Camp de Roj

  • La France rapatrie 16 mères jihadistes et 35 enfants détenus dans des camps du nord-est syrien

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    La France a procédé au rapatriement de 16 mères djihadistes et 35 enfants français, détenus dans des camps du nord-est de la Syrie, a annoncé mardi 5 juin 2022 le Quai d’Orsay dans un communiqué.

    « Les mineurs ont été remis aux services chargés de l’aide à l’enfance et feront l’objet d’un suivi médical », indique la diplomatie française.

    S’agissant des mères jihadistes, elles « ont été remises aux autorités judiciaires compétentes ».

    Cette annonce marque une nette rupture avec le mode opératoire de la France qui consistait jusqu’à présent à évaluer les situations au cas par cas, en rapatriant les enfants au compte-goutte et en refusant de rapatrier les mères.

    Le président français Emmanuel Macron, avait promis à l’entre-deux-tours du scrutin présidentiel, en avril dernier, que ces « opérations se feront » mais n’avait pas donné davantage de détails « pour ne pas politiser cette question et assurer une totale sécurité ».

    À noter que ces ressortissants français sont détenus dans des camps notamment à Roj et Al-Hol, par les forces de sécurité kurdes syriennes. Parmi les femmes jihadistes revenues en France, on trouve la jihadiste extrémiste Emilie König, qui a appelé à l'exécution d'attentats en France.

    La France a déjà procédé à plusieurs opérations de rapatriement et évacué une poignée d’enfants dont les dossiers ont été évalués au cas par cas.

    En mars et juin 2019, il a été procédé au rapatriement de 17 jeunes enfants dont la plupart sont orphelins ainsi qu’au rapatriement d’une petite fille souffrant d’une maladie cardiaque.

    Plus tard, en juin 2020, une dizaine d’autres enfants avaient pu regagner l’Hexagone pour être pris en charge.

    En janvier 2021, le Quai d’Orsay a ensuite rapatrié sept jeunes mineurs « particulièrement vulnérables » qui étaient retenus dans un camp du nord-est syrien.

  • Syrie : Les forces kurdes déplacent les familles des membres de l'Etat islamique à l'extérieur du camp d'Al-Hol

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    L'administration autonome kurde a commencé à transférer des dizaines de familles de combattants de l'Etat islamique, étrangères et "moins radicales", du camp surpeuplé d'Al-Hol dans le nord-est de la Syrie vers un autre camp, a déclaré mardi un responsable local à l'AFP.

    Selon les Nations Unies, le camp d'Al-Hol dans le gouvernorat d'Al-Hasakah abrite 65000 personnes, réparties parmi les Syriens et les Irakiens déplacés, ainsi que des milliers de familles de combattants étrangers de plus de cinquante pays, et ils résident dans une section spéciale et sont soumis à de lourds contrôles de sécurité.

    Le responsable des déplacés et des camps de l'administration autonome dans le nord-est de la Syrie, Shekhmous Ahmed, a déclaré que "76 familles composées de femmes et d'enfants étrangers ont jusqu'à présent été transférées" du camp d'Al-Hol au camp de Roj, sur un total de 395 familles qui seront transférées "à leur demande".

    Depuis juillet, le transfert des femmes et des enfants a commencé par lots, après qu'Ahmed eut élargi le camp de Roj en coordination avec les Nations Unies et la coalition internationale dirigée par Washington, qui était le plus grand soutien des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) dans la lutte contre "l'État califat".

    Ces derniers mois, le camp d'Al-Hol a été témoin de plusieurs regains de tensions, avec des tentatives fuite ou d'assassinat de gardiens par des femmes radicales, essayant d'imposer leur contrôle dans la section des femmes étrangères.

    Ahmed a déclaré que les femmes qui ont demandé à sortir avec leurs enfants d'Al-Hol "sont prêtes pour la réhabilitation, les moins endurcies et prêtes à s'engager dans des processus de réhabilitation", et elles demandent "de retourner dans leur pays et de se réintégrer dans leurs sociétés et de montrer leurs remords".

    Côté positif du camp de Roj
    Les conditions de vie dans le camp de Roj sont meilleures que dans le camp d'Al-Hol, dont les conditions difficiles ont été mises en garde par les organisations humanitaires et internationales en raison de la surpopulation et du manque de services de base. Le mois dernier, le camp a enregistré les premiers cas de coronavirus.

    Côté négatif pour les femmes jihadistes du camp de Roj
    Les femmes de Daesh lancent de nombreux messages de protestation sur Facebook contre les transferts vers le camp de Roj. Elles sont terrifiées à l'idée de quitter le camp d'Al Hol, pourtant considéré comme un enfer. La raison est qu'il ruine leurs espoirs d'évasion et on leur a dit que leurs enfants allaient dans le camp de Roj des programmes de dé-radicalisation.

    Par ailleurs, elles seront privées de téléphones portables. Elles ne seront plus autorisées à porter des niqabs, ce qui leur permettait de se cacher en restant anonymes.

    Le camp de Roj est spécifiquement destiné aux femmes étrangères originaires d'Europe. Ces femmes ont plus que les autres les moyens de s'échapper et beaucoup d'entre elles ont été prises en train d'essayer de le faire. Le nombre de gardes du camp de Roj est plus élevé qu'à al-Hol. Ces gardes connaîtront toutes les femmes jihadistes du camp car elles seront moins nombreuses qu'à al-Hol. Il sera impossible pour les passeurs d'entrer de pénétrer dans le camp pour offrir leurs services pour organiser une évasion.

    Les camps contrôlés par les Kurdes
    Les camps contrôlés par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie abritent 12 000 enfants et femmes de familles de djihadistes étrangers, la plupart dans le camp d'Al-Hol.

    Depuis la défaite de l'Etat islamique en mars 2019, les Kurdes ont appelé les pays concernés à reprendre leurs ressortissants qui se trouvent sous leur garde ou à créer un tribunal international pour juger les djihadistes. Cependant, la plupart des pays, notamment européens, refusent de reprendre les jihadistes originaires de leurs pays.

    Plusieurs pays européens, dont la France, se sont bornés à récupérer un nombre limité d'enfants orphelins de djihadistes originaires de France.