Crise économique et financière

  • Liban : l'alimentation électrique a été rétablie

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    Le ministre libanais de l'Énergie, Walid Fayyad, a annoncé le rétablissement de l'approvisionnement en électricité dans le pays. Il avait été interrompu le 9 octobre lorsque les deux plus grandes centrales électriques, Dir Amar et Zahrani, ont manqué de carburant.

    On supposait que l'électricité ne reviendrait que dans quelques jours. Et une solution permanente aux problèmes de courant alternatif devrait être apportée par la fourniture de gaz égyptien - en transit à travers le territoire de la Jordanie et de la Syrie.

    La crise de l'énergie au Liban : Quelques faits
    De nombreux Libanais ont installés un générateur électrique qu'ils partagent souvent avec des voisins. Le générateur fonctionne à plein temps avec des rationnements mis en place par leurs propriétaires, Dans le cas de notre correspondant (T.G.), celui-ci s’arrête chaque jour pendant 9 heures . 

    20 litres d’essence coûtaient LL 42000 et actuellement  LL 240.000 suite à la levée de la subvention et du fait de la hausse mondiale et de la hausse du dollar qui s'échange pour le moment à LL 19000.

    En ce qui concerne le mazout, celui-ci doit être payé s en dollars cash soit 600$ pour 1000 litres, la quantité nécessaire pour faire fonctionner le générateur pendant une dizaine de jours.

  • Liban : L'électricité coupée dans tout le pays

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    En raison de la pénurie de pétrole, deux des plus grandes centrales électriques du Liban ont été arrêtées, ce qui a provoqué une coupure générale d'électricité dans tout le pays.

    Les autorités libanaises affirment que le black-out total pourrait durer plusieurs jours.

    Le Liban fait face à la pire crise économique de son histoire. La livre libanaise a perdu 90 % de sa valeur. La crise politique prolongée n'a été surmontée qu'après que le Hezbollah ait décidé de soutenir le nouveau gouvernement formé par l'ancien Premier ministre Najib Mikati.

  • Liban : Des camions citernes chargés de pétrole iranien traversent l'Irak et la Syrie jusqu'au Liban, sous la protection des gardiens de la révolution

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    Une quarantaine de camions citernes chargés de pétrole iranien ont traversé la frontière irako-syrienne sous la protection du corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran (CGRI) et des milices qui lui sont fidèles, se dirigeant vers le territoire libanais, tandis que deux pétroliers sont arrivés dans les ports syriens transportant du pétrole brut à transporter vers le Liban. 

    Des sources locales dans la région orientale ont confirmé qu'environ 39 camions citernes sont entrés par les points de passage sous le contrôle des milices affiliées à l'Iran à Mayadin et Bukamal dans la province orientale de Deir Ezzor et se sont dirigés vers le territoire libanais.

    Elles ont expliqué que les camions citernes étaient accompagnés de véhicules militaires de la milice "Abu al-Fadl al-Abbas" affiliée à Qais al-Khazali, qui combat en Syrie sous prétexte de protéger des sanctuaires chiites. Les camions citernes ont pris la route allant de Deir ezZor vers Homs et de là vers le Liban.

    Il est à noter que ce convoi de camions citernes constitue le deuxième envoi de dérivés de carburant à destination du Liban, qui souffre d'une crise pétrolière aiguë.

    Pendant ce temps, le service Tanker Trackers, qui suit le mouvement des pétroliers, a déclaré que deux pétroliers étaient arrivés, lundi 6 septembre, d'Iran vers la Syrie, et que les deux pétroliers transportaient du pétrole brut vers la Syrie, et non pas du carburant vers le Liban.

    Le service Tanker Trackers a déclaré via "Twitter": "Les pétroliers DARAN et GOLROO sont arrivés à Baniyas en Syrie aujourd'hui, comme prévu. Ils transportent du pétrole brut vers la Syrie, pas de carburant pour le Liban.

    Tanker Tracks avait précédemment signalé que ces deux pétroliers, battant pavillon iranien et transportant du pétrole brut, avaient récemment traversé le canal de Suez et se dirigeaient vers la Syrie et non le Liban. 

    Le pétrolier, a rapporté le journal Guardian, devrait arriver au port syrien de Banias au début de la semaine prochaine, au mépris des sanctions américaines qui empêchent les exportations de pétrole d'Iran et les importations vers la Syrie, qui sont tous deux soumis à de strictes restrictions américaines sur le commerce. .

