Conseil de transition du sud

  • Yémen : Attentat à Aden contre un convoi officiel, au moins six morts

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    Au moins six personnes ont péri, dimanche 10 octobre 2021, dans un attentat à la voiture piégée dans le sud du Yémen contre un convoi de responsables gouvernementaux, qui ont survécu à l'attaque. 

    Ahmed Lamlas (gouverneur d'Aden).jpegSelon des sources de sécurité, le gouverneur d'Aden, Ahmed Lamlas (photo ci-contre), le ministre de l'Agriculture, Salem al-Socotri, et un troisième responsable dont l'identité n'a pas été précisée dans l'immédiat, étaient à bord du convoi qui roulait à Aden.

    Deuxième ville du pays, Aden est la capitale provisoire du pouvoir yéménite en guerre depuis 2014 contre les houthis, les rebelles chiites qui ont conquis une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa. L'attentat, qui n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, a fait six morts et une dizaine de blessés, selon un nouveau bilan de sources de sécurité. 

    "La voiture piégée a explosé rue al-Moualla au passage du convoi de responsables, dont le gouverneur d'Aden, le ministre de l'Agriculture, ainsi qu'un autre responsable", a indiqué une source de sécurité à l'AFP. Ils ont tous survécu à l'attaque, selon l'agence de presse officielle Saba. Le gouverneur et le ministre de l'Agriculture sont tous deux membres du Conseil de transition du Sud (séparatistes, STC) qui participe au gouvernement d'union avec les partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi reconnu par la communauté internationale. Ce gouvernement siège à Aden.



    Le Sud était un Etat indépendant jusqu'à la réunification du Yémen en 1990. Il existe toujours dans l'ancien Yémen du Sud un fort ressentiment contre les Yéménites originaires du Nord, accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays. Plusieurs attaques antigouvernementales ont été attribuées aux rebelles houthis ces dernières années. D'autres ont été revendiquées par des groupes jihadistes. Après l'attentat, le Premier ministre, Maïn Abdelmalek Saïd, a appelé à une enquête, dénonçant une attaque "terroriste lâche", selon l'agence Saba.

    Emissaire américain 
    Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a lui aussi dénoncé une "opération terroriste", sommant les services de sécurité et les forces armées de "prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir la sécurité et la stabilité" dans cette ville, a rapporté Saba. De son côté, le porte-parole du STC, Ali al-Kathiri, a dénoncé un "complot dangereux" visant le Sud, ajoutant que l'attaque avait coïncidé avec la progression des "milices terroristes" des houthis dans les régions de Marib (nord) et de Chabwa (centre).

    Les houthis ont intensifié ces derniers mois leur campagne pour s'emparer de la ville de Marib qu'ils tentent de conquérir depuis février aux forces pro-gouvernementales, progressant sur plusieurs fronts. Les combats ont fait des centaines de morts. L'attentat de dimanche est le plus sanglant à Aden depuis une attaque en décembre 2020 contre l'aéroport de la ville, peu après l'atterrissage des membres du nouveau gouvernement d'union, faisant au moins 26 morts et plus de 50 blessés.

    Le pouvoir avait alors accusé les houthis. Et plusieurs mois plus tard, un rapport de l'ONU avait pointé du doigt les rebelles, indiquant que l'attaque contre l'aéroport d'Aden avait été réalisée avec des missiles semblables à ceux des houthis et avaient été tirés à partir de lieux sous leur contrôle. 

    Le pouvoir yéménite est soutenu militairement par une coalition menée par l'Arabie saoudite. Les houthis ont le soutien politique de l'Iran, rival régional du royaume saoudien.

