Chrétiens en Indonésie

  • Indonésie : Elimination de deux militants liés à l'Etat islamique

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    Les forces de sécurité indonésiennes ont tué, le  dimanche 11 juillet 2021, deux militants liés à l'État islamique et qui seraient les auteurs d'une attaque contre une communauté chrétienne dans la province indonésienne du Sulawesi central, en mai 2021.

    Le chef de la mission conjointe de la police et de l'armée, le général de division Richard Tampubolon, a annoncé que les 2 hommes ont été identifiés comme étant Rukli et Muhammad Busra, encore appelé Qatar, le deuxième membre le plus haut placé du groupe islamiste. Les membres du TNI du Commandement des opérations conjointes spéciales (Koopsgabsus) Tricakti les ont éliminés lors d'un raid aux premières heures du 11 juin dans le secteur de Parigi Moutong, dans les montagnes de Tokasa, dans la province de Sulawesi central, qui jouxte le district de Poso, où se concentrent les groupes extrémistes de la province.  Les montagnes de Tokasa sont une région de vallées escarpées recouvertes d'une végétation dense, très difficiles d'accès.

    Tampubolon a déclaré que les forces de sécurité avaient identifié le camp des militants islamistes depuis le 7 juillet dans le village de Tanah Lanto. Lorsque les militaires ont réussi à se rapprocher, le 11 juillet, cinq militants étaient présents sur place, dont trois ont réussi à s'échapper.

    Tel que rapporté par l'agence Associated Press, les opérations de sécurité dans le centre de Sulawesi se sont intensifiées ces derniers mois pour tenter de capturer des membres de l'organisation des moudjahidines de l'Indonésie orientale, également connue sous le nom de Mujahidin Indonesia Timur (MIT). Les opérations visent avant tout à capturer le leader du groupe, Ali Kalora, qui est l'islamiste le plus recherché d'Indonésie.

    Les combattants du MIT ont été le premier groupe indonésien à prêter allégeance à l'Etat islamique en 2014 et auraient noué des contacts avec l'Etat islamique de Syrie et d'Irak. Les extrémistes ont revendiqué plusieurs attentats qui ont coûté la vie à des des membres des forces de sécurité et des chrétiens. Parmi les derniers incidents, en mai dernier, dans le village de Kalemago, dans le Sulawesi central, le groupe a revendiqué l'assassinat de 4 chrétiens, dont l'un a été décapité.

    Les activités opérationnelles du MIT partiraient du centre de Sulawesi et, en particulier, des jungles et des montagnes de la région de Poso, le lieu d'origine de l'actuel chef de l'organisation, où il serait soutenu par les habitants. Pour lutter contre le groupe, le gouvernement de Jakarta a mis en place l'opération Tinombala en 2016, qui a ensuite été prolongée à plusieurs reprises en raison des attaques perpétrées par le MIT. Le 18 juillet 2016, l'armée a tué le leader de l'époque Santoso, également connu sous le nom d'Abu Wardah.

    Bien que le MIT reste encore un groupe relativement restreint limité à la province de Sulawesi central, il est particulièrement actif, notamment sur le web, et entretient également des liens avec l'organisation Jamaah Ansharut Daulah (JAD), liée à l'Etat islamique. Le JAS a, selon certaines sources,  fourni des fonds au MIT. Sous la houlette d'Ali Kalora, le groupe aurait pu recevoir d'autres financements, y compris de l'étranger, et aurait cherché à augmenter ses capacités en explosifs.

    En mai 2021, la police avait déclaré que le MIT s'était divisé en deux groupes pour tenter d'échapper aux autorités, l'un dirigé par Ali Kalora actif dans la régence de Sigi tandis que l'autre était dirigé par Qatar, qui vient d'être éliminé. Ce dernier opérait à Poso. 

    L'Indonésie est le plus grand pays à majorité musulmane du monde et lutte depuis longtemps contre l'émergence de groupes militants auteurs d'attentats terroristes. Dans le  Global Terrorism Index 2020,   le pays a été placé en 37ème position parmi les 163 pays dans lesquels l'impact du terrorisme est mesuré, avec un indice égal à 4 629. 