    La dernière étape du voyage est un test critique de la détermination des États-Unis à maintenir l'embargo.

    Selon le journal, les États-Unis n'ont pas révélé ce qu'ils ont l'intention de faire une fois que le cargo franchira le canal de Suez et se dirigera vers le nord en direction de la Syrie. Il devrait être déchargé au port syrien de Banias, et le carburant acheminé par camion de l'autre côté de la frontière vers le Liban.

    Le secrétaire général du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a annoncé le départ des premiers navires iraniens chargés de dérivés du pétrole vers le Liban, ajoutant qu'ils les considérait comme "territoire libanais" dès l'instant où ils quittaient le port iranien.  

    Le Liban souffre d'une pénurie de carburant nécessaire au fonctionnement des centrales de production d'électricité, et de diesel utilisé pour faire fonctionner les générateurs privés, alors que l'épuisement des réserves en dollars de la Banque centrale du Liban l'empêche de financer les importations.

     

  • Liban : Combats devant une station service

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    Des affrontements sanglants avec des armes légères ont éclaté entre un certain nombre de personnes et des propriétaires d'une station-service dans la ville d'Abbasiyé (près de Tyr - Sud Liban). Les affrontements, dus à la pénurie de carburant, ont fait au moins 7 blessés. Les affrontements ont fait six blessés . 

    Des témoins oculaires ont rapporté que les affrontements sont passés de combats à mains nues à l'utilisation de couteaux et de tirs, à la suite desquels 7 personnes ont été blessées. Les forces de sécurité ont intensifié leur présence dans la ville pour mettre fin aux affrontements et empêcher leur répétition.

    Depuis des mois, le Liban connaît une pénurie de carburant, ce qui a entraîné la fermeture de certaines stations, tandis que d'autres connaissent une forte surpopulation, parfois rythmée par des affrontements violents et sanglants.

    Malgré l'annonce par le chef du Hezbollah du départ d'un troisième navire d'Ayrat transportant du carburant iranien pour contribuer à la résolution de la crise. La rue libanaise, tient le Hezbollah pour responsable de la crise, n'a vu aucune amélioration et la rumeur veut que le Hezbollah a acquis ces expéditions pour lui-même

     

  • Liban : de nouveaux documents éclairent le patrimoine immobilier de l’entourage de Riad Salamé

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    (Par Antoine Harari et Clément Fayol)
    Visé par des procédures judiciaires pour “blanchiment” en Suisse et en France; le patrimoine du  gouverneur de la banque centrale libanaise est au cœur des enquêtes des procureurs. Des documents consultés par “Le Temps”  mettent en lumière les coulisses de complexes opérations  immobilières. Révélations. 

    L’arbre généalogique de Riad Salamé est au cœur des enquêtes des justices libanaise, française et suisse. Après la demande d’entraide du Ministère Public de la Confédération, (voir article),  qui le soupçonnait d’avoir détourné avec l’aide de  son frère près de 300 millions de francs au détriment de la Banque Centrale du Liban (BDL), le Parquet national Financier français a suivi le mouvement et s’intéresse aux différents biens liés aux proches du gouverneur. Un juge d’instruction vient d’être désigné suite à deux plaintes déposées à Paris par Sherpa, une ONG parisienne, et Accountability Now, une fondation suisse. La justice française a ouvert une enquête préliminaire sur des faits présumés de «blanchiment en bande organisée».  Dans un Liban ravagé par une crise économique sans précédent, les millions du Gouverneur de la Banque centrale sonnent comme le symbole d’un peuple sacrifié par ses élites. Et alors que l’Union européenne a décidé le 12 juillet 2021 d’établir un dispositif de sanctions pour la classe dirigeante libanaise, chaque élément sur les sociétés ou patrimoines à l’étranger non déclarés pourraient faire évoluer la liste des personnes concernées par les gels d’avoirs. En parallèle des enquêtes judiciaires, pour contourner certains blocages politiques au Liban, plusieurs collectifs de militants anonymes de la société civile ont mis en place une plateforme sécurisée pour lanceurs d'alertes intitulée Alert Lebanon. Des  documents ont commencé à y être soumis. Ceux que le Temps a pu consulter, provenant de cette plateforme ainsi que d’autres sources, éclairent de manière inédite le système Salamé.

