Dbeibah Abdul Hamid Mohammed

  • Libye : Haftar gèle ses fonctions militaires pour se présenter à la présidentielle

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    Le maréchal Khalifa Haftar, chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), s'est retiré provisoirement de ses fonctions militaires mercredi 22 septembre 2021 avant une candidature attendue à la présidentielle prévue le 24 décembre.

    Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie à des violences sanglantes et à des luttes entre pouvoirs rivaux dans l'est et l'ouest du pays. Homme fort de l'est libyen, le maréchal Haftar, 77 ans, a annoncé dans un communiqué la nomination "d'un remplaçant provisoire à la tête de l'ANL" jusqu'au 24 décembre, date des élections législatives et présidentielle.

    Cette annonce officielle intervient deux semaines après l'adoption d'une loi électorale controversée qui permet à M. Haftar de se porter candidat à la présidentielle et de pouvoir retrouver son poste militaire s'il n'était pas élu. Le remplaçant de Haftar, le général Abdelrazzak al-Nadhouri "occupera les fonctions de commandant général (de l'ANL) pour une période de trois mois, du 23/09/2021 jusqu'au 24/12/2021", selon le communiqué.

    La loi électorale controversée avait été ratifiée par le chef du Parlement, Aguila Saleh, un allié de M. Haftar, sans être soumise à un vote, au grand dam des dirigeants de l'ouest libyen.

    "Annonce informelle" 
    L'article de loi dispose qu'un militaire peut se présenter à la présidentielle, à condition d'abandonner "ses fonctions trois mois avant le scrutin", et "s'il n'est pas élu, il pourra retrouver son poste et recevoir ses arriérés de salaire".

    Dans un nouvel épisode de tensions, le Parlement libyen basé dans l'est du pays a voté mardi 21 septembre une motion de censure contre le gouvernement d'Abdelhamid Dbeibah, qui a son siège à Tripoli (ouest), prenant le risque de torpiller les élections, cruciales pour l'avenir du pays. "Haftar a nommé son chef d'état-major Nadhouri au poste de commandant général de l'ANL et prend congé jusqu'au 24 décembre dans ce qui semble être l'annonce informelle de son intention de se présenter à la présidentielle", a résumé sur Twitter Emadeddin Badi, expert à la Global Initiative basée à Genève.

    Le militaire septuagénaire, accusé par ses détracteurs de vouloir instaurer une dictature militaire, cherche ainsi à conquérir le pouvoir par les urnes après l'échec retentissant de son aventure militaire aux portes de Tripoli, siège de l'ex-gouvernement d'union, en 2019. Après des mois de combats, sa tentative est repoussée par les forces pro-GNA, aidés militairement par la Turquie. Haftar bénéficiait du soutien non déclaré des Emirats arabes unis, de l'Egypte, de la Russie ou encore de la France.

    Carte politique 
    Les combats ont cessé en 2020 et un cessez-le-feu entre rivaux a été signé en octobre de la même année. Un gouvernement unifié et transitoire dirigé par l'homme d'affaires Abdelhamid Dbeibah a été formé en mars 2021 pour achever l'interminable transition politique qui dure depuis dix ans. La formation de ce cabinet au terme d'un processus politique parrainé par l'ONU avait offert une lueur d'espoir. Mais la reprise des négociations entre les différentes parties libyennes et la formation de ce gouvernement d'union a peu à peu laissé place aux divisions, rendant la tenue des élections très hypothétique.

    Khalifa Haftar s'est fait discret à mesure que la voie politique prenait le dessus sur l'option militaire. Il s'est peu à peu repositionné sur l'échiquier du pouvoir, en jouant cette fois la carte politique, avec en ligne de mire la présidentielle.

    Originaire de Cyrénaïque, Khalifa Haftar est sorti de l'ombre au début de la révolte de 2011 à laquelle il a pris part. Quatre décennies plus tôt, ce soldat formé dans l'ancienne Union soviétique, avait adhéré au coup d'Etat militaire de 1969 qui avait renversé la monarchie des Senoussi et porté Kadhafi au pouvoir. Il participe à la guerre tchado-libyenne (1978-1987) mais est fait prisonnier à Ouadi Doum, à la frontière du Tchad. Il est alors lâché par Kadhafi, qui affirme que le général ne fait pas partie de son armée.

