Debretsion Gebremichael

  • Ethiopie : La région du Tigray largement contrôlée par les forces fédérales, selon le gouvernement

    Imprimer

    La région du Tigray est très largement contrôlée par les forces fédérales, a déclaré lundi un porte-parole du gouvernement éthiopien qui conduit une offensive dans la zone depuis près de trois semaines.

    Selon ce porte-parole, les combattants du Tigray ont tiré lundi plusieurs roquettes sur Bahir Dar, chef-lieu de la région voisine d'Amhara, dont les autorités soutiennent l'opération gouvernementale.

    Le chef-lieu du Tigray encerclé par l'armée éthiopienne, selon Addis-Abeba
    L'armée éthiopienne a achevé l'encerclement de Mekelé, chef-lieu de la région dissidente du Tigray, a fait savoir lundi le gouvernement central, qui avait donné la veille 72 heures aux forces locales pour capituler. "Le début de la fin est imminent", a déclaré Redwan Hussein, porte-parole du gouvernement, près de trois semaines après le début de l'offensive ordonnée par le Premier ministre Abiy Ahmed, qui menace de déstabiliser la Corne de l'Afrique.

    Le chef du gouvernement a sommé les forces du Front de libération du peuple du Tigray (TPLF), dont les dirigeants gouvernent cette région montagneuse peuplée de cinq millions d'habitants, de déposer les armes d'ici mercredi sous peine d'un assaut de Mekelé. La ville compte un demi-million d'habitants. Debretsion Gebremichael, président du Tigray, a démenti l'encerclement de Mekelé et a déclaré à Reuters que cet ultimatum était un prétexte pour permettre aux forces gouvernementales de se regrouper après les défaites qu'elles ont selon lui subies sur trois fronts. "Nous avons des principes et sommes prêts à mourir pour défendre notre droit d'administrer notre région", a-t-il ajouté.

    Le conflit, qui a éclaté le 4 novembre, a déjà fait des centaines, voire des milliers de morts et a poussé près de 40.000 Ethiopiens à se réfugier au Soudan voisin. Il s'est étendu au-delà du Tigray, les rebelles du TPLF (Front de libération du peuple du Tigray) ayant tiré des roquettes dans la région voisine d'Amhara et à la frontière avec l'Erythrée.

  • Ethiopie : Les Tigréens détruisent l'aéroport d'Aksoum

    Imprimer

    Les médias éthiopiens ont rapporté que le Front populaire pour la libération du Tigray (TPLF) a détruit un aéroport dans la ville d'Aksoum après que les forces fédérales aient donné aux Tigréens 72 heures pour se rendre.

    Le chef du Front de libération du Tigray, Debrecion Gebremaikle, a déclaré à "Reuters" que "la date limite était un rideau pour permettre aux forces gouvernementales de se regrouper après les défaites subies sur trois fronts".

    Reuters n'a pas été en mesure de vérifier les dernières informations, et il est difficile de vérifier les allégations de chacune des paries compte tenu de l''interruption des services Internet et téléphoniques.

  • Ethiopie : L'armée menace la capitale du Tigray d'un assaut "impitoyable"

    Imprimer

    L'armée éthiopienne a prévenu dimanche 22 novembre de l'imminence d'une virulente attaque contre Mekele, capitale régionale dissidente du Tigray et siège du gouvernement local que le pouvoir fédéral cherche à déloger, appelant les civils à fuir tant qu'il est encore temps.

    "La prochaine bataille décisive est d'encercler Mekele avec des chars", a déclaré à des médias gouvernementaux un porte-parole de l'armée, Dejene Tsegaye, menaçant d'assiéger la ville, fief du Front de libération du peuple du Tigray (TPLF) qui dirige la région. Ce porte-parole a ajouté à l'attention du demi-million d'habitants: "Sauvez-vous. Des directives vous ont été communiquées pour vous dissocier de la junte, après il n'y aura aucune pitié".

