Brigade Fatemiyoun (afghans pro-iraniens)

  • Pakistan : Le retour de Syrie des combattants de la brigade chiite Zainabiyoun - un risque sécuritaire

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    L'Iran a profité des guerres en Irak, en Syrie et au Yémen pour accroître son influence dans ces pays à forte population chiite. Les Iraniens ont joué un rôle prédominant dans l'évolution des conflits en Irak, en Syrie et au Yémen, notamment en envoyant de nombreux mercenaires chiites.

    L'Iran s'est directement impliqué dans la guerre civile syrienne à un moment où les forces fidèles à Bachar al-Assad étaient en train de s'effondrer. Il est d'abord intervenu sous prétexte de protéger des sites considérés comme sacrés dans le chiisme. Mais, après avoir subi de lourdes pertes et face aux critiques acerbes de nombreux pays arabes , Téhéran est plutôt intervenu par le biais de nombreux groupes de mercenaires chiites organisés et armés par le Corps des gardiens de la révolution iranienne (CGRI) et les forces spéciales al-Qods.

    Ces groupes comprennent la Brigade Fatemiyoun, réputée pour avoir un grand nombre de combattants recrutés parmi les chiites afghans, et la Brigade Zainabiyoun, désignée comme force de frappe, dont l'effectif est estimé entre deux et cinq mille membres de la communauté chiite pakistanaise.

    Les Gardiens de la révolution ont invité le Hezbollah libanais pour la première fois en Syrie en 2012. Plus tard, une quinzaine de groupes, dont des chiites afghans et pakistanais, ont été armés et envoyés sur le champ de bataille. Ces groupes ont eu un fort impact sur l'évolution de la guerre civile syrienne et la survie du régime d'Assad.

    Depuis quelque temps, le besoin de ces groupes armés diminue progressivement, le véritable problème étant maintenant de savoir quel sera leur avenir. L'un de ces groupes de mercenaires recrutés organisés par les Gardiens de la révolution iraniens, la Brigade Zainabiyoun, est particulièrement préoccupant à cet égard, car les membres de ce groupe armé, avec une grande expérience de combat, sont susceptibles de constituer une menace pour la sécurité nationale du Pakistan dans l'avenir.

    Pakistan et problèmes sectaires
    Le conflit chiite-sunnite au Pakistan prend un tour dangereux, chaque année, au mois de Muharram [le premier mois du calendrier lunaire islamique qui commémore le massacre de Karbala en l'an 680. Cette flambée est généralement le résultat soit d'attaques dans des zones à forte population chiite, soit de commentaires provocateurs ou de déclarations faites par des religieux chiites.

    Lors du dernier Muharram, un religieux chiite utilisant un langage provocateur et insultant dans une émission télévisée sur les trois premiers califes du prophète Mahomet (les trois qui ont précédé Ali, le premier imam chiite) a une fois de plus fait monter la tension au Pakistan. Une série de bagarres entre groupes chiites et sunnites du pays a accompagné la diffusion de séquences vidéo et de commentaires religieux provocateurs sur les réseaux sociaux.

    Quand on observe le grand nombre de précédents dans le passé, cette friction constante entre chiites et sunnites soulève la question de savoir si un conflit sectaire pourrait survenir au Pakistan, un conflit suffisamment grand pour mettre en danger sa sécurité intérieure et déclencher l'instabilité dans le pays. Ce fanatisme religieux et ces incidents sectaires au Pakistan remontent à la Révolution iranienne de 1979. Juste après la révolution, les chiites de la ville pakistanaise de Bakkar ont créé un mouvement pour mettre en œuvre l'interprétation chiite de la loi islamique.

    Le chef de ce mouvement était Arif Hussain al-Hussaini, un étudiant du leader de la révolution iranienne, l'ayatollah Khomeiny. Soutenu par l'Iran. Al-Hussaini a tenté de créer une sphère d'influence en capitalisant sur les réseaux auxquels il était affilié au Pakistan ainsi que sur les circonstances favorables et l'atmosphère idéologique générale engendrée par la révolution iranienne.

    Dans les madrasah pakistanaises, al-Hussaini diffusait une propagande en faveur de la révolution iranienne et incitait leurs jeunes à se rendre en Iran pour recevoir toutes sortes d’éducation. Al-Hussaini essayait également de diriger les efforts pour importer l'idéologie révolutionnaire de l'Iran au Pakistan. Ses efforts ont pris une dimension différente avec la création de la Brigade Zainabiyoun.

    Les années de propagande menée par le réseau al-Hussaini ont porté leurs fruits, et l'Iran a commencé à recruter très facilement des militants pakistanais pour la brigade Zainabiyoun, qui a été utilisée par l'Iran dans la guerre civile syrienne.

