Chahed Youssef

  • Tunisie : recrudescence des tensions à Tataouine

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    La région de Tataouine, théâtre de manifestations depuis plusieurs semaines, sur fond de revendications sociales, connait depuis quelques heures un regain de tensions.
    Quelque 2000 manifestants ont pris d’assaut la station de pompage de pétrole d’El-Kamour, l’une des installations stratégiques du désert de Tataouine qui est protégée par l’armée.
    Les manifestants ont arraché les barbelés installés à l’entrée de la station et ont pénétré à l’intérieur de l’installation pour, semble-t-il, couper la vanne de pompage.
    Les unités de l’armée présentes sur les lieux font pour l’instant preuve de retenue, se contentant de s’adresser à la foule par mégaphone, leur rappelant qu’ils se sont introduits dans une zone militaire, ce qui les expose à des poursuites judiciaires.
    Un hélicoptère de l’armée tunisienne survole également la zone.
    Le correspondant de l’Agence Anadolu, qui a rapporté que les manifestants ont pris d’assaut la station brandissant des drapeaux de la Tunisie et entonnant l’Hymne national du pays, a également indiqué que Tarek Haddad, porte-parole du Sit-in d’El-Kamour, était présent sur les lieux.
    Les manifestants réclament du gouvernement l’application de toutes les clauses de l’accord d’El-Kamour conclu entre les deux parties en 2017.
    Le Sit-in d’El-kamour a débuté en 2017, lorsque des protestataires qui réclamaient la création d’emplois, ont bloqué la station de pompage dans la zone d’El-Kamour avant que les forces de l’armée n’interviennent pour la rouvrir.
    En juin 2017, le gouvernement de Youssef Chahed, avait conclu un accord, avec les représentants des contestataires dans la zone d’El-Kamour, à Tataouine, pour lever le Sit-in observé durant deux mois, en contrepartie de l’approbation des revendications portants sur le développement de la région et la création de nouveaux emplois.
    Les atermoiements répétés dans l’application de cet accord sont à l’origine du regain des tensions dans la région.
    Tarak Haddad, porte-parole des Sit-inneurs avait déclaré, lundi dernier : « Notre objectif ne consiste pas à bloquer la station de pompage, mais c’est le gouvernement qui nous oblige à aller dans le sens de son éventuelle fermeture ».
    Et d’ajouter, lors de cette même déclaration : « Nous envisageons de bloquer la station en cas de non-respect des engagements pris».

  • Tunisie: Le président Beji Caid Essebsi meurt à 92 ans

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    Le président tunisien Beji Caid Essebsi est décédé à l’âge de 92 ans, a annoncé jeudi la présidence, à la suite d’une série de crises sanitaires.
    « Le président tunisien Mohammed Beji Essebsi est décédé le 25 juillet 2019 à 10h25 à l’hôpital militaire en Tunisie.
    « Les détails de la cérémonie d’enterrement seront annoncés. Nous sommes à Allah, et à Lui nous retournons. »
    Plus tôt jeudi, le fils d’Essebsi a déclaré que l’ancien combattant politique avait été placé en soins intensifs.
    Essebsi, acteur majeur de la transition démocratique du pays depuis 2011, a été hospitalisé à la fin du mois dernier et a passé une semaine à l’hôpital après avoir souffert d’une « grave crise sanitaire ».
    Le président n’avait comparu que deux fois depuis qu’il avait quitté l’hôpital le 1er juillet.
    Hafedh Caid Essebsi, le fils du président, a déclaré que son père avait été hospitalisé mercredi après avoir subi d’autres effets de la peur du mois dernier, confirmant un reportage antérieur à la radio locale.
    Essebsi a longtemps été une figure de proue en Tunisie, en particulier depuis le renversement du Zine el-Abidine Ben Ali en 2011, qui a été suivi de soulèvements contre les dirigeants autoritaires au Moyen-Orient, notamment en Libye et en Égypte.
    Fondateur du parti tunisien Nidaa Tounes, il a remporté la présidence en 2014.
    En avril, il a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections de novembre, disant qu’il était temps qu’il fasse place à de jeunes leaders.
    Essebsi a occupé des postes politiques importants pendant des décennies. Il a été nommé ministre de l’Intérieur en 1965 par le premier président tunisien post-indépendance, Habib Bourguiba.
    Au fil des ans, il a également été directeur général de la police nationale, ministre des Affaires étrangères et ambassadeur en France et en Allemagne.

    Ennaceur Mohamed .jpegLe président du Parlement va assurer l’intérim
    Le président du Parlement tunisien Mohamed Ennaceur va être intronisé président de la République par intérim jeudi après-midi, quelques heures après le décès du chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi, a indiqué à la presse le vice-président du Parlement, Abdelfattah Mourou.
    Selon la Constitution, M. Ennaceur peut assurer l’intérim durant 45 à 90 jours.
    « L’Etat continue à fonctionner et selon la Constitution c’est le président du Parlement qui assure la présidence de la République » par intérim, a déclaré M. Ennaceur à la télévision nationale.
    « J’adresse au peuple tunisien un appel à unifier les rangs pour continuer la marche vers davantage de développement et réaliser les aspirations du peuple », a-t-il ajouté aux côtés du Premier ministre Youssef Chahed.

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