Dostum Abdurrashid

  • Afghanistan : Derniers développements sécuritaires (mis à jour au fur et à mesure des évènements)

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    forward_2.gifA part la zone de l'aéroport de Kaboul, il est très difficile de savoir avec certitude ce qui se passe dans le reste de la capitale, et à fortiori, dans le reste du pays. De nombreuses informations sont fausses, que ce soit volontairement ou involontairement ou n'émanent pas de sources sûres. Les forces hostiles aux talibans à travers le monde ont bien l'intention de ternir l'image du mouvement islamiste afghan. Les talibans, de leur côté, ont tendance à se présenter plus respectables et soucieux des droits de l'homme qu'ils ne le sont.
    Nous ne donnerons que les informations pour lesquelles nous avons un degré de confiance suffisant.

    Le fils du commandant Massoud réclame des armes à Washington
    Ahmad Massoud.jpegLe drapeau de l"Alliance du Nord" (photo ci-dessus) du commandant Massoud flotte à nouveau dans la vallée du Panjshir.
    Ahmad Massoud (photo ci-contre), fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par el-Qaëda, réclame un soutien américain en armes et munitions pour sa milice en Afghanistan afin de résister aux talibans qui ont repris le pouvoir à Kaboul, dans une tribune publiée mercredi par le quotidien Washington Post. "L'Amérique peut encore être un grand arsenal pour la démocratie" en soutenant ses combattants moujahidines "qui sont à nouveau prêts à affronter les talibans", assure-t-il.

    Son père était un héros de la résistance antisoviétique qui lutta ensuite contre les talibans. Il a été élevé en 2019 au rang de héros national en Afghanistan par décret présidentiel, même si les troupes du "Lion du Panjshir" ont aussi laissé des souvenirs mitigés aux habitants de Kaboul, piégés au début des années 1990 dans les combats entre moudjahidines rivaux.

    Ahmad Massoud, qui dirige une formation politique baptisée "Front pour la résistance", avait déjà publié lundi une tribune dans la revue française La Règle du jeu fondée par l'écrivain Bernard-Henri Lévy, affirmant vouloir faire "sien" le combat de son père et appelant les Afghans à le rejoindre "dans notre bastion du Panjshir, qui est la dernière région libre de notre pays à l'agonie". Dans sa tribune publiée par le Washington Post, il assure avoir été rejoint dans le Panjshir par des soldats de l'armée afghane "dégoûtés de la reddition de leurs commandants" ainsi que par d'anciens membres des forces spéciales afghanes.
    Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent l'ancien vice-président Amrullah Saleh et Ahmad Massoud ensemble dans la vallée du Panjshir, semblant poser la première pierre de ce qui serait une rébellion contre le nouveau régime en place.

    Cette vallée, difficile d'accès, n'est jamais tombée aux mains des talibans pendant la guerre civile des années 1990, ni une décennie plus tôt durant l'occupation du pays par les Soviétiques. 
    "Mais nous avons besoin de plus d'armes, plus de munitions, plus d'équipements", insiste Ahmad Massoud, assurant que les talibans constituent une menace également à l'extérieur du pays. "Sous le contrôle des talibans, l'Afghanistan deviendra sans nul doute une base du terrorisme radical islamiste; des complots contre les démocraties seront à nouveau ourdis ici".

    Depuis leur retour au pouvoir dimanche, vingt ans après en avoir été chassés en 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis suite aux attentats du 11 septembre, les talibans ont fait étalage de stocks d'armements et d'équipements saisis auprès des forces afghanes, la plupart fournis par les Etats-Unis. Ahmad Massoud estime que durant ces vingt années, Américains et Afghans ont partagé "des idéaux et des combats". Il demande à Washington de continuer à soutenir "la cause de la liberté" et de ne pas abandonner l'Afghanistan aux talibans. "Vous êtes notre dernier espoir", assure-t-il.

    Des soldats de l'ancienne armée afghane auraient rejoint le Panjshir 
    Des soldats afghans, qui avaient réussi à se cacher des troupes talibanes, arriveraient au Panjshir à l'appel d'Ahmad Massoud.
    Selon les informations, des soldats de l'armée afghane, des unités des forces spéciales et des combattants armés fidèles au maréchal Abdul Rashid Dostum, au nombre d'environ 10.000, ont gagné la province du Panjshir pour rejoindre la résistance.

    Des morts suite à des tirs de talibans et une bousculade à Assadabad
    Plusieurs personnes ont été tuées jeudi 19 août à Assadabad, dans le Nord-Est de l'Afghanistan, lorsque des talibans ont tiré sur des manifestants brandissant le drapeau national lors d'un rassemblement à l'occasion de la fête nationale célébrant l'indépendance du pays, a déclaré un témoin sur place.

    Selon ce témoin, Mohammed Salim, habitant d'Assadabad, capitale de la province de Kunar frontalière du Pakistan, il n'était pas clair dans l'immédiat si les victimes étaient tombées sous les tirs ou lors de la bousculade qu'ils ont déclenchée.

    Des informations sur des manifestations similaires dans d'autres villes du pays nous sont parvenues mais nous n'avons pu encore certifier leur authenticité.

    Arrestation de Salima Mazari, l'une des 3 femmes gouverneurs de district
    Les talibans ont placé en détention Salima Mazari, l'une des trois femmes gouverneurs de district en Afghanistan. Mazari, qui appartient à la communauté hazara de confession chiite, était connue pour avoir parlé contre les talibans et rallié les habitants pour les combattre. Vidéo.