    La communauté internationale essaye en vain de parvenir à une résolution pacifique de ce conflit qui a provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU. Près de 80% de la population yéménite compte sur l'aide humanitaire pour survivre. D'après les organisations internationales, des dizaines de milliers de personnes ont péri dans le conflit et des millions ont été déplacées. L'attentat d'Aden s'est produit alors que l'émissaire des Etats-Unis pour le Yémen, Tim Lenderking, a lancé une nouvelle tentative de mettre fin à la guerre dans ce pays avec une tournée régionale incluant l'Arabie saoudite, pays allié des Etats-Unis.

  • Yémen : Déclaration d'urgence au sud du pays pour faire face à la progression des Houthis

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    Le Conseil de transition du Sud au Yémen, soutenu par les Émirats arabes unis, contrôle de vastes zones dans le sud et appelle à la sécession, alors que la population du sud est sortie dans la rue pour protester contre la détérioration des conditions de vie.

    Le chef du Conseil de transition, Idrous Al-Zubaidi, a déclaré, dans un discours télévisé diffusé par la chaîne du conseil "Al-Mustaqilla" : "Nous déclarons l'état d'urgence dans tous les gouvernorats du sud, à partir d'aujourd'hui, mercredi. "

    Il a appelé les forces armées du sud et toutes leurs formations à élever au maximum la préparation au combat et l'état de vigilance, et à "mobiliser les énergies pour faire face aux menaces des Houthis, pour la défense de la religion, de la patrie et de l'honneur", a-t-il déclaré.

    L'appel d'Al-Zubaidi intervient après que les forces houthies ont progressé dans certaines zones frontalières et se sont approchées des districts de Lodar à Abyane (sud) et de Bayhan à Shabwa (est), coïncidant avec des manifestations populaires en colère dans la plupart des districts du gouvernorat d'Aden (sud). En raison de la médiocrité des services et de la détérioration de l'économie.

    Al-Zubaidi a également appelé les forces de sécurité à « frapper d'une main de fer quiconque cherche à déstabiliser la sécurité et à créer de la confusion et des troubles ». Pour Zubaidi, les manifestations contre l'extrême pauvreté et le manque de service à Aden sont parasitées par des agentsdes  frères musulmans du parti ennemi Al-Islah.

    Il a poursuivi : « Au moment où les milices houthies et les forces du terrorisme et de l'extrémisme lancent leur nouvelle invasion du sud, des terres et des peuples, nous déclarons, du cœur de la capitale, Aden, l'état d'urgence et la mobilisation générale. "

    Al-Zubaidi a exhorté les pays de la coalition arabe, dirigée par l'Arabie saoudite voisine, à "sensibiliser la responsabilité qui leur incombe vis-à-vis de la sécurité nationale de la région".

  • Yémen : Quatre civils et 8 soldats tués dans une attaque attribuée à el-Qaëda dans la Péninsule Arabique (AQPA)

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    Des hommes armés suspectés d'appartenance à l'organisation jihadiste el-Qaëda dans la Péninsule Arabique (AQPA) ont tué huit soldats et quatre civils jeudi dans une attaque dans le sud du Yémen, a indiqué à l'AFP une source de sécurité gouvernementale.

    L'attaque visait un point de contrôle tenu par la branche armée du Conseil de transition du sud (CTS), un mouvement séparatiste sudiste proche des Emirats arabes unis et allié au pouvoir yéménite dans sa guerre contre les houthis, des rebelles de confession chiite venus du nord soutenus par l'Iran.

    "Des hommes armés ont attaqué un point de contrôle avec des armes automatiques et des RPG, au moment où passait une voiture civile, tuant huit soldats des forces (séparatistes) et quatre civils", a déclaré la source à l'AFP. Selon elle, les assaillants, qui "ont fui vers une destination inconnue", pourraient être affiliés el-Qaëda dans la péninsule arabique (AQPA), la branche yéménite du groupe jihadiste.