    Certains mouvements laissent penser que Riad Salamé tente de mettre de l’ordre dans ses affaires. Mais cela laisse des traces. A commencer par un document enregistré en mai 2021  par le Tribunal de Commerce de Paris. La Cour prend acte du déménagement et changement de nationalité d’une société anonyme luxembourgeoise décidé au début du même mois: une procédure anodine à première vue, si le nom Salamé ne figurait pas au bas du document. Brigitte* Salamé est mineure: c’est donc sa mère Tania*, la quarantaine,  qui signe au nom de toutes les deux en tant que dirigeant de la société. D’après son acte de naissance, que Le Temps a pu consulter, Brigitte est bel et bien la fille de Riad Salamé et de Tania. Elle sera reconnue deux ans après sa naissance par son père et prendra son nom dans la foulée.

    Dans les semaines qui suivent, la mère devient la gérante de trois sociétés. Tout d’abord une société luxembourgeoise, créée quelques jours après que Brigitte devienne Salamé. Puis, dix jours plus tard, une société civile immobilière française, qui achète rapidement un appartement de 237 m2 d’une valeur de 2,4 millions d’euros dans un immeuble d’un quartier cossu du 16ème arrondissement de Paris. Sur cette somme, 1,8 million d’euros seront empruntés à une filiale parisienne de la banque HSBC. Rebelote à l’été 2009 avec un appartement de 179 m2 d’une valeur de 2,9 millions d’euros dans l’ immeuble dans lequel  réside également Tania. Enfin en 2010, une entreprise de coworking est créée à deux pas de l’Arc de Triomphe. Officiellement active dans les télécoms, son site internet la décrit comme un centre de location de salles de bureaux. Avec un million d’euros de chiffre d’affaires annuel, selon ses bilans, cette société est aujourd’hui présidée par Tania qui en a assuré le développement commercial de 2014 à 2019. En parallèle, les achats de biens immobiliers se poursuivent. En avril 2014, un appartement de 222 m2 est acheté par la société immobilière de Tania pour 3,7 millions d’euros, soit la totalité du quatrième étage de l’immeuble occupé par l’entreprise de coworking. D’autres documents prouvent que cette même société immobilière est alimentée par la compagnie luxembourgeoise associée à Tania et à la fille de Riad Salamé. En dix ans,  la compagnie luxembourgeoise a ainsi versé 21,3 millions d'euros à la société immobilière française. Interrogée sur l’utilisation de ces montants ainsi que sur son rôle dans cette affaire, Tania n’a pas souhaité répondre à nos questions. 

    Si le nom du gouverneur de la banque centrale n'apparaît dans aucun document officiel, hormis l’acte de naissance de Brigitte, d’autres éléments suggèrent une gestion bien organisée de l’entourage de Riad Salamé. En avril 2015, Riad Salamé lègue pour 3,85 millions d’euros de patrimoine immobilier à ses quatre premiers enfants, issus de son mariage avec sa première femme. Au même moment, Tania reçoit dix parts de cette même  société immobilière  possédée par Raja Salamé, le frère du gouverneur. Ce dernier est soupçonné par les justices françaises et helvètes d’avoir participé activement aux  montages immobiliers et financiers de la famille. Contactés, Riad Salamé et son frère Raja, à qui les enquêtes du MPC et du PNF n'enlèvent en rien le bénéfice de la présomption d'innocence, n’ont pas répondu aux sollicitations du Temps.

    Les échanges entre les juridictions suisses, françaises et libanaises se sont accélérés ces dernières semaines. Dans un courrier daté du 24 juin auquel Le Temps a eu accès, le parquet libanais, faisant suite aux demandes du MPC, intime à la Banque centrale du Liban de lui transmettre les documents demandés par les procureurs suisses. Quelques jours auparavant, c’est la justice allemande qui avait pris langue avec la justice libanaise, pour l’informer que des documents bancaires achetés à un informateur permettraient d’en savoir plus sur de possibles fonds cachés de l’entourage de Riad Salamé. 

     

  • Liban : Conséquences de la crise financière sur la population libanaise - Manifestations (TV Live)

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    L’économie libanaise est en chute libre alors que le pays ne réussit toujours pas à former un gouvernement.

    Reçu d'un correspondant libanais :
    "Un chèque bancaire de 100,000 dollars est racheté aujourd'hui par certains changeurs à 18,500 dollars cash. La question est de savoir ce que fait le bureau de change de votre chèque bancaire."