    Les Américains parviennent à le libérer de prison lors d'une opération qui reste aujourd'hui encore une énigme, et lui accordent l'asile politique. Aux Etats-Unis, il rejoint l'opposition libyenne, et après vingt ans d'exil, retourne en mars 2011 à Benghazi (est), berceau de la révolte.

  • Libye : Arrestation d'un chef de l'Etat islamique

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    Les forces antiterroristes libyennes ont capturé Moubarak al-Kharmi, un haut responsable de l'Etat islamique, lors d'une opération dans la ville de Bani Walidi.

    Dans un communiqué, les Forces d'opérations conjointes ont déclaré que deux autres membres de Daech ont également été capturés au cours de l'opération qui, selon elle, a été menée en coordination avec le bureau du procureur général libyen.

    La déclaration a décrit al-Kharmi comme une figure importante dans les activités du réseau terroriste en Afrique du Nord.

    Pour sa part, le Premier ministre libyen Abdul Hamid Dbeibah a salué l'arrestation d'al-Kharmi comme un "grand succès".

    "L'arrestation de Moubarak al-Kharmi est un grand succès pour nos forces de sécurité et nos vaillants jeunes des Forces d'opérations conjointes. La lutte contre le terrorisme se poursuivra dans toute notre patrie bien-aimée", a déclaré Dbeibah sur Twitter.

    Il a déclaré que la capture d'al-Kharmi allait permettre de « découvrir des renseignements vitaux sur Daech ».

  • Libye: les pays voisins tentent de sauver la voie politique

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    Une rencontre est attendue lundi 30 août entre les ministres des Affaires étrangères des pays limitrophes de la Libye, visant à discuter des obstacles à la bonne poursuite de la voie politique. Pendant ce temps, les divergences entre le Premier ministre par intérim, Abdulhamid Dbeibah, et le Parlement se poursuivent.

    Concrètement, sept pays sont invités à participer aux pourparlers accueillis par l'Algérie. Outre les délégués de Tripoli et d'Alger, il y aura des ministres de Tunisie, d'Égypte, du Soudan, du Tchad et du Mali, ainsi que des représentants de l'Union africaine, de la Ligue des États arabes et des Nations Unies. On s'attend à ce qu'il y ait de multiples dossiers à l'ordre du jour, notamment "l'ingérence étrangère dans la crise libyenne" et la présence continue de forces étrangères et de mercenaires, l'unification des institutions étatiques souveraines et les problèmes de sécurité qui empêchent la mise en œuvre de la feuille de route établie. sous les auspices des Nations Unies. L'objectif ultime est de faire en sorte que la Libye puisse poursuivre la voie de la transition démocratique, qui devrait aboutir aux élections prévues le 24 décembre 2021. 

    La rencontre se déroule parallèlement à l'intensification des divergences et à l'échange d'accusations entre les principaux partis libyens à la tête du pays, notamment entre le gouvernement et le Parlement (HoR), à moins de quatre mois de la date des élections, dont le sort reste incertain. 

    Lundi 30 août, le Premier ministre par intérim a été convoqué au Parlement pour un interrogatoire suite au mécontentement croissant exprimé par certains députés libyens, qui remettaient en cause le travail de l'exécutif. Le 18 août, 11 députés ont signé une déclaration adressée au président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, demandant le retrait de la confiance dans le gouvernement d'union nationale dirigé par Dbeibah, en raison de « son gaspillage continu de l'argent « à l'extérieur du pays et le « non respect des engagements », avec une référence particulière à « l'amélioration des services publics en Libye ».