    Les combattantes kurdes de Syrie soutiennent leurs soeurs d'Afghanistan
    Les femmes des Unités de protection du peuple kurde - section féminine (YPJ ) ont lancé un message de solidarité à la résistance des femmes d'Afghanistan : « Les femmes afghanes organisées peuvent jouer un rôle de premier plan dans la lutte pour la liberté. Les femmes afghanes doivent être déterminées à faire partie de l'avenir du pays » (ANHA)
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  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires (mise à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Les talibans prennent Mazar-i-Sharif, grande ville du nord.
    Les talibans se sont emparés, samedi soir 14 août, de Mazar-i-Sharif, dernière grande ville du nord de l'Afghanistan encore contrôlée par le gouvernement, accroissant encore leur emprise sur le pays.

    Les talibans "paradent sur leurs véhicules et leurs motos, tirant en l'air pour célébrer" la prise de la ville, a raconté samedi soir à l'AFP un habitant de Mazar-i-Sharif, Atiqullah Ghayor, qui vit près de la célèbre mosquée bleue. Il a précisé que les talibans étaient entrés "sans vraiment rencontrer de résistance" dans la quatrième ville la plus peuplée du pays (500.000 habitants), après le retrait des forces afghanes. D'autres habitants ont fait des récits similaires et les talibans ont revendiqué la prise de la ville, capitale de la province de Balkh et carrefour commercial, dont les faubourgs étaient encore le théâtre d'intenses combats samedi matin. "Les combattants (talibans) se sont emparés de Mazar-i-Sharif. Tous les bâtiments officiels (...) sont sous leur contrôle", ont affirmé les talibans dans un communiqué.

    Le maréchal Abdul Rashid Dostom, ancien vice-président afghan, et Atta Mohammad Noor, ex-gouverneur de Balkh, qui avaient pris la tête de forces locales de résistance aux talibans à Mazar-i-Sharif, ont trouvé refuge en Ouzbékistan voisin, selon un proche du second, précisant que leurs forces s'étaient elles retirées à une soixantaine de km de la ville.

    Le célèbre seigneur de guerre Qaisari a été capturé par les talibans à Mazar-i-Sharif.
    On ignore quel sera son sort. Qaisari est accusé de graves violations des droits humains non seulement par les talibans, mais aussi par des organisations locales et internationales. Vidéo.

    La ville de Khost également tombée aux mains des talibans
    Le porte-parole des talibans  a officiellement revendiqué la capture de la ville de Khost.
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    Plus tôt, le président afghan Ashraf Ghani avait promis de poursuivre le combat contre les insurgés qui continuent à se rapprocher de la capitale Kaboul, presque encerclée et où les habitants ne cachent pas leur angoisse de l'avenir.
    "La re-mobilisation de nos forces de sécurité et de défense est notre priorité numéro un et d'importantes mesures sont prises à cet effet", avait assuré à la mi-journée, le président Ghani dans une adresse télévisée. Il n'a fait aucune allusion à une possible démission, réclamée par certains, mais a précisé avoir entamé des "consultations" au sein du gouvernement, avec des responsables politiques et les partenaires internationaux, pour trouver "une solution politique dans laquelle la paix et la stabilité" seront préservées.
    "Ces consultations avancent rapidement et nous ferons part de leur résultat à nos compatriotes très vite", a-t-il ajouté. Dans la soirée, le palais présidentiel a précisé qu'"une délégation sera prochainement constituée par le gouvernement et prête à négocier".

    6 provinces tombées aux mains des talibans en une seule journée, samedi 14 août 2021 :
    1: Paktika
    2: Paktia
    3: Kunar
    4: Faryab
    5: Balkh
    6: Laghman 
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    "Inquiet pour l'avenir"
    La situation militaire est critique pour le pouvoir en place. En à peine plus d'une semaine, les talibans ont pris le contrôle de presque tout le nord, l'ouest et le sud de l'Afghanistan et sont arrivés aux portes de Kaboul. Ils ne sont plus qu'à 50 km de la capitale et ne montrent aucun signe de vouloir ralentir leur marche. Samedi, ils avaient déjà pris la province de Kunar, dans l'Est, et pourraient bientôt approcher de Kaboul par le nord, le sud et l'est.

    E8fulV8WYAA-YyM.jpegLe général Saadat nouveau promu responsable de la sécurité pour Kaboul
    Le général Seyed Sami Saadat (photo ci-contre) nommé responsable de la sécurité publique dans la ville et la province de Kaboul.
    La présidence afghane a tweeté hier soir que le général Saadat avait été nommé par le président Ashraf Ghani.
    Le général Saadat était à la tête de l'armée afghane lors des récentes batailles de Kandahar et de Laskargah, qui sont toutes deux tombées en 24 heures.
    Le poste était devenu vacant car le général Hebatullah Alizai, ancien commandant du 209e corps Shaheen et récemment nommé à la tête de l'armée afghane, s'était rendu aux talibans samedi 14 août dans la province de Balkh. Il semble qu'il ait conspiré avec les talibans et abandonné les lignes de défense, ordonnant à ses troupes de se rendre.

