Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA)

  • Mali : un poste du MNLA attaqué par des éléments armés (CMA)

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    Un poste de sécurité du Mouvement National de libération de l'Azawad (MNLA), membre de la Coordination des Mouvements de l'Azawad (CMA), a été la cible d'une attaque, vendredi 6 mai 2022, à Talatayte dans le cercle d'Ansongo au nord du Mali a indiqué, samedi, la Coordination des Mouvements de l'Azawad (CMA) dans un communiqué affirmant que des morts et des blessés dont une femme ont été enregistrés de part et d'autre.

    Rappelons qu'un officier du Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) a été assassiné le 30 avril dernier par des hommes armés non identifiés à Ber dans la région de Taoudenit au nord du Mali.

    En janvier 2012, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a déclaré la guerre à l'État malien et proclamé l'indépendance de l'Azawad le 6 avril 2012.

    Grâce à la médiation engagée par certains pays et organisations internationales, un Accord pour la paix et la réconciliation a été signé, le 15 mai et le 20 juin 2015 à Bamako, entre les principaux mouvements armés et le gouvernement malien.

  • Mali : un officier du Mouvement de l'Azawad assassiné à Ber

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    Mohamed Ag Ammata.jpegUn officier du Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) a été assassiné samedi 30 AVRIL 2022 par des hommes armés non identifiés à Ber dans la région de Taoudeni au nord du Mali a-t-on appris dimanche auprès de la Coordination des Mouvements de l'Azawad (CMA).

    « La Coordination des Mouvements de l’Azawad a appris avec consternation l'assassinat ciblé ce jour samedi 30 Avril 2022 de Mohamed Ag Ammata dit Amaloch (photo), officier du MNLA, à Ber par des hommes armés non identifiés », a indiqué Mohamed Elmaouloud Ramadane porte-parole de la CMA dans un communiqué.

    « De son vivant, Mohamed Ag Ammata a été de tous les combats pour la cause de l'Azawad », a expliqué la même source affirmant que « la Coordination des Mouvements de l’Azawad invite toutes ses forces à se mobiliser partout pour identifier, traquer et mettre à la disposition de la justice les auteurs de ce crime, procédé de la pire des lâchetés ».

    Et d'ajouter, qu'« en cette douloureuse circonstance, le président en exercice de la CMA présente en son nom et au nom de toute la CMA à sa famille durement éplorée et à l'ensemble du peuple de L'Azawad, ses condoléances les plus émues».

    Pour rappel, 7 combattants appartenant au Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), relevant de la CMA, ont été assassinés en décembre 2021 par des hommes armés non identifiés à Intahaka, dans la région de Gao, au nord du Mali.

    En janvier 2012, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a déclaré la guerre à l'État malien, proclamant l'indépendance de l'Azawad le 6 avril 2012.

    Grâce à la médiation engagée par certains pays et organisations internationales, dont l'Algérie, un accord pour la paix et la réconciliation a été signé, le 15 mai et le 20 juin 2015 à Bamako, entre les principaux mouvements armés et le gouvernement malien.

  • Al-Qaida : un plan d’expansion vers le Golfe de Guinée

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    Le Bénin et le Togo ont essuyé, à la fin de l'année écoulée, des attaques terroristes depuis leurs frontières communes avec le Burkina Faso, ce qui a constitué la principale menace quant à un éventuel transfert des groupes armés de leurs activités, depuis la région du Sahel, au climat sec, vers les pays du Golfe de Guinée qui ont un climat humide et des forêts denses.

    En effet, deux soldats béninois ont été tués dans une attaque terroriste perpétrée, le 2 décembre 2021, aux frontières avec le Burkina Faso et plusieurs autres ont été blessés.

    Une deuxième attaque a eu lieu dans le département de l’Atacora dans le nord du Bénin. Des éléments armés se sont attaqués à une patrouille militaire à Alibori (Nord), le 1er décembre 2021. Deux éléments armés ont été éliminés selon les médias.

    Ces deux attaques sont les premières du genre lancées contre l’armée du Bénin. Toutefois, des éléments armés avaient en 2019 kidnappé deux touristes français sur le territoire béninois avant de les transférer au Burkina Faso. 

