CEDEAO (bloc régional d'Afrique de l'Ouest)

  • Mali: la France annonce la reprise de sa coopération avec l’armée malienne

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    La France a annoncé, vendredi 2 juillet 2021, la reprise de ses opérations militaires conjointes avec les forces armées maliennes ainsi que les missions nationales de conseil. Elles étaient suspendues unilatéralement par Paris depuis le 3 juin dernier suite au coup d’Etat du 24 mai.

    « A l'issue de consultations avec les autorités maliennes de transition et les pays de la région, la France prend acte des engagements des autorités maliennes de transition » endossés par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), et a « décidé la reprise des opérations militaires conjointes ainsi que des missions nationales de conseil, qui étaient suspendues depuis le 3 juin dernier », a annoncé Paris dans un communiqué cité  par RFI.

    Dans le communiqué, la France confirme également qu’elle continuera à accompagner les pays du Sahel pour « combattre l'islam radical », qui vise à contrôler l'Afrique de l'Ouest.

  • Mali : La France suspend ses opérations militaires conjointes avec l'armée malienne

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    Paris a fini par taper du poing sur la table: échaudée par le nouveau coup d'Etat au Mali, la France a annoncé jeudi la suspension de ses opérations militaires conjointes avec Bamako, pour tenter de pousser la junte au pouvoir vers la transition politique exigée par la communauté internationale.

    "Des exigences et des lignes rouges ont été posées par la Cédéao et par l'Union africaine pour clarifier le cadre de la transition politique au Mali", et "dans l'attente de ces garanties, la France (...) a décidé de suspendre, à titre conservatoire et temporaire, les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes ainsi que les missions nationales de conseil à leur profit", souligne le ministère français des Armées dans un communiqué transmis à l'AFP. "Ces décisions seront réévaluées dans les jours à venir au regard des réponses qui seront fournies par les autorités maliennes", conclut le ministère alors que le Mali, secoué par deux coups d'Etat en neuf mois, est un pays clé de la lutte anti-jihadiste au Sahel, dans laquelle la France est très impliquée.

    Par cette décision, Paris manifeste sur le terrain sa condamnation du coup d'Etat, et tente d'appuyer les pressions de la communauté internationale sur les militaires putschistes du Mali pour obtenir un retour du pouvoir aux mains de civils à l'issue d'élections prévues courant 2022.

    La France emboîte le pas aux Etats-Unis, dont le département d'Etat a suspendu dès la fin mai l'assistance aux forces de sécurité et de défense du Mali. La force française Barkhane, forte de 5.100 militaires au Sahel, continuera d'opérer mais pour l'heure en solo, précise-t-on au ministère des Armées.

    En revanche, la force "Takuba" initiée par la France, composée d'unités de forces spéciales européennes et censée former l'armée malienne au combat face aux jihadistes, compte parmi les activités suspendues.

    Désengagement déjà prévu
    Il existe "un risque" que le nouveau coup de force au Mali dissuade des pays européens de rejoindre le front antijihadiste au Sahel, reconnaissait la semaine dernière une source diplomatique.

    La coopération avec les forces maliennes est un des piliers de l'action menée par la France dans ce pays, où elle maintient une présence ininterrompue depuis huit ans.

    Le président français Emmanuel Macron avait averti dimanche que la France retirerait ses troupes si le Mali allait "dans le sens" d'un islamisme radical, en référence à la volonté d'une partie des dirigeants maliens de négocier avec les jihadistes. Mais en réalité, la question de l'avenir de la présence militaire française au Sahel était déjà posée avant le nouveau coup de force du colonel Assimi Goïta. Avant même ce second coup d'Etat, la France comptait d'ores et déjà amorcer à partir de l'été un désengagement progressif de ses troupes engagées dans une opération coûteuse humainement et financièrement, moins d'un an avant l'élection présidentielle française, et à l'heure où les armées mobilisent des moyens grandissants face aux menaces de conflits de haute intensité.