    Debretsion.jpegLe Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclenché cette opération le 4 novembre contre le TPLF, les accusant de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d'avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités tigréennes. Le chef du TPLF, Debretsion Gebremichael (photo), a promis de livrer des "combats acharnés" pour freiner l'avance de l'armée éthiopienne. "Ils continueront à payer pour chaque mouvement", a-t-il déclaré à l'AFP. Il a aussi prévenu qu'une attaque sur Mekele ne marquerait pas la fin du conflit: "Tant que la force d'occupation sera au Tigray, les combats ne cesseront pas". Samedi, le gouvernement avait affirmé que l'armée avançait vers Mekele et avait pris le contrôle de plusieurs villes, dont Aksoum et Adigrat, à quelque 117 km au nord de la capitale régionale.

    Région coupée du monde
    "Les forces militaires ont pris le contrôle de la ville Edaga Hamus, qui est sur la route allant d'Adigrat à Mekele" et située à 100 km de Mekele, a déclaré dimanche une agence gouvernementale, Ethiopia State of Emergency Fact Check. "Les forces sont actuellement en train d'avancer vers le dernier objectif de l'opération, la ville de Mekele", a-t-elle ajouté. Aucune des affirmations de l'un ou l'autre camp ne sont vérifiables de source indépendante, le Tigray étant quasiment coupé du monde.

    Le TPLF a assuré samedi que des civils avaient été tués lors d'un "intense bombardement" d'Adigrat par l'armée éthiopienne. Le gouvernement affirme que l'opération militaire ne cible pas les civils. Aucun bilan précis des combats, qui ont fait au moins des centaines de morts depuis le 4 novembre, n'est disponible de source indépendante. Mais plus de 36.000 Ethiopiens ont déjà gagné le Soudan, selon la Commission des réfugiés du Soudan.

    Jusqu'à présent, les deux camps n'ont pas répondu aux appels à la désescalade de la communauté internationale, inquiète des risques de déstabilisation de Corne de l'Afrique.

    L'Erythrée impliquée
    Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a demandé "l'ouverture de corridors humanitaires" pour venir en aide à la population prise au piège des combats. L'opération militaire d'Addis Abeba a dépassé les frontières du pays, avec au nord des tirs de roquettes du TPLF qui ont visé la capitale de l'Erythrée Asmara.

    Le TPLF accuse les autorités érythréennes de laisser les forces d'Addis Abeba utiliser son territoire et l'armée érythréenne de leur prêter main-forte dans des combats au Tigray.

    Après avoir dominé durant 15 ans la lutte armée en Ethiopie contre le régime militaro-marxiste du Derg, renversé en 1991, le TPLF a contrôlé d'une main de fer durant près de trois décennies l'appareil politique et sécuritaire du pays, avant d'être progressivement écarté par M. Abiy depuis qu'il est devenu Premier ministre en 2018. Les responsables du TPLF se sont retranchés dans leur fief du Tigray, d'où ils ont défié ces derniers mois l'autorité du gouvernement fédéral.

    Plusieurs mois de tensions ont culminé avec l'organisation au Tigray d'un scrutin qualifié "d'illégitime" par le gouvernement fédéral et le refus du TPLF de laisser un général de l'armée fédérale prendre ses fonctions au Tigray. En envoyant l'armée au Tigray, M. Abiy affirme avoir répondu aux attaques de deux bases militaires de la région par les forces du TPLF.

  • Ethiopie : Chaque camp revendique des succès militaires au Tigray

    Imprimer

    Le gouvernement éthiopien et les autorités régionales du Tigray ont revendiqué mercredi, chacun de leur côté, d'importantes victoires militaires dans le conflit qui les oppose depuis deux semaines.

    Le 4 novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée fédérale à l'assaut de cette région dissidente du nord de l'Ethiopie après des mois de tensions avec les autorités régionales du Front de libération des Peuples du Tigray (TPLF).