    Le Togo a également annoncé que ses forces armées avaient repoussé, au mois de novembre 2021, une attaque terroriste. Un groupe armé avait tenté de franchir les frontières séparant le Burkina Faso du Bénin.

    C'est la première fois que le Togo annonce un affrontement avec des éléments armés, depuis 2018, lorsque l’armée avait lancé une opération militaire pour interdire l'infiltration d'éléments armés depuis le Burkina Faso vers son territoire.

    Les violents accrochages entre l'armée burkinabè et des groupuscules affiliés à Al-Qaïda ont contraint ces derniers à fuir et à se diriger vers les territoires togolais et béninois.

    Le Golfe de Guinée dans le viseur d’al-Qaida
    Les observateurs qui suivent le développement des activités des groupes terroristes en Afrique constatent que ces groupes ont débuté en Algérie, au cours de la décennie des années 90, mais qu’après après avoir perdu leur bataille face à l'armée algérienne à la fin du siècle dernier, ces groupes ont tenté de s'implanter en Mauritanie et après un deuxième échec, ils ont recouru au Nord du Mali.

    Ces groupes armés ont exploité la faiblesse des armées des Etats de la région du Sahel africain ainsi que les conflits ethniques et tribaux qui ont éclaté dans le nord du Mali, en 2012, pour s’allier au début avec les Touaregs et les Azawad.

    Malgré leur incapacité à maintenir leur domination sur les grandes villes dans le nord du Mali, en raison, entre autres, de l'intervention des forces françaises (Opération Serval) en 2013, il n'en demeure pas moins que les groupes terroristes relevant d'Al-Qaïda sont parvenus à s'étendre au-delà du Fleuve du Niger après leur alliance avec le Front de Libération du Macina (FLM).

    L'alliance de quatre groupes armés au Sahel a abouti à leur extension au Niger, puis vers le Burkina Faso et leurs activités couvre désormais, selon des sources officielles, près de 80% de la superficie du Mali.

    L’émergence du groupe Boko Haram dans le nord du Nigeria, en 2009, et la scission intervenue en 2015 au sein, un groupe ralliant l'Etat islamique, a abouti à l'élargissement des activités des islamistes jusqu’au Lac Tchad, dont les rives sont partagées entre quatre pays, en l’occurrence, le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

    Par la suite, la défaite de l'Etat islamique dans la ville libyenne de Syrte, à la fin de l'année 2016, a généré un renforcement de la présence de cette organisation dans les régions du Sahel et du Lac Tchad, après que les éléments qui étaient déployés en Libye trouvèrent refuge à travers les pays du Sahel et le Lac Tchad.

    Plusieurs personnalités politiques et sécuritaires de premier plan avaient mis en garde sur le fait que les pays du Golfe de Guinée étaient désormais dans le viseur des groupes terroristes pour s'étendre et assurer leur expansion.

    Parmi ces personnalités figure Bernard Emié, patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) française, qui avait déclaré, le 1er février 2021, au cours d'une rare apparition publique, que « l'Organisation d'Al-Qaïda dans la Région du Sahel examine actuellement un projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, en particulier vers la Côte d'Ivoire et le Bénin ».

    Cela explique, partiellement, la création par la France de l'Académie internationale de Lutte contre le terrorisme en Côte d'Ivoire, au mois de juin 2021, ce qui sera de nature à renforcer son influence parmi les pays du Golfe de Guinée, compte tenu de la rude concurrence avec des forces régionales et mondiales dans cette région.

    Le journaliste français Nicolas Beau a écrit dans un article mis en ligne sur le site « Mondafrique » que les groupes terroristes ont affirmé, au cours de l'année écoulée, qu'ils « n'ont pas renoncé à leur plan qui prévoit le transfert de leurs activités du Sahel vers le Golfe de Guinée (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Togo) ».

    Le Bénin et le Togo…Les maillons faibles
    Parmi les principaux pays du Golfe de Guinée, le Bénin et le Togo sont visiblement les maillons faibles.

    En effet, ces deux pays ne disposent pas d'une armée comme celle du Ghana (17éme armée africaine) ou la Côte d'Ivoire (24ème armée africaine). Les armées du Bénin et du Togo ne sont même pas classées dans la liste des 140 armées au monde, qui compte 34 armées africaines, ce qui dénote leur faiblesse.