    Naguère très puissante, AQPA a perdu du terrain ces dernières années avec l'intervention militaire en 2015 d'une coalition menée par l'Arabie saoudite et comprenant les Emirats arabes unis, pays qui a particulièrement ciblé les jihadistes. La coalition appuie le gouvernement et ses alliés contre les rebelles houthis, un conflit de plus de six ans qui a engouffré ce pays déjà très pauvre dans le plus grand désastre humanitaire au monde, selon l'ONU.

    Auteur en 2015 de l'attentat meurtrier contre Charlie Hebdo à Paris, AQPA tente de reprendre de la vigueur ces dernières semaines en profitant de la mobilisation du gouvernement yéménite et des houthis dans la bataille sanglante de la province d Marib, dernier bastion loyaliste dans le nord du pays, largement dominé par les rebelles.

  • Yémen, une explosion à Aden fait des victimes parmi les troupes indépendantistes du Sud

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    Des sources yéménites à Aden , la capitale provisoire située dans le sud du Yémen, ont rapporté jeudi 4 mars qu'une explosion avait frappé un convoi transportant deux dirigeants de premier plan de la formation para-militaire «ceinture de sécurité», les forces affiliées au Conseil de la transition du sud (CTS). , soutenu par les Émirats arabes unis (EAU).

    L'explosion, qui s'est produite dans le district d'al-Buraiqa, près d'un emplacement de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, a été suivie de tirs. La nouvelle a également été confirmée par les forces sécessionnistes du sud, qui ont précisé qu'une voiture piégée avait explosé, causant des morts et des blessés parmi les membres de la ceinture de sécurité, dont le nombre, cependant , n'a pas été précisé. On parle d'environ 8 victimes. Les deux commandants qui voyageaient dans le convoi, Mohsen Al-Wali et Nabil al-Mashouchi, ont survécu à l'explosion. Selon le STC, on suppose qu'al-Wali et al-Mashouchi étaient la cible. L'attaque n'a pas encore été revendiquée,

    La "ceinture de sécurité" fait partie d'une force militaire et de sécurité qui opère principalement dans le sud du Yémen. Ses rangs comprennent plusieurs officiers et soldats yéménites, militants du  «mouvement sudiste» et du courant salafiste. Ceux-ci sont connus pour être affiliés aux Émirats arabes unis (EAU), qui leur fournissent une aide financière et militaire, vraisemblablement pour mener à bien leurs projets sécessionnistes.

    La ville d'Aden a été le théâtre de plusieurs explosions et assassinats d'officiers et de membres des forces de sécurité et de l'armée, ainsi que de civils. La capitale provisoire semble toujours être sous le contrôle des forces liées au Conseil de transition du sud (STC), bien qu'elles aient été invitées à se redéployer sur d'autres fronts yéménites, conformément à l'accord de Riyad du 5 novembre 2019. Toutefois, la sécurité a été autorisée à rester à Aden pour protéger la ville.

    L'accord de Riyad, conclu par le gouvernement légitime yéménite, lié au président Rabbo Mansour Hadi, et par les groupes sécessionnistes, représentés par le STC, a mis fin aux violentes tensions qui, depuis le 7 août 2019, régnaient dans la ville d'Aden, s'étendant progressivement à d'autres districts et villes du sud. Le but de l'accord était d'éviter un nouveau «conflit dans un Yémen ravagé par la guerre avec les rebelles chiites houthis et d'éviter une rupture au sein du front anti-Houthi, en particulier entre Riyad et Abu Dhabi. Parmi les différentes clauses convenues, il y a la formation d'un nouveau gouvernement unitaire yéménite, également divisé entre le Nord et le Sud, officiellement annoncé le 18 décembre 2020. L'accord repésentait une source d'espoir de la part de ceux qui pensaient que cela pouvait conduire à la résolution du conflit yéménite au sens large,

    Cependant,  l'aéroport d'Aden était frappé, le 30 décembre 2020, par une attaque survenue alors que la nouvelle équipe gouvernementale débarquait dans la capitale provisoire yéménite. L'attaque, qui a fait environ 26 morts et au moins 100 blessés, n'a pas été revendiquée. Les milices rebelles ont nié leur implication, tandis que le gouvernement yéménite a pointé du doigt les houthis soutenus par l'Iran.