    Jalalabad
    Les talibans viennent d'annoncer (dimanche matin 15 août) leur arrivée à Jalalabad, la capitale de la province de Nangarhar. La ville est tombée sans aucune résistance selon des sources locales. Vidéo des talibans à Jalalabad. Autre vidéo. Ci-dessous, photo prise ce dimanche 15 août). 
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    La peur s'empare de Kaboul
    Au sein des habitants de Kaboul et les dizaines de milliers de personnes qui ont fui leur foyer ces dernières semaines pour se réfugier dans la capitale, la peur prédomine. "Je pleure jour et nuit quand je vois que les talibans forcent des jeunes filles à épouser leurs combattants", a confié à l'AFP Muzhda, 35 ans, une femme célibataire arrivée avec ses deux soeurs, de la province de Parwan, un peu plus au nord. "J'ai refusé des propositions de mariage par le passé (...) Si les talibans viennent et me forcent à les épouser, je me suiciderai", prévient-elle.
    Dawood Hotak, 28 ans, un commerçant de Kaboul, est aussi "inquiet pour l'avenir" de ses jeunes soeurs et ne sait pas "ce qui va leur arriver". 

    Les rues de la capitale étaient normalement animées samedi, mais de longues queues étaient observées à la sortie des banques, et certains hommes ont indiqué à l'AFP avoir commencé à se laisser pousser la barbe, en prévision d'une arrivée prochaine des talibans.
    Beaucoup d'Afghans - les femmes en particulier -, habitués à la liberté acquises ces 20 dernières années, craignent un retour au pouvoir des talibans.

    Lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001, avant d'être chassés il y a 20 ans par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les talibans avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées.

    Dans le même ordre d'idées, le réseau des églises en Afghanistan rapporte que ses dirigeants ont reçu samedi soir 14 août des lettres des talibans les avertissant qu'ils savent où ils se trouvent et ce qu'ils font. Il semble que les talibans aient l'intention de mettre fin à la liberté religieuse dans le pays. 

    Kaboul : Dernières nouvelles : Violents combats dans un quartier de la capitale afghane
    De violents affrontements ont été signalés, dimanche 15 août, dans le district de Paghman à Kaboul et autour de la périphérie de la ville de Kaboul. Des sources pro-talibanes prétendant que les moudjahidines ont capturé plusieurs positions des forces de sécurité à Paghman. Selon des sources locales, les talibans auraient lancé l'assaut final sur Kaboul. Nous attendons d'autres rapports sur la situation.
    forward_2.gifLe ministère afghan de l'intérieur vient de confirmer que les talibans ont commencé à entrer à Kaboul de toutes parts. Vidéo de l'entrée des talibans à Kaboul ce dimanche 15 août.
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    Des négociations sont en cours à Kaboul entre les talibans, le gouvernement afghan et les États-Unis. Le gouvernement afghan, la démission d'Ashraf Ghani et la mise en place d'un gouvernement de transition ont été proposés aux talibans. On ne sait pas si ceux-ci accepteront la proposition. Le résultat des négociations déterminera ce qui va se passer à Kaboul dans les prochaines heures.
    forward_2.gifLe président Ghani va céder le pouvoir à Ali Ahmad Jalali dans les prochaines heures. Jalali est l'une des figures de proue de la résistance contre les Soviétiques. Jalali formera le gouvernement de transition avec le représentant des talibans, le mollah Biradar.
    Mollah Baradar (photo ci-dessous), le chef des talibans, est arrivé à Kaboul avec Jalali pour former le gouvernement intérimaire.
    Un responsable afghan a déclaré que les troupes avaient livré la base aérienne de Bagram aux talibans. La base abrite une prison abritant 5 000 détenus. 
    forward_2.gifLe président Ghani a quitté l'Afghanistan, selon l'ancien vice-président Abdullah Abdullah
    Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l'Afghanistan, où les talibans sont sur le point de prendre le pouvoir, a annoncé dimanche l'ancien vice-président Abdullah Abdullah. "L'ancien président afghane a quitté la nation", a déclaré M. Abdullah, qui est aussi le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.
    Ashraf Ghani a d'abord gagné Douchanbé, au Tadjikistan avant de se réfugier à Oman.
    On a appris que le ministre de la défense, Bismillah Mohammadi, avait également pris la fuite et s'était réfugié aux Emirats Arabes Unis.
    forward_2.gifAux dernières nouvelles, les talibans sont entrés dans le Palais présidentiel et affirment à présent qu'il n'y aura pas de gouvernement de transition. Ils ont pris le pouvoir. Les talibans devraient bientôt déclarer l'Émirat islamique d'Afghanistan depuis le palais présidentiel. C'était le nom du pays sous le gouvernement taliban renversé par les forces dirigées par les États-Unis en 2001. 
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    Humayoon Humayoon, l'ancien vice-président et ancien allié d'Ashraf Ghani, a déclaré qu'il avait été nommé chef de la police de Kaboul par les talibans pour l'émirat islamique d'Afghanistan. On assiste à un vaste changement de bord de nombreux responsables politiques et sécuritaires, sans doute préparé de longue date et à l'insu des services américains. Vidéo.

    Pendant ce temps, les talibans continuent d'investir Kaboul :
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    Instruction des talibans aux étrangers
    Les étrangers à Kaboul pourront partir s'ils le souhaitent ou enregistrer leur présence dans les prochains jours auprès des fonctionnaires talibans qui seront établis prochainement.