    A titre d'exemple, l'armée du Bénin compte 11.100 soldats et officiers et dispose seulement de 10 chars chinois et de 47 blindés français, américains et chinois de fabrication ancienne, ainsi qu'un nombre réduit d'avions de transport ou de prospection, dont deux seulement parmi ces appareils sont opérationnels selon des médias français.

    De même, l'armée togolaise compte des effectifs de l’ordre de 11.000 éléments et possède 11 anciens chars soviétiques, dont la majorité sont hors service dans d'autres armés, tels que les T-34, ainsi que 15 engins blindés.

    Par ailleurs, aucun détail n'existe pour savoir si l'armée togolaise dispose d'avions de combat ou pas et quand bien même elle en disposerait, ces appareils sont plutôt destinés au transport et à la prospection et non pas au combat et à l’interception.

    Ainsi, il est possible de décrire les armées béninoise et togolaise comme étant les plus faibles parmi celles des Etats du Golfe de Guinée, ce qui fait d’elles l’un des objectifs faciles à atteindre et éventuellement une cible pour les groupes terroristes.

    Boko Haram…une éventuelle menace
    Si l'organisation d'Al-Qaïda se focalise, dans son projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, sur ses bastions au Burkina Faso pour s'infiltrer vers le Bénin à travers ses frontières nord, l'organisation de Boko Haram s'emploierait à attaquer le Bénin à travers ses frontières de l'est que ce pays partage avec le Nigeria.

    En effet, après avoir perdu la majorité de ses fiefs dans la forêt de Sambisa et au Lac Tchad dans le nord-est du Nigeria, suite à de sanglants affrontements avec l'Etat islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), Boko Haram a déplacé ses activités vers des régions éparpillées, en particulier, dans le centre-nord du Nigeria juxtaposant les frontières avec le Bénin.

    Le Bénin a participé à la Coalition régionale mise sur pied pour combattre Boko Haram dans la région du Lac Tchad, aux côtés du Nigéria, du Tchad, du Niger et du Cameroun et représente le seul pays qui n'est pas riverain du Lac.

    La participation du Bénin à cette Coalition, composée de cinq pays, reflète son inquiétude quant à l'extension des activités des groupes terroristes vers son territoire, d'autant plus que cette menace pèse désormais directement sur le pays.

    De plus, des groupes armés évoluent dans le nord-ouest du Nigeria, près des frontières orientales du Bénin, à l'instar du groupe « Ansaru » proche d'Al-Qaïda et qui s’est allié à des bandes organisées locales dans la région. Ce groupe constitue, à son tour, une menace contre ce petit pays du Golfe de Guinée.

    Quant à l'organisation de l'Etat islamique, elle se déploie davantage dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). L'épicentre de son activité s’oriente davantage vers l'est en direction du Lac Tchad et ne semble pas intéressée, particulièrement, par une expansion vers l'ouest du Nigéria, en direction du Golfe de Guinée.

    La situation dans le Golfe de Guinée laisse entrevoir de multiples dangers, d'autant plus qu'al-Qaïda, l'Etat islamique et Boko Haram ciblent les petites armées et les régions pauvres, tout en maîtrisant le jeu des alliances avec les bandes organisées opérant dans les domaines du trafic en tout genre, du kidnapping et du pillage, voire avec les groupes tribaux marginalisés.

    Cette situation contraint les pays du Golfe de Guinée à se préparer à la prochaine phase, aux niveaux sécuritaire, social et politique et à prendre en considération les expériences des autres pays dans la lutte contre le terrorisme, à l'instar de l'Algérie et de la Mauritanie, pour en tirer les leçons requises, tout en suivant de près les évolutions et autres développements dans les Etats du Sahel et de la Coalition du lac Tchad.

  • La région du Sahel sur les traces du scénario afghan (Analyse)

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    (Mustapha Dalaa)
    La chute de l’Afghanistan aux mains des Taliban menace d’embraser davantage la région du Sahel, concomitamment avec la recrudescence des attaques armées perpétrées dans la région, en particulier au Mali, dont les Nations Unies avaient mis en garde quant à son éventuel effondrement, dès lors que la situation a franchi le seuil de la gravité.

