Dombrovskis Valdis (chargé du commerce)

  • Crise entre l'Algérie et l'Espagne: l'Union européenne avertit Alger

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    L'Union européenne (UE) a mis en garde, vendredi 10 juin, l'Algérie contre les conséquences des restrictions commerciales qu'elle a imposées à l'Espagne, suite à la suspension par Alger, mercredi 8 juin, de son traité d'amitié et de bon voisinage avec la péninsule Ibérique.

    L'Union européenne a menacé de prendre des « mesures de rétorsion si aucune solution n'est trouvée pour régler le contentieux », entre les deux pays. Ce contentieux a commencé, rappelons-le, en mars dernier suite à la décision du gouvernement espagnol d'apporter son soutien au plan marocain d'autonomie pour la région du Sahara. Le conflit s'est aggravé depuis mercredi, suite à des mesures politiques et économiques prises par les autorités algériennes contre Madrid.

    Dans un communiqué commun, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le vice-président exécutif de la Commission européenne et commissaire en charge du commerce de l'UE, Valdis Dombrovskis, ont qualifié cette décision d'« extrêmement préoccupante ».

    « Nous évaluons les implications des actions algériennes », notamment l'instruction donnée aux institutions financières « d'arrêter les transactions entre les deux pays, qui semble être en violation de l'Accord d'association UE-Algérie, en particulier dans le domaine du commerce et de l’investissement », ont-ils souligné, après une réunion à Bruxelles avec le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares.

    Et les deux hauts responsables européens d'ajouter: « Cela conduirait à un traitement discriminatoire d'un Etat membre de l'UE et nuirait à l'exercice des droits de l'Union au titre de l’accord ». 

    L'UE, a précisé la même source, s’est dite « prête à s'opposer à tout type de mesures coercitives appliquées à l'encontre d'un Etat membre ». Les deux responsables ont rappelé aussi que la politique commerciale est une compétence exclusive de l'Union.

    « Nous défendrons fermement nos entreprises et les intérêts de l’Espagne, qui sont aussi des entreprises de l'UE et qui portent les intérêts de l’UE », a pour sa part assuré le chef de la diplomatie espagnole.

    « Si la résolution du différend est entre les mains de la Commission, le souhait de l'Espagne est qu'il soit résolu le plus rapidement possible par le dialogue et par les voies diplomatiques normales », a ajouté Albares. 

    Après les menaces, Bruxelles a affirmé « tendre la main aux autorités algériennes pour clarifier rapidement la situation », en assurant « continuer de privilégier le dialogue pour résoudre les controverses ».

    « L'Algérie est un partenaire important de l'UE en Méditerranée et un acteur clé pour la stabilité régionale. Nous espérons qu'au nom de notre partenariat solide et à long terme, une solution rapide sera trouvée pour rétablir pleinement les relations commerciales et d’investissement », ont conclu Josep Borrell et Valdis Dombrovskis.

    * Alger regrette la précipitations de l'UE
    La sortie des responsables de l'UE a vite fait réagir la mission de l’Algérie auprès de l’UE. Par voie de communiqué, la mission algérienne « déplore la précipitation avec laquelle la Commission Européenne a réagi sans consultation préalable, ni vérification aucune, auprès du gouvernement algérien, à la suspension par l’Algérie d’un traité politique bilatéral avec un partenaire européen, en l’occurrence l’Espagne, sans s’assurer que cette mesure n’affecte ni directement, ni indirectement ses engagements contenus dans l’Accord d’association Algérie-Union Européenne ».

    La même source a affirmé, dans la foulée, que « s’agissant de la prétendue mesure d’arrêt par le gouvernement des transactions courantes avec un partenaire européen, elle n’existe en fait que dans l’esprit de ceux qui la revendiquent et de ceux qui se sont empressés de la stigmatiser ».

    Alger a assuré également que les approvisionnements en gaz de l'Espagne ne seront pas impactés par les dernières décisions. « Par ailleurs et en ce qui concerne les livraisons de gaz à l’Espagne, l’Algérie a déjà fait savoir par la voix la plus autorisée, celle du président de la République, qu’elle continuera à honorer tous ses engagements pris dans ce contexte, à charge pour les entreprises commerciales concernées d’assumer l’ensemble de leurs engagements contractuels », a fait savoir la même mission.

    Alger a visiblement été surpris par la vive réaction de l'Union européenne en soutien à Madrid
    La réaction de l'Union européenne était en effet assez inhabituelle par son contenu et sa rapidité. Cette réaction a été une divine surprise pour Madrid et un choc pour Alger. Elle est sans doute une conséquence de la guerre en Ukraine, l'Union européenne ayant peut être compris qu'elle n'était pas simplement une zone de libre-échange ouverte au monde entier, mais également une puissance diplomatique en devenir, disposant d'un poids économique considérable.

