Bouden Najla (1er ministre 2021/09/29...)

  • Tunisie: Escarmouches entre des partisans du président Saïed et des députés aux abords du Parlement

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    Les abords du Parlement tunisien ont été le théâtre d'escarmouches, ce vendredi 1er octobre 2021, entre des partisans du président du pays, Kaïs Saïed, et certains députés, qui avaient décidé de reprendre leur activité dans l’hémicycle, après la fin des vacances parlementaires.

    Des partisans du président tunisien ont attaqué des députés, venus reprendre leur activité parlementaire, aux abords du siège de l’Assemblée, où une présence massive des forces de l’ordre a été observée.

    Le représentant du bloc “Qalb tounes“ (Cœur de la Tunisie), Rafik Amara, les deux députés du bloc “Ennahdha“, Sayed Ferjani et Mohamed Goumani, ainsi que le représentant du bloc “La Réforme“, Ayachi Zammal, et le député indépendant, Safi Saïd, étaient présents aux abords de l’Assemblée des Représentants du Peuple.

    Dans une déclaration, le député Rafik Amara a déclaré que "les instructions et décisions du chef de l'Etat (Kaïs Saïed) ont empêché la reprise de notre activité parlementaire".

    Et Amara d'ajouter : "il est nécessaire d'appeler à la réunion du bureau de l'ARP aujourd'hui, qu'elle se tienne à distance ou en présentiel dans un autre endroit".

    Pour sa part, le député Sayed Ferjani a déclaré que "les mesures d'exception prises par Saïed constituent une usurpation de pouvoir, qui délégitimerait sa présidence".

    Ferjani a ajouté : "celui qui viole la Constitution ne peut être reconnu comme légitime (..) Saïed a perdu toute légitimité et légalité, et il est également sur le point de soumettre le peuple par la force".

    De son côté, le député Mohamed Goumani a imputé au chef de l'Etat la responsabilité de toute atteinte à l'intégrité physique des députés, déclarant : "Kaïs Saïed doit permettre aux députés d'exercer leurs fonctions ou dissoudre officiellement le Parlement et tenir des élections anticipées".

    “Il n’est pas raisonnable que cette situation perdure en Tunisie“, a déclaré Goumani.

    Plus tôt, dans la journée du vendredi, les forces de l’ordre se sont déployées massivement aux abords de l'ARP, en prévision du retour des députés, au terme des vacances parlementaires.

    Le coup d’envoi des travaux de la Chambre des représentants tunisienne est généralement donné au début du mois d’octobre de chaque année, après la fin des vacances parlementaires, qui durent près de deux mois.

    Le 25 juillet dernier, Kaïs Saïed avait annoncé une série de "mesures exceptionnelles", dont la destitution du Premier ministre, Hichem Mechichi, assumant lui-même le pouvoir exécutif avec l'aide d'un gouvernement dont il nommerait le chef.

    Les mesures stipulaient également le gel des pouvoirs du Parlement, la levée de l'immunité des députés, tandis que Saïed s'accaparait le pouvoir judiciaire en s'arrogeant la présidence du ministère public.

    La Présidence Tunisienne a annoncé, dans un communiqué, rendu public dans la journée du mercredi, la désignation de Najla Bouden pour former le nouveau gouvernement, devenant ainsi la première femme, de l'histoire du pays, à occuper cette haute fonction.

  • Tunisie : Le président Kais Saied nomme une femme, Najla Bouden, pour former un nouveau gouvernement

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    Najla Bouden 2.jpegLe président tunisien Kais Saied a chargé mercredi 29 septembre 2021 Najla Bouden, (photo) jusque là inconnue du grand public, de former un nouveau gouvernement, un poste dont il a considérablement réduit les prérogatives après s'être arrogé les pleins pouvoirs en juillet.

    Pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie, un pays pourtant pionnier dans le monde arabe en matière des droits des femmes, la tâche de diriger le gouvernement a été confiée à une Tunisienne, l'universitaire Najla Bouden, a annoncé la présidence dans un communiqué. Née en 1958 et scientifique de formation, Mme Bouden, qui a pratiquement le même âge - 63 ans - que le président et est originaire de la ville de Kairouan (centre), est complètement inconnue du grand public.

    Dans une série de "mesures exceptionnelles" publiées le 22 septembre, M. Saied a formalisé son coup de force du 25 juillet lorsqu'il s'était arrogé les pleins pouvoirs, après avoir limogé le Premier ministre, gelé le Parlement et avoir repris en main aussi le pouvoir judiciaire. Désormais, sur la base de ces mesures, le chef de l'Etat est le réel détenteur du pouvoir exécutif et présidera lui-même le conseil des ministres. Dans le système en place régi par la Constitution de 2014 que M. Saied souhaite amender après en avoir suspendu deux chapitres clés, l'essentiel du pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement mais les "mesures exceptionnelles" qu'il a décidées ont fait clairement pencher la balance du côté de la présidence.

    "Reconnaissance" 
    Depuis la présidence de Habib Bourguiba qui leur avait aménagé un code de statut personnel, en 1956, interdisant la polygamie et la répudiation et autorisant le divorce, la Tunisie est considérée comme le pays du Maghreb à l'avant-garde pour l'émancipation des femmes. Toutefois, le président Saied, considéré comme un conservateur sur le plan des mœurs, avait été critiqué pendant la campagne ayant mené à son élection surprise fin 2019, pour son opposition à une loi permettant l'égalité entre hommes et femmes dans l'héritage.

    "La nomination d'une femme au poste du chef du gouvernement est une chose positive, une reconnaissance de l'importance du rôle des femmes en Tunisie et leur capacité à réussir dans tous les domaines", estime le politologue Slaheddine Jourchi dans des déclarations à l'AFP. Notant que Mme Bouden manquait d'expérience "dans des postes sensibles", l'expert se montre cependant sceptique sur sa capacité "à faire face à tous les énormes dossiers complexes" qui l'attendent.

    La présidence a publié une vidéo recevant Mme Bouden dans son bureau et la chargeant de former un nouveau gouvernement et de le lui présenter "dans les prochaines heures ou jours". M. Saied a insisté à plusieurs reprises sur le caractère "historique" de la nomination d'une femme pour la première fois pour diriger le gouvernement en Tunisie. "C'est un honneur pour la Tunisie et un hommage à la femme tunisienne." Seul le président parle sur cette vidéo où on peut apercevoir sur un côté de l'écran une photo le montrant en train de rendre visite le 13 août dernier à l'occasion de la journée de la femme à un groupe de femmes fabriquant des poteries de Cité Hlel, ville populaire du sud de Tunis.

    "Mettre fin à la corruption et au chaos" 
    La principale mission du futur gouvernement sera "de mettre fin à la corruption et au chaos qui s'est répandu dans de nombreuses institutions de l'Etat", a encore dit M. Saied, à l'adresse de son interlocutrice.

    Avant sa nomination surprise, Mme Bouden était directrice générale de l'unité de gestion d'un projet d'appui à la réforme de l'enseignement supérieur. Auparavant, cette docteure en géologie avait été chargée de mission, puis directrice générale au ministère de l'Enseignement supérieur.