Camp palestinien de Jalazoun (Près de Ramallah)

  • Cisjordanie : Un Palestinien tué et 16 blessés dans une opération israélienne

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    Moussa Sabaneeh 2.jpegUn Palestinien a été tué et 16 autres ont été blessés, mardi 6 septembre 2022,  lors d'un nouveau raid israélien à Jénine, bastion des factions palestiniennes en Cisjordanie. L'objectif de l'armée était de détruire le logement de l'auteur d'une attaque meurtrière perpétrée au printemps dernier à Tel-Aviv.

    "Il y a eu un martyr âgé de 29 ans et 16 personnes blessées par balle ou par des éclats d'obus à la suite de l'agression israélienne sur Jénine", a indiqué le ministère palestinien de la Santé dans un communiqué. Selon des sources sécuritaires et médicales, l'homme tué se nomme Mohammad Sabaaneh (photo) et a été atteint par balle à la tête.

    "Un soldat a tiré sur lui depuis sa Jeep. Nous dormions (...) et nous avons reçu un coup de téléphone nous informant qu'il était gravement blessé", a dit à l'AFP son père, Moussa Sabaaneh.

    Sa dépouille, enveloppée dans un drapeau palestinien et coiffée d'un keffieh, a été transportée à travers Jénine à l'occasion de ses funérailles, ont constaté des journalistes de l'AFP. 

    D'après les drapeaux et les déclarations de responsables de l'Autorité palestinienne, la victime était membre des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, la branche armée du Fatah. Selon les médias et les médias sociaux, il était également impliqué dans les activités de la police palestinienne (bien qu'il ne soit pas clair s'il était policier à plein temps). Des photos ont été diffusées montrant Sabana posant avec un fusil automatique dans les mains.

    L'opération à Jénine visait à détruire la maison de Raëd Hazem, auteur d'une attaque fatale à trois Israéliens le 7 avril en plein coeur de Tel-Aviv. Ce Palestinien, "sans affiliation connue" à un groupe armé selon le renseignement israélien, avait été abattu par la police israélienne après une chasse à l'homme dans les rues de Tel-Aviv. Sa famille avait saisi la Cour suprême pour éviter la démolition du logement mais leur demande avait été rejetée fin mai, d'après l'armée. Lors de l'opération de mardi, l'armée israélienne a indiqué avoir fait face à "une violente émeute". "Les émeutiers ont brûlé des pneus, lancé des pierres, des cocktails Molotov et des engins explosifs en direction des forces", a déclaré l'armée dans un communiqué, précisant que les soldats avaient "riposté avec des moyens de dispersion anti-émeute" et que des personnes avaient été "touchées" par des balles. Aucun soldat n'a été blessé, a-t-elle ajouté.

    Lors d'un autre raid, dans le camp de réfugiés de Jalazoun près de Ramallah, quatre Palestiniens ont été arrêtés et six autres blessés par les forces israéliennes, d'après l'agence officielle palestinienne Wafa. "J'étais à la fenêtre et j'ai vu des soldats dehors, ils nous ont demandé de quitter la maison où nous étions, mon fils Moussa et moi (...) ils sont partis avec mon fils", a déclaré à l'AFP Nevin Nakhleh. De la mi-mars au début du mois de mai dernier, 19 personnes ont été tuées dans une vague d'attaques anti-israéliennes, notamment dans la région de Tel-Aviv.

    1.500 arrestations
    Certaines de ces attaques ont été perpétrées par des Arabes israéliens liés à l'organisation jihadiste Etat islamique, et d'autres par des Palestiniens, dont certains originaires de Jénine, un bastion des factions armées dans le nord de la Cisjordanie. Dans la foulée des attaques, l'armée a multiplié les raids en Cisjordanie, en particulier dans les secteurs de Jénine mais aussi de Naplouse. Ces raids ont souvent été émaillés de heurts meurtriers avec des Palestiniens. Ils ont permis d'arrêter environ 1.500 personnes recherchées et de déjouer des centaines d'attaques, a affirmé lundi le chef de l'armée israélienne Aviv Kohavi.

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