    La montée en puissance des organisations chiites pakistanaises n'est pas surprenante. Dans un pays où environ 80 à 85% des Pakistanais sont sunnites, qui adhèrent à diverses écoles de pensée islamiques sunnites (Deobandis, Barelvis, Soufis et Salafis / Wahhabites), les organisations chiites soutenues par l'Iran exercent une influence significative.

    Le Pakistan a été le théâtre de violences sectaires entre sunnites et chiites; Depuis 1986, date à laquelle les premiers incidents entre les deux communautés se sont produits, on a enregistré près de trois mille attaques sectaires depuis cette date. Elles ont coûté la vie à environ 10 000 personnes.

    La Brigade Zainabiyoun
    La brigade Zainabiyoun, qui a subi de nombreuses pertes dans les attaques de drones armés menées par les forces turques dans la province syrienne d'Edleb, est composée de chiites pakistanais. Elle est basée principalement autour d'Alep et de Damas. .

    La Brigade Zainabiyoun a été créée en 2014 à la suite d'une attaque de missiles par les milices salafistes sur le sanctuaire chiite de Sayyida Zaynab à Damas en 2012. Téhéran affirme que les miliciens chiites pakistanais ont été envoyés en Syrie pour protéger le sanctuaire de Sayyida Zaynab contre les attaques des rebelles sunnites syriens.

    Le groupe, qui tire son nom de Zaynab, la fille du cousin du prophète Mahomet et gendre Ali. Les membres de ce groupe sont beaucoup plus éduqués que les autres organisations soutenues par l'Iran. La majorité d'entre eux sont des étudiants pakistanais venus en Iran pour poursuivre leurs études ou des «pèlerins» venus accomplir des rituels chiites.

    L'Université internationale Al-Mustafa, située dans la ville de Qom en Iran, est l'un des centres de recrutement les plus importants où de nombreux étudiants pakistanais rejoignent les rangs de la brigade Zainabiyoun.

    Bien qu'on estime les effectifs du groupe entre deux et cinq mille militants, les responsables des services de renseignement pakistanais affirment que le nombre réel de combattants pakistanais pourrait être beaucoup plus élevé. La majorité des membres de la brigade Zainabiyoun viennent du Parachinar à dominance chiite dans le district de Kurram de la zone tribale sous administration fédérale (FATA), où le contrôle du gouvernement pakistanais est faible. Les recruteurs des combattants pakistanais en Syrie sont les Gardiens de la révolution islamique d'Iran (CGRI) et la Force al-Qods qui soutiennent le régime syrien.

    Les principaux outils de l'Iran: pauvreté et idéologie
    Au regard des études, la pauvreté et les motivations idéologiques semblent être les principales raisons pour les Pakistanais de s'engager dans la brigade Zainabiyoun . L'Iran fait miroiter des emplois et des revenus à la population chiite pakistanaise pauvre qui s'est réfugiée dans ce pays, il utilise également la foi en tant qu'outil d'exploitation sectaire-idéologique.

    La propagande chiite faite par l'Iran pour recruter des combattants dans la brigade Zaynabiyyoun a des répercussions au Pakistan. En mettant l'accent sur les sanctuaires chiites ciblés et désacralisés par l'Etat islamique, en particulier dans la guerre civile syrienne, l'Iran suscite également la haine contre les groupes sunnites combattant aux côtés de l'opposition en Syrie et persuade les Chiites de prendre les armes au nom de la protection de leur communauté

    Les jeunes chiites sont généralement plus sensibles à l'idéologie chiite, ce qui facilite l'activité des propagandistes de Téhéran pour recruter des volontaires pour les milices chiites. La promesse que ceux qui meurent pendant la guerre seront considérés comme des martyrs et enterrés dans la ville sainte iranienne de Qom est également utilisée comme un outil idéologique.

    Un autre atout de l’Iran est sa capacité à transformer la pauvreté en opportunité. Les pauvres parmi les chiites qui se sont réfugiés en Iran se voient offrir la citoyenneté, des emplois et un revenu stable pour eux-mêmes et leurs familles, et se sentent donc obligés d'accepter de se battre aux conditions qu'impose l'Iran. Sinon, ils risquent la déportation vers le Pakistan. Les combattants pakistanais se voient offrir un salaire mensuel moyen d'environ 120 000 roupies (700 à 750 dollars) en échange de leur engagement dans la milice Zaynabiyyoun. Ils se voient même promettre des vacances de 15 jours après trois mois.

