Condamnations pour blasphème

  • Pakistan : Un policier tue au couteau un homme acquitté de l'accusation de blasphème

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    Un policier pakistanais a tué, avec un couteau de boucher, un homme acquitté il y a plusieurs années par un tribunal d'une accusation de blasphème, a annoncé la police samedi 3 juillet 2021.

    Waqas Ahmed avait été jugé en 2016 pour blasphème après une publication sur Facebook, mais le tribunal l'avait acquitté. Le policier, Abdul Qadir, décrit comme n'ayant jamais accepté ce verdict, l'a attaqué vendredi soir, armé d'une feuille de boucher, dans la ville de Rahim Yar Khan, dans la province du Penjab, dans l'Est du Pakistan.

    Ce policier "prévoyait de l'attaquer depuis 2016, l'accusant d'avoir manqué de respect au prophète Mohammed", a expliqué à l'AFP un responsable de la police, Rana Muhammad Ashraf.

    Un porte-parole de la police, Ahmed Nawaz, a confirmé l'agression mortelle, ajoutant que le frère de la victime avait été blessé. "L'agent de police s'est livré volontairement à la police", a-t-il ajouté.

    La victime et son meurtrier présumé étaient tous deux issus de la même tribu et du même village, selon la police qui enquête pour savoir si des différends personnels les opposaient.

    La question du blasphème est particulièrement sensible au Pakistan, où elle transcende les frontières entre les partis. La loi pakistanaise prévoit la peine capitale pour quiconque est reconnu coupable d'avoir insulté l'islam ou le Prophète. Au Pakistan, même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

    La loi pakistanaise sur le blasphème est accusée par ses opposants d'être instrumentalisée pour régler des conflits personnels ou contre les minorités religieuses, mais elle est défendue bec et ongles par les islamistes.

     

  • Pakistan : Un député du parti conservateur Pakistani Muslim League (Nawaz) attaque la France

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    Imran Shah.jpegImran Shah (photo), député du parti conservateur Pakistani Muslim League (Nawaz) (PMLN) exige l'expulsion de l'ambassadeur de France au Pakistan pour blasphème. Il ajoute "Nous vendrons nos propriétés pour rembourser le prêt de la France. Nous donnerons la plus haute distinction civile pakistanaise à Abdullah, le tchétchène qui a décapité le professeur français Samuel Paty en pleine rue. Il exige également la libération de Ghazi Faisal [qui a tué un blasphémateur devant le tribunal lors de l'audition de l'affaire].

    Pour le Premier ministre, insulter Mahomet doit être puni comme nier la Shoah
    Les pays occidentaux doivent punir ceux qui insultent le prophète Mahomet comme ceux qui nient la Shoah, a déclaré samedi 17 avril 2021 le Premier ministre pakistanais Imran Khan.

    Il s'exprimait après une semaine de violentes manifestations anti-françaises au Pakistan à l'instigation d'un parti islamiste radical, le Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP), après l'arrestation lundi à Lahore (est) de son chef, Khadim Razavi, pour avoir appelé à une marche destinée à réclamer l'expulsion de l'ambassadeur français.

    Le TLP a été à l'origine de plusieurs rassemblements anti-français depuis l'automne dernier, après que le président Emmanuel Macron eut défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression, au cours de l'hommage rendu à un enseignant tué le 16 octobre après avoir montré des dessins satiriques à sa classe, dans la foulée de la republication de représentations du prophète Mahomet par l'hebdomadaire Charlie Hebdo.

    Pour Imran Khan, insulter le prophète blesse les musulmans du monde entier. "Nous, Musulmans, avons le plus grand amour et respect pour notre Prophète", a-t-il tweeté. "Nous ne pouvons pas tolérer ce genre de manque de respect et d'abus". "J'appelle (...) les gouvernements occidentaux qui ont interdit tout commentaire négatif sur l'Holocauste à utiliser les mêmes règles pour punir ceux qui diffusent délibérément leurs messages haineux contre les musulmans en insultant notre Prophète", a poursuivi M. Khan. Nier la Shoah est illégal dans plusieurs pays d'Europe -dont l'Allemagne et la France- et peut être puni par une peine de prison.

    L'ambassade française à Islamabad a recommandé jeudi à ses ressortissants et aux entreprises françaises de quitter provisoirement le Pakistan, en raison des "menaces sérieuses" qui y pèsent sur les intérêts français, un appel qui semble être resté largement lettre morte. Après des jours de manifestations durant lesquelles quatre policiers ont été tués, le gouvernement d'Imran Khan a annoncé mercredi que le TLP serait désormais interdit, le qualifiant de groupe terroriste.