    "Il le revend à votre banque avec une petite marge de bénéfice. Tous deux y trouvent leur compte. Le plus grand gagnant est le banquier qui s'est débarrassé d'un compte de 100,000 dollars à un prix ridicule."

    "Il s'agit de la plus grande arnaque du siècle. Les banques épongent une grande partie de leurs dettes sur le dos de ses clients."

    "Le ratio imposé par Salameh, le chef des banquiers, est donc de 3900$ pour 20 000$, soit 19.5% et avec une marge de 1% au changeur cela fait que le client ne recevra que 18.5% de son chèque en US$. Ainsi tous les dépôts en US$ sont dévalués en vertu de ce ratio imposé par la Banque du LibanL. Ce qui fait que les clients  épongent de force les pertes des banques .
    Tout est légal puisque c’est une décision de la Banque du Liban."

    La livre libanaise est tombée aujourd'hui à 21.000 LL pour un dollar sur le marché parallèle
    Saad Hariri avait été désigné Premier ministre en octobre 2020 et devait mettre en place une équipe censée lancer des réformes indispensables pour débloquer notamment des aides internationales cruciales. Après l'annonce de sa récusation, le dollar s'échangeait autour de 21.000 livres libanaises sur le marché parallèle, une dépréciation record de la monnaie nationale dans un pays empêtré dans une crise économique inédite depuis des mois.

    Le Liban est sans gouvernement actif depuis août 2020, après la démission du cabinet de Hassane Diab intervenue dans la foulée de la double explosion dans le port de Beyrouth. Saad Hariri avait été désigné en octobre et il était, depuis, empêtré dans un imbroglio politico-personnel avec le chef de l'Etat et son camp politique, dirigé par son gendre Gebran Bassil. Les deux hommes s'opposent sur leurs prérogatives respectives en matière de formation. M. Hariri reprochait au président d'entraver la formation du gouvernement en insistant sur une "minorité de blocage" au sein de la prochaine équipe ministérielle et en cherchant à imposer une répartition "confessionnelle et partisane" des portefeuilles. La présidence avait pour sa part démenti toute velléité de "minorité de blocage" et exprimé à plusieurs reprises son "étonnement" quant aux "propos" de M. Hariri. La mise sur pied d'un cabinet est pourtant cruciale pour mettre en œuvre des réformes, condition sine qua non à des aides financières internationales qui permettraient d'aider le Liban à s'extraire d'une crise profonde, marquée par une hyperinflation, la paupérisation de plus de la moitié de la population et des pénuries de produits de première nécessité.

    Manifestations après le renoncement de Saad Hariri
    L'annonce du renoncement de Saad Hariri à former un gouvernement et ses conséquences sur la monnaie libanaise ont aussitôt provoqué des manifestations de rues. A Beyrouth, des protestataires ont coupé la route sous le pont de Cola ainsi que la route de Corniche Mazraa. L'autoroute Hadi Nasrallah, dans la banlieue sud de la capitale, était aussi bloquée face à la circulation. Pareil pour l'autoroute al-Assad, dans le quartier de Jnah ainsi que la route de Kaskas. L'autoroute de Naamé qui mène de Beyrouth vers le Sud a également été coupée dans ces deux directions.  Dans le sud du pays, à Saïda, des manifestants ont fermé la route au niveau de la place des Martyrs à l'aide de bennes à ordures. A Tyr, des jeunes ont saccagé des restaurants et cafés après avoir entendu l'annonce de M. Hariri. Dans la Békaa, des manifestants ont coupé la route de Taalabaya dans les deux directions. Au Liban-Nord, des manifestants ont coupé la route Miniyé-Abdé.

    Live TV

    L’armée libanaise a besoin de 100 millions de dollars immédiatement pour les besoins de base des soldats, selon un général
    Les forces armées libanaises ont besoin de 100 millions de dollars immédiatement pour couvrir les besoins de base de leurs soldats, a révélé le e général Youssef Haddad.

    Ses commentaires interviennent alors que l’armée du pays tente d’éviter l’effondrement.

    “Sans le moral et la motivation de nos soldats, cela va avoir un impact négatif sur la mission”, a déclaré le général Youssef Haddad  à CNBC. "Si l’armée s’effondre, le Liban sera perdu."

    Il a ajouté qu’en septembre, l’armée sera dans un ”état critique”.

    Les Forces armées libanaises (LAF) paient l’équivalent de 84 dollars par mois aux soldats enrôlés sur la base du taux de change de 15 500 livres libanaises par dollar américain.