    Toutes sortes de formations et tous les besoins essentiels sont organisés et satisfaits par la Force al-Qods, uité d'élite des Gardiens de la Révolution.

    Conséquences de la création de la brigade Zainabiyoun, des attaques anti-chiites ont commencé à se produire au Pakistan. A la fin de 2015, plus de 20 personnes ont perdu la vie et d'autres blessées par une explosion qui a eu lieu dans le centre de Parachinar, où la communauté chiite du district de Kurram de la zone tribale sous administration fédérale constitue la majorité.

    Lashkar-e-Jhangvi, un groupe anti-chiite violent, a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Ali Abu Sufyan, le porte-parole du groupe, a déclaré que le but de l'attaque était «de se venger des crimes commis par l'Iran et Assad contre les musulmans syriens» et a ajouté qu'il avait averti le peuple de Parachinar d'arrêter d'aller en Iran pour rejoindre les rangs d’Assad et aussi cesser d’y envoyer des militants.

    Après cette première attaque, de nombreuses autres ont eu lieu dans des villes à population majoritairement chiite, sans compter les affrontements, qui ont lieu chaque année au mois de Muharram, dans tout le pays.

    Les groupes militants et la sécurité nationale du Pakistan
    La dynamique en Syrie a changé ces derniers temps et le besoin de groupes de combattants chiites étrangers a également diminué. Cette situation crée des incertitudes sur le sort de la Brigade Zainabiyoun et sur l'avenir que lui réserve l'Iran. Les services de renseignement pakistanais ont noté un nombre élevé de combattants rentrés de Syrie au Pakistan.

    Le principal problème vient de l'incapacité du Pakistan à mettre en place les mesures nécessaires jusqu'à présent. La question de savoir ce qui se passera lorsque ces militants reviendront au Pakistan est une question qui perturbe les experts en sécurité pakistanais. Le Pakistan pourra-t-îl faire face au retour de militants aguerris formés par les gardiens de la révolution islamique d'Iran et la force al-Qods et devenus des pions de l'Iran dans le pays ?

    Hormis les problèmes de sécurité qu'ils pourraient causer au Pakistan à l'avenir, la présence du groupe est déjà devenue une pomme de discorde au Pakistan. Parmi les dangers que ces militants pourraient poser; on trouve principalement l'influence idéologique que ces personnes pourraient avoir sur les jeunes. Ces militants, une fois revenus au Pakistan, constitueront un réseau d'influence de l'Iran dans la région.

    Le deuxième danger est que ces militants seront en mesure de rouvrir les plaies sectaires sensibles du Pakistan quand on leur en donnera l'ordre et de déclencher l'instabilité dans la région. De cette manière, Téhéran pourrait s'immiscer dans les affaires intérieures du Pakistan chaque fois qu'il le jugera nécessaire et continuer le jeu par procuration dans la région.

    Islamabad se comporte de manière très négligente à cet égard. Les autorités pakistanaises n'ont ni interdit les groupes et organisations appelant les jeunes Pakistanais à rejoindre la brigade Zainabiyoun, ni développé une politique stricte concernant l'utilisation du Pakistan par Téhéran comme une sorte de terre de recrutement de militants.

    Bien qu'il soit de notoriété publique que l'Iran recrute des militants au Pakistan, la réticence de l'administration d'Islamabad à réagir officiellement à la situation inquiète les experts en sécurité. Cette attitude du Pakistan s'explique par un certain nombre de considérations. La première est le fait que le Pakistan est depuis longtemps confronté à une crise économique et financière. Le Pakistan, qui se range normalement du côté de l'Arabie saoudite principalement pour des raisons économiques, se sent acculé en raison de la détérioration récente des relations avec Riyad.

    Cci explique sans doute pourquoi, Islamabad tient à éviter de nuire à ses relations avec l'Iran, notamment en prenant des mesures contre la Brigade Zaynabiyoun. La seconde est qu'Islamabad détesterait voir l'Iran se rapprocher de l'Inde au cas où il provoquerait une détérioration de ses relations avec Téhéran.

    Mais le temps passe et Islamabad n'a toujours pas pris de mesures pour faire face à la menace, ce qui risque d'augmenter encore les tensions sectaires dont le pays est coutumier.

    Selon les experts pakistanais de la sécurité, il est clair que l'Iran a un rôle indéniable dans les événements qui se déroulent au Pakistan. On peut citer le cas de Kulbhushan Yadav, qui serait un soldat de la marine indienne et un espion des renseignements indiens capturé à la frontière entre le Pakistan et l'Iran, ou encore le cas de la fuite en Iran d'Uzayr Baluj (ressortissant pakistanais et iranien, qui a assassiné de nombreuses personnes et est également impliqué dans de nombreux crimes organisés).