    M. Khan a suggéré que le gouvernement n'avait pas décidé d'interdire le TLP parce qu'il n'était pas en accord avec ses motivations, mais plutôt avec ses méthodes. "Laissez-moi être clair avec les gens ici et à l'étranger : notre gouvernement a pris de mesures contre le TLP en accord avec notre loi antiterroriste, car ils ont défié l'autorité de l'Etat, en utilisant la violence de rue et en attaquant les forces de l'ordre", a-t-il tweeté. "Personne ne peut être au-dessus de la loi et de la Constitution".

  • Pakistan : Décès du fondateur du parti islamiste radical Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP)

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    Le fondateur d'un puissant parti islamiste pakistanais, dont le message pourrait avoir influencé l'auteur de l'attaque contre les anciens locaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris en septembre, est décédé jeudi 19 novembre, a-t-on appris de source officielle.

    Khadim Hussain Rizvi (photo), 54 ans, le fondateur en 2015 et dirigeant du parti Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP), un mouvement islamiste extrémiste, est décédé dans un hôpital de Lahore (est), après avoir "souffert de fièvre", a annoncé à l'AFP un porte-parole du TLP, Pir Ijaz Ashrafi. Les causes de la mort de ce religieux radical, dont les obsèques auront lieu samedi à Lahore, n'ont pas été dévoilées. Zaheer Hassan Mahmoud, le ressortissant pakistanais accusé d'avoir grièvement blessé au hachoir deux personnes dans les anciens locaux de Charlie Hebdo, "regardait abondamment" ces derniers temps les vidéos du TLP, selon la justice française.

    En début de semaine, le TLP, dont la lutte contre le blasphème est la principale arme politique, avait mobilisé plusieurs milliers de personnes aux portes d'Islamabad pour protester contre les déclarations du président français, Emmanuel Macron, défendant le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression. Le TLP avait aussi participé en septembre à des manifestations réunissant des milliers de personnes dans plusieurs villes du Pakistan contre Charlie Hebdo et la France, après la republication des caricatures du prophète Mahomet.

    Le ministre pakistanais des Affaires religieuses, Noor-ul-Haq Qadri, a déploré dans un communiqué la mort d'un "grand dignitaire religieux", et le Premier ministre Imran Khan a présenté ses condoléances à sa famille sur Twitter. Charismatique et capable d'attirer de larges foules, Rizvi, paralysé depuis un accident de voiture en 2009, était très connu au Pakistan et en particulier au Pendjab, la province la plus peuplée.

    Le TLP a démarré comme un mouvement demandant la libération de Mumtaz Qadri. Ce garde du corps avait assassiné en 2011 l'homme qu'il était censé protéger, le gouverneur du Pendjab Salman Taseer, parce que celui-ci avait appelé à réformer la loi très controversée sur le blasphème. Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

    Le TLP avait été à la manoeuvre derrière les manifestations violentes dans tout le Pakistan après l'acquittement fin octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour des accusations de blasphème qu'elle a toujours niées. Un an auparavant, des manifestations anti-blasphème à l'appel du TLP avaient paralysé Islamabad pendant plusieurs semaines. Les manifestants ne s'étaient dispersés, après de violents affrontements, qu'à la suite de la signature d'un accord controversé avec l'armée.

  • Pakistan : Fin des manifestations contre la France

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    Le parti islamiste pakistanais Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP) a mis fin mardi à 48 heures de manifestations contre la France qui avaient mené au blocage partiel d'Islamabad, après avoir obtenu la libération de militants arrêtés dans des affrontements avec la police. Quelque 5.000 manifestants s'étaient rassemblés dimanche à Rawalpindi, ville-garnison accolée à la capitale. Les autorités avaient mis en place un barrage routier pour les empêcher d'accéder à Islamabad, et interrompu les services de téléphonie mobile pour empêcher la coordination entre les organisateurs.

    Lundi et dans la nuit de mardi, quelques centaines de manifestants étaient restés aux abords du barrage. Mais le parti islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), qui avait appelé à la manifestation, a annoncé qu'il y mettait fin après des discussions dans la nuit avec le gouvernement. "Il a été demandé aux travailleurs de quitter l'endroit et de se disperser dans le calme", a déclaré Pir Ijaz Ashrafi, un porte-parole du TLP.

    Ce parti, déjà à l'origine de violentes manifestations en novembre 2018 contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, a affirmé que les autorités avaient accepté sa demande d'expulser l'ambassadeur de France et d'imposer un boycott officiel des produits français.