    La réalité de la situation sur le terrain est difficile à évaluer en raison d'un blackout sur les communications dans la région et des restrictions imposées aux déplacements des journalistes. "L'armée gagne sur tous les fronts", a affirmé mercredi Berhanu Jula, le chef de l'armée éthiopienne, à plusieurs médias officiels. "Le plan du TPLF de pousser l'Ethiopie vers une guerre civile et de la désintégrer a échoué et (le TPLF) est actuellement aux abois car il est cerné", a-t-il ajouté.

    Mardi soir, le gouvernement éthiopien affirmait contrôler plusieurs villes de l'Est du Tigray, notamment Mehoni, située à 125 km au sud de la capitale régionale Mekele, vers laquelle son armée était "en train d'avancer". Addis Abeba a accusé le TPLF d'avoir détruit quatre ponts qui mènent à Mekele.

    Le gouvernement, qui affirme contrôler depuis plusieurs jours l'Ouest du Tigray, a indiqué mardi soir avoir pris Shire, une localité du Nord abritant des camps de réfugiés érythréens, et "avancer" vers Aksoum, haut lieu de la religion éthiopienne orthodoxe. De leur côté, les forces tigréennes ont également revendiqué des victoires militaires, sans donner de précisions géographiques.

    "Nous infligeons de lourdes défaites sur tous les fronts à la force qui est venue nous attaquer", a dit le président du Tigray Debretsion Gebremichael dans un communiqué. "J'appelle tous les Tigréens à sortir en masse pour repousser les envahisseurs et pour continuer à infliger de lourdes pertes et défaites à l'ennemi", a-t-il ajouté.

    "Cauchemar"
    L'armée éthiopienne a mené plusieurs séries de frappes aériennes, visant officiellement des objectifs militaires comme des dépôts d'armes et de carburant. Au sol, les combats ont fait plusieurs centaines de morts et poussé plus de 27.000 personnes à fuir vers le Soudan voisin. L'ONU s'est alarmée mardi de la "crise humanitaire à grande échelle" qui se développe à la frontière entre les deux pays, traversée chaque jour selon elle par 4.000 personnes.

    L'ONG Islamic Relief, présente sur place, a qualifié mercredi de "cauchemar" les conditions d'accueil des réfugiés, principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, qui n'ont pour la plupart accès ni "à de la nourriture ni à l'eau courante". "Chaque jour le nombre (de réfugiés) et les besoins augmentent mais la capacité de réponse sur le terrain n'est pas suffisante", dit Elsadig Elnour, directeur de l'ONG au Soudan.

    Au Tigray, la branche éthiopienne de la Croix-Rouge a "transporté des centaines de personnes blessées dans les zones touchées par des combats", indique dans un communiqué le Comité international de la Croix-Rouge.

    Il ajoute que les hôpitaux du Tigray et de l'Amhara, région frontalière située au sud, ont "urgemment besoin" de lits supplémentaires. La communauté internationale s'inquiète également des conséquences sur la stabilité de la Corne de l'Afrique de ce conflit qui menace de s'étendre à travers l'Ethiopie et au-delà.

    Après avoir visé deux aéroports en territoire Amhara, le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l'Erythrée voisine. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo y a vu une tentative des autorités tigréennes de "déstabiliser la région". Le vice-Premier ministre éthiopien Demeke Mekonnen a été reçu par plusieurs chefs d'Etat est-africains - Ouganda, Kenya, Rwanda - qui ont tous appelé au retour rapide de la paix. Un autre responsable éthiopien s'est rendu lundi à Djibouti, qui a offert son aide pour parvenir à une résolution pacifique de la crise.

    Addis Abeba a affirmé mardi entrer dans la phase "finale" de cette opération militaire. Le même jour, le ministre de la Défense, Kenea Yadeta, a déclaré qu'elle se terminerait "probablement dans moins de 10 à 15 jours", dans une interview à la télévision allemande DW.

    Mais selon des sources diplomatiques, il est loin d'être évident que les forces fédérales parviennent à défaire rapidement le TPLF, qui possède d'importants équipements militaires et compterait quelque 250.000 soldats (force paramilitaire et milice) bien entraînés à ces terrains montagneux. Les effectifs de l'armée éthiopienne sont estimés à 150.000 hommes, sans compter les forces spéciales et les milices.