    Marines américains
    Un ballet d'hélicoptères a survolé samedi Kaboul, entre l'aéroport et le l'ambassade américaine, gigantesque complexe situé dans la "zone verte" ultrafortifiée, au centre de la capitale. Un premier contingent de Marines est arrivé pour sécuriser les évacuations du personnel diplomatique, ainsi que d'Afghans ayant travaillé pour les Etats-Unis et craignant des représailles des talibans. Les Etats-Unis entendent évacuer des "milliers de personnes par jour" et pour cela le Pentagone va déployer avant la fin du week-end 3.000 soldats à l'aéroport de Kaboul, a précisé vendredi son porte-parole, John Kirby. L'ambassade américaine a ordonné à son personnel de détruire les documents sensibles et symboles américains qui pourraient être utilisés par les talibans "à des fins de propagande". Cliquer sur la photo ci-dessous pour voir la vidéo d'al-Jazeera :

    Londres évacue son ambassadeur dès dimanche 15 août
    Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir.
    Plusieurs pays - Pays-Bas, Finlande, Suède, Italie et Espagne - ont annoncé vendredi réduire au strict minimum leur présence, ainsi que des programmes de rapatriement de leurs employés afghans. L'Allemagne va aussi réduire son personnel diplomatique "au minimum absolu". D'autres, dont la Norvège et le Danemark, ont fermé provisoirement leur ambassade.
    Aux dernières nouvelles, la Grande Bretagne a décidé d'évacuer son ambassadeur par avion dès dimanche soir car on craint que les Talibans s'emparent de façon imminente de Kabul et de l'aéroport qui reste le seul moyen de s'échapper.
    L'ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Afghanistan (@NicolasK111) a déclaré de son côté qu'il "baissait la tête de honte" en suivant les évènements d'Afghanistan.

    Chaos à l'aéroport de Kaboul
    Tous les vols commerciaux suspendus depuis l'aéroport de Kaboul et seuls les avions militaires sont autorisés à opérer, a déclaré un responsable de l'OTAN.
    La France va déployer un A400M pour évacuer ses ressortissants encore présents à Kaboul. Il partira lundi 16 août à 8h00 d'Orléans en direction de la base militaire française d'Abu Dhabi d'où plusieurs rotations sont programmées avec Kaboul afin d'exfiltrer environ 200 ressortissants.

    L'administration Biden toujours satisfaite de sa décision de retrait
    Les talibans ont lancé leur offensive en mai, quand le président américain Joe Biden a confirmé le retrait des dernières troupes étrangères du pays, censé être achevé d'ici le 31 août. Joe Biden a depuis affirmé ne pas regretter sa décision, même si la rapidité avec laquelle l'armée afghane s'est désintégrée a surpris et déçu les Américains, qui ont dépensé plus de 1.000 milliards de dollars pour la former et l'équiper.
    forward_2.gifVendredi 13 août, l'administration Biden affirmait encore que Kaboul ne faisait pas face à une "menace imminente" et que la prise du pouvoir par les talibans n'était pas à leurs yeux une issue inéluctable.

    L'armée de l'air américaine intervient contre des positions talibanes
    Une source de sécurité afghane affirme qu'environ 35 militants talibans ont été tués lors de frappes aériennes par les forces américaines dans 3 provinces afghanes.

    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques
    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques en Afghanistan. Il reste le contingent turc chargé de sécuriser l'aéroport de Kaboul. Les talibans ont exigé de la Turquie qu'elle retire également ses troupes avant la fin août et menace : "pas un ne sortira vivant" si Ankara ne les retire pas."

    forward_2.gifL'immense arsenal d'armes modernes capturé par les talibans : un grave problème pour l'avenir
    Les talibans se sont emparés d'un immense arsenal mis à disposition de l'armée afghane, notamment par les Etats-Unis, au cours de leur prise de contrôle de nombreuses bases militaires. Les Etats-Unis ont dépensé 88 milliards$ pour équiper une armée afghane supposée être forte de 350.000 hommes alors qu'il s'est avéré qu'elle n'en comptait pas plus de 60.000, selon des estimations récentes. Une grosse erreur de la CIA pourtant omniprésente dans le pays. Parmi ces armes, se trouvent des avions de guerre, des hélicoptères de combat, des drones (notamment au moins 15 drones ScanEagle qui coûtent 4.000.000 $ chacun -  photos ci-dessous), des missiles, des véhicules blindés et Humvees par milliers, et toutes sortes d'armes individuelles.
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    Les avions tombés entre les mains des talibans sont des avions de combat A-29 Super Tucano COIN (contre-insurrection) livrés par les États-Unis à l'armée de l'air afghane. 
    Les avions de combat ont été saisis par les talibans dans la section militaire de l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis avaient acheté un total de 26 avions de combat A-29 pour l'Armée de l'air afghane au cours des cinq dernières années. Seulement 19 ont été livrés à cette date.
    L'A-29 est facile à piloter et à entretenir, et il est considéré comme l'un des avions de combat les moins chers à exploiter. Une heure de vol dessus ne coûte que 1 000 $.
    Les Super Tucano fournis à l'AAF étaient équipés de systèmes électro-optiques d'observation et de ciblage AN/AAQ-22 Star SAFIRE II. Les avions de combat étaient également armés de bombes à guidage laser GBU-58 Paveway II et de roquettes à guidage laser APKWS.
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    Les talibans ont également capturé au moins un hélicoptère d'attaque léger MD 530F Cayuse Warrior sur l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis ont fourni plus de 60 hélicoptères MD 530F à l'AAF. L'hélicoptère peut être armé de nacelles FN HMP400 avec mitrailleuse lourde FN M3P .50 BMG ou de nacelles M260 avec 7 roquettes Hydra 70 non guidées.
    Au cours des derniers jours, les talibans ont capturé plus d'une douzaine d'hélicoptères, dont des Mi-8/17, des UH-60 Black Hawk et des MD 530F. Les talibans n'ont pu faire décoller jusqu'ici que deux Mi-8/17 laissés par les forces gouvernementales afghanes en état opérationnel à Herat.
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    Mais les talibans n'auront pas l'utilisation de ces armes qui ne manqueront pas de faire l'objet d'une intense activité de marché noir. Le trafic  se déroulera en premier lieu au travers de l'Iran (sans compter le matériel militaire amené par l'armée afghane ayant fuit en Iran / Vidéo). Il touchera également les pays d'Asie centrale, soit directement par les frontières montagneuses de l'Afghanistan avec ses pays voisins, soit par le Pakistan. On devrait voir très rapidement les conséquences de ce trafic d'armes, tout d'abord au Cachemire indien, dans les régions troublées du Pakistan comme le Balouchistan, et plus loin ans les régions "chaudes" du Moyen Orient (Irak, Syrie, Yémen).