    Dbeibah a de son côté répondu aux accusations des députés libyens accusant le Parlement d'entraver "de façon continue et délibérée" le travail de son équipe gouvernementale. Le gouvernement, a expliqué le Premier ministre dans un discours adressé à la nation et au président Saleh le 27 août, avait préparé un « programme de développement pour la Libye », mais « le Parlement libyen a délibérément interrompu les plans du gouvernement », en insistant particulièrement sur la référence à la loi de finances, rejetée à plusieurs reprises par les députés du Parlement basé à Tobrouk. En outre, Dbeibah a précisé que les problèmes liés à la tenue des élections à la date prévue ne sont pas logistiques, mais législatifs. 

    L'approbation de l'ensemble du budget unifié est indispensable pour mener à bien les projets prévus et répondre aux besoins de la population, concernant notamment l'électricité, la santé, les infrastructures et les ressources alimentaires. A ce jour, seul le premier poste, relatif aux salaires, a été approuvé, qui est passé à 34,6 milliards de dinars, contre les 33,3 initialement prévus. Lors de la session de mai, le budget présenté s'élevait à 93,7 milliards de dinars libyens, dont 12,6 milliards à allouer aux agences et ministères de l'Etat, 20 milliards pour le développement, 22,6 milliards pour l'appui et 4 milliards pour les dépenses d'urgence. Les objections, tout au long des six séances, étaient variées. Parmi celles-ci, il y avait celles sur le poste développement, sur la nécessité d'allouer un budget spécial à l'armée libyenne, et celles sur la nomination des postes régaliens, qui selon certains devraient être achevées avant l'approbation du budget. Par ailleurs, certains estiment qu'à la base des divergences il y a aussi la demande de Saleh d'accorder au chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), Khalifa Haftar, et à ses milices un quota acceptable, ce qui risque de provoquer l'opposition des composantes militaires et politiques de l'ouest libyen.

    La crainte est qu'une telle situation ralentisse le processus de réconciliation engagé par la Libye suite au cessez-le-feu et compromette les résultats obtenus jusqu'à présent. Ce qui s'est passé d'abord le 5 février, avec la nomination des nouvelles autorités exécutives par le Forum de dialogue politique, puis le 10 mars, avec le vote de confiance au gouvernement intérimaire, a représenté un moment « historique » pour le pays, qui , depuis le 15 février 2011, est le théâtre d'une crise persistante et d'une longue guerre civile. L'accord de cessez-le-feu, signé à Genève le 23 octobre 2020 dans le cadre du Comité militaire mixte 5+5, avait donné un nouvel élan à la voie politique.

  • Libye : nouveaux affrontements violents dans l'ouest du pays

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    La ville de Zawiya, dans le nord-ouest de la Libye, est le théâtre d'affrontements depuis l'aube du vendredi 27 août, définis comme les plus violents de la dernière période. Les adversaires étaient, encore une fois, des milices locales.

    En particulier, les milices fidèles à Muhammad al-Bahrun, surnommée « La souris », liées à la ville d'al-Zawiya, d'une part, et à l'Autorité de soutien à la stabilité d'autre part, dirigée par Abdel Ghani al-Kikli, l'un des combattants les plus connus de Tripoli. Les tensions, selon le journal al-Arabiya, ont éclaté après qu'une force affiliée à al-Bahrun a attaqué certaines positions de l'Autorité de Tripoli, dans le sud de Zawiya. Quelques heures plus tôt, des inconnus armés avaient mené une attaque qui a blessé 4 hommes affiliés à la « souris », des membres de la police judiciaire, et la destruction de plusieurs véhicules. Les combats, rapporte al-Arabiya, ne se sont pas encore complètement apaisés. Des vidéos diffusées en ligne montrent l'utilisation par les deux factions de différents types d'armes, notamment des grenades propulsées par fusée (RPG) et des explosifs.

    La ville de Zawiya, considérée comme l'une des villes de l'Ouest libyen à forte présence de milices, est le théâtre depuis des semaines d'affrontements intermittents entre les différentes formations armées, qui se disputent des zones d'influence et des itinéraires de contrebande, pour tenter de gagner un rôle au sein de l'appareil et des institutions militaires de l'État dans le processus d'unification. Depuis le cessez-le-feu, conclu le 23 octobre 2020, et la formation subséquente du nouvel exécutif intérimaire, les groupes armés qui ont combattu l'Armée nationale libyenne (ANL) contrôlent les rues de la capitale dans toute la région de Tripoli. La population locale, victime d'intimidations, a demandé à plusieurs reprises aux autorités libyennes d'intervenir pour préserver la sécurité et mettre fin à des épisodes similaires à celui du 27 août.