    Mais un haut responsable gouvernemental, sous couvert d'anonymat, a indiqué à l'AFP que le Pakistan n'avait "aucune intention de rompre ses relations diplomatiques avec quelque pays que ce soit". Il a ajouté que la situation avait été gérée "comme il se devait" pour obtenir le départ des manifestants. Le gouvernement a annoncé, dans un communiqué, la libération de tous les manifestants arrêtés ces trois derniers jours.

    Le Pakistan a connu ces dernières semaines plusieurs petites manifestations contre la France après des déclarations du président français, Emmanuel Macron, défendant le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression, dans la foulée d'un attentat islamiste le 16 octobre en France contre l'enseignant Samuel Paty, décapité pour avoir montré en cours d'éducation civique des caricatures du prophète Mahomet.

    Des manifestants ont également protesté contre ces propos dans d'autres pays majoritairement musulmans comme le Bangladesh. Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, a accusé Emmanuel Macron d'"attaquer l'islam". L'ambassadeur de France au Pakistan a été convoqué, le gouvernement pakistanais dénonçant la "campagne islamophobe systématique sous couvert de la liberté d'expression" du président français.

    L'islam dans son interprétation stricte interdit toute représentation de Mahomet. Le blasphème est une question incendiaire au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

  • Pakistan : Violentes manifestations anti-françaises à Islamabad

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    Lundi 16 novembre, les autorités pakistanaises ont fermé une route principale vers la capitale, Islamabad, pour le deuxième jour consécutif, en raison de violentes manifestations anti-françaises organisées par un parti islamiste. Les manifestants réclament l'expulsion de l'ambassadeur français et la rupture des relations diplomatiques avec le France.

    Le rassemblement s'est poursuivi dans la ville voisine de Rawalpindi. Environ cinq mille personnes ont fait face de dimanche à un millier de membres des forces de l'ordre qui avaient dressé un barrage routier pour empêcher les manifestants d'entrer dans la capitale.

    Cela a provoqué des retards importants pour les passagers empruntant des itinéraires alternatifs pour entrer dans la ville.

    Les services de téléphonie mobile ont été remis en route lundi après-midi, après avoir été suspendus pendant plus de 24 heures pour empêcher les organisateurs du rassemblement de se coordonner.

    Le Pakistan a connu de petites manifestations sporadiques au cours des dernières semaines en réponse aux récentes déclarations du président français Emmanuel Macron sur l'islam radical.

    La crise a éclaté après que Macron ait réitéré son engagement à protéger les principes de liberté, au nom desquels les caricatures du prophète Mahomet, pouvaient être publiés. Le président français a réitéré cet engagement lors d'une cérémonie en l'honneur du professeur Samuel Patty, décapité le 16 octobre par un militant islamiste tchétchène parce qu'il avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves lors d'un cours sur la liberté d'expression.

    Le président Macron a déclaré que le professeur, Patty, "a été tué parce que les islamistes veulent prendre possession de notre avenir et savent qu'ils n'obtiendront pas ce qu'ils veulent en présence de héros sûrs d'eux comme lui".

    Les déclarations de Macron ont déclenché une vague de protestations dans un certain nombre de pays islamiques et une campagne de boycott des produits français a été lancée au Qatar, au Koweït et dans d'autres pays du Golfe.

    Le Pakistan a déposé une plainte contre la France, l'accusant de mener "une campagne systématique contre l'islam" .

    Le Premier ministre Imran Khan a accusé le président français d'attaquer la foi islamique et a exhorté les pays musulmans à travailler ensemble pour faire face à ce qu'il a appelé la répression croissante en Europe contre les musulmans.

    Le blasphème est une question très sensible au Pakistan, où toute personne accusée, d'insulter l'islam ou des personnalités islamiques pourrait être condamnée à mort.

    Les groupes de défense des droits de l'homme ont exhorté le pays à réformer sa législation sur le blasphème car elle est souvent utilisée pour régler des comptes personnels.

    Les rassemblements de dimanche ont été organisés par l'islamiste radicalisé Khadim Hussain Razavi, leader du groupe islamiste «Tehreek-e-Labaik Pakistan», qui a déjà auparavant organisé des manifestations massives et parfois violentes contre les personnes accusées d'insulter l'islam.

    Le groupe s'était soulevé dans la plupart des régions du Pakistan en 2018, paralysant le pays et organisant des émeutes après que la Cour suprême ait acquitté Asia Bibi, une chrétienne accusée de blasphème

    Vidéo des manifestations :
    Deuxième jour - Lundi 16 novembre

  • Pakistan : Imram Khan appelle les leaders musulmans à une action collective contre l'islamophobie

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    Le Premier ministre pakistanais Imran Khan (photo ci-dessus) a écrit mercredi 28 octobre aux leaders des pays musulmans pour leur demander d'agir ensemble contre l'islamophobie, alors que la colère grandit à propos de la défense par la France de la liberté de caricaturer les religions.