    Après avoir envisagé d'alléger l'empreinte militaire française au Sahel dès le début de l'année, Emmanuel Macron avait finalement renoncé en février à réduire "dans l'immédiat" les effectifs de la force Barkhane, tout en laissant la porte ouverte à une prochaine réduction de voilure, dont les plans devaient être actés en Conseil de défense courant juin.

    "Par-delà la position de principe, on peut se demander si cette décision n'est pas une façon pour la France de mettre en récit le désengagement de Barkhane, dont chacun sait qu'il va se produire. En d'autres termes, le non-respect du processus démocratique n'est-il pas un prétexte pour réduire un dispositif dont les jours étaient comptés de toute façon ?", réagit auprès de l'AFP Elie Tenenbaum, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI).

    Lors du premier coup d'Etat, le 18 août 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta, accusé de corruption et d'impuissance face à l'insécurité, avait été renversé après plusieurs mois de manifestations antigouvernementales. Mais la junte s'était engagée à une transition vers un pouvoir civil dans les 18 mois. En mai, les militaires, mécontents d'une recomposition du gouvernement décidée suite à une contestation grandissante, ont arrêté le président et le Premier ministre.

    La Cour constitutionnelle a ensuite déclaré chef de l'Etat et président de transition le colonel Assimi Goïta, homme clé dans l'actuelle crise politique.

  • Mali : Le colonel Goïta rentre conforté du sommet extraordinaire des chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest après sont coup d'Etat

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    Le colonel Assimi Goïta est rentré, lundi 31 mai au Mali, avec pour tâche première de nommer un Premier ministre de transition, à présent que ses voisins ouest-africains ont paru prendre acte de son accession à la tête du pays au prix de deux coups d'Etat.

    L'ancien commandant de bataillon des forces spéciales revient du Ghana où les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest se sont réunis dimanche pour un sommet extraordinaire exclusivement consacré au Mali. Ils devaient trancher l'épineuse question de la réponse à apporter au deuxième coup de force mené en neuf mois par Assimi Goïta et les colonels putschistes d'août 2020, dans un pays crucial pour la stabilité du Sahel confronté à la propagation jihadiste.

    Énième soubresaut politique dans un pays en pleine tourmente, Assimi Goïta a écarté par la force la semaine passée le président Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane, cautions civiles de la transition ouverte après le coup d'Etat du 18 août 2020 et censée ramener les civils au pouvoir au bout de 18 mois. Il s'est ensuite fait déclarer président de la transition et chef de l'Etat par la Cour constitutionnelle.

    La Cédéao a suspendu le Mali de ses institutions, ce qui empêchera par exemple les dirigeants maliens de participer aux sommets de l'organisation. Cette suspension "prend effet immédiatement" et restera en vigueur jusqu'en février 2022, échéance à laquelle sont programmées des élections présidentielle et législatives en vue de remettre le pouvoir entre les mains des civils, a indiqué la ministre ghanéenne des Affaires étrangères Shirley Ayorkor Botchwey aux journalistes à l'issue du sommet.

    Fait accompli
    La Cédéao, qui avait infligé un embargo commercial et financier au Mali en août 2020, s'est en revanche gardée cette fois de telles sanctions, générales ou visant les colonels. Elle a certes condamné ce qu'elle appelle bel et bien à présent le "coup d'Etat". Mais elle reste silencieuse sur l'arrêt de la Cour constitutionnelle qui fait d'Assimi Goïta le président. Elle ne réclame pas le rétablissement dans ses fonctions de l'ancien président de transition. Ce faisant, elle entérine la réalité de la présidence Goïta, ont réagi nombre d'experts.

    La Cédéao a décidé "d'acquiescer au fait accompli, omettant entièrement les sanctions qu'elle avait imposées l'an dernier", a tweeté l'ancien envoyé spécial américain pour le Sahel Peter Pham, "et, en ne disant rien sur l'accession du colonel Assimi Goïta à la présidence tout en appelant à un nouveau Premier ministre civil (nommé par le président) elle l'a implicitement reconnu chef de l'Etat".