    L'Autorité de soutien à la stabilité elle-même avait été le protagoniste des affrontements en juillet dernier. Elle avait été fondée par le Premier ministre du Gouvernement d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, également ancien chef du Conseil présidentiel, avant la fin de son mandat et le transfert des pouvoirs aux nouvelles autorités intérimaires. Parmi les tâches confiées au nouvel organe figuraient le renforcement des mesures de sécurité dans les « bureaux officiels de l'État », la protection des agents du gouvernement, notamment lors de manifestations publiques, la participation aux opérations de « combat et de poursuite » et le contrôle des mouvements populaires encouragés par des "hors-la-loi". En réalité, selon des sources informées, la décision d'al-Sarraj visait à constituer un groupe capable de le défendre contre les combattants de l'ancien ministre de l'intérieur, Fathi Bashagha, l'un des prétendants au siège de premier ministre.

    Malgré l'interruption des combats sur les différents fronts libyens, la sécurité dans l'Est libyen, toujours contrôlée par des groupes fidèles au général Khalifa Haftar, reste précaire, en raison des « règlements de compte » en cours entre les gangs locaux libyens. . Bien que les autorités de l'est libyen aient affirmé à plusieurs reprises avoir enquêté sur les meurtres « illégaux », les responsables de ces crimes, appelés « tireurs non identifiés », n'ont pas encore été traduits en justice.

    Selon certains, le manque de sécurité tant à l'Est qu'à l'Ouest de la Libye est du à l'absence d'un appareil militaire unifié. Les institutions de sécurité de l'État sont toujours divisées et, par conséquent, incapables de faire face à des situations de chaos. Un premier signe positif en ce sens est survenu le 25 août , lorsque la 166e brigade de Misrata, de l'ouest libyen, et la brigade Tareq bin Ziyad, affiliée à l'armée nationale libyenne, ont formé une force conjointe pour sécuriser la Grande Rivière Artificielle (GMR) , un aqueduc qui puise l'eau douce du Sahara pour l'acheminer vers la côte.

    Comme l'a également souligné la mission de la MANUL, ce qui s'est passé représente un pas important vers la réunification de l'appareil militaire et du pays en général. Le résultat, obtenu en collaboration avec le Comité militaire mixte 5 + 5, « garantira non seulement la sécurité du Grand Fleuve artificiel et des flux continus d'approvisionnement en eau, mais ouvrira la voie à d'autres mesures qui renforceront la confiance entre les belligérants, jusqu'à la pleine mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu et la réunification des institutions de l'État », a déclaré le chef de la Mission, Jan Kubis.

    La Libye a été le théâtre d'une longue guerre civile. Les tensions ont commencé le 15 février 2011, alors que la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi remonte au mois d'octobre de la même année. Depuis cet événement, le pays n'est jamais parvenu à réaliser une transition démocratique et a vu, sur le plan politique, la présence de deux administrations rivales, l'une liée à la Chambre des représentants de Tobrouk, dirigée par Aguila Saleh, et l'autre, celle du GNA, dirigé par Fayez al-Sarraj. Sur le plan militaire, les milices affiliées au GNA ont affronté l'Armée nationale libyenne, dirigée par le général Khalifa Haftar, jusqu'à une première trêve, annoncée le 20 août 2020.

    Le cessez-le-feu du 23 octobre 2020 a également donné un nouvel élan à la voie politique libyenne, conduisant à la formation d'un gouvernement intérimaire unitaire, nommé le  5 février  dernier au sein du Forum de dialogue politique. La mission de l'équipe gouvernementale dirigée par Dbaiba et du Conseil présidentiel, dirigé par Mohamed al-Menfi, est de conduire la Libye vers les élections du 24 décembre, considérées comme une étape importante dans la voie de la transition démocratique de la Libye.