    Avec la monnaie approchant maintenant les 20 000 LBP pour un dollar , ce salaire place désormais le soldat en dessous du seuil de pauvreté.

    Le plus grand défi de l'armée est aujourd’hui d’aider les soldats à joindre les deux bouts.

  • Le Liban proche de "l'explosion sociale"

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    Diyab Hassan.jpgLe Premier ministre libanais, Hassan Diyab (photo), a déclaré que son pays était au bord d'une "catastrophe" et qu'une "explosion sociale" pourrait bientôt se produire. Raison pour laquelle, le soutien de la communauté internationale a été sollicité.

    LE premier ministre, à la tête d'un gouvernement provisoire, a fait cette déclaration mardi 6 juillet 2021, lors d'une rencontre avec des ambassadeurs et des représentants des missions diplomatiques à Beyrouth, au cours de laquelle il souligné combien le peuple libanais fait face à un « sombre destin seul ». 

    Pour Diab, il faut un nouvel exécutif, capable de reprendre les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), qui sont également au point mort, étant donné que l'équipe du gouvernement intérimaire, actuellement au pouvoir, n'en a pas le droit. De plus, pour le Premier ministre, lier l'aide internationale au Liban à la formation d'un nouvel exécutif représente une « menace » pour la survie des Libanais, qui sont les seuls à payer le prix fort d'un « siège » qui, en réalité , n'affecte pas "le corrompu". 

    La population libanaise se plaint de conditions de vie de plus en plus précaires et d'une dévaluation persistante de la livre libanaise, après avoir atteint un niveau record, atteignant un taux de change d'environ 18 000 livres contre un dollar américain sur le marché noir, bien que le taux officiel reste inchangé, soit 1 507 lires par dollar. La monnaie libanaise a perdu environ 90 % de sa valeur depuis le début de la crise économique et financière. En plus d'être la plus grave enregistrée dans le pays du Moyen-Orient depuis la guerre civile de 1975-1990, elle pourrait être pour la Banque mondiale l'une des trois pires crises enregistrées au niveau international au cours des 150 dernières années.

    Pour aggraver la situation libanaise, l'impasse politique persiste. Le 22 octobre 2020 le Premier ministre désigné, Saad Hariri, s'est engagé à remédier à une situation politique de plus en plus précaire. Des consultations ont été lancées depuis, mais le pays n'a pas réussi à trouver une issue à la crise, encore aggravée par la pandémie de Coronavirus et l'explosion qui a frappé le port de Beyrouth le 4 août 2020. Dans ce contexte, plusieurs acteurs internationaux se sont intéressés au dossier libanais, dont la France, exprimant leur volonté d'aider Beyrouth, à condition qu'elle trouve un accord pour former un nouvel exécutif indépendant et non partisan.

    Dans ce contexte, le pays risque de se retrouver sans médicaments . L'alarme a été donnée le 4 juillet par l'Union des importateurs de médicaments et les propriétaires des entrepôts libanais. Ils ont tiré la sonnette d'alarme signalant que les stocks de centaines de médicaments essentiels, y compris pour les maladies chroniques et incurables, étaient épuisés et que des centaines d'autres pourraient bientôt être également indisponibles  si la banque centrale ne libère pas les fonds dans les plus brefs délais. Les activités d'importation, a-t-il été précisé, sont au point mort depuis près d'un mois et bientôt Beyrouth pourrait ne plus être en mesure de fournir des soins de santé à la population. Raison pour laquelle, une action immédiate est nécessaire, sinon la situation pourrait devenir « catastrophique » d'ici la fin juillet.

    C'est la Banque centrale libanaise, également connue sous le nom de Banque du Liban, qui fournit des devises fortes, qui sont utilisées pour importer des médicaments. Or, selon le Syndicat, l'entité n'a pas fourni les dollars promis, accumulant, depuis décembre 2020, une dette d'environ 600 millions de dollars auprès de fournisseurs étrangers, à un moment où les importateurs ne peuvent plus obtenir de nouvelles lignes de crédit. Pour l'Union, la seule solution à court terme consiste à respecter l'accord entre le ministère de la Santé publique et la Banque du Liban, conclu sous l'égide du président Aoun, qui prévoit des subventions pour certains médicaments et équipements de santé, sélectionnés par le ministère lui-même. De plus, selon le syndicat, il est nécessaire de créer un mécanisme de distribution qui garantisse l'approvisionnement des médicaments aux patients dans le besoin.