    BREAKING: Shire town has fallen to Ethiopian forces and their allies. Tigrayan forces may have pulled back to the highland areas. Report that Axum has also fallen.

    BREAKING : la ville de Shire, après d'intenses bombardements,  serait tombée aux mains des forces fédérales et de leurs alliés, des forces érythréennes et de l'Etat d'Amhara. Les forces du Tigray semblent s'être retirées dans les régions montagneuses entourant la ville. La ville d'Aksoum serait également tombée.

    A noter que Shire abrite des milliers de réfugiés érythréens.

  • Ethiopie : Des habitants du Tigray fuyant vers le Soudan décrivent les frappes aériennes et des meurtres à la machette

    Imprimer

    Les civils fuyant les combats dans la région du Tigray, au nord de l'Éthiopie, ont décrit des bombardements des avions gouvernementaux, des tirs dans les rues et des meurtres à la machette, alors qu'ils tentaient de gagner le Soudan voisin.

    Vendredi 13 novembre, dans la ville frontalière soudanaise d'al-Fashqa, qui accueille déjà plus de 7 000 réfugiés, des réfugiés du Tigray, où les forces gouvernementales affrontent des combattants fidèles aux dirigeants rebelles locaux, ont déclaré à Reuters.

    Reuters s'est entretenu avec une douzaine de réfugiés du Tigray, dans la ville frontalière soudanaise d'al-Fashqa, qui accueille déjà plus de 7 000 réfugiés. Beaucoup d'entre eux ont décrit avoir vu des cadavres joncher les routes alors qu'ils fuyaient sous le couvert de l'obscurité, craignant d'être retrouvés et tués.

    Ils ont dit que beaucoup d'autres Éthiopiens devraient les rejoindre au Soudan dans les jours à venir.

    Barhat, 52 ans, a déclaré qu'elle et d'autres personnes avaient fui Moya Khadra après que des personnes de la région d'Amhara, qui borde le Tigray et dont les dirigeants soutiennent le Premier ministre Abiy Ahmed, les aient attaqués.

    "Ils ont tué tous ceux qui se disaient originaires du Tigray. Ils ont volé notre argent, notre bétail et nos récoltes dans nos maisons et nous avons couru avec seulement les vêtements sur le dos", a-t-elle déclaré.

    Les résidents soudanais locaux ont dit qu'ils avaient entendu les frappes aériennes du gouvernement éthiopien au Tigray jusqu'à mardi et des témoins oculaires ont dit que certains des réfugiés avaient été blessés et transférés dans un établissement médical local.

    "Les bombardements ont démoli des bâtiments et tué des gens. Je me suis échappé, en partie en courant à pied et en partie en voiture. J'ai peur. Des civils sont tués", a déclaré Hayali Kassi, un chauffeur de 33 ans de Humera, une ville proche des frontières de l'Ethiopie avec le Soudan et l'Erythrée.

    Les gens se battent pour la nourriture
    Abiy a déclaré que les avions du gouvernement bombardaient des cibles militaires au Tigray, y compris des dépôts d'armes et des équipements contrôlés par les forces tigréennes.

    Kassi et quatre autres réfugiés ont déclaré avoir vu des soldats érythréens se battre aux côtés de l'armée éthiopienne contre le Front populaire de libération du Tigray (Tigray People's Liberation Front, TPLF). Reuters n'a pas pu le confirmer de manière indépendante.

    Le chef du Tigray, Debretsion Gebremichael, a déclaré mardi que l'Erythrée avait envoyé des troupes à travers la frontière pour soutenir les forces gouvernementales éthiopiennes mais n'a fourni aucune preuve.

    Le ministre érythréen des affaires étrangères, Osman Saleh Mohammed, a démenti cette affirmation, déclarant à Reuters: "Nous ne prenons pas part au conflit." Le ministère des affaires étrangères érythréen n'a pas fait de commentaires supplémentaires après les propos des réfugiés.