    N'oublions pas, enfin, qu'al-Qaïda va profiter de la victoire des talibans pour reconstituer ses bases en Afghanistan et puiser sa part du butin d'armements capturé par les talibans avec toutes les conséquences que cela pourrait représenter dans un avenir proche pour tous les pays dans le collimateur de l'organisation islamiste radicale.

    Ne pas oublier que talibans et al-Qaïda poursuivent le même but : Imposer l'islam et la charia au monde entier comme le rappelle ce commandant des talibans à CNN : « Nous sommes convaincus qu'un jour les moudjahidines remporteront la victoire et que la loi islamique ne s'appliquera pas seulement à l'Afghanistan, mais partout dans le monde. Nous ne sommes pas pressés. Nous pensons que cela viendra un jour. pas jusqu'au dernier jour." Vidéo de la déclaration de ce commandant taliban à CNN.

  • Afghanistan : Trois nouvelles capitales provinciales du Nord aux mains des talibans

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    Les talibans ont renforcé dimanche 8 août 2021 leur contrôle sur le nord de l'Afghanistan, en s'emparant de trois capitales provinciales supplémentaires, dont la grande ville de Kunduz, dans une large offensive que l'armée semble incapable d'enrayer.

    A quelques heures d'intervalle, les insurgés ont, après de violents combats, pris possession de Kunduz, qu'ils encerclaient depuis quelques semaines. Ils ont ensuite pris Sar-e-Pul, puis Taleqan en fin de journée, les capitales des provinces situées au sud et à l'est de Kunduz. Ils contrôlent maintenant cinq des 34 capitales provinciales afghanes.

    Les affrontements ont débuté dans la matinée et les talibans ont fini par prendre la ville "sans beaucoup de combats" alors que les responsables et forces sécuritaires ont fui la ville. "Les talibans sont partout dans la ville avec leurs drapeaux blancs sur des pickups et Humvees. Certains tirent en l'air pour célébrer (leur victoire)" a raconté un habitant. "Nous avons peur et nous n'osons pas encore sortir de nos maisons".

    Un responsable sécuritaire a confirmé la fuite des forces afghanes et responsables locaux vers un district voisin. "Le gouvernement a échoué à nous envoyer de l'aide et nous nous sommes retirés de la ville cet après-midi", a-t-il indiqué.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole taliban, a confirmé la prise de Taleqan assurant que "la sécurité y a été restaurée" ainsi que celle de Kunduz et Sar-e-pul, tombées dans la matinée. "Les talibans ont pris le contrôle de tous les bâtiments clefs de la ville", a affirmé un correspondant de l'AFP à Kunduz.

    La ville d'environ 300.000 habitants, déjà tombée deux fois ces dernières années aux mains des insurgés, en 2015 et 2016, est un carrefour stratégique du nord de l'Afghanistan, entre Kaboul et le Tadjikistan. La prise de Kunduz constitue le principal succès militaire des talibans depuis le début de leur offensive en mai 2021, lancée à la faveur du retrait des forces internationales, qui doit être complètement achevé d'ici le 31 août.

    Après s'être emparés de vastes territoires ruraux, ils concentrent leurs efforts depuis le début août sur les centres urbains, encerclant plusieurs capitales provinciales. "C'est le chaos total", a affirmé Abdul Aziz, un résident du centre de Kunduz, joint au téléphone par l'AFP.

    Toujours des combats à Kunduz
    Fin juin, les talibans avaient conquis le poste-frontière de Shir Khan Bandar à Kunduz, frontalier du Tadjikistan, un axe névralgique pour les relations économiques avec l'Asie centrale.
    Des sources locales ont rapporté que la prison, les QG de la police et du renseignement (NDS) étaient tombés aux mains des talibans tandis que les forces pro-gouvernementales restantes se seraient retirées à l'aéroport de Kunduz. Vidéo des talibans à Kunduz.
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    Le ministère de la Défense a affirmé de son côté que les troupes gouvernementales tentaient de reprendre des zones clés de Kunduz. "Les forces commandos ont lancé une opération de nettoyage. Certains endroits, dont la radio nationale et les bâtiments de la télévision, ont été dégagés", a-t-il affirmé. "La capture de Kunduz est vraiment importante car elle va libérer un grand nombre de combattants talibans qui pourront ensuite être mobilisés en d'autres endroits du Nord", a souligné pour l'AFP Ibraheem Thurial Bahiss, consultant de l'International Crisis Group (ICG). Les affrontements sont également en cours entre les forces spéciales afghanes et les talibans dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz. Vidéo.
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    Selon le Corps des opérations spéciales (CGRI), les commandos ont repris aux talibans le carrefour du général Abdul Raziq et le siège de la télévision nationale dans le centre de Kunduz.
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    Après Kunduz, Sar-e-Pul est aussi tombée aux mains des talibans. Ceux-ci s'étaient déjà emparés samedi de Sheberghan, plus au nord, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostum.