     

  • Libye : L'Etat islamique revendique l'explosion d'une voiture piégée

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    E3OzKJuXMAEgLjw.jpegL'Etat islamique (Daech) a revendiqué lundi 7 juin 2021 l'explosion d'une voiture piégée survenue la veille dans la ville libyenne de Sebha (sud), ayant entraîné la mort de deux agents des forces de l'ordre. Deux agents de sécurité ont été tués et cinq autres blessés dimanche dans cet attentat visant un checkpoint à Sebha, ville désertique située à 750 km au sud de la capitale Tripoli, selon des sources sécuritaires contactées par l'AFP.

    Dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Amaq, l'Etat islamique a revendiqué cette attaque menée par un de ses "chevaliers" contre un "poste de contrôle de la milice" du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen et chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), avançant un bilan de quatre morts. Le kamikaze a été identifié par l'Etat islamique sous le nom de Mohamed al-Mouhajir. Il a activé la charge de sa voiture piégée a l’entrée de la locaux de la police judiciaire [pro Haftar] . Parmi les morts se trouvle chef de la PJ de Sebha, Ibrahim Abdel Nabi.
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    Le chef du gouvernement libyen de transition, Abdelhamid Dbeibah, a condamné dimanche un "acte terroriste lâche" et présenté ses condoléances aux familles des deux "martyrs".

    Il s'agit de la première attaque jihadiste menée par l'Etat islamique dans le pays depuis plus d'un an, rappelle le SITE Intelligence Group, organisme spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes. La dernière opération de l'Etat islamique contre les forces de l'Armée Nationale Libyenne avait pris pour cible la base aérienne de  Tamanhint, le 3 juin 2020. Le dernier attentat à la voiture kamikaze dans le pays a eu lieu  le 7 mai 2018 à Syrte.

    Chef-lieu du Fezzan, la province sud de la Libye, la ville de Sebha a été le théâtre de plusieurs attaques jihadistes ces dernières années. 

    La Libye a plongé dans le chaos avec la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l'existence de pouvoirs rivaux, par des violences sanglantes et par la présence de milices, de combattants étrangers et de groupes jihadistes. L'interminable transition politique libyenne s'est accompagnée d'une désintégration de l'appareil sécuritaire, favorisant l'arrivée dans ce pays d'Afrique du Nord de groupes jihadistes, au premier rang desquels figure l'Etat islamique dès 2014. Le groupe avait alors multiplié les attaques meurtrières, avant de perdre peu à peu de son influence avec la perte de ses fiefs autour des villes de Syrte (nord-centre) fin 2016 et de Derna (est) en 2018. Mais même affaiblis, les jihadistes constituent toujours une menace persistante pour le pays, après leur repli dans le désert ou parmi la population sur la côte méditerranéenne.

    Cet attentat intervient alors que la Libye est engagée dans un processus politique parrainé par l'ONU ayant permis l'installation, en mars, d'un gouvernement de transition dirigé par M. Dbeibah chargé de réunifier le pays et de préparer un double scrutin législatif et présidentiel crucial prévu en décembre 2021.

  • Libye : Démonstration de force d'un groupe armé à Tripoli

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    Des hommes armés ont fait une démonstration de force dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 mai devant un hôtel à Tripoli qui sert de QG au Conseil présidentiel libyen, au moment où de profondes divisions refont surface dans le pays après une embellie politique.

    Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des dizaines d'hommes armés regroupés devant l'entrée de l'hôtel Corinthia, présentés comme des milices par des médias locaux.

    La porte-parole du Conseil présidentiel Najwa Wheba, citée par l'agence libyenne de presse Lana, a confirmé cette descente menée dans "un des quartiers généraux où se réunit le Conseil".

    "Aujourd'hui est un jour de repos hebdomadaire", a-t-elle toutefois indiqué, signifiant par là que le Conseil présidentiel n'était pas là sur les lieux.

    Najah al-Mangoush.jpegCe qui s'apparente à une démonstration de force des milices de Tripoli vise, selon la presse locale, à protester contre l'appel fait récemment par la ministre des Affaires étrangères Najla al-Mangoush (photo ci-contre) au retrait des mercenaires et combattants étrangers stationnés dans le pays, y compris des troupes turques.