    Les premières tensions à Aden remontent à avril 2017, lorsque le président yéménite Hadi a accusé le gouverneur de la ville, Aidarous al-Zubaidi, de manque de loyauté, le démettant de ses fonctions. Par la suite, le 11 mai de la même année, à la suite des manifestations de masse contre l'éviction d'al-Zubaidi, le Conseil de transition du sud est né, dirigé par l'ancien gouverneur d'Aden, choisi pour présider un conseil de 26 sièges. L'organisme a immédiatement déclaré son intention de «restaurer l'État du sud» en se référant à l'ancienne république du sud du Yémen, qui existait de 1967 à 1990. Hadi a immédiatement défini le STC comme illégitime. Après la création du STC, en janvier 2018, Aden a été témoin d'affrontements provoqués par les forces de la ceinture de sécurité qui, dans un premier temps, ont pris le contrôle du palais présidentiel et des environs. Les tensions, qui ont duré trois jours, ont fait 38 morts, mais se sont apaisées après l'intervention de la coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite.

  • Yémen : Les sécessionnistes du Sud se tournent vers Moscou 

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    Une délégation de haut niveau du Conseil de transition sud (CTS) s'est rendue à Moscou le 31 janvier pour une visite avec des représentants du gouvernement et des parlementaires russes. Selon certains, les groupes séparatistes visent à s'assurer une place dans l'avenir politique du Yémen.

    La nouvelle a été rapportée par le quotidien al-Arab , qui a précisé que la délégation yéménite en visite à Moscou était présidée par le chef du Conseil de transition sud, Aidarous al-Zubaidi, gouverneur de la capitale provisoire Aden depuis 2017. La visite, comme indiqué par le CTS, répond à une invitation officielle de Moscou, qui, précise al-Arab, mettrait en évidence l'intérêt de la Russie pour le dossier yéménite. Jusqu'à présent, aucun détail particulier sur la réunion n'a été révélé, mais les parties yéménite et russe s'étaient déclarées prêtes à discuter "d'une série de questions".

    Selon des sources politiques yéménites, le Conseil de transition du sud, soutenu par les Émirats arabes unis (EAU), prédit que le conflit au Yémen sera résolu politiquement, grâce à l'intervention de la communauté internationale. Cette hypothèse prévoit également un passage au Conseil de sécurité des Nations unies, dont la Russie est membre permanent. À la lumière de cela, les groupes sécessionnistes yéménites se tourneraient vers Moscou pour s'assurer qu'une solution possible tienne compte du CTS et de la question sud-yéménite, et ne soit marginalisée dans aucun scénario politique futur. En contrepartie, la Russie, en s'opposant à des décisions ou à des accords qui ne prendraient pas en compte les aspirations des séparatistes du sud Yémen, pourrait s'assurer un rôle dans le pays aux côtés d'autres puissances internationales.

    Le Conseil de transition du sud, né des tensions de 2017 à Aden, a pour objectif de "restaurer l'État du sud", en référence à l'ancienne république du Yémen du Sud, qui a existé de 1967 à 1990. Les évènements de 2019 et 2020 ont conduit les autorités du sud à s'unir au sein d'un exécutif unitaire avec le gouvernement yéménite légitime, lié au président Rabbo Mansour Hadi, en vertu de l'accord de Riyad signé le 5 novembre 2019 entre le gouvernement yéménite et le CTS. L'accord de Riyad est supposé mettre fin aux tensions apparues au cours des mois précédents. Bien que les désaccords et les divergences ne manquent pas, les deux parties continuent d'avoir un ennemi commun, les milices rebelles houthis, protagonistes d'un conflit qui a éclaté à la suite du coup d'État du 21 septembre 2014.