    Une mission de la Cédéao dépêchée la semaine dernière au Mali avait évoqué l'éventualité de sanctions. Mais de nouvelles mesures coercitives divisaient les dirigeants ouest-africains. Les sanctions infligées en août 2020 avaient été mal ressenties par une population éprouvée dans un pays exsangue.

    Avertissement de Macron
    La Cédéao s'est par ailleurs retrouvée devant une apparente ligne de faille avec la mansuétude montrée vis-à-vis de la transition militaire au Tchad, autre pays sahélien où un Conseil militaire de transition (CMT) de 15 généraux a pris le pouvoir le 20 avril après la mort d'Idriss Déby Itno, avec à sa tête un des fils de l'ancien président.

    La France et les Etats-Unis, engagés militairement au Sahel, ont brandi la menace de sanctions après le coup de force malien du 24 mai. Paris a dénoncé un "coup d'Etat inacceptable" et le président Emmanuel Macron a averti, dans un entretien au Journal du dimanche, que Paris "ne resterait pas aux côtés d'un pays où il n'y a plus de légitimité démocratique ni de transition". Il a aussi prévenu que la France retirerait ses troupes si le Mali allait "dans le sens" d'un islamisme radical, possible mise en garde avant la désignation d'un Premier ministre qui se montrerait conciliant avec les jihadistes.

    Les colonels se sont dits ouverts au dialogue avec certains chefs jihadistes. Et la personnalité la plus couramment citée pour le poste de chef de gouvernement, Choguel Kokalla Maïga, est considérée comme ayant des rapports étroits avec l'influent imam conservateur Mahmoud Dicko, également favorable à un tel dialogue, rejeté par Paris. Le colonel Assimi Goïta avait déclaré vendredi qu'un gouvernement pourrait être formé dans les prochains jours.

     

  • Mali : Moctar Ouane désigné Premier ministre de la transition

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    L’ancien chef de la diplomatie malienne, Moctar Ouane (photo), a été nommé Premier ministre du Mali ce dimanche par un décret du président de la transition au Mali, Colonel-major à la retraite Bah N’Daw.

    Son gouvernement serait attendu pour le mardi 29 septembre 2020. Selon les recommandations des concertations nationales tenues à Bamako du 10 au 12 septembre 2020, cette équipe ne doit pas dépasser plus de 25 ministres.

    Agé de 64 ans (il est né le 11 octobre 1955 à Bidi, au Mali), Moctar Ouane est un ancien ambassadeur du Mali auprès des Nations unies (1995-2002) et ministre des Affaires étrangères malien (2004-2009) sous le Régime du président Amadou Toumani Touré dit ATT.

    Il est actuellement le Délégué général à la paix et à la sécurité de l’Union monétaire ouest africaine (UEMOA).

    Polyglotte parlant couramment l’anglais, le bambara, le peul et le français, ce diplomate chevronné est marié et père de trois enfants.

    A noter qu’après l’investiture du président et du vice-président de la transition vendredi dernier, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a lié la levée des sanctions contre le Mali à la nomination d’un Premier ministre civil.

  • Mali : Les putschistes maliens installent Assimi Guetta président de la République

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    Les putschistes ont annoncé l'investiture du chef de la junte militaire, Asimi Guetta (photo), à la présidence de la République.

    Cela a été publié au Journal officiel vendredi 28 août et signé par Assimi Guetta, le chef du «Comité national pour le salut du peuple» (CNSP). Le décret comprend 41 articles expliquant «les droits et devoirs fondamentaux».

    L'article 32 du document stipule que le chef du «Comité national pour le salut du peuple» doit assumer le poste de président de la République.

    Les articles seront appliqués en tant qu '"ajout" aux dispositions de la Constitution de 1992, et ils seront abrogés après l'acceptation du règlement sur le processus de transition.