    Parwina Azimi, une activiste des droits humains, a affirmé à l'AFP par téléphone que les responsables administratifs et le reste des forces armées s'étaient retirés vers des baraquements à environ trois kilomètres de Sar-e-Pul. Mirwais Stanikzai, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a quant à lui indiqué que des renforts, dont des forces spéciales, avaient été envoyés à Sar-e-Pul et Sheberghan. "Les villes que les talibans veulent prendre seront bientôt leurs cimetières", a-t-il ajouté.

    Le ministère afghan de la Défense a déclaré que des avions de chasse américains B-52 ont attaqué des positions talibanes à Sheberghan, la capitale de la province de Jawzhan (carte ci-dessous). Fouad Aman, porte-parole adjoint du ministère, a écrit sur Twitter que l'attaque a eu lieu à 18h30, samedi 7 août, et  fait de lourdes pertes parmi les talibans.
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    De leur côté, les talibans ont affirmé que le chef du conseil provincial de Jawzhan les avait rejoints.
    Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a écrit sur Twitter que Babar Ishchi et 20 de ses hommes avaient rejoint les talibans
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    Province de Herat
    Les talibans du district de Karkh, dans la province d'Herat, ont rassemblé aujourd'hui un certain nombre de veuves sous prétexte d'aide alimentaire, puis ont demandé un mollah du groupe et les ont mariées de force à leurs combattants

    Province de Samangan
    Au moins sept insurgés talibans ont été tués et cinq autres blessés lors d'une opération conjointe de la police nationale afghane, des forces de sécurité nationales afghanes et du soulèvement national afghan dans le district de Hazrat Sultan de la province de Samangan.
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    Rapidité de l'avancée des talibans
    L'incapacité de Kaboul à tenir le nord du pays pourrait s'avérer cruciale pour les chances de survie du gouvernement. Le nord de l'Afghanistan a toujours été considéré comme une place forte anti-talibans, où la résistance à leur encontre avait été la plus forte lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990.

    Les talibans ont dirigé le pays entre 1996 et 2001, en imposant leur version ultra-rigoriste de la loi islamique, avant d'être chassés par une coalition internationale menée par les États-Unis. Vendredi, les insurgés s'étaient aussi emparés de la ville de Zaranj, capitale de la province de Nimruz (sud), à la frontière avec l'Iran.

    Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays, sont aussi soumises à leurs assauts depuis plusieurs jours, tout comme Lashkar Gah (sud), capitale de la province du Helmand, un des bastions des insurgés. La rapidité de l'avancée talibane a pris par surprise les forces de sécurité afghanes, malgré l'aide reçue de l'armée de l'air américaine.

    Les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes, a reconnu le commandant Nicole Ferrara, porte-parole du Commandement central de l'armée américaine, qui a déclaré samedi à l'AFP : "Les forces américaines ont procédé ces derniers jours à plusieurs frappes aériennes pour défendre nos partenaires afghans". Les combats et bombardements ont poussé des centaines de milliers d'Afghans à fuir leurs maisons.

    Samedi, douze passagers d'un bus ont été tués dans l'explosion d'une mine placée en bord de route alors qu'ils tentaient de fuir la ville de Gardez, dans la province de Paktia (sud-est). "J'ai perdu ma mère, mon père, mes deux frères, mes deux belles-soeurs et d'autres membres de la famille", a raconté Noor Jan.

  • Afghanistan : Les talibans s'emparent d'une deuxième capitale provinciale

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    Les talibans se sont emparés, samedi 7 août 2021, de la ville de Shabarghan (nord), deuxième capitale provinciale à tomber aux mains des insurgés en moins de 24 heures et depuis le début du retrait définitif des forces étrangères d'Afghanistan en mai.

    "Les forces (afghanes) et les responsables ont fui vers l'aéroport" a indiqué à l'AFP Qader Malia, vice-gouverneur de la province de Jawzhan, dont Shabarghan est la capitale, alors qu'à Kaboul, les inquiétudes montent déjà après la chute d'une autre capitale provinciale la veille.

    La province de Jawzhan est le bastion du maréchal Abdul Rashid Dostom, puissant dirigeant de milice ouzbek, réputé pour sa loyauté changeante et sa barbarie. Si son bastion de Shabarghan devait rester aux mains des talibans, ce serait un nouveau revers pour le gouvernement qui a récemment fait appel aux anciens chefs de guerre pour tenter d'endiguer l'avancée des insurgés. Les talibans s'étaient déjà rendus maîtres vendredi d'une première capitale provinciale, Zaranj (sud), sans réelle résistance des forces afghanes.

    Selon un journaliste de Shabarghan qui a demandé l'anonymat, les combats ont débuté vers 04H00 du matin avec des "coups de feu et explosions", avant le retrait des forces pro-gouvernementales vers midi. "Maintenant les talibans sont partout, avec leurs drapeaux (...) les rues sont désertes et nous n'osons pas quitter nos maisons", a-t-il raconté. Un conseiller du maréchal Dostom a confirmé la chute de Shabarghan. "Les forces de sécurité et les responsables se sont retirés dans une zone située à environ 20 km de la ville. Ils s'étaient déjà préparés, notamment en y transférant assez de munitions pour se défendre face à une attaque des talibans", a-t-il précisé. Ehsan Niro, un porte-parole de M. Dostom, a cependant assuré que des miliciens continuent de combattre les talibans aux abords de la ville.