    En outre, on peut noter que la Brigade Zainabiyoun n’a jamais été sérieusement critiquée dans les médias pakistanais. Puisqu'aucune critique officielle de la Brigade Zainabiyoun n'est venue du gouvernement à ce jour, les médias pakistanais évitent également d'aborder la question. Pourtant, si les citoyens d'un pays, qui est vulnérable aux conflits sectaires, sont chargés par un autre pays de se battre en son nom, les médias ont la responsabilité de maintenir cette question à l'ordre du jour et d'enquêter sur elle dans le souci de la sécurité.

    De plus, c'est un fait que l'Iran n'a pas pleinement utilisé son influence au Pakistan dans les conflits sectaires jusqu'à aujourd'hui. Cependant, avec le retrait des forces américaines d'Afghanistan, il est prévisible que l'Iran jouira d'une influence qui pourrait menacer les équilibres régionaux. Une confirmation de cette situation alarmante est apportée par le fait, qu'après le meurtre de Qassem Suleimani, Ismail Qaani a été nommé nouveau commandant de la Force al-Qods, une division principalement responsable des opérations militaires extérieures.

    Avant de devenir le chef de la force al-Qods, Qaani a été étroitement impliqué dans le recrutement de militants du Pakistan et d'Afghanistan, ainsi que dans leur transport en Iran et leur entraînement. Le fait que Ghani dispose de larges réseaux dans la région et la connaisse très bien est un problème qui inquiète les experts en sécurité, car beaucoup trouvent très probable que l'Iran n'hésitera pas à utiliser les militants formés et expérimentés de la Brigade de Zainabiyoun dans l'éventualité d'un conflit sectaire au Pakistan.

  • Syrie : l'armée de l'air israélienne attaque à nouveau des cibles dans l'est de la Syrie, au moins 10 tués

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    L''Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapporte que le 14 septembre, des avions de combat, probablement de l'armée de l'air israélienne, ont de nouveau attaqué les positions d'une milice pro-iranienne dans la région de Boukamal (province de Dir al-Zor, dans l'est de la Syrie, près de la frontière avec l'Irak.

    Selon des témoins oculaires, six violentes explosions ont été entendues dans la zone d'al-thulat, à la périphérie sud de la ville de Boukamal.

    L'OSDH indique qu'au moins une dizaine de personnes tuées (huit Irakiens et deux Syriens), et qu'un dépôts de munitions et de véhicules a été détruit.

    Conséquences des incessants raids aériens de l'armée israélienne, la brigade afghane pro-iranienne Fatimiyouun a évacué un certain nombre de ses positions dans la ville de Boukamal, près de l'aéroport de Hamdan, et les a remises à la milice libanaise du Hezbollah.

    Les autorités israéliennes ne commentent pas ces informations.

  • Syrie : Le groupe armé afghan Fatemiyoun, soutenu par l'Iran, redéploie ses combattants dans la province de Deir ez-Zor

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    La brigade Fatemiyoun (Liwa Fatemiyoun), une milice afghane soutenue par l'Iran opérant en Syrie, a redéployé ses combattants dans l'est de la province de Deir Ezzor, a rapporté le blog "Deir Ezzor 24" le 23 août.

    Selon le blog pro-opposition, Liwa Fatemiyoun a déployé ses forces dans les environs de la ville de Deir Ezzor. Dans le même temps, le groupe a évacué quelques postes dans la région, tout en conservant tous ses postes clés.

    "La milice s'est retirée d'un certain nombre de postes de la rue an-Nahr sur ordre du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran (CGRI)", a déclaré le journaliste de "Deir Ezzor 24", ajoutant : "le village d'al-Malha, au sud de Deir Ezzor, a également connu un retrait complet des milices Fatemiyoun."

    "Deir Ezzor 24", qui dispose d'un réseau de sources dans tout Deir Ez-Zor, a déclaré que les motifs de ce redéploiement ne sont pas clairs.

    Liwa Fatemiyoun compte 10 000 à 20 000 combattants en Syrie. Le groupe afghan est financé, formé et équipé par le CGRI. Le groupe est actif à Alep, Homs et Deir Ez-Zor.

    Au début de ce mois, les combattants de Liwa Fatemiyoun ont mené une opération de ratissage dans le sud de la province de Deir Ezzor. L'opération visait les maquis de l'Etat islamique.

    Le groupe afghan se prépare peut-être à lancer une nouvelle opération de ratissage à Deir Ez-Zor, ou même à participer à une opération militaire très attendue de l'armée arabe syrienne contre les restes de l'Etat islamique dans le désert de Homs tout proche.