    En effet, Iyad Ag Ghali, chef du « Groupe de soutien de l’islam et des musulmans » (GSIM), affilié à al-Qaida dans la région du Sahel, avait félicité, dans une vidéo enregistrée, diffusée depuis plusieurs semaines, le Mouvement des Taliban pour ses victoires remportées en Afghanistan.

    Fondateur du Mouvement « Ansar Eddin » - qualifié par nombre d’observateurs de « Taliban des Azawad » - Ag Ghali est l’un des principaux leaders des Touaregs au Mali.

    Ancien consul de l’Etat malien en Arabie Saoudite, Iyad Ag Ghali vise, actuellement, à cloner l’expérience des Taliban, qui ont récupéré le pouvoir en Afghanistan, après le retrait de l’armée américaine.

    Parmi les facteurs qui encouragent le chef touareg à rééditer la même expérience figure la faiblesse du régime malien. En effet, ce pays a été le théâtre de trois putschs depuis 2012, ainsi qu'une récente décision française prévoit de mettre fin à l’opération militaire « Barkhane » au Sahel et le retrait total du nord du Mali, à l’orée de l’année 2022. Il est prévu que les forces françaises se retirent progressivement des villes de Kidal, de Tombouctou et de Tessalit au début de l’année prochaine.

    Ag Ghali indique, que la décision de la France de se retirer du Mali et de mettre un terme à son opération militaire après signifie qu'elle a échoué à atteindre les objectifs qu’elle s’était fixés.

    Le retrait français du Nord du Mali aboutira logiquement à faire assumer la mission sécuritaire, en premier lieu, aux forces onusiennes, au nombre de 15 000, ainsi qu’à l’armée malienne, présente en effectifs moindres dans ces zones. De plus, l’Algérie, pays limitrophe du Mali (nord), sera également concernée, d’autant plus que ce pays avait déjà été l’objet d’une attaque d’envergure lancée par les groupes armés depuis le territoire malien.

    Un Etat menacé de dislocation
    La situation sécuritaire précaire, la recrudescence des attaques terroristes, l’absence d’une autorité élue et stable, la réduction du soutien international, le réchauffement climatique qui génère des retombées en termes de sécheresse et d’inondations inattendues, et les conflits tribaux entre agriculteurs et nomades, sont autant de crises qui ne menacent pas uniquement le régime actuel de chute mais qui pourraient générer l’effondrement, voire la disparition de l’Etat.

    L’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme au Mali, Alioune Tine, a déclaré, le 6 août courant, que « la propagation rapide de la violence au Mali menace la pérennité de l’Etat en soi. La grave et durable détérioration de la situation sécuritaire a dépassé le seuil de la gravité ».

    Au terme d’une visite de 11 jours au Mali, l’expert onusien a souligné que « L’Etat faible et impuissant fait face à une grande difficulté pour assumer le rôle qui est le sien, s’agissant notamment de la protection de la population civile contre le danger que représentent les groupes armés qui prolifèrent partout dans le pays ».

    Le 27 juillet dernier, le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM) avait revendiqué huit opérations armées commises contre les forces onusiennes, l’armée malienne et les unités françaises durant le même mois.

    Le GSIM est une coalition d’organisations terroristes, en l’occurrence, l’organisation d’al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), le régiment des Mourabitoune (qui a fait scission de l’AQMI), le Front de Libération de Macina et le groupe Ansar Eddine.
    De plus, l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) évolue dans la région de Gao, proche des frontières avec le Niger et ses attaques sont plus sanguinaires et plus violentes.

    Une dangereuse spirale de violence
    Le Mali n’est pas le seul pays de la région à souffrir de la grave menace sécuritaire. En effet, le Niger et le Burkina Faso partagent les mêmes risques, en particulier, dans la zone du « Triangle frontalier ».
    Durant le mois d’août, la zone du « Triangle frontalier » s’est transformée en des « marécages de sang », des suites des attaques armées qui ont fait pas moins de 250 morts, dont des femmes et des enfants.