    Les talibans se sont emparés ces trois derniers mois de vastes territoires ruraux et dirigent désormais leurs offensives sur les grandes villes, encerclant plusieurs capitales provinciales, dont Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays.

    La peur à Kaboul
    A Kaboul, des résidents interrogés par l'AFP samedi matin ont exprimé leurs inquiétudes suite à la prise de Zaranj. "Si le gouvernement ne prend pas la situation sécuritaire sérieusement (...) toutes les provinces pourraient tomber aux mains des talibans", a déploré Walid Ahmad, 20 ans, qui a fui les combats à Takhar (nord) il y a deux semaines.

    Mohammad Qaim, 35 ans, a quant à lui fui Lashkar Gah, ville du Sud ravagée par les combats. "Les talibans pourront peut-être prendre plus de villes", s'est-il alarmé, martelant que la situation dépendait de l'interférence de pays tiers. "La guerre est imposée aux Afghans, et les Afghans brûlent."

    Povince de Nimruz : Les talibans contrôlent la ville de Zaranj, la capitale provinciale
    Zaranj est une ville relativement reculée, qui compte environ 63 000 habitants. Un porte-parole de la police de Nimruz, qui a préféré garder l'anonymat pour des raisons de sécurité, a déclaré à l' agence de presse Reuters que les talibans avaient réussi à prendre la ville en raison de l'échec du gouvernement de Kaboul à envoyer des renforts. 
    Un commandant taliban a souligné que la ville est d'une importance stratégique car elle est située à la frontière avec l'Iran. "C'est le début et d'autres provinces vont tomber entre nos mains très bientôt", a-t-il ajouté.
    Aux premières heures du 6 août, les talibans avaient annoncé qu'ils avaient libéré les prisonniers de la prison de Zaranj et pris le contrôle du quartier général provincial des renseignements. Le groupe avait ensuite demandé aux autorités locales de se rendre, en envoyant une demande écrite, accompagnée de photos et de vidéos des combattants à proximité des bâtiments du gouvernement. Les photos montraient les combattants talibans stationnés à l'extérieur de l'enceinte du gouverneur provincial.
    Sur les réseaux sociaux, les vidéos diffusées par les talibans suggèrent un accueil plus chaleureux de la part des civils à Zaranj. Ces publications montrent les talibans brandissant leurs drapeaux sur des véhicules militaires alors que des jeunes hommes et garçons les acclament. Il est cependant difficile de savoir si ces réactions suggèrent un réel soutien aux insurgés ou si les civils doivent montrer leur soutien afin d'assurer leur sécurité.
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    Province de Kunduz : Civils pris au piège à Kunduz
    Depuis Kunduz, ville du Nord assiégée par les talibans depuis des semaines, l'activiste Rasikh Marof a raconté à l'AFP par téléphone que les combats ont fait rage la nuit dernière dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz et près du centre-ville, sans que les talibans ne puissent gagner du terrain. Les assauts sont menés par un nombre considérable de talibans. Les forces gouvernementales ont "sérieusement défendu" la ville pour empêcher les talibans d'entrer, a-t-il expliqué, précisant que ces derniers utilisaient "des mortiers et des armes lourdes".

    Les forces afghanes ont eu recours à des frappes aériennes, selon M. Marod et un responsable local. "De nombreux magasins ont fermé et les gens restent chez eux pour se protéger", a continué l'activiste. Selon le Dr Fazli, responsable de la santé pour la province de Kunduz, contacté par l'AFP dans la matinée, 38 blessés et 11 morts civils avaient été emmenés à l'hôpital principal de la ville depuis la reprise des violences la nuit dernière. "Les ambulances ne peuvent pas se déplacer à cause des combats", a-t-il ajouté, précisant que ces chiffres pourraient augmenter dans la journée.
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    Province de Baghlan
    Huit talibans ont été tués et trois autres blessés après que l'Armée afghane ait repoussé les attaques des talibans dans le district de Khost.
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    Les États-Unis envoient des bombardiers en Afghanistan pour combattre les talibans
    Les États-Unis ont envoyé des bombardiers B-52 Stratofortress en Afghanistan pour combattre les militants talibans, écrit le journal Times, citant des sources de la communauté de défense des États-Unis.
    Le nombre d'avions n'a pas été précisé. Le rapport dit que les Américains frappent dans les provinces de Kandahar, Herat, Lashkar Gah et Helmand.

  • Afghanistan : Informations sécuritaires 

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    E8GSZOTX0AI4sy9.jpegLe chef du service de communication du gouvernement assassiné
    Le chef du service de communication du gouvernement afghan a été assassiné lors de la prière du vendredi à Kaboul, a annoncé le ministère de l'Intérieur, quelques jours après que les talibans ont promis de cibler des responsables gouvernementaux.

    "Malheureusement, les brutaux et sauvages terroristes ont commis un nouvel acte lâche et tué un patriote afghan qui résistait à la propagande ennemie (...), Dawa Khan Menapal (photo ci-contre), lors de la prière du vendredi" dans la capitale, a déclaré le porte-parole du ministère, Mirwais Stanikzai, dans un message WhatsApp à destination des médias.

