Centre d'analyse du terrorisme (CAT

  • Syrie : Evasion de l'épouse d'un jihadiste français

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    L'épouse du jihadiste français Walid Othmani s'est évadée du camp d'Al-Hol, sous contrôle kurde dans le nord-est de la Syrie et en proie à de multiples incidents sécuritaires, a indiqué à l'AFP vendredi le Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

    Souad Benalia, née en 1984 à Roanne (centre-est de la France), était partie au Levant en 2014. Elle est la mère de trois enfants, a précisé Jean-Charles Brisard, directeur de ce think-tank spécialisé dans le jihadisme et basé à Paris, sans pouvoir préciser si elle était partie avec ou sans eux.

    Son mari, Walid Othmani, avait écopé en 2011 de cinq ans de prison, dont la moitié avec sursis, assorti d'une mise à l'épreuve durant deux ans. Il avait reconnu avoir rejoint un camp d'entraînement en Afghanistan durant l'hiver 2007-2008.

    Parti en Syrie en 2014 lui aussi, il aurait été tué en 2016 selon le CAT. "Son épouse disposait de photos de son corps", a précisé Jean-Charles Brisard.

    En mai 2020, le CAT avait déjà fait état de l'évasion de treize Françaises détenues dans des camps sous contrôle kurde dont Hayat Boumedienne, la compagne d'Amédy Coulibaly, l'un des auteurs des attentats de janvier 2015 en France.

    Le think-tank avait alors dénoncé "l'incapacité des autorités locales à garantir la détention des jihadistes étrangers, que ce soit dans les prisons ou dans les camps, dans lesquels se produisent régulièrement des mutineries et des tentatives d'évasion".

    Le camp d'Al-Hol, le plus grand de Syrie, accueille près de 62.000 personnes, dont plus de 80% sont des femmes et des enfants. Il a connu en deux semaines 12 meurtres de déplacés syriens et irakiens, a rapporté l'ONU jeudi.

    Il est le théâtre de multiples incidents, impliquant parfois des partisans de l'Etat islamique, dont des tentatives d'évasion et des attaques contre des gardes ou des employés d'ONG.

     

  • Turquie : Arrestation du jihadiste français Clément Gillet recherché par Paris

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    Les autorités turques ont arrêté un Français recherché par Paris et accusé de faire partie d'un groupe jihadiste francophone en Syrie, a annoncé lundi le ministère de la Défense turc.

    "Un individu de nationalité française a été arrêté alors qu'il tentait de passer illégalement de Syrie en Turquie", a affirmé le ministère dans un communiqué, identifiant avec les initiales C.G le jihadiste présumé.

    Une source sécuritaire française a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait de Clément Gillet. Selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT), un think-tank spécialisé basé à Paris, ce converti à l'islam originaire de Bar-Le-Duc (est de la France) est âgé de 28 ans. Il est présent au Proche-Orient depuis 2017 et y aurait été grièvement blessé. Il faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol.

    Les autorités turques ont précisé que l'individu faisait partie de Firqat al Ghuraba, le groupe jihadiste dirigé par le Français Oumar Diaby, alias Omar Omsen, soupçonné d'avoir convaincu de nombreux compatriotes de rejoindre la Syrie pendant les grandes heures du califat auto-proclamé du groupe Etat islamique (2014-2019).

    Oumar Diaby avait été arrêté en août en Syrie par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), lié à Al-Qaïda et qui contrôle la province d'Idleb (nord-ouest). Il y serait toujours détenu. Gillet a tenté d'entrer en Turquie sous une fausse identité, ont indiqué les autorités turques. Il est actuellement détenu au commissariat central de Reyhanli, dans le sud-est de la Turquie.

    Dans les années qui ont suivi le début du conflit en Syrie, en 2011, la Turquie a été l'un des principaux points de transit des jihadistes cherchant à rejoindre ce pays en guerre. Longtemps accusée de "laisser faire, laisser passer", Ankara annonce désormais régulièrement l'arrestation de membres présumés de l'Etat islamique et d'autres jihadistes recherchés présents sur son territoire, en vertu d'un accord bilatéral appelé le "protocole Cazeneuve". L'accord prévoit notamment qu'Ankara alerte Paris avant chaque expulsion. Des agents français sont alors envoyés en Turquie pour accompagner les ressortissants français pendant le voyage. Arrivés en France, les jihadistes présumés sont placés directement en garde à vue, ou envoyés devant un juge si un mandat d'arrêt est délivré à leur encontre.

    "On parle beaucoup de la menace endogène mais la menace projetée reste réelle", a déclaré à l'AFP Jean-Charles Brisard, directeur du CAT, évoquant quelque 300 Français éparpillés "dans la nature" au Levant, dont certains pourraient être tentés de revenir frapper le territoire national. "Ils ne sont pas gênés par les offensives de la coalition, c'est le moins qu'on puisse dire".

    Les opérations de la coalition internationale en Syrie ont été très perturbées en 2020, notamment par le désengagement américain lié aux tensions très fortes entre Washington et Téhéran, mais aussi par la crise sanitaire mondiale.