  • Crisis entre Argelia y España: la Unión Europea advierte a Argel

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    La Unión Europea (UE) advirtió el viernes 10 de junio a Argelia de las consecuencias de las restricciones comerciales que ha impuesto a España, tras la suspensión por Argel, el miércoles 8 de junio, de su tratado de amistad y buena vecindad con la península ibérica.

    La Unión Europea amenazó con tomar "medidas de represalia si no se encuentra una solución para resolver el conflicto" entre ambos países. Esta disputa comenzó, cabe recordar, el pasado mes de marzo tras la decisión del gobierno español de apoyar el plan de autonomía marroquí para la región del Sahara. El conflicto se ha agravado desde el miércoles, tras las medidas políticas y económicas adoptadas por las autoridades argelinas contra Madrid.

    En una declaración conjunta, el jefe de la diplomacia de la UE, Josep Borrell, y el vicepresidente ejecutivo de la Comisión Europea y comisario de Comercio de la UE, Valdis Dombrovskis, calificaron la decisión de "extremadamente preocupante".

    "Estamos evaluando las implicaciones de las acciones de Argelia", incluida la instrucción dada a las instituciones financieras "de detener las transacciones entre los dos países, lo que parece violar el Acuerdo de Asociación UE-Argelia, en particular en el ámbito del comercio y la inversión", subrayaron, tras una reunión en Bruselas con el ministro español de Asuntos Exteriores, José Manuel Albares.

    Los dos altos funcionarios de la UE añadieron: "Esto llevaría a un tratamiento discriminatorio de un Estado miembro de la UE y socavaría el ejercicio de los derechos de la Unión en virtud del acuerdo. 

    La UE, según la misma fuente, está "dispuesta a oponerse a cualquier tipo de medida coercitiva contra un Estado miembro". Los dos funcionarios también recordaron que la política comercial es una competencia exclusiva de la Unión.

    "Defenderemos con firmeza nuestras empresas y los intereses de España, que también son empresas de la UE y llevan los intereses de la UE", aseguró el jefe de la diplomacia española.

    "Si la resolución del conflicto está en manos de la Comisión, el deseo de España es que se resuelva lo antes posible a través del diálogo y de los canales diplomáticos normales", añadió Albares. 

    Tras las amenazas, Bruselas dijo que estaba "tendiendo la mano a las autoridades argelinas para aclarar la situación rápidamente", asegurando que "seguirá dando prioridad al diálogo para resolver las controversias".

    "Argelia es un socio importante de la UE en el Mediterráneo y un actor clave para la estabilidad regional. Esperamos que, en nombre de nuestra sólida y duradera asociación, se encuentre una solución rápida para restablecer plenamente las relaciones comerciales y de inversión", concluyeron Josep Borrell y Valdis Dombrovskis.

    * Argel lamenta las prisas de la UE
    La salida de funcionarios de la UE hizo reaccionar rápidamente a la misión argelina ante la UE. En un comunicado de prensa, la misión argelina "deplora la precipitación con la que la Comisión Europea ha reaccionado, sin consulta ni verificación previa con el gobierno argelino, a la suspensión por parte de Argelia de un tratado político bilateral con un socio europeo, en este caso España, sin asegurarse de que esta medida no afecta directa o indirectamente a sus compromisos contenidos en el Acuerdo de Asociación Argelia-Unión Europea".

    La misma fuente afirmó, en el mismo sentido, que "en cuanto a la supuesta medida de detener las transacciones actuales del Gobierno con un socio europeo, de hecho sólo existe en la mente de quienes la reclaman y de quienes se han apresurado a estigmatizarla".

    Argel también aseguró que el suministro de gas de España no se verá afectado por las últimas decisiones. "Por otra parte, en lo que respecta a los suministros de gas a España, Argelia ya ha hecho saber a través de la voz más autorizada, la del Presidente de la República, que continuará cumpliendo todos sus compromisos en este contexto, siendo las empresas comerciales afectadas las responsables de cumplir todos sus compromisos contractuales", dijo la misma misión.

    Argel se mostró visiblemente sorprendido por la fuerte reacción de la Unión Europea en apoyo de Madrid
    La reacción de la Unión Europea fue realmente inusual por su contenido y rapidez. Esta reacción fue una sorpresa divina para Madrid y un shock para Argel. Sin duda, es una consecuencia de la guerra de Ucrania, ya que la Unión Europea puede haberse dado cuenta de que no es sólo una zona de libre comercio abierta a todo el mundo, sino también una potencia diplomática en ciernes, con un peso económico considerable.