    Proche des cercles de pouvoir dans l'Ouest, Ankara avait permis de mettre en échec, en juin 2020, une offensive de Khalifa Haftar, homme fort de l'Est, lancée en avril 2019 pour tenter de s'emparer de Tripoli.

    Le pays d'Afrique du Nord, plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, était alors divisé entre deux pouvoirs rivaux en Tripolitaine (Ouest) et Cyrénaïque (Est).

    La Turquie avait envoyé drones, instructeurs et conseillers militaires, qui forment désormais des cadets libyens dans le cadre d'une intense coopération entre les deux camps.

    Khalifa Haftar avait bénéficié du soutien de la Russie et des Emirats arabes unis notamment.

    Un cessez-le-feu a été signé en octobre et un gouvernement unifié, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, a été porté au pouvoir au terme d'un processus politique parrainé par l'ONU, validé en mars par un vote du Parlement.

    Selon la feuille de route de l'ONU qui a permis la désignation de M. Dbeibah et d'un Conseil présidentiel de trois membres, le nouvel exécutif devra unifier les institutions pour sortir le pays d'un conflit internationalisé et mener la transition d'ici des élections en décembre.

    En appelant, début mai, la Turquie à "coopérer pour mettre fin à la présence de toutes les forces étrangères", la cheffe de la diplomatie libyenne, originaire de Benghazi (Est), s'est attirée une avalanche de critiques à Tripoli et d'innombrables appels à sa démission.

    Malgré la fin des combats et l'installation d'un pouvoir unifié, de profondes divisions subsistent entre l'Ouest et l'Est, ce dernier étant de facto toujours contrôlé par Haftar, alors qu'on dénombre quelque 20.000 mercenaires et combattants étrangers de différentes nationalités toujours présents en Libye.

     

  • Libye : Moscou prêt à "rétablir pleinement" sa coopération militaire avec la Libye

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    La Russie a dit espérer le retour d'une "pleine" coopération militaire avec la Libye, à l'issue d'une rencontre vendredi entre le ministre russe de la Défense et le chef du nouveau gouvernement libyen unifié, Abdelhamid Dbeibah.

    La Libye tente de s'extraire d'une décennie de conflit depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, suivie de l'affrontement de pouvoirs rivaux et l'implication de puissances étrangères via l'envoi de mercenaires, notamment russes. Jusqu'à très récemment, un gouvernement dans l'Ouest, reconnu par l'ONU et appuyé par la Turquie, s'opposait à un pouvoir dans l'Est, soutenu par Moscou. En mars, Abdelhamid Dbeibah a pris la tête d'un nouvel exécutif unifié qui doit permettre de clore ces divisions.

    "Je considère que votre visite à Moscou est un premier pas vers le rétablissement d'une pleine coopération entre les ministères de la Défense de nos deux pays", a affirmé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, s'adressant à son hôte. "Je suis sûr que le peuple libyen, ami de la Russie, surmontera ces longues années de crise déclenchées par une brutale intervention étrangère", a-t-il ajouté.

    En 2011, le régime de Kadhafi avait été renversé après une opération militaire appuyée par l'OTAN et autorisée initialement par Moscou à l'ONU, avant d'être dénoncée systématiquement par le Kremlin. Ancienne alliée de Mouammar Kadhafi, la Russie avait soutenu après sa mort l'un de ses anciens officiers, Khalifa Haftar, devenu l'homme fort de l'est libyen. Moscou a été accusée d'avoir envoyé à sa rescousse des mercenaires du groupe Wagner.

    Vendredi, Abdelhamid Dbeibah a remercié le président russe Vladimir Poutine et appelé à la création de "nouveaux ponts" entre Moscou et Tripoli, selon le ministère russe de la Défense. Il a également dit avoir besoin du soutien de la Russie pour promouvoir "un nouveau climat économique". Jeudi, M. Dbeibah s'est aussi entretenu avec le Premier ministre russe, Mikhaïl Michoustine, notamment sur les questions énergétiques.