    Des sources de sécurité soudanaises ont déclaré à Reuters que des individus armés en uniforme militaire étaient entrés au Soudan depuis l'Ethiopie. Reuters n'a pas pu déterminer à quel camp ils appartenaient.

    Un témoin de Reuters a déclaré que beaucoup de ceux qui ont fui vers Al-Fashqa, qui se trouve sur les rives de la rivière Tezeke, étaient des femmes et des enfants. Des querelles ont éclaté à propos des réserves limitées de nourriture et d'eau fournies par l'armée soudanaise.

    "La faim règne ici, et les organisations internationales n'ont pas encore fourni d'aide... un grand nombre de personnes ont traversé la frontière au cours des trois derniers jours et leur nombre est bien plus important que ce que le gouvernement avait estimé", a déclaré un responsable local de la sécurité à Al-Fashqa.

    L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré vendredi que les combats en Éthiopie avaient poussé plus de 14 500 personnes à fuir au Soudan jusqu'à présent.

     

     

     

  • L'Ethiopie "rêve" si elle croit à une victoire rapide, dit le président du Tigray

    Imprimer

    Ceux qui croient en une victoire prochaine de l'armée fédérale éthiopienne au Tigray "rêvent éveillés", a assuré vendredi le président de cette région dissidente d'Ethiopie, démentant la fin rapide, promise par le gouvernement, de l'opération militaire lancée le 4 novembre. Jeudi, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, a promis une victoire "d'ici relativement peu de temps" face aux forces du Front de libération des Peuples du Tigray (TPLF), parti qui dirige de longue date cette région du Nord du pays.

    Cette affirmation "est un rêve éveillé", lui a répondu le président du Tigray, Debretsion Gebremichael, joint par l'AFP depuis Addis Abeba via une messagerie. "Nous sommes des gens fiers qui pouvons nous défendre. (Cette terre) est un cimetière pour les envahisseurs", a-t-il ajouté.

    M. Debretsion a également fermement démenti l'implication des troupes loyales au TPLF dans un "massacre" de civils au Tigray, comme l'affirment des témoignages rapportés jeudi par Amnesty international. "Cela ne repose sur rien. Cela ne peut pas être lié à nous", a-t-il affirmé, ajoutant: "Nous avons nos valeurs, nous avons nos règles. Nous savons comment traiter les gens."

    Il a revanche accusé l'aviation éthiopienne d'avoir tué des civils lors de ses frappes à Mekele, la capitale régionale, et à Adigrat, localité proche de la frontière avec l'Erythrée. Il a également souligné que les combats avaient déplacé des centaines de milliers de personnes à l'intérieur du Tigray.

    Le Tigray accuse l'Erythrée d'implication dans le conflit
    "La conséquence la plus importante du conflit pour le moment ce sont les déplacements. Bien sûr il y a des morts, mais nous n'avons pas les chiffres", a-t-il déclaré, accusant également l'armée de l'Erythrée voisine d'être impliquée dans le conflit, ce que dément l'Ethiopie.

    Le blackout sur les communications dans la région et les restrictions aux déplacements des journalistes rendent difficiles la vérification indépendante des informations de chaque camp. Un mandat d'arrêt a été lancé jeudi par la justice éthiopienne contre M. Debretsion et 63 autres personnes considérées comme "mettant en danger l'existence" de l'Ethiopie.

    M. Abiy justifie son intervention militaire par la nécessité de rétablir des "institutions légitimes" au Tigray, où les autorités défient depuis plusieurs mois le gouvernement fédéral et après les attaques de deux bases de l'armée éthiopienne sur place qu'il a attribuées aux forces loyales au TPLF, mais que celui-ci dément.

    Vendredi, le bureau du Premier ministre a annoncé la nomination de Mulu Nega, jusqu'ici ministre des Sciences et de l'Education supérieure, au poste de directeur d'une nouvelle "administration provisoire de l'Etat régional du Tigray".