    Maintenant, selon ce que rapporte al-Arab, à la lumière des pressions croissantes de l'envoyé spécial de l'ONU, Martin Griffiths, qui tente de convaincre les parties belligérantes de signer une "déclaration conjointe", ou un projet d'accord de paix entre les Houthis et le gouvernement yéménite, le Conseil de transition du sud veut s'assurer sa participation en tant que partie clé à toute future solution politique dirigée par l'ONU. D'où l'appel du CTS à Moscou, qui, en cas de résolution du conflit, serait également appelé à présenter la question méridionale au Conseil de sécurité, garantissant aux groupes séparatistes une place dans un éventuel nouvel ordre politique.

    Une telle crainte, rapporte al-Arab, découle du fait qu'Aidarous al-Zubaidi, le chef du CTS, avait précédemment déclaré qu'il n'avait pas été invité à participer aux discussions sur l'initiative des Nations Unies visant à résoudre pacifiquement la crise au Yémen. Pour cette raison, le CTS a souligné que son absence dans les consultations sur une éventuelle déclaration commune l'exempterait de se conformer à tout accord conclu dans ce cadre. En tout état de cause, al-Zubaidi a déclaré que son Conseil était prêt à participer au processus politique, conformément aux dispositions de l'Accord de Riyad. En effet, selon le chef du CTS, il n'est pas possible de parvenir à une solution véritablement viable sans une réelle représentation du Sud à la table des négociations. Le danger, a-t-on souligné, est de répéter les erreurs du passé, excluant à nouveau les groupes séparatistes yéménites. Dans ce contexte, le chef du département des relations extérieures du CTS, Ahmed Omar bin Farid, a déclaré que le Conseil était prêt à présenter son cas dans «toutes les régions du monde» et que la Russie avait déjà fait preuve de respect et de compréhension de leur position..

  • Yémen : Explosions à l'aéroport d'Aden à l'arrivée du nouveau gouvernement d'union - Au moins 30 tués

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    Au moins deux explosions se sont produites mercredi 30 décembre à l'aéroport d'Aden au moment où l'avion transportant le nouveau gouvernement d'union est arrivé dans la capitale provisoire du Yémen en guerre, a constaté un correspondant de l'AFP.
     
    Selon lui, au moins deux explosions ont éclaté lorsque l'avion a atterri et que les responsables ont commencé à sortir de l'appareil. Des sources médicales ont fait état d'au moins 30 morts et plus de 50 blessés.

    Le ministère des affaires étrangères du Yémen accuse les Houthis d'être responsables de l'attaque aux missiles de l'aéroport : "La milice terroriste houthi a pris pour cible le gouvernement... alors qu'il arrivait à l'aéroport international d'Aden, causant de nombreuses victimes, dont le nombre a atteint jusqu'à présent près de 100 morts et blessés".

    o4VMZ3rU.pngTrois membres du  Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont été tués par l'explosion. Ils étaient en transit dans l'aéroport. Trois autres ont été blessés, dont un gravement. La Libanaise Yara Khaweja, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge au Yémen, fait partie des blessés. Mardi 29 décembre, elle avait annoncé sur Twitter avoir donné sa dernière interview sur la situation humanitaire au Yémen, dans le cadre de ses fonctions au sein du CICR. "Je ne me suis jamais habituée à la tragédie que vit ce beau pays. La responsabilité pèse à chaque fois sur mes épaules car toutes les plateformes du monde ne suffisent pas à raconter les souffrances des Yéménites", avait ensuite twitté la jeune femme, qui est la fille du député Mohammad Khaweja, affilié au mouvement chiite libanais Amal. 

    Adlib al-Janani.jpegEgalement décédé, le journaliste Adib al-Janani (photo).

    Aucun des ministres présents n'a été touché.
     