    Jeudi, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a informé le conseil militaire du Mali qu'elle accepterait un gouvernement de transition dirigé par des civils ou des militaires à la retraite, pour une période maximale de 12 mois.

    Après la rébellion militaire du 18 août, le groupe "CEDEAO" a souligné le retour du président Ibrahim Boubacar Keita à son poste.

    Depuis juin, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Bamako, appelant Keita à démissionner, invoquant son "échec à faire face à la détérioration de la situation sécuritaire et à la corruption".

    Keita avait espéré que les concessions qu'il avait faites à l'opposition et les recommandations d'une délégation de médiation de dirigeants régionaux aideraient à endiguer la vague de mécontentement, mais les dirigeants de la contestation avaient rejeté les propositions d'adhérer à un gouvernement de partage du pouvoir.

  • Mali : Les militaires ont renversé le président et promettent des élections

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    Les militaires qui ont renversé mardi le président malien Ibrahim Boubacar Keïta ont promis mercredi une transition politique et des élections générales.

    "Nous, forces patriotiques regroupées au sein du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l'histoire", a déclaré à la télévision publique ORTM le porte-parole des militaires mutinés, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air. "Notre pays le Mali sombre de jour en jour dans le chaos, l'anarchie et l'insécurité par la faute des hommes chargés de sa destinée", a accusé l'officier. Il a assuré que les militaires voulaient assurer "une transition politique civile" qui devrait conduire à des élections générales dans un "délai raisonnable" qu'il n'a pas précisé.

    Auparavant, dans une déclaration télévisée, le président Keïta, arrêté quelques heures plus tôt par des militaires, a annoncé sa démission, la dissolution du gouvernement et celle de l'Assemblée nationale. "Je voudrais à ce moment précis, tout en remerciant le peuple malien de son accompagnement au long de ces longues années et la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions, à partir de ce moment", a dit le M. Keïta dans une allocution diffusée par la télévision nationale ORTM. "Et avec toutes les conséquences de droit : la dissolution de l'Assemblée nationale et celle du gouvernement", a-t-il ajouté.

    "Militaires putschistes"
    L'organisation régionale de l'Afrique de l'Ouest, la Cédéao, a condamné l'action de "militaires putschistes" et a pris une série de mesures d'effet immédiat pour isoler le Mali. L'action des mutins a aussi suscité des protestations de l'ONU, de l'Union européenne et de la France, dont 5.100 militaires sont déployés au Sahel, en particulier au Mali, dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane.

    La mutinerie a éclaté mardi matin dans la garnison militaire de Kati, près de Bamako. Des soldats ont ensuite fraternisé avec des manifestants qui réclament depuis des mois la démission du président. Puis ils ont arrêté à Bamako le président Keïta et son Premier ministre Boubou Cissé. "Nous pouvons vous dire que le président et le Premier ministre sont sous notre contrôle. Nous les avons arrêtés", au domicile du président à Bamako, a déclaré à l'AFP un des chefs de la mutinerie, qui a requis l'anonymat.
    Le directeur de la communication du chef du gouvernement, Boubou Doucouré, l'a confirmé. Le président et le Premier ministre "ont été conduits par les militaires révoltés dans des véhicules blindés à Kati", où se trouve le camp Soundiata Keïta, à une quinzaine de kilomètres de Bamako.

    Mutins acclamés
    Dans Bamako, les mutins ont été acclamés par des manifestants rassemblés pour réclamer le départ du président aux abord de la place de l'Indépendance, épicentre de la contestation qui ébranle le Mali depuis plusieurs mois, avant de se diriger vers la résidence du président Keïta, selon la même source.

    Dans la soirée, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a condamné le putsch.
    L'organisation régionale "condamne avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du gouvernement démocratiquement élu du président Ibrahim Boubacar Keïta", selon un communiqué. La Cédéao "dénie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes et exige le rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel", déclare le communiqué. Elle "exige la libération immédiate" du président malien et "de tous les officiels arrêtés". La Cédéao "suspend" le Mali de tous ses organes de décision "avec effet immédiat".Elle "décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l'arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les (autres) pays membres de la Cédéao et le Mali".

