Dans le même temps, les talibans ont mené une opération antiterroriste dans la ville de Jalalabad, capitale de la province de Nangarhar, dans l'est de l'Afghanistan. Au petit matin, des talibans ont fait une descente dans des repaires de l'Etat islamique dans le 1er district de police de la ville. Selon les rapports, plusieurs membres de l'Etat islamique ont été tués au cours de violents affrontements. Vidéo. Vidéo 2. Vidéo 3.

    L'opération des talibans à Jalalabad est probablement une réponse aux récentes attaques de l'Etat islamique contre des véhicules appartenant aux  talibans. Le 22 novembre, l'Etat islamique a revendiqué les attaques contre des véhicules talibans dans les PD1 et PD3 de la ville de Jalalabad.

    Les talibans mènent régulièrement des opérations contre les cellules et les partisans de l'Etat islamique. Pourtant, l'influence du groupe ne cesse de croître, au point que l'Etat islamique pourrait bientôt tenter de s'emparer de certaines parties de l'Afghanistan.

    Au cours des derniers mois, l'Afghanistan a connu des bombardements, des attaques armées et des fusillades dans diverses provinces, y compris la région de la capitale. Les victimes ont été à la fois des talibans et des résidents locaux. L'Etat islamique-Khorasan, la branche locale de l'Etat islamique semble intensifier ses opérations dans la capitale afghane, défiant le cœur même du nouveau régime des talibans.

  • Afghanistan : Identification d'un leader de l'Etat islamique-Khorasan (EI-K)

    Imprimer

    Sanaullah Ghafari, alias Shahab al-Muhajir, est l'émir actuel de EI-K. Il a été nommé par l'Etat islamique pour diriger l'EI-K en juin 2020. Il est chargé d'approuver toutes les opérations de l'Etat islamique-Khorasan dans tout l'Afghanistan et d'organiser le financement pour mener ces opérations.

  • Ouganda : Un double "attentat" à Kampala fait plusieurs blessés

    Imprimer

    Deux explosions, que la police a qualifiées d'"attentat", ont blessé plusieurs personnes, mardi 16 novembre 2021, dans le centre de Kampala, la capitale de l'Ouganda, déjà théâtre récemment de deux attaques à la bombe.

    Les explosions se sont produites dans le quartier d'affaires, près du quartier général de la police et de l'entrée du Parlement, selon la police.

    "Ce que nous pouvons dire, c'est que c'était un attentat; mais qui est responsable est une question qui fait l'objet d'une enquête", a déclaré à l'AFP le chef adjoint de la police ougandaise, Edward Ochom.

    Selon les premiers éléments de l'enquête, ce sont trois kamikazes qui sont à l'origine de deux explosions près d'un poste de contrôle de la police et sur l'avenue du Parlement.  Un dernier bilan fait état de six sont morts.

     L'attaque du poste de police a été perpétrée par un kamikaze qui a été filmé par une caméra de la chaîne chinoise CCTV. On le voit portant un sac à dos avant de le faire exploser.

    La détonation près du QG de la police a détruit des vitres, tandis que celle du Parlement a mis le feu à des véhicules garés tout près, selon le chef adjoint de la police. "Nous avons déployé une équipe" dans le secteur, a déclaré à l'AFP une porte-parole de la Croix-Rouge ougandaise, Irene Nakasiita.

    Le Parlement a annulé sa session prévue mardi, demandant à ses membres d'éviter le secteur "car les forces de sécurité travaillent dur à rétablir l'ordre".

    A la mi-journée, les alentours du Parlement avaient été placés sous haute surveillance, avec des soldats lourdement armés qui patrouillaient et des membres de la police scientifique, vêtus de blanc, qui inspectaient le site. L'ambassade américaine à Kampala a demandé à ses citoyens de rester éloigner de la zone et de suivre les médias.

    Groupe ADF - un mouvement de la mouvance Etat islamique
    Kampala a été visée en octobre 2021 par deux attentats, attribués par la police aux Forces démocratiques alliées (ADF), groupe rebelle musulman apparu en Ouganda et qui a fait souche depuis plus de 25 ans dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, où il sème la terreur.

    Les ADF sont désignés par le groupe Etat islamique comme sa "Province d'Afrique centrale" (ISCAP en anglais). En mars, les Etats-Unis les ont officiellement déclarés affiliés à l'Etat islamique.

    L'explosion d'une bombe dans un restaurant de la capitale, le 23 octobre, avait tué une jeune serveuse et un attentat suicide dans un bus près de Kampala, deux jours plus tard, avait fait de nombreux blessés. La première attaque avait été revendiquée par l'ISCAP. 

    Les autorités ougandaises s'attendaient à une nouvelle attaque d'envergure des terroristes islamiques. Les ADF sont considérés par les experts comme le plus meurtrier des quelque 120 groupes armés qui arpentent l'est de la RDC, beaucoup d'entre eux étant le produit de deux guerres régionales menées il y a un quart de siècle.

  • Afghanistan : Des soldats de l'ancienne armée afghane ont rejoint l'Etat islamique-Khorasan

    Imprimer

    D'anciens membres des forces de sécurité afghanes ont rejoint  l'État islamique-Khorasan (EI-K) , la filiale régionale de l'État islamique. 

    À l'heure actuelle, le nombre d'anciens membres des forces de sécurité afghanes ayant rejoint l'EI-K reste faible, mais il augmente, selon les combattants talibans et d'autres anciens membres des forces de sécurité afghanes.