    Des bruits d'explosions et de coups de feu ont retenti avant qu'une épaisse fumée noire ne jaillisse d'un bâtiment de l'aéroport tandis que des débris étaient projetés alentours, suscitant la panique parmi les personnes présentes, selon les images diffusées par la chaîne de télévision saoudienne Al-Hadath. "Nous allons bien", a tweeté le nouveau ministre des Affaires étrangères Ahmed ben Moubarak.
     
    Le 18 décembre, la présidence yéménite avait annoncé la formation d'un nouveau gouvernement comprenant 24 ministres, répartis à parts égales entre le nord et le sud, sur la base de l'accord de Riyad, après des consultations entre le (ancien) gouvernement yéménite et le Conseil de transition du Sud soutenu par les Émirats arabes unis.
     
    La nouvelle formation du gouvernement vise à mettre fin au différend entre l'ancien gouvernement yéménite et le Conseil de transition, et à se consacrer à la confrontation des Houthis, qui sont sur le point de contrôler Marib, le dernier bastion gouvernemental du nord du Yémen.
     
    Samedi 26 décembre, des membres du gouvernement avaient prêté serment constitutionnel devant le président Abd-Rabbu Mansour Hadi, à sa résidence de la capitale saoudienne, Riyad.
     
    Le vice-ministre yéménite de la Jeunesse et des Sports, Munir Al-Wajih, a déclaré : "Le gouvernement a renvoyé la majorité de ses membres à Aden, pour effectuer son travail et ses tâches depuis la capitale temporaire du pays".
     
    Al-Wajih a indiqué que le ministre de la Défense, Muhammad Ali al-Maqdishi, s'était excusé de se rendre à Aden, sans détails sur les raisons.
     
    Il a déclaré que le ministre de l'Administration locale, Hussein Abdel-Rahman Al-Aghbry, se trouve actuellement au Caire, après avoir refusé de se rendre à Riyad et insisté pour prêter le serment constitutionnel dans la capitale provisoire.
     
    Al-Wajih a précisé qu'en plus des ministres, la délégation gouvernementale comprenait un certain nombre de vice-ministres et d'agents, ainsi que des chefs militaires du gouvernement, dont l'attaché militaire yéménite aux Emirats, le général de division Shalal Ali Shaye.
     
    Les membres du gouvernement ont été reçus à l'aéroport d'Aden, par le gouverneur d'Aden Ahmed Hamed Lamas, des dirigeants des autorités locales du gouvernorat et un certain nombre de responsables militaires et de sécurité, en plus des chefs du parti.
     
    Dans un pays pauvre dévasté par les conflits, le nouveau gouvernement yéménite d'union rassemblant des ministres pro-pouvoir et des séparatistes du Sud a été formé le 18 décembre sous l'égide de l'Arabie saoudite. Ces deux camps qui se disputaient le pouvoir dans le sud restent en principe alliés depuis six ans contre les rebelles chiites Houthis, soutenus par l'Iran et qui se sont emparés d'une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa. De profondes divisions dans le camp anti-Houthis avaient éclaté ces dernières années entre les partisans du gouvernement et les séparatistes du Sud, qui les accusent de corruption et de connivence avec les islamistes. L'Arabie saoudite a négocié un accord pour le partage du pouvoir dans le Sud et tentait depuis plus d'un an de former un nouveau gouvernement d'union afin de maintenir l'unité de la coalition face aux Houthis, sur le point de contrôler Marib, le dernier bastion du gouvernement dans le Nord.
     
    La guerre au Yémen a plongé ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU, avec une population au bord de la famine et menacée par les épidémies.

  • Yémen: le parti al-Islah, qui représente les Frères Musulmans, renforce l'influence de la Turquie et du Qatar au Yémen

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    Le gouverneur de Shabwa, Muhammad Saleh bin Adiou, a conclu un accord pour la création d'un port sur la côte de la mer d'Oman. Cette décision est considérée comme une tentative des Frères musulmans d'ouvrir une nouvelle base pour le Qatar et la Turquie.