    Calme à Bamako au lendemain du coup d'Etat
    Le calme régnait mercredi à Bamako qui portait encore les stigmates des troubles au lendemain du coup d'Etat contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, un putsch condamné par la communauté internationale inquiète de l'aggravation de la crise au Mali, déjà en proie aux violences jihadistes.

    Des traces des incidents ayant ponctué ce renversement de pouvoir étaient encore visibles mercredi matin à Bamako, notamment au domicile de l'ex-ministre de la Justice Kassim Tapo, attaqué et incendié par des gens en colère, selon des journalistes de l'AFP.

    La présence des soldats n'était pas visible dans les rues qui étaient tranquilles dans le centre de Bamako où des gens vaquaient à leurs occupations. L'administration et les banques étaient fermées, selon des journalistes de l'AFP.

    On était sans nouvelles du chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta, de son Premier ministre Boubou Cissé et d'autres responsables civils et militaires arrêtés mardi lors du coup d'Etat.

    Sanctions
    Enfin, la Cédéao "demande la mise en oeuvre immédiate d'un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leurs partenaires et collaborateurs". Une visioconférence des chefs d'Etat de la Cédéao sur "la situation au Mali" se tiendra jeudi sous la présidence du chef de l'Etat nigérien Mahamadou Issoufou, a annoncé la présidence du Niger, qui préside actuellement la Cédéao.

    Auparavant, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait appelé à la "libération immédiate et sans conditions" du président malien et au "rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel". Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mercredi en urgence au sujet de la crise au Mali, à la demande de la France et du Niger.

    Le président français Emmanuel Macron a exprimé mardi "son plein soutien aux efforts de médiation en cours des Etats d'Afrique de l'Ouest.

    Des mois de crise
    Le Mali est confronté depuis des mois à une grave crise socio-politique qui préoccupe la communauté internationale.
    Une coalition hétéroclite d'opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile a multiplié les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion. Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques du Mali (M5-RFP), qui mène la contestation, avait refusé jeudi dernier une rencontre avec le président Keïta, fixant notamment comme préalable la fin de la "répression" contre ses militants.
    Le week-end du 10 juillet, une manifestation à l'appel du Mouvement du 5 juin avait dégénéré en trois jours de troubles meurtriers.


  • Mali / Tentative de coup d’Etat : l’aéroport et la télévision nationale sécurisés

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    S’il est difficile de se prononcer sur la situation au Mali suite à une mutinerie qui a éclaté à Kati (ville garnison sur les hauteurs de la capitale), avant de s’étendre à Bamako, l’aéroport international «Modibo Kéita» de Sénou et l’Office de radiotélévision du Mali (ORTM) échapperaient pour le moment au contrôle des mutins, ont indiqué plusieurs sources concordantes.

    Le colonel Sadio Camara, le lieutenant-colonel Mama Seku Lelenta, le colonel Diaw, le général de brigade Cheick Fanta Mady Dembele sont les leaders du coup d'État.

    Brigadier General Cheick Fanta Mady Dembele

    Brigadier General Cheick Fanta Mady Dembele.jpgColonel Sadio Camara

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    Colonel Diaw, le véritable chef de la mutinerie

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    L’ORTM continue à diffuser normalement ses programmes sans interruption. Le journal télévisé de 13h (TU) a été diffusé et le présentateur a fait allusion à la mutinerie en assurant que des équipes sont en train de faire des investigations pour mieux informer l’opinion.

    Selon des sources concordantes, l’aéroport international est bien sécurisé et l’accès est contrôlé par la gendarmerie.

    IBK arrestation.jpegSelon des rumeurs, le président IBK (photo de son arrestation ci-contre) aurait été capturé par les putschistes, ainsi que son fils, Karim Keïta et le premier ministre, Boubou Cissé, bien que l'arrestation de Cissé ait été démentie par son cabinet. 