    Le 18 août, une attaque perpétrée par quelque 400 éléments armés non-identifiés, contre un convoi dans le nord du Burkina-Faso, avait fait 120 victimes, dont 65 civils et 55 militaires. 58 assaillants ont péri dans cette attaque, selon des sources locales et médiatiques.

    Au Mali, 51 civils ont été tués dans une opération armée lancée, le 8 août contre trois villages situés dans la région de Gao, à proximité des frontières avec le Niger. Le 19 du même mois, ce sont 15 soldats maliens qui furent victimes d’une opération similaire dans le centre du pays.

    Le Niger aussi a été touché de plein fouet par la folie sanguinaire des groupes armés. En effet, trente-sept civils, dont seize enfants, ont été assassinés lors d’une attaque commise, le 14 août, dans la région de Tillabéri, située dans le fameux « Triangle frontalier ».

    Le 21 août, des éléments armés ont attaqué à nouveau la mène zone, faisant 17 morts, tous des civils.

    Quelques jours auparavant, le 11 août, des assaillants armés ont tué quinze civils près des frontières du Niger avec le Mali.

    Les armées du Mali, du Niger et du Burkina Faso, appuyées par 1200 soldats tchadiens et des soldats mauritaniens, dans le cadre de la Coalition G5 Sahel, en plus de 5100 militaires français et 15000 soldats onusiens, des centaines d’éléments des forces spéciales européennes (Opération Takuba) et des centaines de membres des forces américaines déployés dans les Etats du Sahel, ne sont pas parvenus à stopper le bain de sang qui secoue la région du Triangle frontalier.

    La situation est extrêmement dangereuse et le Mali, théâtre de deux coups d’Etat en 2020 et en 2021, semble le maillon faible parmi les pays du Sahel.

    L’Organisation al-Qaida s’apprête, d’ailleurs, à proclamer un « émirat islamique » dans le nord du Mali, à l’instar de ce qui se passe en Afghanistan, et ce avant même le parachèvement du retrait français de la région, au début de l’année 2022.

    Cette situation a poussé l‘Algérie à faire part de son « inquiétude quant à la reprise et à la recrudescence du rythme des graves attaques terroristes » dans plusieurs Etats du Sahel au cours des semaines écoulées.


    Les Touaregs peuvent entraver le projet d’al-Qaida
    A l’exception de la branche Ag Ghali, les Mouvements armés Touaregs (Amazighs) et arabes (Azawad), déployés dans le nord du Mali, sont en mesure d’avorter le projet d’al-Qaida visant à proclamer un « Emirat islamique » qui pourrait s’étendre jusqu’au Darfour, dans l’ouest du Soudan.

    L’Algérie pourrait envisager d’intervenir pour empêcher la mise en place d’une alliance entre les Mouvements Touaregs et Azawad d’une part et l’organisation d’al-Qaida d’autre part, comme cela s’était passé en 2012, comptant en cela sur sa fine connaissance des tribus de la région, qui constituent une extension humaine, au-delà de ses frontières, en Afrique sub-saharienne.
    Cette réalité est parfaitement saisie par les Nations Unies dans le but d’empêcher la chute du Nord du Mali dans l’escarcelle d’al-Qaida ou dans le giron de Daech, après le retrait de l’armée française de la région.

    Le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le diplomate mauritanien El-Ghassim Wane , a mis l’accent sur l’importance capitale que revêt l'Accord de Paix et de Réconciliation issu du processus d’Alger de 2015, "devenu inéluctable pour garantir une stabilité durable au Mali".

    Le responsable onusien a ajouté que c’est à la faveur de l’application de l'Accord d’Alger que les parties signataires sont convenues, pour la première fois au Mali à « faire taire les armes ».
    Néanmoins, ce que ne dit pas clairement Wane c’est que les atermoiements de Bamako à mettre en œuvre certains points de l'Accord d’Alger pourraient inciter les Touaregs à se rebeller à nouveau et, pourquoi pas, à s’allier avec les groupes djihadistes pour se séparer du Mali.

    Toutefois, ce scénario est peu probable dans la mesure où les groupes djihadistes s’étaient déjà rétractés des accords passés avec les mouvements rebelles, Touaregs et Azawad, après l’expulsion de l’armée malienne des villes du nord, en 2012, pour s’emparer seuls de l’ensemble de la région.