     

  • Indonésie/Malaisie : Les partisans de l'Etat islamique appellent à plus de violence contre les Chrétiens pendant la semaine sainte

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    L'attentat suicide commis par un couple de jeunes mariés radicalisés dans la ville de Makassar a eu lieu le dimanche des Rameaux, une semaine avant Pâques, et à l'approche du mois de Ramadan.

    La police a arrêté huit suspects ayant des liens avec le couple et a trouvé une cache d'explosifs et de matériel de fabrication de bombes à Jakarta.

    Les partisans indonésiens de État islamique ont appelé à de nouvelles attaques contre les Chrétiens après qu'un couple de jeunes mariés radicalisés a commis dimanche un attentat-suicide dans une cathédrale du sud de Sulawesi, pendant ce qui est considéré comme une période sacrée pour les chrétiens et les musulmans - tandis que la police antiterroriste a découvert lundi cinq bombes artisanales pendant des raids à Jakarta et à l'ouest de Java.

    Le couple indonésien - qui s'est marié il y a six mois - a été les seules victimes de l'attentat à la bombe de la ville de Makassar qui a fait 20 blessés et a été attribué à Jamaah Ansharut Daulah (JAD), le plus grand groupe lié à l'Etat islamique dans le pays.

    La police a déclaré que le couple, qui étaient tous les deux membres du groupe, avait été tué sur le coup après avoir tenté de conduire une moto dans l'enceinte de l'église et ont fait exploser leur  bombe remplie de clous après au moment où ils étaient interpellé par les gardes de sécurité. Les autorités ont ajouté que le mari avait laissé une note de suicide pour dire qu'il était prêt à mourir en martyr, tandis que les médias locaux ont rapporté mardi que la femme était enceinte de quatre mois.

    Cette attaque kamikaze, qui a eu lieu le dimanche des Rameaux, une semaine avant la fête chrétienne de Pâques, et pendant le mois sacré musulman de Sya'aban qui précède le mois de jeûne du Ramadan - a placé les forces de sécurité et les analystes en état d'alerte maximum.

    L'Indonésie, la nation musulmane la plus peuplée du monde, souffre périodiquement d'attaques terroristes. Il existe une tradition de telles attaques à l'approche du Ramadan, qui commencera à la mi-avril 2021.  il y a eu plusieurs attentats en 2000, des attentats à la bombe contre l'église de Surabaya en 2018 et d'une tentative d'attentat suicide dans un poste de police de Jakarta en 2019.
    Le JAD, qui compte des milliers de sympathisants dans le pays, a été à l'origine de toutes les attaques terroristes majeures en Indonésie au cours des cinq dernières années - la police et les non-musulmans étant les principales cibles.

    «La police est ciblée car elle est considérée comme un obstacle [à la cause], tandis que les non-musulmans sont visés parce que les militants sont convaincus que c'est un ordre de Dieu», a déclaré Nasir Abas, l'ancien chef de la branche Asie du Sud-Est d'al-Qaïda , Jemaah Islamiah (JI).

    Ces attaques devraient se poursuivre, selon Nasir, car elles sont enracinées dans un appel lancé en 2015 par feu le dirigeant de l'Etat islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, qui a exhorté ses partisans à mener des attaques où qu'ils soient dans le monde. Al-Baghdadi est mort en 2019 en faisant exploser son gilet-suicide lors d'un raid des forces spéciales américaines dans le nord de la Syrie.

    «Le JAD, affilié à l'Etat islamique depuis ses débuts, s'est engagé à mener à bien l'appel [de Baghdadi] jusqu'à aujourd'hui», a déclaré Nasir. «[Les militants] ne s'arrêteront pas tant qu'un califat ne sera pas établi [en Indonésie].»