    On sait aussi que plusieurs ministres et le président de l’Assemblée nationale ont été arrêtés, une information qui n’a pas été démentie. 

    Le ministre de la Défense et des Anciens combattant, le général de division Ibrahima Dahirou Dembélé, serait aussi libre et «dirige la riposte des forces régulières depuis son bureau», ont indiqué des sources dans son département.

    Pour l’instant, indiquent lesdites sources, une grande partie de l’armée reste fidèle au chef de l’Etat et la situation serait actuellement sous contrôle des Forces armées maliennes (FAMa).

    Rappelons que des coups de feu ont été entendus tôt ce matin à Kati, une ville garnison sur les hauteurs de Bamako et à quelques kilomètres du palais présidentiel de Koulouba.

    Quelques heures plus tard, des coups de feu ont été aussi entendus au camp des Gardes de NTominkorobougou (commune III du district de Bamako) semant un vent de panique et créant des bouchons dans la circulation dans la capitale malienne.

    Mais, une centaine de jeunes manifestants se réclamant du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), se sont rassemblés à la Place de l’Indépendance de Bamako pour, disent-ils, soutenir les mutins et exiger la «démission immédiate» du président Ibrahim Boubacar Kéita.

    Notons que le coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012 a commencé aussi par une mutinerie dans ce même camp de Kati.

    Le gouvernement malien demande aux mutins de se ressaisir
    Le gouvernement de la République du Mali a demandé aux éléments de l’armée qui ont déclenché une mutinerie ce mardi matin de se ressaisir, a indiqué un communiqué signé du Premier ministre Boubou Cissé.

    «Les mouvements d'humeur constatés traduisent une certaine frustration qui peut avoir des causes légitimes. Le gouvernement du Mali demande aux auteurs de ces actes de se ressaisir. Il n'y a pas de raisons au dessus de notre cher Mali qui vaillent des actes dont l'issue incertaine peut déboucher sur des actes dommageables pour la nation entière», a souligné le communiqué.

    Le chef du gouvernement a appelé à «l’apaisement» et a affirmé que le gouvernement est «disponible pour engager un dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus».

    La France « exhorte les militaires à regagner sans délai leurs casernes »
    Les développements en cours au Mali sont une menace directe à l'influence française déjà en train de s'effriter dans la région. C'est pourquoi a France a très vite réagi et condamne la « mutinerie. Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué publié mardi sur le site de la diplomatie française, a « exhorté les militaires à regagner sans délai leurs casernes ».

    Paris « condamne avec la plus grande fermeté cet événement » qualifié de « grave », par la diplomatie.

    Le pays « partage pleinement la position exprimée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans le communiqué qu’elle vient de faire paraître et qui appelle au maintien de l’ordre constitutionnel et exhorte les militaires à regagner sans délai leurs casernes ».

    « La France réaffirme avec force son plein attachement à la souveraineté et à la démocratie maliennes » conclut le communiqué de Jean-Yves Le Drian affirmant, par ailleurs, que « les autorités françaises, au plus haut niveau, restent très attentives à l’évolution de la situation au Mali ».

    La CEDEAO condamne la tentative de coup d’Etat, en cours, au Mali
    La Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a condamné, mardi, dans un communiqué, la tentative de coup d’Etat en cours au Mali et appelé les militaires de regagner « sans délai » leurs casernes.

    La CEDEAO « condamne vigoureusement la tentative en cours et prendra toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel, par le rétablissement des institutions démocratiquement élues », peut-on lire dans le communiqué.

    « Aussi, la DEDEAO appelle-t-elle les militaires à regagner sans délai leurs casernes, en demandant à toutes les parties prenantes maliennes de privilégier le dialogue pour résoudre la crise que traverse le pays », poursuit la même source.

    La Communauté ouest-africaine rappelle, enfin, « sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel et appelle les militaires à demeurer dans une posture républicaine».



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