    L'accord a été signé le 8 novembre par le gouverneur de Shabwa et une société non gouvernementale, la General Trading Company (GTC), chargée de mener à bien la première phase du projet pour la création du port de commerce de Qana, dans le quartier de Radoum. L'accord prévoit tout d'abord la fourniture de réservoirs flottants pour les dérivés pétroliers, puis, dans un second temps, la construction d'amarrages et de 8 réservoirs pour le stockage du pétrole brut, d'une capacité totale de 60 000 tonnes. Pour le Gouverneur Adiou, il s'agit d'un projet visant à renforcer les capacités d'investissement dans la région et à promouvoir ses activités économiques et commerciales. Le GTC, a-t-il été précisé, sera responsable des activités de construction et de gestion dans les premiers stades, tandis que l'État yéménite s'occupera ensuite du nouveau port.

    Selon les rapports al-Arab, le projet Adiou est considéré, en réalité, comme une tentative des Frères musulmans, représentés par le parti al-Islah, de créer un débouché sur la mer d'Oman qui pourrait faciliter la communication et faciliter l'influence du Qatar et de Turquie au Yémen. De cette manière, Doha et Ankara pourraient envoyer de l'aide et des fournitures par voie maritime, directement, comme cela se produit sur les côtes occidentales du Yémen, où les rebelles chiites houthis, selon al-Arab, exploitent certains ports de la région pour recevoir des armes et de l'aide. de l'Iran, tout en contournant les contrôles imposés par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite.

    Un autre objectif des Frères musulmans est de contrôler les zones stratégiques yéménites, de la province riche en pétrole de Ma'arib vers le port d'Abyan ou encore de la province de Shabwa vers le port d'Aden. Le plan prévoit donc le contrôle des territoires riches en pétrole et en gaz et l'ouverture de canaux pour leur transport vers les marchés internationaux. Dans ce contexte, le gouverneur Adiou, selon al-Arab, est un instrument aux mains du groupe islamiste, ainsi qu'un "représentant des intérêts turcs" à Shabwa. À cet égard, le même journal a souvent souligné comment Ankara tente de s'infiltrer de plus en plus dans le paysage yéménite, compte tenu des avantages que les Turcs pourraient tirer du contrôle des routes commerciales dans la mer Rouge et la mer d'Arabie.

    Shabwa est considéré comme l'un des gouvernorats les plus importants du Yémen, compte tenu de la richesse pétrolière dont il dispose. Pour cette raison, il a souvent le théâtre d'affrontements, comme ceux qui ont eu lieu en août 2019, dans le contexte de tensions entre les forces séparatistes du Conseil de transition sud (CTS) et l'armée affiliée au gouvernement légitime du président Rabbo Mansour Hadi. . Pour le moment, l'Arabie saoudite continue d'agir en tant que médiateur pour mettre fin aux pressions sécessionnistes et achever la mise en œuvre de l'accord de Riyad, signé le 5 novembre 2019 dans le but de mettre fin aux tensions provoquées par les ambitions sécessionnistes dans les régions du sud du Yémen.

    Dans ce contexte, lors d'une réunion gouvernementale le 8 novembre, le Conseil de transition sud a accusé les Frères musulmans, membres du gouvernement de Rabbo Mansour Hadi, d'être responsables du non-paiement des salaires des soldats des forces sécessionnistes du Sud, comme l'exige l'accord. de Riyad, exacerbant les conditions économiques déjà fragiles de la population locale.

    Dernier point mais non des moindres, selon le CTS, le Qatar et la Turquie, comme l'Iran, jouent un rôle négatif au Yémen, sabotant les efforts du Royaume saoudien, pas seulement par des manœuvres. économique et politique, mais également en provoquant une escalade militaire.

    Et pour être complet, rappelons que les Emirats Arabes Unis, qui soutiennent le CTS, ont réussi à s'implanter, sans doute durablement, sur l'île de Socotra.