    Un ancien responsable afghan a déclaré au  Wall Street Journal  qu'un officier qui commandait le dépôt d'armes et de munitions de l'armée nationale afghane à Gardez avait rejoint l'EI-K après la disparition de l'armée afghane et aurait été tué le mois dernier au cours d'une fusillade avec les talibans. Le responsable a également déclaré qu'il connaissait plusieurs autres membres des forces de sécurité afghanes qui ont rejoint l'EI-K après que les talibans aient fouillé leurs domiciles et leur aient ordonné de se présenter aux autorités talibanes après la prise de contrôle du pays par les talibans.

    Le  Wall Street Journal  s'est également entretenu avec un habitant de Qarabagh dans la province de Ghazni qui a déclaré que son cousin, auparavant membre des forces spéciales de l'armée afghane, avait disparu en septembre peu après le retrait américain et aurait rejoint une cellule de l'EI-K. L'homme de Qarabagh a également déclaré qu'il connaissait quatre autres anciens soldats de l'armée nationale afghane qui ont rejoint l'EI-K au cours des dernières semaines.

    Pendant deux décennies, les élites de la politique étrangère américaine ont expliqué que la présence des forces armées de la coalition dirigée par les Etats-Unis servait à lutter contre l'extrémisme islamique.

    Créé en 2014 par d'anciens militants talibans mécontents d'éventuels pourparlers de paix et partisans d'une lutte plus radicale contre les États-Unis, l'EI-K  a jusqu'à présent joué un rôle relativement mineur en Afghanistan. La formation islamique naissante était mal équipée pour défendre contre les talibans leurs possessions territoriales dans l'est de l'Afghanistan.

    Même si son empreinte est limitée, l'EI-K s'est fait connaître par son incroyable brutalité. Au-delà de cibles militaires, politiques et religieuses, l'EI-K a perpétré des attaques contre des écoles et des hôpitaux. Lors d'une attaque, les jihadistes de l'EI-K seraient entrés dans une maternité et auraient abattu des infirmières et des femmes enceintes.

    Cependant, le défi que l'EI-K pose aux talibans ne doit pas être surestimé. Pour le moment, l'EI-K n'a pas la force de combat ou la capacité de représenter une menace pour les talibans afghans. De même, la menace que représente l'EI-K pour les Etats-Unis ne doit pas non plus être exagérée simplement parce qu'elle porte le nom de l'État islamique. Or, le fait que d'anciens membres des forces armées afghanes aient décidé de rejoindre l'Etat islamique  montre à quel point leurs engagements dans la lutte contre l'islamisme radical étaient faibles. Will Ruger, vice-président de la politique étrangère à la Charles Koch Institute a déclaré à  The American Conservative. « Soit ils ne croyaient pas profondément à ces choses au départ, soit, même s'ils en venaient à accepter certaines de ces choses, ils étaient prêts à les jeter par-dessus bord...pour le pouvoir et l'influence et à d'autres fins pragmatiques."

    Les recrues Afghanes ne se sont pas enrôlées dans les Forces de sécurité afghanes parce que leur cœur aspirait à la démocratie libérale mais plus vraisemblablement pour la perspective d'un emploi et d'un revenu stables. Sans oublier la toxicomanie dans les rangs de l'armée afghane, la fraude à l'enrôlement orchestrée par des officiers et des soldats afghans qui cherchaient à percevoir les chèques de paie de  soldats fantômes. L'argent des Etats-Unis coulant à flot, la cupidité et la corruption se sont répandues comme une traînée de poudre, ce qui a abouti au fait que presque personne n'était payé – et encore moins en temps opportun. Lorsque l'argent s'est tari, l'allégeance des soldats afghans a fait de même. « Le mois prochain, si le gouvernement ne me paie pas, je devrais peut-être vendre ça aux talibans » , a déclaré Noor  Ahmad Zhargi , un membre de la police afghane, au  Washington Post  dans une interview au printemps 2021. Alors qu'il a assuré à ses intervieweurs qu'il ne rejoindrait jamais les talibans, il leur a dit qu'il pouvait vendre son fusil au groupe extrémiste pour environ 2 000 dollars, un joli pactole pour Zhargi et sa famille.

    Zhargi était loin d'être le premier membre des forces de sécurité afghanes à envisager d'offrir son équipement aux talibans en échange d'argent. Comme l'indiquaient clairement les  Afghanistan Papers  publiés par le  Washington Post en 2019, il était assez courant que du matériel militaire américain disparaisse et que des opérateurs américains découvrent plus tard qu'il avait été vendu ou remis aux talibans pour être utilisé contre les États-Unis et Forces de sécurité afghanes au combat.

    Les talibans contrôlant l'Afghanistan, les mêmes incitations qui ont autrefois attiré les recrues dans les forces de sécurité afghanes les poussent aujourd'huià rejoindre l'EI-K. L'Etat islamique offre en effet des sommes d'argent relativement importantes à ses nouvelles recrues et offre également une protection aux anciens soldats si les talibans venaient les chercher.

    Un autre facteur poussant certains anciens membres des forces de sécurité afghanes vers l'EI-K est la "loyauté tribale et ethnique". Les talibans sont principalement composés de Pachtounes qui constituent la majorité ethnique du pays. Cependant, dans l'est de l'Afghanistan, certaines régions sont à majorité tadjike ou d'autres minorités ethniques nationales.

    « S'il y avait eu une résistance organisée contre les talibans, ils auraient rejoint la résistance », a déclaré un correspondant du  Wall Street Journal . « Pour le moment, l'Etat islamique est le seul autre groupe armé".