    "Les récentes déclarations de dirigeants et les incidents de profanation du Saint Coran sont le reflet de la montée de l'islamophobie qui se répand dans les pays européens", selon cette missive publiée sur le compte Twitter du chef du gouvernement pakistanais. "En tant que dirigeants de la politique musulmane, nous devons prendre l'initiative d'appeler à la fin de ce cycle de haine et de violence", poursuit ce message. "J'exhorte tous nos dirigeants musulmans (...) à lever la voix et à expliquer aux dirigeants des pays non musulmans, en particulier ceux des pays occidentaux, le profond respect et l'amour que tous les musulmans éprouvent pour leur livre saint, le Coran, et pour notre prophète", ajoute-t-il.

    Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi dans le monde, notamment au Bangladesh, après la défense par Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer lors de l'hommage à un enseignant tué pour avoir montré des caricatures de Mahomet. Des appels au boycott des produits français ont été prononcés dans plusieurs pays. De petits rassemblements se sont jusqu'à présent tenus au Pakistan cette semaine. A Peshawar (Nord-Ouest), une photo du président français était collée au sol en guise de paillasson dans l'entrée d'un hôtel, a constaté l'AFP.

    Imran Khan, ex-champion de cricket et playboy ayant opéré un virage religieux, avait accusé dimanche le président français d'"attaquer l'Islam". "Ce qui s'est passé en France a rendu difficile la vie des musulmans difficile en Occident. La haine et l'islamophobie se sont diffusées contre eux. Les femmes portant le hijab sont insultées dans les rues", a-t-il lancé mercredi lors d'un rassemblement à Lahore, la capitale de l'Est pakistanais.

    Le blasphème est une question incendiaire au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

    Dimanche, le Premier ministre pakistanais avait également annoncé avoir écrit au PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, pour lui demander de bloquer les contenus islamophobes, après que la plateforme a annoncé mi-octobre qu'elle interdirait les contenus niant l'Holocauste.

     

  • Pakistan : Le Premier ministre accuse Macron d'"attaquer l'Islam"

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    Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé dimanche Emmanuel Macron d'"attaquer l'Islam", le président français ayant défendu la publication de caricatures du prophète Mahomet après la décapitation la semaine dernière d'un professeur qui en avait montré certaines à ses élèves.

    "Le président Macron aurait pu jouer l'apaisement et refuser l'espace aux extrémistes plutôt que de créer une polarisation et une marginalisation supplémentaires qui conduisent inévitablement à la radicalisation", a écrit Imran Khan sur Twitter. "Il est regrettable qu'il ait choisi d'encourager l'islamophobie en s'attaquant à l'Islam plutôt qu'aux terroristes qui pratiquent la violence, qu'il s'agisse de musulmans, de tenants de la suprématie blanche ou d'idéologues nazis", a poursuivi le Premier ministre pakistanais.

    Emmanuel Macron avait affirmé mercredi soir que la France ne renoncerait pas "aux caricatures", y compris celles du prophète Mahomet, qui ont valu à l'enseignant d'être assassiné. Il y a deux semaines, il avait évoqué un "séparatisme islamiste" et la nécessité de "structurer l'Islam" en France, alors que l'exécutif présentait un futur projet de loi sur le projet.

    Partisan de la loi anti-blasphème
    Ex-champion de cricket et playboy, Imran Khan, volontiers populiste, se présente désormais comme un musulman très pieux, marié en troisième noces à une femme elle-même divorcée mais qui porte la burqa en public, un signe de conservatisme dans un pays où la grande majorité des femmes ne dissimulent pas leur visage. Avant l'élection qui l'a porté au pouvoir, il avait déclaré que son parti était "entièrement" favorable à la loi anti-blasphème et qu'il "la défendrait", quand cette loi est utilisée de manière disproportionnée contre les minorités religieuses et qu'elle sert souvent à régler des comptes personnels, selon ses critiques.

    La représentation des prophètes est strictement interdite par l'islam sunnite et ridiculiser ou insulter le prophète Mahomet est passible de la peine de mort dans certains pays musulmans, notamment au Pakistan, où le blasphème est une question incendiaire. Même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent y entraîner assassinats et lynchages.

    Il y a quelques semaines, un jeune Pakistanais avait attaqué au hachoir deux personnes à Paris dont il pensait, à tort qu'elles travaillaient pour Charlie Hebdo, après la republication récente des caricatures du prophète Mahomet. Son père, interrogé par l'AFP, avait dit se sentir "très bien" après "la bonne action" de son fils.