    Progression des talibans dans les provinces de Nimruz et Jawzhan
    Les talibans sont entrés dans Zaranj, capitale provinciale de la province de Nimruz et Shabarghan, la capitale provinciale de Jawzhan. Vidéo
    Une autre vidéo de Zaranj montre un pillage en cours. Les talibans auraient autorisé les habitants à piller les lieux publics et militaires. 
    Des sources pro-taliban affirment que tous les prisonniers talibans de la prison de Nimruz ont été libérés et transférés dans un endroit sûr.
    Les talibans ont également investi le bâtiment du renseignement afghan (NDS) à Zaranj. La plupart des membres du personnel du NDS ont réussi à prendre la fuite avant l'arrivée des talibans mais il semble que plusieurs ont été capturés vivants par les talibans.

    La situation semble plus confuse à Shabarghan. Une vidéo mise en ligne sur des comptes pro-gouvernementaux affirme que le QG du gouverneur à Shabarghan (Photo) aurait été repris par des miliciens fidèles à Abdurachid Dostum, le chef de guerre d'ethnie ouzbek. Le QG du gouverneur avait déjà été capturé par les talibans pendant un certain temps.
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    Province de Helmand 
    Des centaines de soldats, policiers et fonctionnaires de Kaboul ont rallié les talibans
    Vendedi 6 août, les talibans ont annoncé que des centaines d'employés du gouvernement de Kaboul, des policiers et des soldats de l'armée nationale afghane (ANA) avaient déserté et rejoint leurs rangs dans la province méridionale du Helmand au cours des dernières 24 heures.

    La première défection a eu lieu dans le district de Grichk. 67 membres de l'armée et de la Police nationale afghane (ANP) ont rejoint les rangs des talibans après avoir remis 27 fusils d'assaut, deux cartouches RPG-7, huit fusils de précision, six mitrailleuses lourdes et six armes de poing.

    Dans le district de Nawa-I-Barakzayi, 247 membres de l'armée et de la police ont fait défection. Les déserteurs ont remis 53 fusils d'assaut, cinq mitrailleuses lourdes, quatre obus RPG-7, quatre obus de mortier, un fusil de sniper, quatre armes de poing, trois mitrailleuses légères, une camionnette et une moto aux talibans.

    Et dans le district de Nad Ali, 53 employés du gouvernement de Kaboul se sont « rendus » aux talibans. Les employés ont remis 13 fusils d'assaut et un fusil de sniper au groupe, qui a promis de ne pas leur faire de mal.

    "Lesdits employés ont promis qu'ils ne retourneraient pas dans les rangs de l'ennemi, ils ont donc reçu des cartes de sécurité", ont déclaré les talibans dans un communiqué.

    Les talibans ont peut-être exagéré le nombre de transfuges dans le Helmand. Néanmoins, force est de constater que de plus en plus de personnels quittent les forces gouvernementales afghanes en raison de l'avancée rapide des talibans dans le pays.
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    Province de Kapisa
    Une frappe aérienne jeudi soir dans la zone de Dara-e-Afghanistan du district de Najrab de la province de Kapisa, a éliminé cinq talibans, dont l'un des principaux commandants du groupe, a déclaré Shaykh Shurash, porte-parole de la police de Kapisa

     

  • Afghanistan : Des responsables de Kaboul se rendent à Doha (Qatar) pour des pourparlers avec les talibans

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    Mardi 13 juillet 2021, Tolo News a rapporté qu'une équipe de 11 hommes politiques afghans devait se rendre à Doha d'ici la fin de la semaine.
    La délégation devrait comprendre : Abdullah Abdullah, Hamid Karzai, Yunus Qanooni, Karim Khalili, Mohammad Mohaqiq, Salam Rahimi, Abdul Rashid Dostum, Gulbuddin Hekmatyar, Sayed Sadat Mansoor Naderi, Enayatullah Baligh et Fatima Gailani.

    Abdullah Abdullah, le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, et l'ancien président Hamid Karzai, ont déclaré que Kaboul s'attendait à ce que des mesures importantes soient prises dans les pourparlers de paix dans les prochains jours.

    La réunion aura lieu après les pourparlers de la semaine dernière à Téhéran.

    Certains politiciens, dont le proche collaborateur de l'ancien président Karzaï, Abdul Karim Khurram, ont déclaré que la réunion avait été "très constructive" au cours de laquelle les deux parties ont échangé des recommandations." – a rapporté Tolo.

     

  • Afghanistan : Les forces gouvernementales lancent des contre-attaques dans le nord du pays

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    Les forces gouvernementales afghanes, soutenues par des milices locales dirigées par les dirigeants politiques Turan Ismail Khan et Abdul Rashid Dostum, ont lancé des contre-attaques dans le nord du pays. Ensemble, ils ont réussi à reprendre plusieurs zones aux talibans.

    Les forces d'Abdul Rashid Dostum soutenues par la Turquie
    Les forces d'Abdul-Rashid Dostum, sous le commandement de son fils, seraient actives dans les provinces de Sar-i-Pul, Badghis, Jowzjan, Faryab, Samangan et Kunduz. Ces milices locales reçoivent l'aide de la Turquie.

    Les forces de Turan Islmail Khan soutenues par l'Iran
    Turan Ismail Khan, principalement soutenu par l'Iran, mène des attaques dans la province d'Herat.

    De leur côté, les talibans poursuivent leur offensive dans la province de Kandahar, s'emparant d'avant-postes militaires, d'armes, d'équipements et de routes clés.