    La réédition du scénario afghan dans la région du Sahel n’est pas exclue, si les pays de la zone et leurs composantes tribales majeures ne s’activent pas à contrer ce projet avec l’aide des pays limitrophes. Toutefois, al-Qaida et Daech diffèrent dans leur philosophie de combat des Taliban qui demeure un groupe local, tandis que les deux autres organisations ne reconnaissent pas les frontières nationales.

  • Mali : Les mouvements armés du nord créent le "Cadre stratégique permanent"

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    Les principaux mouvements armés du nord du Mali, signataires de l'Accord d'Alger pour la paix et réconciliation, ont annoncé, jeudi, la création d'une structure commune dénommée"Cadre stratégique permanent" (CSP).

    La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d'Alger ont fait cette annonce dans une déclaration publiée à l'issue d'une série de rencontres de deux jours tenues à Rome (Italie) sous l'égide de l'Organisation non gouvernementale italienne "ARAPACIS".

    Constatant "la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel en général et au Mali en particulier, singulièrement dans les régions du Nord/Azawad du Mali", la nouvelle coalition des mouvements armés s'est fixé un certain nombre d'objectifs. Il s'agit, entre autres, de "concrétiser la mise en synergie des efforts en faveur de la mise en œuvre diligente de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d'Alger" et "d'opérationnaliser les mécanismes conjoints de lutte contre l'insécurité sous toutes ses formes afin de garantir la libre circulation des personnes et de leurs biens". Il s'agit également de "réaliser une meilleure cohérence dans la prise en compte des aspirations des populations". Appelant "toutes les communautés" à soutenir ses initiatives et "tous les mouvements favorables à la paix et à la cohésion sociale" à le rejoindre, le CSP a lancé un appel au gouvernement malien et à la médiation internationale à l'accompagner "dans sa mission salutaire au profit des populations tant éprouvées".

    Une rencontre de mise en place des "organes définitifs" du CSP est prévue dans deux mois.

    En 2012, plusieurs mouvements armés, revendiquant une meilleure intégration politique et économique des régions du nord du Mali, ont engagé des offensives contre le pouvoir central, allant jusqu'à occuper certaines régions et villes principales du Nord. Grâce à la médiation engagée par certains pays et organisions internationales, avec l'Algérie comme chef de file, un Accord pour la paix et la réconciliation a été signé entre les principaux mouvements armés et le gouvernement malien en juin 2014 à Alger.

  • Mali : Assassinat de Sidi Brahim Ould Sidati, leader de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA)

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    Brahim Ould Sidati (photo), président en exercice de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), principale coalition d'ex-rebelles, signataire d'un accord pour la paix en 2015, est décédé des suites de blessures subies après qu'un homme armé lui ait tiré dessus devant son domicile mardi matin à Bamako. Transporté à l'hôpital, il est décédé au bloc opératoire. Une deuxième personne a été blessée.

  • Mali : les mouvements de l'Azawad en colère contre Barkhane

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    Mali : les mouvements de l'Azawad en colère contre Barkhane
    La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), regroupant les mouvements armés du nord du Mali, a accusé la force française Barkhane d'avoir interpellé un de ses responsables de la région de Menaka dans le nord du Mali.
     
    "La Coordination des Mouvements de l’Azawad informe l’opinion nationale et internationale que dans la nuit du 3 au 4 janvier 2021, un détachement de la force française Barkhane a encerclé le domicile de Monsieur Halatassane Ag Rhissa, notable et membre de l’Autorité Intérimaire Communale de Tidermene", a indiqué la CMA dans un communiqué.
     
    "Cette opération s’est soldée par son interpellation et le saccage de son domicile à Menaka", a ajouté la même source.
     
    La CMA a appelé "la force Barkhane à relâcher immédiatement M. Halatassane" et a demandé à la même force française "une réparation morale à l’endroit de l’intéressé".
     
    La CMA a aussi invité les différentes forces internationales présentes au Mali "à plus de retenue et de discernement pour ne pas se tromper d’ennemis et d’objectif".