    Nasir, qui était autrefois connu comme le terroriste le plus recherché d'Asie du Sud-Est, a déclaré que le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, avait lancé un appel similaire en 1998-99 lorsqu'il a exhorté ses partisans à tuer des civils des États-Unis et de ses pays alliés.

    «Certains membres du JI ont accepté d'exécuter cet appel tandis que d'autres ne l'ont pas fait, y compris moi-même», a déclaré Nasir, qui a quitté le groupe en 2003 car il n'était pas d'accord avec son passage au djihad violent. Il a été arrêté cette année-là et libéré en 2004, et a depuis aidé le gouvernement indonésien dans ses efforts de dé-radicalisation.

    JI était à l'origine de l'attaque la plus meurtrière de l'Indonésie, les attentats de Bali de 2002, qui ont tué 202 personnes. Nasir n'a pas été impliqué dans l'attaque.

    Les partisans de l'Etat islamique ont utilisé lundi les médias sociaux pour appeler à davantage d'attaques en Indonésie, en continuation de l'attaque de Makassar, selon des analystes, dont Muh Taufiqurrohman, chercheur principal au Center for Radicalism and Deradicalisation Studies (PAKAR) basé à Jakarta.

    Sur la base de la surveillance par PAKAR des groupes radicaux sur les médias sociaux, Taufiqurrohman a indiqué que es appels provenaient de groupes en ligne en Indonésie et en Malaisie. «Ils ont également appelé à l'utilisation de bombes plus puissantes», a-t-il déclaré.

    Après l'attentat suicide de dimanche, l'unité de police antiterroriste indonésienne Densus88, ou détachement 88, a fait une descente dans plusieurs endroits à Java occidental, à Jakarta et au domicile des kamikazes à Makassar.

    Quatre hommes ont été arrêtés à Jakarta, bien que les autorités aient confirmé par la suite qu'ils n'étaient pas liés à l'attentat de dimanche. Les raids dans la capitale ont également permis de saisir 5,5 kg d'explosifs puissants - y compris le triperoxyde de triacétone, qui est souvent utilisé par l'Etat islamique - ainsi que cinq bombes artisanales actives, selon le chef de la police nationale Listyo Sigit Prabowo.

    «Lorsque la police a arrêté les suspects, des bombes ont été trouvées dans leurs maisons qui avaient déjà été assemblées. Cela signifie qu'ils avaient l'intention de mener de nouvelles attaques », a déclaré l'ancien chef du JI Nasir.

    Des uniformes avec les initiales «FPI», qui signifie le Front des défenseurs islamiques, un groupe extrémiste interdit en janvier, ont également été saisis lors des raids de Jakarta. 

    Mardi, la police a arrêté trois femmes liées à l'attaque de Makassar. L'une des femmes avait «motivé» les kamikazes à mener le djihad, a déclaré le porte-parole de la police nationale Ahmad Ramadhan aux journalistes, tandis qu'une autre suspecte était la belle-sœur de l'un des kamikazes.

    L'unité Densus88 a arrêté 94 suspects terroristes depuis le début de l'année, a déclaré Ahmad, ajoutant que cela montrait que les militants planifiaient toujours des attaques en Indonésie.

    Cinq autres suspects soupçonnés d'avoir des liens avec les assaillants ont été arrêtés dimanche et lundi dans la ville de Bima, dans la province de Nusa Tenggara Ouest.

    Avec les dernières arrestations, le PAKAR estime qu'il y a actuellement 70 membres du JAD à Makassar, ce qui a conduit le chercheur principal Taufiqurrohman à dire que les attaques terroristes vont probablement se poursuivre dans la ville.

    «Leur méthode d'attaque préférées sont les bombes, plutôt que les coups de couteau, comme on peut le voir avec ce qui s'est passé dans le passé», a-t-il dit, ajoutant que les membres du groupe étaient susceptibles de choisir les bombes car elles causaient «plus de victimes et faisaient la une des journaux».

    Le porte-parole de la police nationale, Ahmad, a déclaré que la police avait reçu pour instruction de cartographier les zones «vulnérables à la violence et à l'intolérance» afin que les autorités puissent renforcer le réseau de renseignement dans ces zones et prendre les mesures de sécurité appropriées.

     

  • Indonésie : Explosion près de la cathédrale de Makassar. Attentat suicide ?

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    Une explosion s'est produite à l'extérieur de la cathédrale catholique de Makassar, dimanche 28 mars 2021  La police affirme qu'elle a été causée par une bombe. Elle a retrouvé des parties de corps humain éparpillées sur les lieux. Une vingtaine de blessés ont été transportés à l'hôpital.

    Selon la police, les auteurs de l'attentat auraient été au nombre de deux. Ils ont été tués par l'explosion de leur bombe.

    Un prêtre de la cathédrale affirme qu'il s'agit d'un attentat suicide. Il a eu lieu à la fin de la messe dominicale. Selon le prêtre, l'un des gardes de sécurité  a tenté d'empêcher deux kamikazes sur une moto  d'entrer d'accéder au parking de la cathédrale, sauvant ainsi un grand nombre de fidèles.

    Makassar est la capitale de l'île de Sulawesi.

    Le président du Conseil indonésien des lmosquées (DMI) Jusuf Kalla (JK) a demandé à la police de révéler immédiatement le réseau des auteurs.
    «Au nom du Conseil des mosquées indonésiennes, nous tenons à exprimer notre chagrin et à condamner également cet incident, la bombe de Makassar, et bien sûr, nous adressons également nos condoléances aux victimes de cette bombe», a déclaré JK dans son communiqué. L’ancien vice-président de la République d’Indonésie espère également que les responsables de l’application des lois pourront rapidement s’efforcer de découvrir les motifs de la terreur commise par les kamikazes.
    "Nous espérons que la police trouvera rapidement une solution et découvrira également l'auteur qui est à l'origine de cet incident. Parce que c'est un crime très grave et qui blesse également l'humanité", a-t-il déclaré.

    En Indonésie, dominée par l'islam, les églises ont été la cible d'attaques dans le passé. 

  • Indonésie : Deux chrétiens flagellés à Aceh en vertu de la loi islamique

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    Deux hommes de confession chrétienne ont été flagellés pour avoir consommé de l'alcool et joué pour de l'argent lundi 8 février 2021 à Aceh, la seule province d'Indonésie qui applique la charia.

    Cette punition est rarement exercée sur les non musulmans dans la province du nord de l'île de Sumatra, où deux hommes ont reçu près de 80 coups de canne en rotin chacun la semaine dernière pour des relations sexuelles entre personnes du même sexe, prohibées par la loi islamique en vigueur.

    Les deux hommes chrétiens ont reçu lundi 40 coups de canne chacun infligés par un exécutant masqué à Banda Aceh, la capitale de la province qui pratique un islam conservateur. L'un des deux, identifié par ses seules initiales JF, a indiqué à l'AFP avoir choisi cette punition au lieu d'un procès civil qui aurait pu le conduire en prison pour un maximum de six mois. "La police de la charia nous a donné deux options et nous avons choisi en conscience de nous soumettre à la loi islamique. Personne ne nous y a forcé", a-t-il indiqué à l'AFP.

    Aceh est la seule province à appliquer une version de la loi islamique en Indonésie, qui compte la plus grande population musulmane au monde. Les non musulmans qui ont commis un délit en vertu des lois nationales et religieuses peuvent choisir entre les deux systèmes judiciaires, civil ou islamique.

    La flagellation des non musulmans reste cependant rare, avec juste quelques cas ces dernières années, pour les délits comme la vente d'alcool ou les jeux d'argent, prohibés à Aceh. Sept personnes ont été flagellées au total lundi à Banda Aceh. Les cinq autres étaient des musulmans punis pour adultère ou consommation d'alcool. Les associations de défense des droits de l'homme dénoncent ces punitions qu'elles comparent à de la torture, tandis que le président indonésien Joko Widodo a appelé à y mettre fin.